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	<title>LM magazine &#187; photographie</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Kourtney Roy</title>
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		<pubDate>Fri, 01 May 2026 04:09:28 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Sous le soleil de Cancún, une estivante idéale boude et bulle au bord de l&#8217;eau, cernée de bouées et de gigolos bodybuildés. C&#8217;est Kourtney Roy elle-même qui ne fait décidément pas dans la demi-mesure. Cette artiste a construit une œuvre à la fois drôle et dérangeante, nourrie d&#8217;autofiction et de mise en scène cinématographique. Ses images, aux couleurs qui claquent comme celles de Martin Parr, entretiennent le flou entre fantasme et réalité. Elle ausculte cette-fois la mondialisation sous toutes ses coutures par le prisme du tourisme. Premier secteur économique de la planète, près de 10 % du PIB mondial, un emploi sur dix. Depuis les années 1960, il s&#8217;est déployé comme une promesse universelle de bonheur. Mais Roy préfère regarder là où ça grince. « <span class="has-pullquote" data-pullquote="Le monde est un foutu mystère incompréhensible et obscur ">Le monde est un foutu mystère incompréhensible et obscur </span>», lâche-t-elle. Le ton est posé.</p>
<h3>Colore le monde</h3>
<p>Trois séries jalonnent le parcours.<em> The Tourist,</em> photographiée à Cancún et Miami, plante le décor avec une précision jubilatoire. La vacancière idéale que Roy incarne évolue dans un décor aux couleurs criardes, entre bar à cocktails et piscines translucides. Tout suinte l&#8217;artifice — et c&#8217;est exactement le propos. Car derrière ces images de carte postale que les réseaux sociaux amplifient à l&#8217;infini, le surtourisme transforme des destinations en parcs à thème, standardise les expériences et épuise les populations locales. Un touriste en hôtel de standing peut consommer jusqu&#8217;à quatre fois plus d&#8217;eau par jour qu&#8217;un habitant de la région.</p>
<h3>La croisière déraille</h3>
<p><em>Sorry, No Vacancy,</em> réalisée au Texas, change radicalement d&#8217;atmosphère. Les routes désertes, les motels fermés et les paysages arides composent un western fantomatique où la belle erre en solitaire, héroïne d&#8217;un film sans spectateurs. Ces décors abandonnés évoquent la face cachée du tourisme saisonnier : des villes bondées l&#8217;été, fantômes le reste de l&#8217;année, dont les économies locales peinent à trouver un équilibre viable. <em>Entre deux mondes</em>, clôt le voyage à bord d&#8217;un ferry. Dans ce huis clos flottant, croisiéristes et travailleurs se côtoient sans vraiment se voir. C&#8217;est précisément dans cet espace-là que surgissent les vraies questions comme l&#8217;empreinte carbone des croisières, la pression sur les récifs coralliens, l&#8217;exploitation de la faune sauvage réduite à une attraction, les inégalités d&#8217;accès au voyage. Sans jamais asséner, Roy instille le doute et démonte les mécanismes du marketing qui fabriquent nos désirs d&#8217;évasion. Bon voyage, donc — mais les yeux grands ouverts.</p>
<blockquote class="instagram-media" style="background: #FFF; border: 0; border-radius: 3px; box-shadow: 0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width: 540px; min-width: 326px; padding: 0; width: calc(100% - 2px);" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/reel/DVwKnwVDaLy/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14">
<div style="padding: 16px;"><a style="background: #FFFFFF; line-height: 0; padding: 0 0; text-align: center; text-decoration: none; width: 100%;" href="https://www.instagram.com/reel/DVwKnwVDaLy/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" target="_blank"><br />
</a></p>
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<div style="color: #3897f0; font-family: Arial,sans-serif; font-size: 14px; font-style: normal; font-weight: 550; line-height: 18px;">Voir cette publication sur Instagram</div>
</div>
