Éclats de familles
A fleur de proches
Depuis les premiers daguerréotypes, la famille s’invite devant l’objectif. Mais aujourd’hui, que cherche-t-on vraiment à capturer des siens ? Le Musée de la Photographie de Charleroi pose la question avec onze photographes belges réunis sous le commissariat d’Adeline Rossion.
En 1888, Kodak inventait le geste : permettre à chacun de devenir le gardien de ses propres instants. Plus d’un siècle plus tard, l’image de famille n’a plus grand-chose à voir avec l’album souvenir rangé dans un tiroir. Onze photographes belges ou établis en Belgique, tous membres de la famille qu’ils photographient, multiplient les angles. Ils saisissent la tendresse et le deuil, la mémoire et ses failles.

A l’épreuve du regard
Chrystel Mukeba travaille en argentique et explore les questions de transmission et d’identité à travers des récits intimes. Elle photographie ses enfants au fil des jours avec une attention particulière aux gestes ordinaires, ces petits riens qui font tenir le monde. Tout autre registre pour Philippe Herbet dont l’écriture délicate parvient à ressusciter la magie d’un quotidien banal. C’est la fin de vie de ses deux parents, décédés à neuf mois d’intervalle, qui lui a inspiré cette exploration avec la photographie comme seul moyen de compenser l’absence. Nick Hannes, connu pour ses documentaires de grande ampleur sur la Méditerranée ou Dubaï, présente quant à lui le journal visuel de sa vie de famille durant la pandémie – deux filles, la campagne, une lumière domestique qu’on n’attendait pas de sa part. La commissaire Adeline Rossion ne pouvait pas trouver titre plus juste qu’Éclats de familles pour évoquer cette réalité éparse épinglée aux murs.












