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	<title>LM magazine &#187; Interview</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Sustain 2026</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 03:06:43 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Pouvez-vous nous rappeler ce qu&#8217;est Sustain ? Sustain c&#8217;est un peu le laboratoire de nos contradictions. Un espace où l’on questionne nos façons...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pouvez-vous nous rappeler ce qu&#8217;est Sustain ?</strong><br />
Sustain c&#8217;est un peu le laboratoire de nos contradictions. Un espace où l’on questionne nos façons d&#8217;accueillir, de créer et de coopérer. Le projet ne cherche pas à construire un modèle parfait. Loin de toute leçon de morale, notre démarche allie actions concrètes et évolution progressive des pratiques de la salle.</p>
<p><strong>Comment cela se traduit-il ?</strong><br />
Nous avons construit des parcours plutôt que juxtaposer des événements. Pendant plusieurs jours, le public peut passer d’un concert à une création, un atelier, un forum ou une rencontre. Nous encourageons les créations et le rapprochement entre artistes, habitants, partenaires et publics.</p>
<div id="attachment_182906" style="width: 1010px" class="wp-caption alignleft"><img class="wp-image-182906 size-full" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/08/florebenguigui-emma-birski.jpg" alt="Flore Benguigui © Emma Birski" width="1000" height="694" /><p class="wp-caption-text">Flore Benguigui © Emma Birski</p></div>
<p><strong> Sustain ne se limite donc pas à une programmation musicale ?</strong><br />
Sustain est certes pensé comme un temps fort musical. On est ainsi ravis d&#8217;accueillir, entre autres, <a href="https://aeronef.fr/agenda/sustain-conservatoire26" target="_blank">Aloïse Sauvage</a>, <a href="https://aeronef.fr/agenda/sustain-250926" target="_blank">Holy Fuck</a>, <a href="https://aeronef.fr/agenda/sustain-260926" target="_blank">Flore Benguigui </a>ou <a href="https://aeronef.fr/agenda/sustain-bccamplightsolo-samedi" target="_blank">BC Camplight</a>. Mais il est porté par des artistes qui s&#8217;engagent à respecter une charte portant sur la mobilité, la sobriété énergétique ou la lutte contre les discriminations.</p>
<p><strong> Cela dit, l’engagement écologique ne signifie pas moins bien accueillir les artistes. Ni proposer uniquement au public des sets acoustiques éclairés à la bougie. </strong><strong>L’écologie est donc loin d’être le seul sujet ?</strong><br />
En effet, Sustain interroge aussi notre rapport à l’autre, l’inclusion, les questions économiques ou encore l’égalité femmes-hommes. Cette année, nous atteignons quasiment la parité entre artistes femmes et hommes. On continue à soutenir dès le début des projets qui bousculent les pratiques dans des domaines où les femmes sont sous-représentées.</p>
<p><strong>Le public a également un rôle à jouer ?</strong><br />
Bien sûr, les transports en commun et le covoiturage sont aussi conseillés, dans la mesure du possible. Grâce au dispositif <a href="https://aeronef.fr/aeroeasygo" target="_blank">Aéro Easy Go</a>, nous remboursons de nombreux tickets. Par ailleurs, le respect est la règle de base. Sexisme, homophobie, racisme, transphobie ou toute autre forme de discrimination n’ont pas leur place. Sustain demeure un espace safe pour toutes et tous.</p>
<div style="width: 760px" class="wp-caption alignnone"><img class="" src="https://www.lille.fr/var/www/storage/images/mediatheque/mairie-de-lille/images-openagenda/detritus-from-mars/4055753-1-fre-FR/Detritus-From-Mars.jpg" alt="" width="750" height="422" /><p class="wp-caption-text">Détritus from Mars</p></div>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous enthousiasme particulièrement cette année ?</strong><br />
Nous améliorons nos pratiques sans perdre en poésie ni créativité. <a href="https://court-circuit.band/zero-carbon-records" target="_blank">Zéro Carbon Records</a>, par exemple, associe musique et réflexion environnementale (<em>ndlr : ou comment rapprocher la création et la diffusion musicale du zéro carbone</em>). À Faches-Thumesnil, une rencontre avec l&#8217;autrice<a href="https://aeronef.fr/agenda/sustain-forumchloethibaud" target="_blank"> Chloé Thibaud et Flore Benguigui </a>explore la manière dont les musiciennes, repensent leurs pratiques pour mieux résister aux logiques patriarcales. Il y a aussi <a href="https://aeronef.fr/agenda/detritus-mars" target="_blank">Détritus from Mars </a>: une guinguette où le public est invité à danser vêtu de ses plus beaux déchets. Et puis DJ Marcelle, fan de The Fall qui débarque avec ses trois platines. Sans oublier DJ Startup, qui joue au milieu du public et marie musiques traditionnelles et électronique. C’est exactement l’esprit Sustain : expérimenter, partager et créer des liens.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/4GZJGxOGPRs?si=APWi_oAw-lIEVN03" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Serge Najjar</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 03:02:29 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
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		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Najjar]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Né à Beyrouth en 1973, vous avez commencé à photographier cette ville en 2011. Comment avez-vous vu évoluer votre pays ? J&#8217;ai commencé...</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Né à Beyrouth en 1973, vous avez commencé à photographier cette ville en 2011. Comment avez-vous vu évoluer votre pays ?</strong><br />
J&#8217;ai commencé à photographier le Liban alors qu&#8217;il était déjà en pleine reconstruction. C&#8217;était un pays d&#8217;avant-crise, avant l&#8217;explosion du port de Beyrouth en 2020. Il y avait de nombreux chantiers, ce qui m&#8217;a beaucoup aidé, puisque l&#8217;essentiel de mes photographies ont pour cadre ce type d&#8217;endroits. Après la catastrophe, tout a été suspendu. La population était dans une grande précarité, les chantiers se sont raréfiés, ce qui a ralenti mon travail. Mais, par je ne sais quel miracle, le Libanais se réinvente continuellement. Une chance pour moi, j&#8217;ai pu poursuivre mon exploration.</p>
<p><strong>Vous avez embrassé la photo à 37 ans, avec votre téléphone portable. Qu&#8217;est-ce qui a tout déclenché ?</strong><br />
Ma mère m&#8217;a inscrit à un atelier de photographie animé par une amie. Je n&#8217;y ai pas vraiment appris la théorie ou la technique, j&#8217;ai surtout été attentif aux gestes de cette professeure : le fait de zoomer pour mieux regarder m&#8217;a impressionné. Si l&#8217;on observe attentivement une scène, qu&#8217;on la sort de son contexte, on peut lui donner une autre forme, presque la sacraliser. C&#8217;est devenu l&#8217;essence de ma photographie.</p>
<p><img class="alignleft wp-image-182931 size-full" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/08/galaxy-2015-100x100cm.jpg" alt="Galaxy 2015 100x100cm" width="1000" height="1000" /></p>
<p><strong>Vos clichés proposent des visions assez irréelles, proches de la peinture abstraite. Vous souhaitez montrer une autre image de votre pays ?</strong><br />
Je tiens à proposer des photos du Liban pas trop identifiables, sans identité locale. C&#8217;est pour cette raison qu&#8217;elles ne montrent jamais la guerre ou de vieilles pierres. Je ne photographie pas l&#8217;architecture, mais le moment où elle s&#8217;éloigne du bâtiment pour devenir une pensée. Au-delà du béton, je préfère l&#8217;ombre, la silhouette ou la lumière qui font basculer le réel. <span class="has-pullquote" data-pullquote="La lumière est un souffle, une matière à sculpter. ">La lumière est un souffle, une matière à sculpter. </span>Montrer ainsi mon pays est aussi une forme de résistance. Mes photos sont plutôt calmes, alors que nous sommes saturés d&#8217;images qui crient.</p>
<p><strong>Elles répondent à un besoin de vide, non pas une absence mais une respiration.</strong><br />
<strong> Vous êtes fasciné par les chantiers, les immeubles inachevés. Est-il facile d&#8217;y accéder ?</strong><br />