<p style="color: #c9c8cd; font-family: Arial,sans-serif; font-size: 14px; line-height: 17px; margin-bottom: 0; margin-top: 8px; overflow: hidden; padding: 8px 0 7px; text-align: center; text-overflow: ellipsis; white-space: nowrap;"><a style="color: #c9c8cd; font-family: Arial,sans-serif; font-size: 14px; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 17px; text-decoration: none;" href="https://www.instagram.com/reel/DVwKnwVDaLy/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" target="_blank">Une publication partagée par Cité de l’Economie (@citedeleconomie)</a></p>
</div>
</blockquote>
<p><script src="//www.instagram.com/embed.js" async=""></script></p>
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		<title>Restos routiers</title>
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		<pubDate>Fri, 01 May 2026 04:08:17 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Il range d&#8217;abord l&#8217;appareil photo dans son sac, commande un menu et écoute. C&#8217;est seulement une fois accepté par la communauté du comptoir que Guillaume Blot sort son boîtier. La démarche de ce photographe nantais de 36 ans, formé au CELSA puis aux Gobelins, est quasiment anthropologique. Après <em>Buvettes</em> et <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2023/07/01/guillaume-blot/" target="_blank"><em>Rades</em> </a>(son tour de France des bistrots vendu à 17 000 exemplaires), il poursuit avec <em>Restos routiers</em> sa cartographie tendre de la France populaire, immortalisant 72 établissements et leurs fidèles clients. Le resto routier, c&#8217;est d&#8217;abord une institution née dans les années 1930, reconnaissable à son macaron bleu et rouge. À son apogée dans les années 1970, on en comptait 4 500 le long des nationales. Il n&#8217;en reste aujourd&#8217;hui que 700. Le principe n&#8217;a guère varié : entrée, plat, fromage, dessert, quart de vin et café pour une quinzaine d&#8217;euros. Le tout servi sans chichis, dans une salle où le tutoiement est immédiat. Certaines adresses font toujours le plein. À La Table d&#8217;Othe, dans l&#8217;Aube, les habitués se réveillent tôt pour réserver la choucroute mensuelle mitonnée par Benjamin et sa mère Corinne. Chez Mimi, dans le Lot-et-Garonne, la patronne élève et cuisine ses propres canards&#8230;</p>
<h3><img class=" size-medium wp-image-180455 alignright" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/04/restos-routiers-la-cabane-bambou-brailly-cornehotte-c-guillaume-blot-223x300.jpg" alt="Restos Routiers - La Cabane Bambou, Brailly-Cornehotte (c) Guillaume Blot" width="223" height="300" /><br />
Fin de service</h3>
<p>Ce que Blot photographie au flash « <em>pour faire ressortir tout le peps et le piment de ces lieux</em> », c&#8217;est aussi une humanité inattendue. «<span class="has-pullquote" data-pullquote=" Il y a dans ces endroits un vrai mélange social, rare aujourd'hui. On s'y sent bien, un peu comme à la maison"> Il y a dans ces endroits un vrai mélange social, rare aujourd&#8217;hui. On s&#8217;y sent bien, un peu comme à la maison</span> », confie le photographe.  Son plus beau souvenir : Jacques, un ancien forestier de 92 ans, qui mangeait pour la première fois de sa vie un hamburger avec sa fille. Ce foyer de bord de route est pourtant menacé. L&#8217;essor des autoroutes a d&#8217;abord dévié les camions des nationales dès les années 1970, puis de grands travaux ont achevé d&#8217;éloigner la clientèle. S&#8217;y ajoute une évolution des pratiques : les jeunes routiers économisent sur les repas et se font livrer en cabine, tandis que la reprise de ces établissements peu rentables ne tente plus grand monde. Face à cette extinction programmée, ce livre s&#8217;impose comme une archive vivante autant qu&#8217;un acte militant. Une invitation à s&#8217;arrêter dans ces espaces en voie de disparition plutôt que de filer vers une aire d&#8217;autoroute aseptisée.</p>
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		<title>Slide/Show</title>
