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	<title>LM magazine &#187; Livre</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Real Muzul et Da Cockroach</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Jan 2026 08:33:22 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le hip-hop n’a pas d’histoire. On exagère ? Évidemment. Disons qu’à l’inverse d’autres courants musicaux de la fin du XX<sup>e</sup> siècle, ce genre n’a pas encore été muséifié. Ainsi, le rock, qui vient du folk et du blues, a rapidement joué la carte de la reprise, du revival, du retour aux sources en quête d’authenticité. La techno s’est trouvé une légitimité dans les musiques savantes – pourtant, on doute que Mad Mike avait lu Luigi Russolo ou s’envoyait du Pierre Schaeffer au p’tit déj. C’est une autre histoire. Quant au hip-hop, son rapport au passé, aux pionniers, est très ténu. C’est paradoxal, pour un style né, entre autres, du recyclage de morceaux existants, via la pratique du sampling. Mais rendons-nous à l’évidence : depuis la fin des années 1990, le hip-hop s’est tourné vers le futur, et peu de chances que la jeune génération, grandie avec Lil’Wayne ou Kendrick Lamar, se retourne, admirative, vers Kurtis Blow.</p>
<h3>Les experts</h3>
<p>Or, vous l’avez compris, le hip-hop possède une histoire ô combien riche – pourvu qu’on se donne la peine de la raconter. C&#8217;est l’un des objets de ce livre dense, imposant, joliment illustré et remarquablement documenté. Da Cockroach (beatmaker et auteur de <em>6 millions ways to dig</em>), et Real Muzul, chroniqueur (<em>Soul Bag</em>), animateur (<em>Get Busy</em>) signataire d’une biographie de George Clinton et d’une autre de Sylvia Robinson, se penchent sur ces fous du vinyle et leurs drôles de machines. Samplers, boîtes à rythmes, synthés ont façonné le son du rap des années 1980-90. Neuf engins (TR-808, DMX, SP 1200, MPC 60…) sont ainsi décortiqués, avec fiche technique et exemples discographiques… Oui, c’est un livre de nerd.</p>
<h3>Human after all</h3>
<p>Mais pas seulement, car nos deux enquêteurs sont également de fins écrivains (l’ensemble est réellement vivant) et de très bons intervieweurs : en témoignent 70 entretiens croisés, dans lesquels Man Parrish, Imhotep (IAM), Solo et Doctor L (Assassin), Zoxea, Cut Killer ou encore le légendaire Dee Nasty évoquent leur rapport à ces machines, livrent leurs secrets, difficultés, et, souvent, miracles nés d’une erreur. De l’humain dans la machine, en somme. Bref, cet ouvrage, rédigé par des amateurs éclairés, pourrait bien devenir la bible de quiconque souhaite appréhender le hip-hop et, par extension, un pan massif de la seconde moitié du XX<sup>e</sup> siècle.</p>
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		<title>Sosies a peu près</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Dec 2025 02:11:35 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>On croyait avoir tout vu depuis Alain Deloin des Inconnus… Erreur fatale. Avec Sosies à peu près, les créateurs du compte Instagram...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>On croyait avoir tout vu depuis Alain Deloin des Inconnus… Erreur fatale. Avec Sosies à peu près, les créateurs du compte Instagram culte <a href="https://www.instagram.com/samourais_/" target="_blank">@samouraïs</a> prouvent que les faux sosies de stars sont une espèce en pleine expansion – et qu’ils se cachent peut-être juste derrière vous. Leur livre, publié chez <a href="https://www.hugopublishing.fr/produits/sosies-a-peu-pres/" target="_blank">Hugo Publishing</a>, compile ces perles du quotidien : des visages vaguement familiers, des postures presque glamour et surtout des noms à se décrocher la mâchoire. Et même si « ce n’est pas beau de se moquer ! », ici, rien de bien méchant. Dans le sillage de Groland, il s&#8217;agit d&#8217;une taquinerie qui tombe toujours du bon côté. On y croise Leonardo DiCapéro, éternel premier rôle… surtout en terrasse, Timothée Chalamèche, la version indie du voisin sympa, Taylor Wish, star internationale du “presque-tube, ou encore Jean de La Jardinière, dont la carrière aurait sans doute poussé plus droit avec un peu de terreau. Entre deux portraits volés, les auteurs glissent textes absurdes, mini-bios déraillées et jeux farfelus. Résultat : un concentré d’humour décalé à laisser traîner partout en fin d&#8217;année, du salon au repas de famille.</p>