C&#8217;est très délicat. D&#8217;abord, parce que ce sont des lieux dangereux. Ensuite, parce que ma présence n&#8217;y est pas toujours appréciée. Je m&#8217;assure systématiquement d&#8217;avoir toutes les autorisations, puis de me faire oublier. Pour mieux saisir la sincérité.</p>
<p><strong>Que racontent ces décors que la nature ou les bâtiments achevés ne racontent plus ?</strong><br />
J&#8217;adore la nature, elle me ressource. Mais curieusement, ce n&#8217;est pas ce que j&#8217;aime photographier. J&#8217;ai besoin de lignes pures, que je trouve dans ces façades. Je les considère comme des toiles vivantes. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Il m'importe de capturer ces gestes artistiques en construction.">Il m&#8217;importe de capturer ces gestes artistiques en construction.</span> Je rêverais d&#8217;aller photographier la ville indienne de Chandigarh, conçue par Le Corbusier. Mais ces grands architectes n&#8217;ont plus besoin de mon objectif. Je préfère les chantiers banals.</p>
<p><strong> Est-il vrai que vous ne retouchez pas vos images ?</strong><br />
Certains me demandent pourquoi je me donne autant de peine, alors qu&#8217;il est aujourd&#8217;hui possible de tout ajouter ou gommer sur une photo. Je crois que je suis un puriste sur ce plan, c&#8217;est même le moteur de ma passion. Une main indésirable peut créer de l&#8217;ombre, certes, mais sans cette présence spontanée, il n&#8217;y a pas de photo, selon moi. Coller des choses entre elles, créer du factice ne m&#8217;intéresse pas. Je souhaite qu&#8217;on croie ce que l&#8217;on voit. Parce que l&#8217;impossible existe, il suffit de poser le bon regard.</p>
<p><strong> À quoi le public peut-il s&#8217;attendre à l&#8217;Institut du monde arabe de Tourcoing ?</strong><br />
Je ne souhaite pas forcément que le public admire mes photographies. Plutôt qu&#8217;il découvre le Liban autrement. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Il était important pour moi d'offrir ce regard et modifier légèrement la manière dont on imagine mon pays.">Il était important pour moi d&#8217;offrir ce regard et modifier légèrement la manière dont on imagine mon pays.</span></p>
<p><strong>Comment le milieu artistique se porte-t-il à Beyrouth ?</strong><br />
On dit que l&#8217;on s&#8217;exprime d&#8217;autant mieux dans l&#8217;adversité. Ce fut le cas en Europe après la Seconde Guerre mondiale, et le Liban montre lui aussi une impressionnante vitalité malgré les difficultés et les conflits. Des vernissages révèlent chaque semaine des artistes remarquables dans les domaines de la peinture, de l&#8217;architecture ou de la musique. Leurs travaux s&#8217;exposent localement et à l&#8217;étranger.</p>
<p><strong>Le conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban a-t-il un impact sur votre travail ?</strong><br />
Cela freine parfois nos mouvements. Mais cette passion pour la photographie, que je pratique exclusivement le week-end, est un exutoire. Ces moments solitaires, à pied ou en voiture, sont précieux. J&#8217;ai traversé tant de situations difficiles, vécu la guerre et connu de malheurs dans ma vie qu&#8217;aujourd&#8217;hui, je ne peux plus être découragé ni baisser les bras. Cette irrésistible envie de créer me rapproche de mon Liban.</p>
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		<title>Lou Trotignon</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 03:01:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p>En quatre ans, vous êtes passé de la plus petite salle de Paris à une tournée dans toute la France, avec des...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En quatre ans, vous êtes passé de la plus petite salle de Paris à une tournée dans toute la France, avec des dates en Belgique et au Québec. Ça fait quoi ?</strong><br />
J’ai encore du mal à réaliser ! J’ai réellement commencé dans la plus petite salle d’humour de Paris, la Petite loge. On dit que ses loges se trouvent dans le local poubelle&#8230; C’est une bonne école : impossible de faire semblant devant 20 ou 25 personnes, on est obligé de travailler. Me retrouver aujourd’hui devant 2 000 personnes comme récemment à Lyon, c’est hyper gratifiant. Et <span class="has-pullquote" data-pullquote="c’est un pied de nez à ceux qui me disaient que la transidentité était un sujet de niche.">c’est un pied de nez à ceux qui me disaient que la transidentité était un sujet de niche.</span> En fait, ça intéresse beaucoup de monde. Il y a plus de gens avec nous que contre nous.</p>
<p><strong>Votre spectacle a évolué au fil de votre transition de genre. Comment l&#8217;avez-vous nourri de cette expérience personnelle ?</strong><br />
Je parle de moi comme tous les humoristes de stand-up. Sauf que je n’ai jamais réussi à écrire de sketchs sur le métro ou le pain. Les bons comédiens sont ceux qui montent sur scène parce qu’ils n’ont pas le choix. Il est vital d’être la personne la plus honnête sur scène, parce que le stand-up révèle l’humain sous toutes ses coutures. Lors de mes premières dates, avant mon <em>coming-out</em>, j’expliquais que je me &#8220;posais des questions&#8221;. Comme je ne me trouvais pas sincère, j’ai dévoilé ma transidentité devant le public. Je me suis immédiatement senti beaucoup mieux, tout en me rendant compte qu’il y avait une demande sur ce sujet. Choisir qui l’on est vraiment, c&#8217;est une réflexion qui peut parler à n’importe qui.</p>
<p><img class="alignleft wp-image-182951 size-full" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/09/lou-trotignon.jpg" alt="@Marina_viguier34" width="867" height="1300" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>À quel moment avez-vous compris que le rire pouvait devenir un véritable outil pour parler de sujets intimes ou complexes ?</strong><br />
Si j’avais eu des cours drôles à l’école, je pense que j’aurais mieux retenu mes leçons d’histoire&#8230; <span class="has-pullquote" data-pullquote="Je n’aime pas dire que mon spectacle est didactique, je le vois plutôt comme un témoignage. ">Je n’aime pas dire que mon spectacle est didactique, je le vois plutôt comme un témoignage. </span><span data-pullquote="L’humour rend intelligible beaucoup de choses, il suscite l’empathie.">L’humour rend intelligible beaucoup de choses, il suscite l’empathie.</span> C’est un soft power, même s’il ne suffit pas : il faut aussi des gens dehors, en colère, pour faire avancer les combats.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pour vous, l&#8217;humour est un outil de lutte. En même temps, votre spectacle n’est pas une tribune. Vous sentez-vous quand même en mission, face à la montée des actes transphobes ?</strong><br />
Depuis que j’ai commencé mon spectacle, le monde a changé : il serait sans doute interdit aux États-Unis (<em>où l’administration Trump mène une offensive contre les droits des personnes trans, ndlr</em>). La transidentité est devenue un débat public, mais sans aucune voix trans. Parler en notre nom, sans nous inviter, ce n&#8217;est pas possible. Je garde espoir : peut-être que les attaques subies par notre communauté montrent aussi que nous prenons davantage de place, que nous sommes plus visibles et reconnus qu’avant.</p>
<p><img class="alignleft wp-image-182948 size-full" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/08/hamzadjenat-0c9a9953.jpg" alt="@HamzaDjenat 0C9A9953" width="867" height="1300" /></p>
<p><strong> Qu&#8217;est-ce qui vous surprend le plus dans les réactions des spectateurs après une représentation ?</strong><br />
Je parle beaucoup des réactions du public dans <em>Mérou</em>. Le stand-up se construit avec lui. Ce sont d&#8217;ailleurs les spectateurs qui ont choisi le titre du spectacle : le mérou, un poisson qui change de genre au cours de sa vie. L’une des réactions qui m’a le plus touché, c’était à Avignon. Je vois dans le public un quinquagénaire qui fait un peu la gueule. À la sortie, c’est le dernier à m’attendre. Il m’explique que sa fille trans lui a demandé de voir mon spectacle. Au départ, il était réticent, mais il m&#8217;explique qu&#8217;il a finalement compris. Sentir que mon histoire peut aider des personnes, des familles, m’a beaucoup touché.</p>