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		<pubDate>Fri, 01 May 2026 02:30:36 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>L’Institut pour la photographie (Lille) et l’UCCA ont vu les choses en grand. Slide/Show, exposée à Pékin en 2023, retrace au Frac...</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2026/05/01/slideshow/">Slide/Show</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>L’Institut pour la photographie (Lille) et l’UCCA ont vu les choses en grand. Slide/Show, exposée à Pékin en 2023, retrace au Frac de Dunkerque le rôle clé des images projetées dans l’éveil artistique du pays. Le parcours remonte jusqu’à la lanterne magique, ancêtre du carrousel de diapositives : <span class="has-pullquote" data-pullquote="« Dans les années 1950, les diaporamas (ou slideshows, ndlr) fleurissent dans la Chine rurale pour diffuser les programmes culturels ou sanitaires du parti »">« Dans les années 1950, les diaporamas (ou slideshows, ndlr) fleurissent dans la Chine rurale pour diffuser les programmes culturels ou sanitaires du parti »</span>, rembobine la commissaire Holly Roussell. Dès l’entrée, le visiteur est plongé dans l’ambiance de ces projections collectives.</p>
<h3>Documenter l’art étranger</h3>
<p>Plus loin, 1 400 reproductions de diapositives transforment un mur en vaste roman-photo. Réalisées à travers le monde par Zheng Shengtian, elles participent, dans les années 1980, à l’éclosion d’une scène artistique avide de références nouvelles. Les artistes chinois s’emparent à leur tour de ce médium pour diffuser leurs œuvres. Aujourd’hui encore, ces rectangles lumineux inspirent la création contemporaine. Liang Juhui érige ainsi une tour de Babel jusqu’au plafond du Frac, dont les fenêtres s’illuminent de 1 332 scènes urbaines. Wang Wei imagine, lui, un tunnel où le visiteur marche littéralement sur des visages projetés sous ses pas. Ici, la diapositive ne se contente plus de montrer, elle modifie les regards et propulse toute une scène dans la modernité.</p>
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		<title>GREGORY CREWDSON</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2026/04/02/gregory-crewdson-2/</link>
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		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 03:16:02 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Avant même d&#8217;évoquer l’exposition, il est question d&#8217;un regard. Celui que Crewdson pose depuis plus de trente ans sur l’Amérique ordinaire, ses maisons modestes, ses vies à bas bruit. Une vision façonnée par le cinéma, mais arrêtée net par la photographie. Ses images ressemblent à des films dont il ne resterait qu’un plan, mystérieux et définitif. À Charleroi, <em>Eveningside</em> rassemble trois séries réalisées entre 2012 et 2022, pensées comme une trilogie. Une décennie de création, mais aussi de vie, où se lit une évolution sensible du travail de l’artiste. Crewdson est absent — en tournage, dit-on. L’expression n’est pas anodine. Chaque image mobilise des équipes dignes d’un plateau de cinéma : décors métamorphosés, castings, accessoires minutieusement choisis, lumières réglées à l’extrême. Pourtant, rien ne bouge. Tout est figé, comme retenu par un souffle invisible.</p>
<div id="attachment_179140" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-179140" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/02/03-300x169.jpg" alt="Alone Street (An Eclipse of Moths), 2018-2019 © Courtesy Gregory Crewdson, Galerie Templon" width="300" height="169" /><p class="wp-caption-text">Alone Street (An Eclipse of Moths), 2018-2019</p></div>
<h3>En totale immersion</h3>
<p>La visite débute avec la série <em>Cathedral of the Pines</em>. Des images en couleur, baignées d’une lumière douce. Parmi elles, <em>The Disturbance</em>, montre une femme dans une maison en bois, trois individus à la lisière d’une forêt, la neige qui absorbe les sons. Réalisé dans le Massachusetts, cet ensemble marque un retour à la création après une période de silence. On y sent l’idée de refuge, de réconciliation avec un lieu, avec soi-même. Puis le décor se fissure. Avec <em>An Eclipse of Moths</em>, les formats s’élargissent, les rues se vident, la lumière devient plus crue. Une femme arrêtée à un feu rouge sous la pluie, un homme qui la fixe depuis sa maison&#8230; <span class="has-pullquote" data-pullquote="« On a toujours le sentiment qu’il y a un avant ou un après »">« On a toujours le sentiment qu’il y a un avant ou un après »</span>, explique Jean-Charles Vergne, commissaire de l&#8217;exposition. « <em>Mais la