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	<title>LM magazine &#187; Immigration</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>La Mer au loin</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Feb 2025 01:49:40 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Mer au loin</em> suit la trajectoire de Nour (magnifique Ayoub Gretaa), jeune immigré marocain, de 1990 au début des années 2000. À son arrivée à Marseille, le clandestin de 27 ans vit chichement de petits trafics. Lors d’une interpellation, il fait la rencontre de Serge, flic fréquentant les milieux interlopes qui lui trouvera une chambre au-dessus d’un club de drag queens, et de son épouse Noémie (Anna Mouglalis dans son plus beau rôle). Ces deux-là vivent leur amour de manière libre, dans le plus grand respect &#8211; Serge aimant aussi la compagnie des hommes&#8230; Saïd Hamich plonge le spectateur au cœur d’une histoire refusant les stéréotypes. Si la tragédie est au bout du chemin, le regard n’est jamais moralisateur. Nour regarde évoluer le couple, s’y attache. Sa vie s’en trouvera bouleversée. Divisé en trois chapitres, <em>La Mer au loin</em> adopte certes le schéma classique du récit d’apprentissage, mais n’a rien d’académique. Le raï, symbole d’espoir et de contestation pour la jeunesse arabe des années 1990, décuple les émotions et en jeux entre les personnages. Par petites touches, tel un peintre, Saïd Hamich parvient à traduire la douleur de l’exil, bien au-delà des clichés. Un grand moment de cinéma.</p>
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		<title>Taina Tervonen</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Feb 2025 01:06:18 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Combien sont-ils, chaque jour, à tenter la traversée vers l&#8217;Europe depuis les côtes africaines à bord d&#8217;embarcations de fortune ? Et surtout, combien y laissent leur vie ? Le collectif United Against Refugee Deaths évoque 60 620 disparus en mer, entre 1993 et 2024, mais personne ne le sait vraiment, car ces <em>« morts ne valent rien »</em>, déplore l&#8217;un des cinq veilleurs qu&#8217;a rencontrés la journaliste Taina Tervonen. Depuis des années, ces bénévoles accompagnent les exilés dans leur périple, souvent fatal. Grâce à leur smartphone et les réseaux sociaux, ils ont noué des relations avec une multitude de ces hommes, femmes et enfants privés de la liberté de circuler. Depuis leur salon, ils savent quand les bateaux partent, restent au téléphone avec les passagers durant leur &#8220;voyage&#8221;, alertent les gardes-côtes pour prévenir du naufrage. Ils aident aussi les familles à retrouver leurs proches, recensent les victimes, tentent de leur redonner un nom, luttant contre l&#8217;invisibilisation progressive d&#8217;une tragédie quotidienne (quand elle ne sert pas d&#8217;argument à quelques politiques cyniques). Ce récit dur, mais remarquable d&#8217;humanité, rend hommage à leur travail, et montre une réalité que le grand public ne veut pas voir.</p>
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		<title>Veronika Boutinova</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2015 12:25:49 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>La dramaturge se souvient des premières familles kosovares arrivées en 1995 pour fuir la guerre. « <em>Elles campaient dans le parc sur lequel donne ma maison. Certains tentaient de passer au dessus des grillages de l’Eurostar. Au début je me suis intéressée au problème par curiosité et pour aider. Ensuite ça m’a prise aux tripes, hantée, et cela a naturellement influencé mon écriture</em> ».En rejoignant des groupes de bénévoles, elle apporte son soutien en distribuant des repas ou en enseignant les bases du français et de l’anglais aux enfants.</p>
<p>Puis Veronika monte sa compagnie. Prônant un théâtre « dans ta gueule » (qui s’inspire du mouvement « <em>In-Yer-Face</em> », théorisé dans les années 1990 au Royaume-Uni à partir d’oeuvres très crues comme celles de Sarah Kane) elle ne puise pas directement chez les Anglais mais reconnaît la même dynamique. « <em>J’écris un théâtre grossier, sur </em><em>la guerre, au ton uppercut, pour refléter le monde qui m’entoure. J’ai voulu rendre hommage au mouvement en appelant ma compagnie « Dans ta face », bien que ça fasse un peu potache</em> ». Adepte de l’ «<em> inside theatre</em> », aussi bien par manque de lieu que par souci de cohérence, sa troupe a régulièrement répété et joué dans l’espace public. « <em>On parlait des migrants alors <span class="has-pullquote" data-pullquote="on a voulu jouer pour eux qui vivent dehors">on a voulu jouer pour eux qui vivent dehors</span>. On s’est donc rendus sur des lieux de distribution de repas pour montrer des formes essentiellement visuelles</em> ».</p>