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		<title>Radio FG</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Nov 2025 06:32:18 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui, les musiques électroniques ont droit de cité à peu près partout. Mais revenons quelques années en arrière. Vers 1990, par exemple, juste après le second Summer Of Love qui vit, outre-Manche, l’explosion de l’acid-house – un son inouï, au sens premier du terme. La Belgique succombe très rapidement. Il n’en va pas de même dans une France très conservatrice. Hormis quelques clubs (le Boy, les Bains-Douches, le Rex…), ni presse (Rock&amp;Folk s’en fiche, les Inrocks aussi, Actuel est davantage branché sono mondiale), ni télé. Pourtant, les raves, légales ou non, explosent à Paris et aux alentours. Comment se tenir au courant, sans web ni portable ? Eh bien, ces francs-tireurs avaient leur &#8220;Radio-Londres&#8221;. Elle se nommait Radio FG.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-175519" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/10/jean-yves-leloup-radio-fg-rue-de-rivoli-paris-1995-photo-olivier-degorce-livre-radio-fg-éditions-la-table-ronde-b000004-r1-03-1-copie-201x300.jpg" alt="Jean-Yves Leloup, Radio FG, rue de Rivoli, Paris, 1995 Photo Olivier Degorce Livre Radio FG éditions La Table Ronde - B000004-R1-03-1 copie" width="201" height="300" /><br />
<strong> Effervescence</strong></p>
<p>Née en 1981 durant l’explosion des radios libres (Carbone 14 ou… NRJ), Fréquence Gaie pouvait se targuer d’être la première radio FM homosexuelle au monde. Informations, témoignages… mais une programmation musicale empêtrée dans les clichés gays : Mylène Farmer, Dalida… Or, la décennie 1990 s’ouvre par la chute du Mur de Berlin, et la promesse (naïve) d’un monde sans frontières dont la techno serait la bande-son et le langage commun. Henri Maurel, haut fonctionnaire, militant et clubber, saisit le Zeitgeist et amorce le virage électronique. Il comprend que la lutte se joue aussi sur les ondes. Portée par une programmation avant-gardiste et une liberté de ton revendiquée, sa petite station communautaire devient bientôt une référence.</p>
<p><img class="alignright size-medium wp-image-175522" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/10/gwenola-froment-et-pedro-winter-radio-fg-rue-de-rivoli-paris-1995-photo-olivier-degorce-livre-radio-fg-éditions-la-table-ronde-73340013-199x300.jpg" alt="Gwenola Froment et Pedro Winter, Radio FG, rue de Rivoli, Paris, 1995 Photo Olivier Degorce Livre Radio FG éditions La Table Ronde - 73340013" width="199" height="300" /><br />
<strong>Déflagration</strong></p>
<p>C’est cette période bénie que retrace l’ouvrage d’Olivier Degorce. Illustré de photos emblématiques (danseurs, DJ, flyers…), cet objet monumental évoque l’impact de la house et de la techno, de nouvelles formes de fête, la subversion du modèle hétéro par les codes homos, les vocations créées (le fanzine eDEN, la revue Coda ou le studio graphique M/M) et livre les témoignages de quelques acteurs clés. Certains sont célèbres (le journaliste Jean-Yves Leloup, le couteau suisse Pedro Winter), d’autres confidentiels mais essentiels, tel Patrick Rognant, animateur de Rave Up et ardent défenseur d’une techno &#8220;dure&#8221;. C’était aussi ça, FG : toutes les écoles cohabitaient et, avant un set en club ou une free-party au fond des bois, défilait la crème électronique, alors underground : Frankie Knuckles, Underground Resistance, Andrew Weatherall, Laurent Garnier ou Aphex Twin&#8230; On peut, approximativement, dater la fin de cet âge d’or vers 1997-98, avec l’explosion de deux Parisiens ayant fait les belles heures de FG (Homework, de Daft Punk), la première Techno Parade et l’adoption du PACS. Un succès all around the world, l’affirmation des marges dans la rue, et une énorme avancée sociale. Missions accomplies.</p>