<p><strong>Que pensez-vous de la santé de l&#8217;humour en France, à l&#8217;heure où la liberté d’humoristes politiques comme Blanche Gardin ou Guillaume Meurice est inquiétée ?</strong><br />
Paradoxalement, certains humoristes soi-disant non politisés n’hésitent pas à taper sur la communauté LGBTQ+ en regrettant de ne plus pouvoir rien dire. Or, dans les faits, c’est Guillaume Meurice, humoriste jugé trop partisan, qui a été licencié par France Inter en 2024&#8230;</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/oALmtn0WV8I?si=NhDP6ad9AgiuPvKB" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Entretien : Pupa Neumann</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 10:47:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Portfolio]]></category>
		<category><![CDATA[Feminisme]]></category>
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		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[pictural]]></category>
		<category><![CDATA[Pupa Neumann]]></category>
		<category><![CDATA[série]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Comment êtes-vous devenue photographe et réalisatrice ? Vers treize ans, ma sœur avait un petit ami qui la photographiait sans arrêt. J’étais...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment êtes-vous devenue photographe et réalisatrice ?</strong><br />
Vers treize ans, ma sœur avait un petit ami qui la photographiait sans arrêt. J’étais fascinée. Cet objet capable de créer un lien avec l’autre me paraissait presque magique. Par chance, il m’a offert son appareil photo. J’ai commencé la photographie comme d’autres commencent la guitare. Très vite, cet appareil est devenu mon compagnon quotidien.</p>
<p><strong>A quoi vos premiers travaux ressemblaient-ils ?</strong><br />
Au lycée, je photographiais mes amis. Un élève avait fondé un club pour nous familiariser avec les négatifs, la chambre noire, la lumière rouge… Cette atmosphère avait quelque chose d’envoûtant. J’ai débuté en noir et blanc avec des passants. Je concevais alors la photo comme un témoignage. J’ai d’ailleurs commencé à travailler pour <em>Libération.</em> Plus tard, à New York, j’ai eu la chance d’assister pendant quelques semaines la grande Martine Barrat. Nous allions ensemble à Harlem et dans le Bronx pour immortaliser des enfants boxeurs.</p>
<p><strong>Comment votre carrière a-t-elle évolué ?</strong><br />
De retour à Paris, j’ai trouvé étonnamment facile de réaliser des portraits, et je me suis rapidement fait un nom. J’ai photographié la moitié des comédiens français d’une époque. Puis j’ai senti que mon travail ronronnait. J’avais envie d’aller plus loin. <span class="has-pullquote" data-pullquote="La simple réalité ne me suffisait plus.">La simple réalité ne me suffisait plus.</span></p>
<p><strong>Quel fut le déclic ?</strong><br />
Je me suis offert un superbe appareil d’occasion (un Hasselblad) et ma pratique a basculé. En feuilletant des photos de mon enfance, j’ai remarqué que ma mère m’habillait comme ma sœur, de six ans mon aînée. De là est née la série <em>Doppelgänger</em>, ou le jumeau maléfique. Puis est venue <em>Misfit</em>, presque comme une apparition : un vaste espace blanc où la mise en scène met le focus sur une attitude féminine. Dans <em>Domestic Violence</em>, par exemple, une femme nue se coince les cheveux dans un tiroir — une image à la fois absurde et tragique, comme se noyer dans un verre d’eau. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Il y a eu aussi la <em>Femme automate</em>, toujours disponible, portant des tomates sur un plateau.</p>
<p><strong>Quelles sont vos sources d&#8217;inspiration et vos thèmes de prédilcetion ?</strong><br />
Tout ramène à la même source : les femmes. Elles m’inspirent plus que les hommes. Une femme est un miracle. Une énigme en perpétuelle transformation : elle se métamorphose, dissimule, dérange parfois. J’aime le secret, l’étrangeté, le décalage, la drôlerie. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Mes thèmes gravitent toujours autour de la condition féminine ">Mes thèmes gravitent toujours autour de la condition féminine </span>: ses évolutions, ses régressions, ses paradoxes. J’aime les femmes libres, même si je sais combien il est encore difficile, aujourd’hui, d’incarner cette liberté dans nos sociétés mouvantes.</p>
<p><strong>Comment décririez-vous votre processus créatif aujourd&#8217;hui ? Comment appréhendez-vous l&#8217;intelligence artificielle dans votre travail ?</strong><br />
Depuis deux ans, parallèlement à ma pratique classique, je me passionne pour l’intelligence artificielle. C’est un outil prodigieux pour matérialiser rapidement ce que l’on porte en soi. Il permet d’exprimer presque instantanément ce que l’imaginaire cherche à formuler. J’aime les collages, les hybridations, les accidents visuels. L’image me fascine : elle est mon souffle, ma respiration. Je me réveille en image, je m’endors en image. <span class="has-pullquote" data-pullquote="La photographie reste mon moyen d’expression le plus sincère, mon alter ego.">La photographie reste mon moyen d’expression le plus sincère, mon alter ego.</span></p>
<p><strong>Quelle place accordez-vous à la surprise, à l&#8217;accident dans vos créations ?</strong><br />
Avec l’intelligence artificielle, les accidents et les hasards sont omniprésents — et c’est précisément ce qui m’intéresse. On a parfois le sentiment de collaborer avec une autre partie de soi, une forme de pensée parallèle. J’en connais désormais les rouages, j’ai mes recettes, comme en cuisine. Je travaille également avec Adobe Photoshop. J’aime cette capacité à me projeter dans d’autres époques, à imaginer une femme glamour des années 1950 au milieu d’un désert ensoleillé, tout en restant chez moi, en plein hiver. Cette forme de déplacement imaginaire m’enchante.</p>
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		<title>Bertrand Belin</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2026/02/10/bertrand-belin-5/</link>
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		<pubDate>Sun, 01 Feb 2026 03:42:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Bertrand Belin]]></category>
		<category><![CDATA[chanson française]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Wagram Music]]></category>
		<category><![CDATA[watt]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Dans votre nouvel album il est question de solitude. Peut-on se sentir seul quand on fait un métier public ? Oui, bien...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans votre nouvel album il est question de solitude. Peut-on se sentir seul quand on fait un métier public ?</strong><br />
Oui, bien sûr. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Personne n'est d'ailleurs épargné par la solitude dont je parle. ">Personne n&#8217;est d&#8217;ailleurs épargné par la solitude dont je parle. </span>Tout un chacun l&#8217;éprouve dans des moments tout à fait ordinaires. Socialement, il vaut mieux cacher ce sentiment et faire bonne figure, au travail par exemple. Il n&#8217;empêche qu&#8217;on est en confrontation avec quelque chose qui nous fâche, qui ne trouve pas à s&#8217;exprimer. Cette solitude laisse entendre un dialogue intérieur, en fait.</p>
<p><strong>On a parlé d&#8217;un virage synthétique au détour de votre précédent disque. Sur celui-ci, il y a comme une réconciliation entre synthés et cordes ?</strong><br />
Ça m&#8217;étonne un peu parce que sur<em> Persona</em>, il y a trois ans donc, vous trouviez déjà des cordes et des synthés. J&#8217;ai déjà opéré cette synthèse pas mal de fois. Je n&#8217;ai pas acheté d&#8217;instruments pour faire ce disque, j&#8217;ai utilisé les mêmes que d&#8217;habitude.</p>
<p><strong> Pensez-vous à la scène lorsque vous composez ?</strong><br />
Oui, bien sûr. J&#8217;ai commencé la musique en faisant des concerts. Le disque est secondaire. Depuis mon petit village je pensais qu&#8217;il fallait être une superstar pour en enregistrer&#8230;</p>
<p><img class="alignleft wp-image-177856 size-full" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/01/photo-presse-3-c-héloïse-esquié.jpg" alt="Photo presse 3 (c) héloïse esquié" width="1000" height="667" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui vous plaît dans la manipulation du langage ?</strong><br />