<div id="attachment_42185" style="width: 210px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-medium wp-image-42185" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2015/09/veronika-boutinova-200x300.jpg" alt="Veronika Boutinova © DR" width="200" height="300" /><p class="wp-caption-text">Veronika Boutinova © DR</p></div>
<p><strong>La langue de «<em> Babel</em> »</strong> — Si Veronika a déjà une quinzaine de pièces à son actif, deux de ses textes sont désormais publiés. Parmi eux N.I.M.B.Y., titre acronyme renvoyant à l’expression « <em>Not In My Backyard</em> » (pas dans ma cour), qui ironise sur les propos a priori empathiques de citoyens désireux d’apporter des solutions, pourvu qu’elles se déploient loin de chez eux. Cette pièce acerbe en globish* met en scène un Calaisien sans scrupules louant ses toilettes à des migrants. Corps abimés et cynisme économique se mélangent, le propos étant aussi cru qu’esthétiquement travaillé. « <em>Dis moi </em><em>où tu chies, je te dirais qui tu es</em> », résume la dramaturge. Mais cette provocation n’a rien de gratuit et s’accompagne d’une recherche sur le langage. « <em>Je veux saisir le sabir, cette langue utilisée par ces étrangers de nationalités diverses qui se mettent à dialoguer. Pour se comprendre, on parle nubien-italien, français-anglais… Je m’amuse à transformer la structure de la phrase, à la démonter. Il s’en dégage une indéniable poésie. Et un texte troublant à interpréter pour un comédien, car cela déstabilise les réflexes grammaticaux.</em> »</p>
<p><strong>Sensibilisation</strong>— Faisant de la sensibilisation son fer de lance, Veronika Boutinova est soutenue par le Conseil Régional du Nord-Pas de Calais pour monter des projets dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale. à cette occasion, elle travaille avec le Lycée Coubertin de Calais. « <em>Pour les lycéens, ça change tout d’écrire sur le sujet, de rencontrer des personnes de chair et d’os. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Un Soudanais qui a un prénom et un âge, ce n’est plus un migrant, ce mot informe qui désigne une masse floue…">Un Soudanais qui a un prénom et un âge, ce n’est plus un migrant, ce mot informe qui désigne une masse floue…</span></em> » Le cinéma l’Alhambra est aussi un de ses partenaires privilégiés, organisant régulièrement rencontres et lectures pour expliquer au plus grand nombre la situation réelle dans les squats. Pour Veronika, cette démarche de médiation relève de l’urgence. « <em><span data-pullquote="Les gens pensent connaître le sujet mais ils ne savent pas la moitié des brutalités">Les gens pensent connaître le sujet mais ils ne savent pas la moitié des brutalités</span>. La grande majorité ne veut pas en entendre trop parler, même s’il y a de l’empathie. Au début j’étais en colère contre les habitants, moins maintenant. Parce qu’on ne peut pas nier que la plupart d’entre eux subit aussi une très grande pauvreté</em> ». Elle regrette néanmoins un certain confusionnisme, des indications erronées qui pullulent sur Internet, mais aussi des propos et des actes à la violence décomplexée.</p>
<p>Afin d’accroître la visibilité de ses revendications, Veronika ne les limite pas aux frontières de sa ville. N.I.M.B.Y. a ainsi été lu au théâtre du Rond Point en 2010. « <em>Les Parisiens tombaient des nues quand ils entendaient ce qui se passe à Calais. Le texte a aussi suscité énormément de questions en février dernier à Lille, lors de sa lecture au Prato.</em> » Que souhaiter désormais à cette pièce ? « <em>Qu’un metteur en scène s’en empare</em> », sourit l’auteure…</p>
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		<title>A Most Violent Year</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Jan 2015 17:45:23 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><iframe src="//www.dailymotion.com/embed/video/x2c5nft" height="315" width="560" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></p>