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		<title>And the winner is&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Oct 2025 23:56:04 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>C’est la saison des jurys, des larmes feintes et des discours inspirés. Novembre voit pleuvoir les prix littéraires — mais nous, on...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la saison des jurys, des larmes feintes et des discours inspirés. Novembre voit pleuvoir les prix littéraires — mais nous, on a pris un peu d’avance. Notre lauréat, toutes catégories confondues, reste Jérôme Considérant. L’artiste belge excelle toujours dans l’art du détournement. Après avoir livré de facétieux <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2025/10/01/jerome-considerant/">mash-up le mois dernier</a> (<em>Hamlet au pays des merveilles</em>), le revoici à l’œuvre, taquinant les tics de langage et les expressions à la mode. Du coup, au jour d’aujourd’hui on trouve ça trop bien.</p>
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		<title>La vie aquatique</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Oct 2025 23:51:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Trois minutes, mousse comprise, et voilà votre visage immortalisé. Dans sa série The Whale, Shahram Saadat détourne les stations de lavage anglaises...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Trois minutes, mousse comprise, et voilà votre visage immortalisé. Dans sa série<em> The Whale</em>, <a href="https://www.instagram.com/shahramsaadat/?hl=fr" target="_blank">Shahram Saadat</a> détourne les stations de lavage anglaises en studios éphémères. Entre documentaire et mise en scène, le photographe transforme un geste quotidien en rituel poétique. Il interroge aussi notre rapport au temps et à la mise en scène de soi. Un acte banal prend ici des airs de chef-d’œuvre.</p>
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		<title>Pauline Guedj</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Jun 2025 00:14:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Beck]]></category>
		<category><![CDATA[des palmiers dans l’espace]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;Orchestrer la ville&#8221;. Tel est le titre d’une partie centrale du bel essai que consacre Pauline Guedj à Beck Hansen, figure-clé de la coolitude 90s. En effet, l&#8217;autre protagoniste de ces<em> Palmiers dans l’espace</em>, c’est la ville elle-même. Et même LA ville, puisqu’il s’agit de Los Angeles. Entre récit biographique et analyse de carrière, l’anthropologue nourrie de pop culture montre comment l’œuvre réverbère les nuances d’une cité qui a parfois tendance à dévorer son propre passé. Battant en brèche le cliché du <em>slacker</em> comme le stigmate du scientologue, le livre explore le syncrétisme acharné de l’auteur de <em>Loser</em>, passant parfois rapidement sur certaines périodes pour en privilégier d’autres ou y revenir plus loin. C’est avec cette discrète subjectivité que ce kaléïdoscopique Beck book nous botte.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/YgSPaXgAdzE?si=QeIR5EX_71L1-8sn" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Rose Lamy</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jun 2025 06:40:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Ascendant beauf]]></category>
		<category><![CDATA[essai]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Pourquoi avoir écrit ce livre ? Pour réduire l’écart entre la personne que je suis vraiment et celle que je donnais jusqu’à...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pourquoi avoir écrit ce livre ?</strong> Pour réduire l’écart entre la personne que je suis vraiment et celle que je donnais jusqu’à présent à voir. Il y avait en moi comme une dissociation culturelle, entre mes goûts et ce que j’en montrais. Je voulais donc clarifier la situation. Le fait de vivre depuis maintenant trois ans en Belgique, où l’on a un autre rapport à la culture et à l’autodérision, m’a aussi beaucoup libérée. Et puis tout cela s’est mélangé avec la situation politique en France, notamment les dernières législatives, avec la montée du RN&#8230;</p>