La matière est plastique, jouissive à manipuler. On a le champ libre, toutes les possibilités devant soi. C&#8217;est comme choisir un accord ou des notes. Dans des systèmes codifiés comme le langage ou la musique, la probabilité qu&#8217;une phrase n&#8217;ait pas été prononcée par un être humain est très grande. Par exemple, il est peu probable que quelqu&#8217;un ait déjà dit : &#8220;Je vais enfermer Trump dans un poivron et remplir ce poivron de plomb, en route pour l&#8217;Adriatique.&#8221;</p>
<p><strong>Une chanson contient donc de nombreux niveaux de lecture&#8230;</strong><br />
En effet, si vous me donnez un livre en chinois, je ne vais pas en tirer grand-chose, à part m&#8217;émerveiller devant la qualité graphique des caractères. Au niveau du sens, de la perception, du sentiment, il ne va rien se passer. Mais si vous me faites écouter une chanson en chinois je vais en recevoir quelque chose grâce à la musique, la tonalité, une façon de dire. Ça fait une différence assez importante.</p>
<p><strong>A la veille d&#8217;une tournée, comment choisissez-vous les chansons de votre répertoire ?</strong><br />
D&#8217;abord, il y a une prime à la nouveauté, on va donner la priorité au dernier disque. Mais j&#8217;ai gardé de la tournée précédente des souvenirs que j&#8217;ai envie de retrouver. Certaines chansons très anciennes font donc partie du set. Ce n&#8217;est pas une science, plutôt des impressions.</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un bon concert selon vous ?</strong><br />
Le mot d&#8217;ordre, c&#8217;est le plaisir. Durant la dernière tournée, il n&#8217;y a pas une fois où je suis sorti en me disant qu&#8217;il ne s&#8217;était rien passé. Mais plus important que mon opinion, c&#8217;est l&#8217;expérience qu&#8217;en retire le public. Moi-même je me rends à des concerts. À partir du moment où quelqu&#8217;un se donne un minimum, c&#8217;est gagné. C&#8217;est aussi une expérience de groupe d&#8217;être dans le public.</p>
<p><strong>Vous diriez-vous contemplatif ? Une vie de tournée permet-elle la contemplation ?</strong><br />
Je ne suis pas contemplatif. Non, je m&#8217;assois sur un banc comme chacun de temps en temps, mais pas pour observer le monde avec un calepin. Il suffit de le traverser pour faire des expériences.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/rOY83bO4m88?si=Bw5TGPSWPyFBLafY" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong><em>Watt</em> est votre huitième album. Quel rapport entretenez-vous aujourd&#8217;hui avec vos précédents disques ? Vous arrive-t-il de les réécouter ?</strong><br />
Il m&#8217;arrive d&#8217;être confronté à la diffusion d&#8217;une chanson, parfois ancienne, à la faveur d&#8217;un accident chez quelqu&#8217;un ou dans un bistrot. Mais <span class="has-pullquote" data-pullquote="je ne réécoute pas mes disques.">je ne réécoute pas mes disques.</span> Je me souviens de chaque virgule et chaque note de musique de tout ce que j&#8217;ai fait, c&#8217;est dans ma tête. C&#8217;est comme une masse, comme un astre qui rayonne, qui m&#8217;envoie un peu de lumière&#8230;</p>
<p><strong>L&#8217;ensemble vous parait-il cohérent ?</strong><br />
Je n&#8217;ai pas vraiment une écoute distanciée. Mais cela me paraît bien vivant, jamais répétitif. Certains éléments persistent d&#8217;un disque à l&#8217;autre &#8211; des préoccupations, le timbre de la voix, certaines façons d&#8217;envisager la musique &#8211; mais j&#8217;essaie de créer des formes nouvelles avec des outils de référence : la langue française et les influences musicales anglo-saxonnes de ma jeunesse…</p>
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		<title>Real Muzul et Da Cockroach</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2026/01/09/real-muzul-da-cockroach/</link>
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		<pubDate>Fri, 09 Jan 2026 08:33:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[hip hop]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[historique]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
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		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Le hip-hop n’a pas d’histoire. On exagère ? Évidemment. Disons qu’à l’inverse d’autres courants musicaux de la fin du XXe siècle, ce genre...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le hip-hop n’a pas d’histoire. On exagère ? Évidemment. Disons qu’à l’inverse d’autres courants musicaux de la fin du XX<sup>e</sup> siècle, ce genre n’a pas encore été muséifié. Ainsi, le rock, qui vient du folk et du blues, a rapidement joué la carte de la reprise, du revival, du retour aux sources en quête d’authenticité. La techno s’est trouvé une légitimité dans les musiques savantes – pourtant, on doute que Mad Mike avait lu Luigi Russolo ou s’envoyait du Pierre Schaeffer au p’tit déj. C’est une autre histoire. Quant au hip-hop, son rapport au passé, aux pionniers, est très ténu. C’est paradoxal, pour un style né, entre autres, du recyclage de morceaux existants, via la pratique du sampling. Mais rendons-nous à l’évidence : depuis la fin des années 1990, le hip-hop s’est tourné vers le futur, et peu de chances que la jeune génération, grandie avec Lil’Wayne ou Kendrick Lamar, se retourne, admirative, vers Kurtis Blow.</p>
<h3>Les experts</h3>
<p>Or, vous l’avez compris, le hip-hop possède une histoire ô combien riche – pourvu qu’on se donne la peine de la raconter. C&#8217;est l’un des objets de ce livre dense, imposant, joliment illustré et remarquablement documenté. Da Cockroach (beatmaker et auteur de <em>6 millions ways to dig</em>), et Real Muzul, chroniqueur (<em>Soul Bag</em>), animateur (<em>Get Busy</em>) signataire d’une biographie de George Clinton et d’une autre de Sylvia Robinson, se penchent sur ces fous du vinyle et leurs drôles de machines. Samplers, boîtes à rythmes, synthés ont façonné le son du rap des années 1980-90. Neuf engins (TR-808, DMX, SP 1200, MPC 60…) sont ainsi décortiqués, avec fiche technique et exemples discographiques… Oui, c’est un livre de nerd.</p>
<h3>Human after all</h3>
<p>Mais pas seulement, car nos deux enquêteurs sont également de fins écrivains (l’ensemble est réellement vivant) et de très bons intervieweurs : en témoignent 70 entretiens croisés, dans lesquels Man Parrish, Imhotep (IAM), Solo et Doctor L (Assassin), Zoxea, Cut Killer ou encore le légendaire Dee Nasty évoquent leur rapport à ces machines, livrent leurs secrets, difficultés, et, souvent, miracles nés d’une erreur. De l’humain dans la machine, en somme. Bref, cet ouvrage, rédigé par des amateurs éclairés, pourrait bien devenir la bible de quiconque souhaite appréhender le hip-hop et, par extension, un pan massif de la seconde moitié du XX<sup>e</sup> siècle.</p>
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		<title>L&#8217;Art d&#8217;avoir toujours raison</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2025/09/01/lart-davoir-toujours-raison/</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Sep 2025 06:50:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre & Danse]]></category>
		<category><![CDATA[L’Art d’avoir toujours raison]]></category>
		<category><![CDATA[la Rose des Vents]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sébastien Valignat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Quel est le point de départ du spectacle ? La question de la propagande. Ce mot évoque dans l’imaginaire collectif l’Union soviétique,...</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quel est le point de départ du spectacle ?</strong> La question de la propagande. Ce mot évoque dans l’imaginaire collectif l’Union soviétique, l’Allemagne nazie, la Russie de Poutine&#8230; Bref, des régimes totalitaires. Pourtant, la propagande est fille de la démocratie. On pourrait croire qu’on en est préservés, on est au contraire extrêmement manipulés. Selon les scientifiques, on n’a jamais été soumis à autant de messages manipulatoires qu’aujourd’hui, ne serait-ce qu&#8217;à travers la publicité.<br />
<strong><br />