<p>New York, 1981. L’année la plus criminelle de l’histoire de la Grosse Pomme. Année également où Abel Morales, entrepreneur dans la distribution de carburant, s’apprête à acquérir un terminal portuaire stratégique pour son commerce. Mais cet immigré à qui tout semble réussir est dos au mur : la vague de violence qui frappe la ville menace ses affaires. Employés, collaborateurs et même son épouse, sont tentés d’appliquer la loi du talion. Face à un ennemi invisible, Abel Morales sait qu’il peut tout perdre : « <em>Si l’un de nos gars tire sur quelqu’un, ce sera la fin de tout ce pourquoi nous avons travaillé </em>». Ce qui ne manque pas d’arriver&#8230; Fort d’un casting haut de gamme, JC Chandor nous plonge dans un univers sombre où seul survit celui qui parvient à préserver ses apparences et percer les faux-semblants. Peu de scènes d’action et pourtant aucun temps mort. Et une histoire qui révèle ses secrets en temps opportun. Dans un monde qui aime exalter les héros sans peur ni reproche, le réalisateur américain ne nous offre que des gagnants et des perdants moins audacieux. Abel Morales incarne la morale du film : « <em>C’est quand vous avez peur de tomber dans le vide qu’il faut sauter, sinon vous restez au même endroit toute votre vie</em> ».</p>
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		<title>Voices of the sea</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Jan 2013 14:08:09 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>D&#8217;autres se seraient, hélas, contentés d&#8217;images vantant la lumière du Nord et les reflets gris-verts d&#8217;une mer fracassant les illustres falaises du cap Blanc-Nez. Le musée des Beaux-Arts de Calais et le CRP de Douchy-les- Mines envisagent toutes les réalités du littoral calaisien. Comment ? En convoquant une vingtaine d&#8217;artistes et une centaine d&#8217;oeuvres. Soit trente ans de photographies répartis en trois thèmes majeurs : <em>Promenades</em> <em>calaisiennes</em>, <em>Circulations</em> et <em>No man&#8217;s land</em>. Trois réalités distinctes, voire opposées. Ainsi, dans la section réservée aux <em>Promenades</em>, Franck Bernhard immortalise les hordes de randonneurs cherchant du regard, selon le temps, les blanches falaises anglaises (série <em>Passage</em>, 2003-2005). Dans la seconde partie, <em>Circulations</em>, on embarque avec Martin Parr ! Le célèbre photo-journaliste britannique traque le tourisme de masse et ses comportements consuméristes. Il en tire des clichés en grand format pointant de manière ironique les aller-retours en bateau quotidiens effectués par ses compatriotes pour se réapprovisionner en alcool et tabac&#8230;</p>
<p><strong>Terre promise</strong><br />
Mais Calais, ce sont aussi des centaines de réfugiés livrés à leur sort, errant dans un <em>No man&#8217;s land</em> et désireux de rejoindre, un jour, une Albion moins perfide que salutaire. Cette traversée impossible est suggérée dans le courtmétrage du chilien Enrique Ramirez. <em>Horizons</em> présente deux écrans face à face liés par une projection au sol de phrases en allemand, anglais, français ou espagnol comprenant le mot <em>immigration</em>. Un sujet évidemment abordé par Laura Henno (voir <em>LM</em> n°78) dont la série <em>La Traversée</em> (titre provisoire) dévoile les conditions de vie des exilés. Immersif et intrigant, audacieux et parfaitement agencé, l&#8217;accrochage réussit le pari de confronter plusieurs réalités d&#8217;un territoire qui n&#8217;a pas fini d&#8217;inspirer les artistes du monde entier.</p>
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		<title>Haydée Sabéran</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Apr 2012 12:30:56 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Ils sont Afghans, Vietnamiens, Irakiens, Kosovars, Erythréens&#8230; Le même cauchemar à traverser, le même rêve en partage. Ils arrivent à Calais, espérant passer en Angleterre pour y refaire leur vie. En attendant, les voici coincés à la lisière de l&#8217;espace Schengen, après des mois de galères qui font vieillir prématurément. Correspondante régionale pour Libération, Haydée Sabeyran les a suivis pendant plus de dix ans. Ce ne sont jamais les mêmes personnes mais leur désillusion est comparable. Masse parquée à Sangatte avant la fermeture du centre de la Croix-Rouge en 2002, ils errent comme des fantômes à Calais, au Havre, à Paris, à Angres, à Aire-sur-la-Lys&#8230; Le style est sobre, simple ; pas d&#8217;apitoiement, pas de colère d&#8217;emprunt, mais une description subtile des lieux, et une large place réservée aux récits individuels de migrants ou de bénévoles. On les découvre gynécologue, propriétaire de café, de taxi, soldat, ouvrier, avocat, paysan, «<em> un peuple sans manteau ni paroles</em> » devenu les parias d’une Europe qui tente en notre nom de les repousser à coup de matraques et de gaz lacrymogène. Ce livre leur redonne un visage, une voix : une humanité.</p>
<p>304p., 20€.</p>
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