photographie ne livre jamais la clé </em>». Ces images évoquent l’effondrement d’une ville industrielle et, plus largement, celui d’un rêve américain à bout de souffle. Enfin, Eveningside. Le noir et blanc s’impose. Une ville fictive, recomposée à partir de bourgades bien réelles. Garages, bureaux, vitrines : les personnages sont souvent au travail, comme réduits à leur fonction sociale. L’atmosphère est crépusculaire, proche du film noir. Les références à Fritz Lang ou à Antonioni affleurent sans enfermer les images dans la citation. Ce qui relie ces trois ensembles, c’est la tension entre immobilité et durée. Les mêmes visages réapparaissent, vieillissent. Le visiteur aussi mesure le temps qui passe : il faut revenir, contempler, accepter de ne pas tout comprendre. Crewdson ne raconte pas l’Amérique ; il suspend l&#8217;instant et invite à ralentir.</p>
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		<title>Entretien : Pupa Neumann</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 10:47:27 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Portfolio]]></category>
		<category><![CDATA[Feminisme]]></category>
		<category><![CDATA[IA]]></category>
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		<category><![CDATA[Pupa Neumann]]></category>
		<category><![CDATA[série]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Comment êtes-vous devenue photographe et réalisatrice ? Vers treize ans, ma sœur avait un petit ami qui la photographiait sans arrêt. J’étais...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment êtes-vous devenue photographe et réalisatrice ?</strong><br />
Vers treize ans, ma sœur avait un petit ami qui la photographiait sans arrêt. J’étais fascinée. Cet objet capable de créer un lien avec l’autre me paraissait presque magique. Par chance, il m’a offert son appareil photo. J’ai commencé la photographie comme d’autres commencent la guitare. Très vite, cet appareil est devenu mon compagnon quotidien.</p>
<p><strong>A quoi vos premiers travaux ressemblaient-ils ?</strong><br />
Au lycée, je photographiais mes amis. Un élève avait fondé un club pour nous familiariser avec les négatifs, la chambre noire, la lumière rouge… Cette atmosphère avait quelque chose d’envoûtant. J’ai débuté en noir et blanc avec des passants. Je concevais alors la photo comme un témoignage. J’ai d’ailleurs commencé à travailler pour <em>Libération.</em> Plus tard, à New York, j’ai eu la chance d’assister pendant quelques semaines la grande Martine Barrat. Nous allions ensemble à Harlem et dans le Bronx pour immortaliser des enfants boxeurs.</p>
<p><strong>Comment votre carrière a-t-elle évolué ?</strong><br />
De retour à Paris, j’ai trouvé étonnamment facile de réaliser des portraits, et je me suis rapidement fait un nom. J’ai photographié la moitié des comédiens français d’une époque. Puis j’ai senti que mon travail ronronnait. J’avais envie d’aller plus loin. <span class="has-pullquote" data-pullquote="La simple réalité ne me suffisait plus.">La simple réalité ne me suffisait plus.</span></p>
<p><strong>Quel fut le déclic ?</strong><br />
Je me suis offert un superbe appareil d’occasion (un Hasselblad) et ma pratique a basculé. En feuilletant des photos de mon enfance, j’ai remarqué que ma mère m’habillait comme ma sœur, de six ans mon aînée. De là est née la série <em>Doppelgänger</em>, ou le jumeau maléfique. Puis est venue <em>Misfit</em>, presque comme une apparition : un vaste espace blanc où la mise en scène met le focus sur une attitude féminine. Dans <em>Domestic Violence</em>, par exemple, une femme nue se coince les cheveux dans un tiroir — une image à la fois absurde et tragique, comme se noyer dans un verre d’eau. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Il y a eu aussi la <em>Femme automate</em>, toujours disponible, portant des tomates sur un plateau.</p>
<p><strong>Quelles sont vos sources d&#8217;inspiration et vos thèmes de prédilcetion ?</strong><br />