C&#8217;est-à-dire ? </strong>Les spécialistes évaluent que nous serions la cible de 1 000 à 10 000 messages publicitaires par jour ! Selon le linguiste américain Noam Chomsky, qui s&#8217;est intéressé à la fabrique du consentement, si on veut que la démocratie fonctionne un peu mieux, il faudrait dispenser des cours d&#8217;autodéfense intellectuelle à l&#8217;école. J&#8217;ai réfléchi à quoi ça pourrait ressembler au théâtre.</p>
<p><strong>S’agit-il de mettre en lumière ces techniques de manipulation ?</strong> Tout à fait, mais il y en a beaucoup trop pour les recenser en un seul spectacle. J’ai donc décidé de me concentrer sur celles qu’utilisent, parfois, les candidats aux élections pour nous convaincre de voter pour eux. L’idée est de s’armer en pensée. Les responsables politiques apprennent à nous parler mais nous, de notre côté, n’apprenons pas à les écouter. Ici, au lieu d’expliquer aux gens comment ne pas se faire manipuler, on a imaginé un truc plus rigolo : leur apprendre à manipuler à leur tour&#8230;</p>
<p><strong>Comme une conférence ?</strong> Exactement. On fait comme si le public était constitué de candidats venant suivre une masterclass d&#8217;une heure quinze auprès de deux chercheurs du &#8220;Groupe interdisciplinaire de recherche pour automatiquement fédérer les électeurs&#8221;, le GIRAFE. Ils prétendent avoir trouvé une méthode scientifique permettant de remporter n&#8217;importe quelle élection : les municipales, la présidentielle&#8230; C&#8217;est un prétexte un peu fantaisiste pour décrypter des techniques bien réelles.</p>
<p><iframe title="vimeo-player" src="https://player.vimeo.com/video/1046701289?h=34ff99604e" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Quelles méthodes enseignez-vous ?</strong> Les choses essentielles. D&#8217;abord, on a tendance à croire que l&#8217;élection est un processus permettant de designer les meilleurs candidats, mais c&#8217;est plus complexe que ça. Celui qui remporte le plus de suffrages n&#8217;est pas forcément le plus compétent, mais celui qui réussit à faire croire qu&#8217;il l&#8217;est. On apprend donc aux gens comment avoir un bon programme, éviter le conflit, parler quand on a rien à dire, réussir sa communication et à avoir toujours raison, même quand on a tort. Tout cela avec des outils très concrets, qu&#8217;utilisent les hommes et femmes politiques de l&#8217;ensemble du spectre, puisqu&#8217;on s&#8217;appuie sur leurs propos.</p>
<p><strong>Avez-vous des exemples ? </strong>Citons la triangulation. Un parti ne peut rassembler suffisamment de suffrages simplement avec ses militants. Il lui faut donc chasser ceux qui votent pour d&#8217;autres, à droite ou à gauche. Le grand spécialiste en la matière c&#8217;est bien sûr Emmanuel Macron. Lors de sa première campagne, il annonçait prendre le meilleur de la droite, le meilleur de la gauche et même du centre. Donc en votant pour lui on avait toutes les meilleures idées ! Tout le monde use de cette technique, mais lui en est l&#8217;incarnation suprême, à tel point que les linguistes ont analysé ses discours et remarqué qu&#8217;il utilisait beaucoup plus que les autres le préfixe &#8220;re&#8221;.</p>
<p><strong>Pourquoi ?</strong> Il emploie des mots historiquement marqués à gauche, en les assortissant de ce préfixe renvoyant à un retour en arrière, à une sensibilité conservatrice. Il va donc &#8220;recréer&#8221;, &#8220;réinventer&#8221;, &#8220;réadapter&#8221;, &#8220;rebâtir&#8221; et son parti s’appelle &#8220;Renaissance&#8221;. C’est à la fois enthousiasmant pour la gauche, parce que c’est nouveau, et rassurant pour la droite, parce que&#8230; pas trop nouveau !</p>
<div id="attachment_173332" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/09/lart-davoir-toujours-raison.jpg"><img class="size-full wp-image-173332" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/09/lart-davoir-toujours-raison.jpg" alt="(c)  Louise Ajuste " width="1000" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">(c) Louise Ajuste</p></div>
<p><strong>Vous décortiquez aussi tout un tas de sophisme, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Oui, ce raisonnement a l&#8217;apparence de la logique mais ne l&#8217;est pas. Il sert à tromper l&#8217;auditoire et il en existe de différents types.</p>
<p><strong>Par exemple ?</strong> Un grand classique, c&#8217;est le sophisme de la pente glissante, consistant à prétendre que le fait d’adopter la position de l’interlocuteur amorcerait une réaction en chaîne de conséquences de plus en plus graves. Lorsqu&#8217;on a proposé d&#8217;abaisser la vitesse sur les départementales à 80 km/h, Julien Sanchez, un candidat RN, avait déclaré que demain ce serait 70, puis 50 puis 20 km/h pour ensuite se rendre à pied au travail ! C&#8217;est ridicule, on n&#8217;argumente plus sur le fond du sujet : la sécurité routière et l&#8217;écologie. On dit juste n&#8217;importe quoi.</p>
<p><strong>Il y a aussi le &#8220;sophisme du hareng fumé&#8221;. De quoi s&#8217;agit-il ?</strong> Il provient d&#8217;une mythologie qui voudrait que les prisonniers, aux États-Unis, prenaient avec eux des harengs fumés lorsqu&#8217;ils s&#8217;évadaient pour ne pas se faire pister par les chiens. C&#8217;est un sophisme très courant. Il consiste tout simplement à changer délibérément de sujet dans une conversation, afin de détourner l’attention du sujet original. Un parti accusé de détourner de l&#8217;argent répondra que tel autre parti le fait aussi&#8230; usant du même coup d&#8217;un autre sophisme, celui de la double faute. Puisque tout le mode le fait, on a aussi le droit !</p>
<p><strong>Un petit dernier ?</strong> J&#8217;aime bien le faux dilemme, qui consiste à avancer deux solutions comme si elles étaient les deux seules possibles. Prenons la réforme des retraites, pour laquelle il a été massivement utilisé : soit on travaille plusieurs années supplémentaires, soit on ne finance plus le système des retraites. Cela semble logique, mais on met de côté toutes les autres alternatives, comme l&#8217;augmentation des cotisations, la contribution extraordinaire des très hauts revenus&#8230; Même chose lorsque George W. Bush déclarait, au lendemain des attentats du Word Trade Center : &#8220;vous êtes avec nous ou avec les terroristes&#8221;.</p>
<div id="attachment_173334" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/09/lart-davoir-toujours-raison1.jpg"><img class="size-full wp-image-173334" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/09/lart-davoir-toujours-raison1.jpg" alt="(c)  Louise Ajuste " width="1000" height="667" /></a><p class="wp-caption-text">(c) Louise Ajuste</p></div>
<p><strong>C&#8217;est aussi ce qu&#8217;on dit aux enfants : finis ton assiette de haricots si tu veux ton dessert !</strong> Exactement ! Mais le sophisme du hareng fumé peut avoir des conséquences dramatiques, comme on le voit en Palestine en ce moment. Les pro-Israéliens, à qui ont fait remarquer que la population de Gaza est en train de se faire massacrer, répondent qu&#8217;il faut rendre les otages. Certes, c&#8217;est aussi une tragédie, mais en parlant de ça on emmène ce sujet ailleurs&#8230;</p>
<p><strong>Vous passez aussi au crible un tas de mots comme le &#8220;changement&#8221;, régulièrement brandi par les candidats&#8230;</strong> Une part massive de la population est mécontente des politiques menées, à tort ou à raison. Ainsi, celui qui veut se faire élire a plutôt intérêt à promettre qu&#8217;il va changer les choses. Personne ne dira : &#8220;avec moi, ça restera comme ça !&#8221;. Donc tout le monde incarne le changement : François Hollande qui en a fait son slogan de campagne, Nicolas Sarkozy avec sa &#8220;France forte&#8221;, Valery Giscard d&#8217;Estaing qui prônait &#8220;le changement dans la continuité&#8221;. Emmanuel Macron incarne le renouveau en transcendant les anciens partis, qui selon lui ne fonctionneraient plus&#8230; usant d&#8217;ailleurs d&#8217;une stratégie populiste.</p>
<p><strong>Il y a aussi la notion de &#8220;justice&#8221;&#8230;</strong> Oui, c&#8217;est ce que Clément Viktorovitch nomme un &#8220;concept mobilisateur&#8221;, c&#8217;est-à-dire un mot à la fois flou (on ne sait pas trop ce qu&#8217;il désigne) et positif (car tout le monde est pour la justice !). Mais que veut dire une société plus juste ? Des milliers de choses différentes, pour vous comme pour moi, un électeur du RN ou de Philippe Poutou&#8230; chacun a son propre idéal et donc des visions opposées, mais tous veulent une société plus juste.</p>