<p><strong>Quand avez-vous réalisé qu’on vous considérait comme une &#8220;beaufe&#8221; ?</strong> J’ai d’abord découvert que j’appartenais à la classe populaire au lycée, constatant l’écart culturel avec les élèves du centre-ville de Bourges. Je regardais des films en VF, n’étais jamais allée au théâtre&#8230; J’ai alors essayé de me corriger, dressé une liste de livres à rattraper&#8230; Bref, j’ai initié mon petit processus de transformation.</p>
<p><strong>Et puis ?</strong> J’ai vraiment compris que j’étais une beaufe en 2001, à l’université. Lors d’une soirée je me suis mise à danser sur <em>Les Yeux d’Émilie,</em> une chanson de Joe Dassin que j’aime sincèrement&#8230; alors que les autres autour de moi la considéraient avec ironie, au second degré, comme un &#8220;plaisir coupable&#8221;. Ça m’a marquée : on pouvait donc être coupable de ses goûts&#8230;</p>
<p><strong>Plus largement, d’où vient le terme &#8220;beauf &#8221; ?</strong> Il pourrait renvoyer aux B.O.F. pour &#8220;beurre, œuf, fromage&#8221;, acronyme désignant des commerçants qui tiraient profit de la pénurie de ces denrées durant l’Occupation. Mais plus sûrement, et c’est la piste que j’ai suivie, c’est la contraction de &#8220;beau-frère&#8221;. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Ce personnage a été fixé par Cabu au début des années 1970, après Mai-68.">Ce personnage a été fixé par Cabu au début des années 1970, après Mai-68.</span></p>
<p><strong>Lui en voulez-vous ?</strong> Non, je ne le tiens pas pour responsable de cette invention. Il a capté quelque chose de plus grand que lui à un moment où la société française était en train de bouger, culturellement et politiquement.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/zTUew4IFrGU?si=mJ-Xxt5itAp7RqGT" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Dans quel sens ?</strong> À cette époque, la gauche est sûre de parvenir à une révolution, suivant cette représentation fantasmée des intellectuels main dans la main avec les prolétaires. Mais lors de la dissolution de l’Assemblée nationale par De Gaulle, une autre partie de la France vote <em>« pour l’ordre et la sécurité »</em>, comme l’a chanté Renaud, signant donc la fin des idéaux de Mai-68. Une scission s’opère alors entre les intellectuels et une partie de la classe populaire. Apparaît cette idée qu’il y aurait un bon pauvre, fidèle à la gauche, et un autre qui en serait l’ennemi, le &#8220;beauf &#8220;.</p>
<p><strong>Quel en serait le portrait-robot ?</strong> D’abord, pour reprendre Cabu, on est tous le beauf de quelqu’un. C’est donc une figure très relative, insaisissable. Personne ne vous en donnera la même définition. Pour certains ce seront les fans de tuning, d’autres citeront Trump et le bling-bling&#8230; Après, si l’on prend le personnage de Cabu, il est bedonnant, avec une moustache, une bouteille de vin rouge sous le bras, aime la chasse, est raciste, misogyne, contre l’écologie&#8230;</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/06/rose-lamy1.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-171648" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/06/rose-lamy1-205x300.jpg" alt="" width="205" height="300" /></a>Et selon vous ?</strong> J’ai simplifié les choses ainsi : selon moi, un pauvre manque d’argent, un beauf manque de culture. On peut donc être riche et manquer de culture, et inversement.</p>
<p><strong>Pourtant vous écrivez que cette figure, d’un point de vue sociologique, n’existe pas&#8230;</strong> Oui, c’est une figure symbolique qui a une fonction. Il existe sans doute des gens rassemblant tous les traits du personnage de Cabu, mais ça reste exceptionnel. Les sociologues sont toutefois d’accord sur le fait que ses goûts ressemblent à ceux des classes populaires.</p>