Tout ramène à la même source : les femmes. Elles m’inspirent plus que les hommes. Une femme est un miracle. Une énigme en perpétuelle transformation : elle se métamorphose, dissimule, dérange parfois. J’aime le secret, l’étrangeté, le décalage, la drôlerie. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Mes thèmes gravitent toujours autour de la condition féminine ">Mes thèmes gravitent toujours autour de la condition féminine </span>: ses évolutions, ses régressions, ses paradoxes. J’aime les femmes libres, même si je sais combien il est encore difficile, aujourd’hui, d’incarner cette liberté dans nos sociétés mouvantes.</p>
<p><strong>Comment décririez-vous votre processus créatif aujourd&#8217;hui ? Comment appréhendez-vous l&#8217;intelligence artificielle dans votre travail ?</strong><br />
Depuis deux ans, parallèlement à ma pratique classique, je me passionne pour l’intelligence artificielle. C’est un outil prodigieux pour matérialiser rapidement ce que l’on porte en soi. Il permet d’exprimer presque instantanément ce que l’imaginaire cherche à formuler. J’aime les collages, les hybridations, les accidents visuels. L’image me fascine : elle est mon souffle, ma respiration. Je me réveille en image, je m’endors en image. <span class="has-pullquote" data-pullquote="La photographie reste mon moyen d’expression le plus sincère, mon alter ego.">La photographie reste mon moyen d’expression le plus sincère, mon alter ego.</span></p>
<p><strong>Quelle place accordez-vous à la surprise, à l&#8217;accident dans vos créations ?</strong><br />
Avec l’intelligence artificielle, les accidents et les hasards sont omniprésents — et c’est précisément ce qui m’intéresse. On a parfois le sentiment de collaborer avec une autre partie de soi, une forme de pensée parallèle. J’en connais désormais les rouages, j’ai mes recettes, comme en cuisine. Je travaille également avec Adobe Photoshop. J’aime cette capacité à me projeter dans d’autres époques, à imaginer une femme glamour des années 1950 au milieu d’un désert ensoleillé, tout en restant chez moi, en plein hiver. Cette forme de déplacement imaginaire m’enchante.</p>
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		<title>Pupa Neumann</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 05:06:49 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Tout commence par une fascination presque enfantine pour l’appareil photo. « <em>Cet objet capable de créer un lien avec l’autre me paraissait magique</em> », confie Pupa Neumann. Elle a treize ans lorsqu’elle reçoit son premier boîtier. Certains commencent la guitare, elle découvre l&#8217;image. Et très vite, elle devient une compagne de tous les jours, une manière d’être au monde. Au lycée, elle immortalise ses amis, fréquente le club photo, respire l’odeur des bains révélateurs. Pupa apprend sur le tas, dans la rue, en noir et blanc, l&#8217;œil collé au réel. À New York, aux côtés de Martine Barrat, elle sillonne Harlem et le Bronx pour photographier de jeunes boxeurs. De retour à Paris, elle enchaîne portraits et commandes pour la presse et le cinéma, avant de ressentir la nécessité de déplacer le curseur. « <em>J’avais envie d’aller plus loin. <span class="has-pullquote" data-pullquote="La simple réalité ne me suffisait plus">La simple réalité ne me suffisait plus</span></em> ». La mise en scène s’impose alors avec ses décalages visuels. Ses séries révèlent un univers étrange où l’image devient un espace mental plus qu’un document. Au cœur de ce travail, une constante : les femmes. L&#8217;artiste explore leurs contradictions, leurs libertés fragiles, leurs métamorphoses. Depuis quelques années, l’intelligence artificielle élargit encore son champ de création. «<em> C’est un moyen prodigieux pour matérialiser ce que l’on porte en soi</em> ». L’IA lui permet de traverser les époques, de retrouver les couleurs du Technicolor des années 1950, d’inventer des scènes chimériques sans quitter son atelier. Quel que soit l’outil, Pupa Neumann poursuit la même quête : fabriquer des œuvres libres, instinctives, qui ressemblent moins au réel qu’à la manière dont on le rêve.</p>
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		<title>Family Stories</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2026/03/01/family-stories/</link>