<p><strong>Vous êtes-vous inspiré de l&#8217;ouvrage éponyme de Schopenhauer pour écrire ce spectacle ?</strong> Il y a une tradition de réécriture dans le théâtre, de reprendre d&#8217;anciens textes pour les remettre au goût du jour. C&#8217;est aussi ce que j&#8217;ai voulu faire avec le livre de Schopenhauer, qui parle précisément de ces sophismes. Un livre un peu aride pour qui ne serait pas familier de la chose philosophique. Et puis ça nous amusait de prendre exemple sur Macron, Mélenchon, Zemmour&#8230; que Schopenhauer n&#8217;avait pas la chance, ou la malchance, de connaître.</p>
<div id="attachment_173335" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/09/lart-davoir-toujours-raison2.jpg"><img class="size-full wp-image-173335" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/09/lart-davoir-toujours-raison2.jpg" alt="(c)  Louise Ajuste " width="1000" height="667" /></a><p class="wp-caption-text">(c) Louise Ajuste</p></div>
<p><strong>Ne craignez-vous pas d’alimenter un peu plus la défiance des électeurs envers la politique ?</strong> C&#8217;est une critique est parfois formulée. Puisqu&#8217;on dénonce des techniques manipulatoires, alors on s&#8217;en prendrait aux politiques&#8230; D&#8217;abord, on s&#8217;attaque plutôt à ceux qui sont en haut de l&#8217;échelle, car j&#8217;ai beaucoup de respect pour les élus locaux. Mais, plus largement, ce spectacle est une façon de défendre la démocratie. Il faut être exigeant dans une période où elle est particulièrement menacée. Si on tient à elle, il faut se battre pour le vrai, donc chasser les mensonges, qu&#8217;ils soient évidents ou pas, parce que notre rapport à la vérité n&#8217;a pas fini d&#8217;être altéré. C&#8217;est un gros challenge pour les citoyens comme pour les journalistes.</p>
<p><strong>Pour prendre le pouvoir, ne serait-il finalement pas plus simple de tenter un coup d&#8217;État ?</strong> Réussir un coup d&#8217;État en France n&#8217;est pas facile, ça n&#8217;a pas beaucoup marché. Napoléon III est l&#8217;un des rares à avoir réussi le sien, en étant élu président de la république puis en conservant le pouvoir. Certains estiment que De Gaulle en aussi a réalisé un&#8230; mais tous les autres ont foiré. Globalement, pour prendre le pouvoir, il vaut mieux tenter l&#8217;élection.</p>
<p><strong>Nous garantissez-vous l&#8217;efficacité de votre méthode ?</strong> Absolument, c&#8217;est fiable à 100% ! Je garantis à tous vos lecteurs qui viendront nous voir qu&#8217;ils remporteront les prochaines municipales, peut-être les législatives (on n&#8217;est pas à l&#8217;abri d&#8217;une nouvelle dissolution d&#8217;ici là) voire l&#8217;élection présidentielle. C&#8217;est le moment de saisir sa chance ! L&#8217;idée est surtout d&#8217;apprendre des choses en rigolant des politiques qui, parfois, se rient de nous.</p>
<p>(<a href="https://larose.fr/" target="_blank">Un spectacle proposé par la Rose des Vents</a>)</p>
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		<title>Jean-Pierre Dionnet</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Jul 2025 04:08:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[50 ans]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Pierre Dionnet]]></category>
		<category><![CDATA[maison Folie Hospice d'Havré]]></category>
		<category><![CDATA[Métal Hurlant]]></category>
		<category><![CDATA[tourcoing]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Pensiez-vous un jour fêter les 50 ans de Métal Hurlant ? Pas du tout ! Au départ, l’idée n’était même pas de...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pensiez-vous un jour fêter les 50 ans de <em>Métal Hurlant</em> ?</strong> Pas du tout ! Au départ, l’idée n’était même pas de publier ce magazine pour les lecteurs, mais pour nous. À l’époque, le futur était pour moi quelque chose de lointain&#8230; Devenir un classique n’était donc pas ma préoccupation, c’est un malentendu. Disons qu’on a profité du lancement de <em>Heavy Metal,</em> sa version américaine, et de l’enthousiasme de metteurs en scène américains ou anglo-saxons&#8230;</p>
<p><strong>À vous écouter, c&#8217;est presque de la chance cette histoire&#8230;</strong> Oui, c&#8217;est un peu comme gratter le <em>Millionnaire</em>, pas plus pas moins&#8230; même si on a une chance sur 30 millions ! Tout ça, c&#8217;était dans l&#8217;air du temps. La preuve, on va aussi retrouver cet esprit à la télé, à Canal, grâce à Alain de Greef et Pierre Lescure. On trouvait aussi des journaux similaires comme <em>El Víbora</em> en Espagne ou <em>Frigidaire</em> en Italie&#8230; Disons qu&#8217;on est arrivés à un moment où émergeaient des choses un peu partout. Mais c&#8217;est la même histoire pour le cinéma, qui a vu le jour simultanément dans divers endroits de la planète. Les frères Lumière ont juste eu l&#8217;idée d&#8217;en faire un commerce&#8230;</p>
<p><strong>Quel fut votre rôle dans le magazine ?</strong> J&#8217;étais comme le chef d&#8217;une petite gare avec deux ou trois voies où il fallait bouger les rails dans tous les sens pour stopper un train pendant que l&#8217;autre passe. Et puis d&#8217;un coup, je me suis retrouvé à la tête d&#8217;une gare de triage où il a fallu rajouter 50 voies !</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/xJgXpWn83EA?si=CiSUd1YWcTjmug9q" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Pourquoi ce nom, <em>Métal Hurlant</em> ?</strong> On n&#8217;en est absolument pas responsables car pas doués pour les titres. On avait pensé à <em>Banane mécanique</em> au départ&#8230; c&#8217;est dire ! L&#8217;idée vient de Mandryka, qui avait lâché la barre de <em>L&#8217;Écho des savanes</em>. Il avait aligné sur des petits bouts de papier toutes nos idées jusqu&#8217;à trouver <em>Métal Hurlant.</em>.. Et puis il nous a dit : &#8220;faites-le sans moi&#8221; ! Au-delà de ça, il nous a vraiment &#8220;accouchés&#8221;, me poussant à publier d&#8217;autres auteurs comme Corben. Il a aussi encouragé Druillet et Moebius à dessiner et raconter des histoires différentes.</p>
<p><strong>D&#8217;où vous vient cet intérêt pour la contre-culture ?</strong> D&#8217;abord d&#8217;une assez bonne connaissance de la culture classique, parce que ma maman avait acheté l&#8217;intégrale Balzac, Hugo ou Cendrars par correspondance. Ensuite, j&#8217;étais dans un collège assez strict où l&#8217;on n&#8217;avait pas le droit de regarder la télé, à part les actualités avec le Général de Gaulle, ce qui nous limitait un peu&#8230; Donc quand je revenais chez moi, tous les 15 jours, je lisais un maximum de BD, achetant des vieux trucs au marché. Je m&#8217;intéressais d&#8217;abord au visuel puis au contenu (et je ferai la même chose avec la musique). Je me souviens par exemple des couvertures magnifiques des DC comics créées à Tourcoing par Artima. C&#8217;est marrant, je me souviens que la grande obsession à ce moment, c&#8217;était la Terre : enfermée dans un bocal par des Martiens collectionneurs de planètes, soumise au rayon de la mort&#8230; Aujourd&#8217;hui, et c&#8217;est là que je ne suis plus en phase avec mon époque, la contre-culture a tendance à devenir une culture dominante, et ça me casse autant les pieds que lorsque Françoise Giroud et Simone Veil me demandaient comment lire une BD !</p>
<div id="attachment_172297" style="width: 877px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/07/jean-pierre-dionnet2.jpg"><img class="size-full wp-image-172297" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/07/jean-pierre-dionnet2.jpg" alt="Photo : Jean-Marie Marion" width="867" height="1300" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Jean-Marie Marion</p></div>
<p><strong>Et pourquoi la SF en particulier ?</strong> Dans la littérature classique, j’ai toujours préféré les oeuvres symbolistes, comme <em>Le Rêve</em> de Zola. Je me suis donc naturellement tourné vers la science-fiction, l’horreur, le fantastique&#8230; Le monde dans lequel je vivais alors, pas meilleur ou pire que celui d’aujourd’hui, ne me plaisait pas. Je m’évadais donc sur d’autres planètes, en Atlantide&#8230; et je suis toujours comme ça. Cela doit venir d&#8217;une espèce d&#8217;anarchisme pas convaincu et d&#8217;une certaine tristesse devant l&#8217;échec total des politiques dans le réel.</p>