<p><strong>Cette figure serait même un agrégat de stéréotypes, dites-vous&#8230;</strong> Oui, tout le monde peut y projeter ce qu’il veut, ses affects négatifs, et tout cela dépend d’où l’on se situe. Une féministe pourra qualifier un misogyne de beauf, par exemple. Quelque part, utiliser ce terme nous définit aussi.</p>
<p><strong>Vous voyez donc cette figure comme un bouc émissaire&#8230;</strong> Oui, car c’est facile de considérer qu’un groupe de personnes est responsable de tous nos problèmes, comme ça on ne se livre à aucune introspection. C’est par exemple le &#8220;tonton raciste&#8221;, un avatar contemporain du beauf. Dans la famille, il est bien pratique, permet de dire que personne d’autre n’est raciste autour de la table. On se donne bonne conscience grâce à lui, sans interroger ses propres comportements.</p>
<p><strong>Vous établissez aussi un parallèle entre les violences sexistes et les violences de classes&#8230; Pourquoi ?</strong> Les féministes ont effectué tout un travail sur les mots, faisant remplacer le terme &#8220;crime passionnel&#8221; par celui de &#8220;féminicide &#8221; et permettant ainsi une prise de conscience de la réalité du problème. De la même façon, les blagues sur les beaufs déshumanisent les classes populaires, mais en bout de chaîne s&#8217;exercent sur elles des violences bien réelles, avec la suppression de lignes de train, la fermeture de maternités, les déserts médicaux&#8230;</p>
<p><strong>C’est-à-dire ?</strong> Prenons un exemple récent mais édifiant, avec une manifestation de médecins, à Paris, contre ce projet de loi leur imposant d’exercer dans les déserts médicaux. Sur une des pancartes, il était écrit : &#8220;Bac + 12 pas pour finir à Mulhouse&#8221;, et sur une autre : &#8220;je veux sauver des vies, pas enterrer la mienne&#8221;&#8230; Ainsi le diplôme justifierait le fait de ne pas vouloir soigner des gens habitant la France dite &#8220;périphérique&#8221;. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Il y a là quelque chose de l’ordre du mépris culturel.">Il y a là quelque chose de l’ordre du mépris culturel.</span> Le sujet est grave, car l’espérance de vie diminue dans ces régions.</p>
<p><strong>Plus qu’une lutte des classes, ce serait donc une lutte culturelle qui se joue, entre le beauf et le Grand Duduche ?</strong> Oui, ce personnage est l’antagoniste du beauf, selon Cabu. Il est jeune, élancé, éduqué, féministe, écologiste&#8230; Il y a ici une résonance folle avec le woke et le tonton raciste. On rejoue encore et toujours le même affrontement, la même binarité !</p>
<p><strong>Vous dites notamment que c’est pour une certaine gauche, élitiste et parisianiste, que vous avez écrit ce livre, afin qu’elle retrouve son chemin et le cœur des classes populaires&#8230;</strong> Oui, car celle-ci est décrochée des vrais enjeux, enfermée dans une bulle, tombant dans le piège de l’essentialisation du vote. C’est mon camp, je me permets donc de le critiquer, comme on critiquerait un de ses potes qui tournerait mal.</p>
<p><strong>D’ailleurs, le RN se sert de ce mépris de classe véhiculé par cette gauche, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Oui, et il faut qu’on fasse très attention à ça. J’étais d’ailleurs très étonnée de constater que, sur les réseaux sociaux, c’étaient principalement les gens du RN qui reprenaient un humoriste s’étant moqué du prénom de Jordan Bardella sur France Inter, comme on le ferait avec le <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2024/09/01/kevin-fafournoux/" target="_blank">prénom Kevin,</a> alors que ce serait plutôt à la gauche, qui défend originalement les classes populaires, de s’en charger.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/PhhlsC1q4TU?si=BKXHWg9E15oIzwG_" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Vous employez aussi l&#8217;expression de &#8220;gentrification culturelle&#8221; et l’illustrez avec cette reprise de<em> Tu m’oublieras</em> de Larusso par Juliette Armanet. De quoi s’agit-il ?</strong> Soyons clairs, je n’ai aucun problème avec le fait de reprendre une chanson. Ce qui me gêne, c’est ce besoin de la transformer pour l’aimer, de la travestir avec les habits de l’élégance ou de l’intellectualiser pour la rendre acceptable. En l’occurrence, Juliette Armanet utilise des accords plus sobres, un certain type de chant, faisant passer ce morceau du statut de variété un peu dance à celui plus enviable de &#8220;chanson française&#8221;. Moi j’adorais la version initiale. Ce désir de transformation, conscient ou pas, porte un jugement sur mes goûts, et c’est blessant.</p>