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		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 23:41:23 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>On croit connaître le principe de l&#8217;album de famille. On a tort. Au <a href="https://www.hangar.art/" target="_blank">Hangar</a>, sept photographes contemporains s&#8217;emparent de leurs proches non pour les immortaliser, mais pour fouiller ce que la mémoire dissimule, réinvente ou efface. Deuil, maternité, migration, réconciliation : chaque série, souvent mise en scène, transforme l&#8217;intime en quelque chose d&#8217;étrangement universel. La photo y devient outil thérapeutique, acte de réparation ou rituel d&#8217;adieu.</p>
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		<title>Nick Brandt</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Dec 2025 06:01:42 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Quatre chapitres, quatre continents, quatre coups de semonce. Entre 2020 et 2024, Nick Brandt a composé avec <em>The Day May Break</em> une œuvre d’envergure, dont chaque partie explore un même fil rouge : témoigner de vies bouleversées par le réchauffement climatique et interroger notre responsabilité collective. Le Kenya, le Zimbabwe puis la Bolivie ont accueilli les deux premiers volets de cette série. Des familles déplacées y posent aux côtés d’animaux vivant dans des refuges. Brume et silence enveloppent ces portraits suspendus entre documentaire et allégorie, éclats d&#8217;un monde en sursis. Avec <em>Sink / Rise</em>, troisième étape du projet, direction les îles Fidji. Le Britannique immerge (littéralement) ses modèles dans les eaux du Pacifique, théâtre de la montée des océans. Entre quiétude et résignation, assis sur un lit ou une balançoire à bascule dans les fonds marins, les habitants de l’archipel constituent des métaphores vivantes d’une planète en proie à la noyade. Enfin, cette halte bruxelloise est l’occasion de découvrir en avant-première <em>The Echo of Our Voices</em>, qui nous emmène en Jordanie. Dans ce même noir et blanc lumineux, Brandt y révèle des réfugiés syriens figés dans des paysages rocheux — une humanité déplacée mais encore debout, suspendue dans l’attente d’un avenir incertain.</p>
<p><img class="alignright wp-image-176774 " src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/12/nick-brandt-225x300.jpg" alt="Petero-by-Cliff,-Fiji,-2023" width="288" height="384" /></p>
<h4>Vertige moral</h4>
<p>Où qu&#8217;il aille, Nick Brandt compose des tableaux d’une beauté désarmante. La douceur des regards contraste avec la gravité des destins. Ses clichés abolissent les frontières entre espèces, continents et cultures. Le message est reçu tel un uppercut : tous subissent, avec dignité, les conséquences d’un désastre qu’ils n’ont pas provoqué. Cette ironie cruelle confère à l&#8217;œuvre une portée politique. Car Brandt ne se contente pas de documenter, il nous intime de prendre position. Certains modèles nous fixent d&#8217;ailleurs dans les yeux, interrogeant notre responsabilité. De la brume d’Afrique australe aux falaises jordaniennes, <em>The Day May Break</em> résonne comme un cri d&#8217;alarme. L’aube ou l’abîme : le choix ne leur appartient plus. Il est désormais le nôtre.</p>
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		<title>Corentin Fohlen</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Dec 2025 05:58:22 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Photographe passé par le dessin, il aborde le portrait comme un art où l’urgence et l’improvisation dialoguent. Tout commence souvent par un coup de fil quelques heures avant la rencontre. Et le voilà à dénicher un décor convenable, à monter un éclairage, avant même d’avoir aperçu son modèle. Dans le chahut d’un bistrot ou le silence d’un bureau, il jongle avec le temps, l’espace, les consignes des attachés de presse et les caractères indociles. « Regardez ici pour voir » est sa formule fétiche pour capter l’instant où le masque glisse. Durant cette course folle, il parle peu : ses directives traquent une faille, une vibration. Un portrait, dit-il, « c’est la rencontre entre une attente et un fantasme » . Et parfois, « le duo vire au duel ».</p>
<h4>Du frisson Badinter au chaos Saviano</h4>