<p><strong>Selon vous, qu&#8217;est-ce qui fait l&#8217;âme de <em>Métal Hurlant</em> ? Au-delà de la SF tout ça, c&#8217;est un esprit, un ton&#8230; </strong>Oui, d&#8217;ailleurs il y a l&#8217;arrivée du punk à cette époque. Et puis on a tous vécu Mai-68, la révolution la plus courte de l&#8217;Histoire, puisqu&#8217;elle s&#8217;est arrêtée avec les vacances scolaires ! Quand on a commencé chez <em>Pilote</em>, on pensait tous que le monde allait changer. Rappelons aussi que notre génération a vu l&#8217;Homme marcher sur la Lune en 1969, sur nos télés en noir en blanc, ce qui était plus évocateur. La SF et le réel s&#8217;interpénétraient donc totalement. On se disait tous : Jules Verne avait raison !</p>
<p><strong><em>Métal Hurlant</em> c&#8217;est aussi une esthétique particulière, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Ce qui est génial dans <em>Métal Hurlant</em>, et je le réalise seulement maintenant, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;y a jamais eu de copieurs-colleurs. Les auteurs ont toujours exploré d&#8217;autres mondes, encouragés par Moebius d&#8217;ailleurs. La mythologie <em>Métal</em> vient aussi du fait que la première version, et même la deuxième, n&#8217;ont pas duré très longtemps. On n&#8217;a donc pas eu le temps de s&#8217;habituer : 12 ans et paf ! La morale ? Il vaut mieux être un météore&#8230;</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/XtjmAttaKNA?si=Qw1tCvaRgmSXoROW" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Ce magazine a aussi séduit quelques grands artistes outre-Atlantique, comme Ridley Scott, n’est-ce pas ?</strong> Exactement. On retrouve des plans d’<em>Exterminateur 17</em>, que j’ai signé avec Enki Bilal, dans <em>Blade Runner</em>, sans parler de tout ce qu’il a pris à Moebius pour <em>Alien</em>. Mais ça va encore plus loin, car on a aussi envahi le Japon, réputé imprenable ! Katsuhiro Ōtomo s’est lui aussi inspiré d’<em>Exterminateur 17</em> et de Moebius pour <em>Akira</em>&#8230; même les petits robots de Tezuka viennent de chez nous !</p>
<p><strong>Quel serait votre plus grand regret ?</strong> D’avoir refusé à George Miller, le réalisateur de <em>Mad Max</em>, d’autoriser le titre <em>Métal Hurlant</em> pour son film contre 10% de ses recettes, alors qu’on manquait toujours d’argent ! C’est une des grandes erreurs de ma vie et j’en payerai toujours le prix.</p>
<p><strong>Quel regard portez-vous sur la nouvelle version de <em>Métal Hurlant</em> ?</strong> Dans la nouvelle formule, je trouve qu&#8217;il y a des jeunes auteurs passionnants qui progressent de façon régulière. Certains sont sur le point d&#8217;aboutir et d&#8217;autres font encore du zèle : ils remplissent trop leurs pages, comme si on allait leur couper les robinets du jour au lendemain ! Mais le fait de reconnaître déjà cinq ou six auteurs dans un trimestriel, c&#8217;est très bien.</p>
<div id="attachment_172299" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/07/jean-pierre-dionnet3.jpg"><img class="size-full wp-image-172299" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/07/jean-pierre-dionnet3.jpg" alt="Vue d'expo (c) Julien Damien" width="1000" height="667" /></a><p class="wp-caption-text">Vue d&#8217;expo (c) Julien Damien</p></div>
<p><strong>Outre <em>Métal Hurlant</em>, on vous connaît aussi pour <em>Les Enfants du rock</em> ou <em>Cinéma de quartier</em>&#8230;</strong> Oui, pas mal de choses connexes que j&#8217;ai pu accompagner successivement. Disons que je suis un passeur pour le grand public. Hélas, il y a des choses que je n&#8217;aurai pas le temps d&#8217;explorer. J&#8217;avais par exemple commencé un bouquin sur les artistes oubliés ou méconnus des XIXe et XXe siècle, sans pouvoir le concrétiser.</p>
<p><strong>Comment cette exposition a-t-elle vu le jour à Tourcoing ?</strong> C’est Bruno Girveau qui a organisé ce traquenard. Il y a deux ans, il montait une expo sur la BD avec François Boucq au Palais des beaux-arts de Lille, dont il était alors le directeur. J’y allais pour ça, j’avais préparé mon petit hommage et une fois sur place ils m’ont dit : &#8220;en fait, on t’a fait venir pour te poser des questions, à toi&#8221; !</p>
<p><strong>Comment jugez-vous cet accrochage ?</strong> C’est LA grande exposition <em>Métal Hurlant.</em> Bruno a fait un boulot extraordinaire. Il a fallu choisir, mais on explore ici toutes les facettes de notre revue. Depuis les grands anciens de la SF comme Moebius ou Druillet, puis Caza, Renard et Schuiten ou Beb-Deum qui arrivent derrière, jusqu’à la nouvelle version du magazine, en passant par le côté rock avec le <em>Lucien</em> de Margerin ou Serge Clerc, les filles de l’éphémère revue <em>Ah ! Nana</em>, la chapelle Druillet&#8230; Ça dépasse largement les originaux qu’on était un peu habitués à voir, et ça c’est génial !</p>
<p><strong>Un dernier mot ?</strong> Oui, les Parisiens sont des ânes. Ils sont prêts à s&#8217;entasser dans le métro pour aller à la <em>Japan Expo</em>, à Villepinte, alors que le temps de trajet en train jusqu&#8217;à Tourcoing est le même. Ils se demandent quand cette expo <em>Métal Hurlant</em> va arriver chez eux&#8230; Eh bien non, elle bouge pas mon pote, t&#8217;as qu&#8217;à y aller !</p>
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		<title>Yiqing Yin</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Jul 2025 03:01:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[D'air et de songes]]></category>
		<category><![CDATA[la Cité de la dentelle et de la mode de Calais]]></category>
		<category><![CDATA[Yiqing Yin]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Vos créations s&#8217;inspirent du végétal, du minéral, du monde animal&#8230; Cherchez-vous à nouer une forme d&#8217;harmonie entre l&#8217;être humain et l&#8217;environnement ?...</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Vos créations s&#8217;inspirent du végétal, du minéral, du monde animal&#8230; Cherchez-vous à nouer une forme d&#8217;harmonie entre l&#8217;être humain et l&#8217;environnement ?</strong> Inconsciemment, sans doute&#8230; Mais oui, la nature est mon refuge, mon oxygène et les fonds marins sont un peu mon &#8220;safe space&#8221; ! Plus largement, j&#8217;ai toujours été fascinée par les corps en mutation, les éléments en transformation, cet entre-deux où une forme devient autre chose. Quelque part, cette exposition est un hommage à la magie du mouvement de la nature.</p>
<p><strong>Dans votre geste, il y a aussi beaucoup de spontanéité&#8230;</strong> Je dirais même d&#8217;aléatoire. J&#8217;essaie de provoquer les conditions pour qu&#8217;il advienne, et c&#8217;est une discipline d&#8217;inviter le lâcher-prise au sein de la création. Prenons l&#8217;exemple de la robe <em>Zeus</em>. Ce qui apparaît aujourd&#8217;hui comme un visage dans le buste du vêtement est en réalité un accident. Le processus du plissé me permet d&#8217;avancer à tâtons, et c&#8217;est la rencontre avec la matière qui dicte la forme. Il n&#8217;y a pas eu de croquis avant. J&#8217;ai commencé à sculpter le tissu et le plissé a progressivement dessiné cette figure. Au final, mon travail avec le textile est comme une écriture automatique, un somnambulisme éveillé.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/-sOyED8AwtY?si=4_gZ7kcDM9TJjcIz" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Vos créations expriment aussi un paradoxe : ici les matières légères peuvent devenir &#8220;dures&#8221;, comme la dentelle apparaissant sous une forme minérale&#8230;</strong> Oui, et même une ossature. J&#8217;aime beaucoup flouter les frontières, perturber les définitions, la perception&#8230; J&#8217;essaie de construire des armures, des carapaces à partir de gaze, pourtant ultra-fluide et légère. J&#8217;adore ce paradoxe des matières, jouer sur le rapport à la gravité, au poids.</p>