<p><strong>Vous sentez-vous encore &#8220;beaufe &#8221; aujourd’hui ?</strong> Je regarde<em> Mask Singer</em> de manière assidue. Je pense que cet aveu suffit, en termes de réponse. Je ne suis pas dupe, cette émission est très &#8220;beaufe&#8221; mais, désormais, je parle de mes goûts au présent, sans attendre qu’ils soient gentrifiés. Je vais aussi voir Lara Fabian au Zenith d’Orléans. J’assume&#8230; et ça fait du bien !</p>
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		<title>As Real as It Gets</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Apr 2025 05:55:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[As Real as It Gets]]></category>
		<category><![CDATA[de]]></category>
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		<category><![CDATA[Livre]]></category>
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		<category><![CDATA[plane spotter]]></category>
		<category><![CDATA[simulateur]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas Nolf]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Enfant, Thomas Nolf caressait un doux rêve : devenir pilote d’avion. <em>« Quand j’ai eu dix ans, mes parents nous ont offert à mon frère et moi un baptême de l’air, déclenchant cette passion</em> », explique-t-il. Mais sa vie prit un autre chemin. Le Flamand se tourna vers la photographie, qui lui permit d’assouvir ses désirs d’aventure et de voyage. Et puis patatras. En 2020, la pandémie de Covid-19 cloua tout le monde au sol. Confiné chez lui, Thomas aurait pu apprendre à faire du &#8220;pain maison&#8221; ou du macramé. Il décida plutôt de glisser la dernière version de <em>Microsoft Flight Simulator</em> dans son ordinateur, histoire de tester la véracité de son prometteur slogan : <em>As Real as It Gets</em> &#8211; soit &#8220;le plus réel possible&#8221;. C’est ainsi qu’il s’extirpa de cette réalité brutale pour parcourir virtuellement les cieux, et renouer avec ses ambitions d’antan. <em>« Ce fut le début de ce projet, ça m’a donné l’idée de trouver des gens qui aimaient les avions et partageaient cette quête de liberté</em> ».</p>
<div id="attachment_170051" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/04/as-real-as-it-gets.jpg"><img class="size-full wp-image-170051" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/04/as-real-as-it-gets.jpg" alt=" As Real As It Gets (c) Thomas Nolf" width="1000" height="800" /></a><p class="wp-caption-text">As Real As It Gets (c) Thomas Nolf</p></div>
<p><strong>Une fenêtre vers le ciel</strong></p>
<p>Au gré de ses recherches sur le web, Thomas Nolf a donc rencontré des pilotes de simulateur de vol <em>« un peu plus aguerris que moi »</em>, sourit-il. C’est-à-dire des acharnés qui, au joystick et à l’ordinateur, préfèrent les installations du genre monumental et hyperréaliste, avec leurs manches à balai, écrans de navigation panneaux de contrôle et autres farandoles de boutons. <em>« Beaucoup sont même persuadés d’être capables de diriger un vrai avion</em>, assure le photographe. <em>Et certains le pourraient tout à fait »</em>. À l’image de John, 82 ans, rangé des coucous et devenu prêtre. Cet Anglais a reconstitué chez lui, après 14 ans d&#8217;obstination, la réplique d’un cockpit de Boeing, augmentée de grands écrans sur lesquels défilent des paysages aériens. L’homme a d’ailleurs prêté à Thomas Nolf son improbable machine, visible à Waregem.</p>
<div id="attachment_170052" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/04/as-real-as-it-gets1.jpg"><img class="size-full wp-image-170052" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/04/as-real-as-it-gets1.jpg" alt=" As Real As It Gets (c) Thomas Nolf" width="1000" height="800" /></a><p class="wp-caption-text">As Real As It Gets (c) Thomas Nolf</p></div>