<p>Avec Robert Badinter, l’émotion jaillit : cette figure immense s’enflamme en évoquant le Vel d’Hiv’, frappe la table. L’image, sobre et frontale, se charge d’une intensité quasi testamentaire. À l’inverse, Roberto Saviano n’accorde que dix minutes. Une salle d’hôtel, trois fauteuils déplacés à la hâte, une assistante nerveuse et Corentin qui bute sur un meuble&#8230; Le cliché absorbe toute cette tension. Plus léger, Frédéric Pierrot s’abandonne au jeu : il s’allonge sur une table de bistrot en ébouriffant ses cheveux&#8230; Ici, la photo semble se faire toute seule. Au fil des pages, l’auteur interroge aussi le consentement et les poses genrées. Il refuse les attitudes convenues et invite ses modèles à lui signaler la moindre incongruité. Un geste simple, mais qui dit son désir d’équilibrer l’échange. Obstiné mais traversé de doutes, il décrit un métier où l’instinct compte autant que la technique. Regardez ici pour voir n’est pas un album de &#8220;people&#8221;, mais un journal de bord sensible, parfois râpeux. Fohlen y partage ses hésitations, ses élans, ses petites victoires. Il révèle surtout ce qu’on ne voit jamais : l’humanité cabossée qui surgit dans les rares secondes où tout s’aligne.</p>
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		<title>Blandine Soulage</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Nov 2025 07:10:27 +0000</pubDate>
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<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2025/11/01/blandine-soulage/">Blandine Soulage</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le corps a la parole ! À l’heure où la sédentarité grignote lentement mais sûrement nos existences numérisées, Blandine Soulage redonne voix au mouvement, qu’elle considère comme « <em>un langage non verbal, une forme d’éloquence silencieuse</em> ». Ses photographies n’en sont que plus parlantes. Dans la série Déviation, réalisée sans trucage, cette adepte du yoga (qu’elle enseigne depuis une quinzaine d’années) met en scène acrobates, danseurs et danseuses au sein de lieux bétonnés, initiant un dialogue vertigineux entre les corps, les formes géométriques et les couleurs. Il ne s’agit pas seulement d’harmonie, ni de défier les lois de la pesanteur, mais surtout « d’<span class="has-pullquote" data-pullquote="introduire une faille dans l’ordre établi, une brèche poétique">introduire une faille dans l’ordre établi, une brèche poétique</span>, dit-elle. Ce désordre dans les lignes de l’architecture devient pour moi une manière d’interroger la norme, la contrainte spatiale ». C’est aussi une manière de décaler notre regard sur la banalité de notre environnement urbain et de réinventer nos espaces quotidiens, qui deviennent alors «<em> le théâtre de &#8220;l’extra-ordinaire&#8221;</em> ». Une traversée chromatique sacrément dynamique de la ville, mais également du temps.<em> Contrapposto</em>, son dernier projet en date, la voit ainsi interroger « la mémoire du corps à travers l’histoire de l’art ». Cette artiste passée par l’école des Gobelins, rejoue cette fois des postures issues de la statuaire et de la peinture classique avec des corps contemporains, c’est-à-dire racisés, cis, trans ou non binaires, et qui acquièrent ici une portée pareillement universelle. « <em>Incarnations plutôt que carnations, ils sont avant tout des &#8220;mouvements de l’âme&#8221;, pour reprendre Da Vinci</em> ». Pas mieux !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: 14pt; color: #00ccff;"><strong><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/72x72/1f517.png" alt="🔗" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> </strong></span><span style="color: #00ccff;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>À lire / </strong></span><span style="font-size: 14pt;"><strong>L’interview de l’artiste <span style="text-decoration: underline;"><a style="color: #00ccff; text-decoration: underline;" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2025/11/01/entretien-blandine-soulage/" target="_blank">ici</a></span></strong></span></span></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2025/11/01/blandine-soulage/">Blandine Soulage</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
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