<p><strong>Avec la hiérarchie des matériaux que vous utilisez, aussi&#8230;</strong> Oui, j&#8217;adore briser les hiérarchies justement, comme cette gaze d&#8217;hôpital qui gagne en valeur expressive en rencontrant une dentelle très onéreuse que je vais déchiqueter à côté. J&#8217;ai toujours été réfractaire à cette notion de hiérarchie, que ce soit entre les matières ou les gens, les métiers, les arts dits &#8220;nobles&#8221; ou pas, les artisans, les penseurs&#8230; Mes vêtements sont d&#8217;ailleurs conçus avec plusieurs mains, comme une hybridation de savoir-faire et de connaissances. Ce sont des histoires de rencontres.</p>
<div id="attachment_172394" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/07/yiqing-yin-29.jpg"><img class="size-full wp-image-172394" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/07/yiqing-yin-29.jpg" alt="Robe Zeus, Yiqing Yin, Vue d'expo (c) Julien Damien" width="1000" height="667" /></a><p class="wp-caption-text">Robe Zeus, Yiqing Yin, Vue d&#8217;expo (c) Julien Damien</p></div>
<p><strong>Votre travail ressemble plus à celui d&#8217;une sculptrice&#8230;</strong> Oui, je me suis toujours imaginée sculptrice avant d&#8217;intégrer les Arts déco et de suivre un cursus vestimentaire. J&#8217;ai donc conservé une approche sculpturale, de plasticienne, à travers mes créations.</p>
<p><strong>Et qu&#8217;est-ce que cela vous apporte ?</strong> Quand on ne connaît pas les codes de la couture, on cherche ses propres solutions : via le plissé, les nervures&#8230; toutes sortes de manières de détourner les surfaces plates pour leur offrir une expression nouvelle, une sensualité, une courbure. La rencontre avec la matière a été pour moi intuitive et intime, pas du tout cartésienne ni architecturale. Mes débuts étaient marqués par un manque de connaissances techniques, mais cette lacune m&#8217;a poussée à inventer un système pour créer des ondulations et des mouvements sur des tissus rectangulaires. J&#8217;ai fini par cultiver cette méconnaissance et la chérir. Ne pas savoir pousse toujours à sortir de sa zone de confort en quête de nouvelles écritures&#8230; Disons que je suis guidée par une insouciance créative.</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=172382" target="_blank">A LIRE ICI / NOTRE REPORTAGE</a></strong></p>
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		<title>Sand in Your Eye</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2025/07/01/sand-in-your-eye-2/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Jul 2025 00:24:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[collectif Sand in Your Eye]]></category>
		<category><![CDATA[Fresque]]></category>
		<category><![CDATA[Glace]]></category>
		<category><![CDATA[Jamie Wardley]]></category>
		<category><![CDATA[salble]]></category>
		<category><![CDATA[Sculpture]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Quand avez-vous créé Sand In Your Eye, et dans quel but ? En 2003. C’était d’abord mon nom commercial. Au départ, il...</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2025/07/01/sand-in-your-eye-2/">Sand in Your Eye</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quand avez-vous créé Sand In Your Eye, et dans quel but ?</strong> En 2003. C’était d’abord mon nom commercial. Au départ, il s&#8217;agissait de réaliser des œuvres d&#8217;art sympas, mais aussi de créer une plateforme qui me permettrait de développer une activité dans tout le Royaume-Uni, plutôt que de me déplacer en permanence en tant que sculpteur indépendant. Maintenant, nous avons huit employés et des freelances.</p>
<p><strong>Et comment cette idée vous est-elle venue</strong> <strong>?</strong> J&#8217;ai rencontré un sculpteur sur sable, lors de vacances en Norvège, en 1998. Il était en train de travailler, je l&#8217;ai salué et à partir de là ma vie a changé. Il m&#8217;a proposé d’essayer, j&#8217;ai accepté. Quelques années plus tard, il m&#8217;a demandé de bosser pour lui et c&#8217;est ainsi qu&#8217;à partir de 2003, je suis devenu sculpteur de sable professionnel.</p>
<p><strong>Quels sont les matériaux naturels que vous utilisez ?</strong> Nous sculptons avec du sable, de la glace, des citrouilles&#8230; Nous réalisons aussi du land art sur les plages en ratissant le sable, et dans les champs avec de la peinture de traçage pour terrain de football. Plus récemment, nous avons commencé à concevoir des sculptures dans la boue.</p>
<div id="attachment_172276" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/07/sand-in-your-eye7.jpg"><img class="size-full wp-image-172276" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/07/sand-in-your-eye7.jpg" alt="Ayr, Écosse, 2018, portrait d’un héros de guerre tombé au combat sur la plage durant la Première Guerre mondiale / Photo (c) Katielee Arrowsmith SWNS" width="1000" height="749" /></a><p class="wp-caption-text">Ayr, Écosse, 2018, portrait d’un héros de guerre tombé au combat sur la plage durant la Première Guerre mondiale / Photo (c) Katielee Arrowsmith SWNS</p></div>
<p><strong>Quel est le matériau le plus étrange avec lequel vous avez travaillé ?</strong> Bien que cela ne me paraisse pas étrange, je pense que la neige et la glace restent les matériaux les plus inhabituels. La glace est délicate et transparente, mais sa force lui permet de réaliser d&#8217;incroyables sculptures qui diffèrent selon que l&#8217;on se trouve dans un environnement gelé ou chaud. Conduire un véhicule sur un lac et y plonger une tronçonneuse pour récolter de la glace reste d&#8217;ailleurs l&#8217;une des expériences les plus étranges que j&#8217;ai vécues.</p>
<p><strong>En n&#8217;utilisant que des ressources naturelles, essayez-vous d&#8217;inciter les gens à penser à la protection de l&#8217;environnement ?</strong> Je l&#8217;espère. Nous nous efforçons de réaliser des travaux ayant un effet important sans pour autant avoir d’impact sur l&#8217;environnement, le climat et, après tout, l&#8217;avenir de nos enfants.</p>
<p><strong>Le fait que vos œuvres soient éphémères n&#8217;est pas non plus anodin, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Ce qui compte dans tout cela, c&#8217;est d&#8217;être impliqué ensemble dans le processus créatif, plutôt que de réaliser des œuvres permanentes. Les plages sont si belles, c&#8217;est un honneur de les parcourir et d’y faire quelque chose, mais cela n&#8217;améliorerait pas le paysage si nos œuvres restaient, alors nous sommes heureux de les voir s&#8217;effacer ! Et puis nous avons des photographies.</p>
<div id="attachment_172272" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/07/sand-in-your-eye3.jpg"><img class="size-full wp-image-172272" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/07/sand-in-your-eye3.jpg" alt="New Brighton, Royaume-Uni, 2021, dessin de 120 mètres © Sand in Your Eye / Bezmond Films" width="1000" height="667" /></a><p class="wp-caption-text">New Brighton, Royaume-Uni, 2021, dessin de 120 mètres © Sand in Your Eye / Bezmond Films</p></div>
<p><strong>Quelles seraient vos œuvres favorites ?</strong> Nous avons dû en créer des centaines, mais je pense que mes préférées sont celles qui, d&#8217;une certaine manière, touchent l&#8217;âme ou la conscience, de par leur caractère social et environnemental.</p>
<p><strong>Concrètement, comment travaillez-vous ? Quels outils utilisez-vous ?</strong> Dans le cas de la sculpture sur sable, il faut d’abord assembler la matière avec beaucoup d&#8217;acharnement. Ensuite, il s’agit de lui donner forme à l&#8217;aide de pelles, de truelles de construction, de petits couteaux à palette et même d&#8217;une fourchette. Pour la sculpture sur glace, nous utilisons des tronçonneuses et des ciseaux. Sur une plage, principalement un râteau.</p>
<p><strong>Les aléas climatiques vous empêchent-ils parfois de créer vos œuvres éphémères ?</strong> Mère Nature ajoute certainement un peu de piment au mélange. Mais la plupart du temps, nous y arrivons.</p>
<p><strong>Quels sont vos lieux de prédilection ?</strong> Le collectif crée-t-il en dehors de l&#8217;Angleterre ? La plupart de nos œuvres sont réalisées au Royaume-Uni. C&#8217;est un souhait, car l&#8217;un des principes primordiaux était que je n&#8217;avais pas besoin de voyager. Mais il arrive que nous soyons accueillis par des rivages étrangers, comme en Normandie, ce qui est toujours un plaisir.</p>
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