<p><strong>En bout de piste</strong></p>
<p>En parallèle, l’artiste s’est aussi intéressé à une autre communauté : celle des &#8220;plane spotters&#8221;, des amateurs squattant les aérodromes partout sur le globe pour admirer les plus belles carlingues, lors du décollage ou de l’atterrissage. Ce périple l’a emmené de Marseille à Las Vegas, en passant par Maho Beach, à Sint-Maarten, un spot iconique. Située dans les Caraïbes, cette île est dotée d’un aéroport très particulier. Pour cause : sa piste est très courte. Afin de pallier cette bizarrerie, les pilotes doivent voler à basse altitude&#8230; en frôlant la plage. <em>« Les avions sont très proches, les touristes se réunissent sur le sable pour en sentir le souffle, c’est vraiment surprenant »</em>. Au moins autant que les photographies de Thomas Nolf, dont les couleurs vives, renvoyant à l’esthétique des jeux vidéo comme à celle du cinéma, traduisent à merveille cet état situé entre la fiction et la réalité. C’est-à-dire pile à l’endroit du rêve.</p>
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		<title>Marion Montaigne</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Dec 2024 04:31:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[info LM]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[BD]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[Marie Montaigne]]></category>
		<category><![CDATA[Tu mourras moins bête]]></category>

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<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2024/12/03/marion-montaigne-2/">Marion Montaigne</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi les tyrannosaures avaient-ils de si petits bras ? Notre aspirateur a-t-il une personnalité ? Peut-on fabriquer un couteau avec ses excréments ? Rouler en mobylette sur la Lune ? Autant de questions qu&#8217;on ne se posait pas forcément, mais auxquelles Marion Montaigne apporte des réponses essentielles et ô combien drolatiques. Le sixième tome (<em>In Moustachum Veritas</em>) de cette BD de vulgarisation scientifique use de la même recette qui a fait le succès de notre professeur Moustache : un trait simple mais bien énervé, des informations glanées auprès des chercheurs et un régal d&#8217;humour trash et potache, qui confine au génie. Certes, on mourra quand même, mais on se sera bien marrés.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/l6EdPfFpiM0?si=FFnI4Wz3Lx-s7jNl" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Richard Balls</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Dec 2024 04:26:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[info LM]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
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		<category><![CDATA[Richard Balls]]></category>
		<category><![CDATA[Shane MacGowan]]></category>
		<category><![CDATA[The Pogues]]></category>

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<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2024/12/02/richard-balls/">Richard Balls</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Shane MacGowan est mort à 65 ans en novembre 2023. En soi, ce fut un exploit pour l’âme des Pogues, véritable chandelle brûlée par les deux bouts. Cet Irlandais né… dans le Kent aurait pu donner lieu à mille et une biographies en forme de réservoir à anecdotes éthyliques. Ce n’est heureusement pas le parti de Richard Balls. Le journaliste préfère interroger l’intéressé, ses proches, sa famille&#8230; En résulte une biographie détaillée, souvent drôle, qui évite le piège du panégyrique et, en 450 pages très denses, cerne son sujet : ses racines, son rapport à l’anglicité, son impact culturel… <em>Slàinte Mhath !</em></p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/s11BuatTuXk?si=VBFgd1QsIqfNNOuu" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2024/12/02/richard-balls/">Richard Balls</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
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