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	<title>LM magazine &#187; crise</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Clubbing vs Covid</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Jun 2021 04:55:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Art Point M]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>David Asko n’imaginait pas célébrer ses 25 ans de carrière dans la salle du conseil municipal de Douai. Seul, sans public. Covid oblige, sa tournée française et européenne attendra. Enregistré fin novembre, ce concert en streaming lui a pourtant fait <em>« un bien fou »</em> confie-t-il. Comme une étincelle au milieu d’un cafardeux tunnel&#8230; Tenancier d’une techno industrielle <em>« brute de décoffrage »</em>, le DJ et producteur lillois l’avoue : il traverse <em>« une période de profonde dépression »</em>. À l’image de tout un milieu, celui des musiques électroniques. Synonyme de communion, de créativité et de fête, cet écosystème est paralysé depuis plus d’un an. Confinement, fermeture des clubs et discothèques, interdiction des concerts, couvre-feu, reconfinement&#8230; <em>« Plus personne n’a de perspective, c’est le virus qui tient la baguette »</em>, regrette Sabine Duthoit, porte-parole d’Art Point M, qui organise le NAME Festival dans la métropole lilloise. La dernière édition fut annulée. La prochaine aura-t-elle bien lieu en octobre ? Tout le monde l’espère. <em>« Une deuxième année blanche serait catastrophique »</em>, insiste-t-elle.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/FMGcRDW0jDM" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Mauvaise réputation</strong></p>
<p><em>« Il y a déjà de la casse <em>»</em></em>, confirme Gildas Rioualen, le fondateur d’Astropolis, plus vieux festival electro en France, près de Brest. Une éprouvante adaptation est d’ores et déjà envisagée. Cette édition estivale a été annulée, et devrait être remplacée par «<em> d’autres formats plus adaptés au contexte »</em>. Un objet festif non identi- fié mais un mal nécessaire semble-t-il. <em>« Beaucoup de jeunes artistes ont déjà abandonné les platines et survivent avec des petits boulots. De notre côté, tricoter et détricoter notre programmation nous épuise&#8230; »</em>. Mais il faut tout faire pour que l’été ne soit pas silencieux, redonner espoir aux confrères les plus en danger. <em>« En effet, nous ne sommes pas les plus menacés</em>, souligne Gildas. <em>Ce sont les structures indépendantes, éloignées du circuit des fédérations, des syndicats et sans soutien public qui morflent le plus »</em>. En témoigne cet appel aux dons lancé par le Warehouse, dès janvier. Après plus d’un an de fermeture, ce club nantais mythique ne peut plus honorer son loyer de 55 000 euros. Au pays de la &#8220;French Touch&#8221;, la carte postale s’est sacrément ternie. Mais alors quoi ? Les musiques électroniques souffriraient-elles encore d’un manque de considération ? <em>« <span class="has-pullquote" data-pullquote="On subit toujours une forme de stigmatisation, et elle s’est totalement révélée durant la crise">On subit toujours une forme de stigmatisation, et elle s’est totalement révélée durant la crise</span></em>, souffle Sabine Duthoit. <em>Aux yeux du grand public, notre musique est encore associée à la drogue, l’alcool et j’en passe&#8230; »</em>. Ces images de &#8220;teufeurs&#8221; (comme on dit sur BFM TV) <em>« traités comme des voyous »</em> lors de free-parties en Bretagne ou ailleurs, n’ont pas aidé. <em>« Une chasse aux sorcières ridicule »</em>, juge David Asko, rappelant au passage que la jeunesse <em>« a été sacrifiée <em>». </em> </em></p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/aAaRCopxJAQ" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Reconnaissance</strong></p>
<p>À bon droit, le DJ nordiste déplore un insupportable paradoxe. <em>« Nous sommes célébrés à l’internationale, mais chez nous il y a encore un flou artistique avec les autorités ou le ministère de la Culture. Pire, nous ne sommes même pas représentés aux Victoires de la musique, alors que notre esthétique inonde toutes les autres, du rap au rock »</em>. Résident au Magazine Club à Lille ou au précité Warehouse, David Asko milite pour une plus grande reconnaissance des clubs et l’obtention d’un label &#8220;Clubs Cultures&#8221;, au sein du collectif Culture Bar-Bars. <em>« Nombre de ces lieux font le boulot des SMAC*, sans en avoir les subventions. <span class="has-pullquote" data-pullquote="On ne peut plus être considérés comme des débits de boisson !">On ne peut plus être considérés comme des débits de boisson !</span> Les clubs ne sont pas des discothèques, ils cisèlent une vraie programmation artistique, comme une Scène nationale »</em>. Incroyable d’en être encore là en 2021, après tout ce qu’ont déjà révélé des lieux comme le Grand Rex, le Pulp ou le Social Club, au pays de Laurent Garnier et de Daft Punk. En Allemagne, les clubs sont reconnus comme des lieux culturels à part entière depuis le mois de mai&#8230; Cette crise, aussi dévastatrice soit-elle, aura au moins permis de développer des réseaux, de structurer un milieu par nature très hétéroclite et militer pour une plus grande considération.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/rRmrKG-wZ5I" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Fermetures éclairs</strong></p>
<p>Tommy Vaudecrane, président de l’association Technopol, chargée de promouvoir la culture électronique auprès des pou- voirs publics (organisatrice de la Techno Parade depuis 1998) tire aussi la sonnette d’alarme. <em>« <span class="has-pullquote" data-pullquote="La France compte une quarantaine de clubs electro renommés aujourd’hui. Clairement, ils sont tous menacés de fermeture s’ils ne rouvrent pas rapidement.">La France compte une quarantaine de clubs electro renommés aujourd’hui. Clairement, ils sont tous menacés de fermeture s’ils ne rouvrent pas rapidement.</span> La centaine de festivals dédiés pourrait aussi mettre la clé sous la porte »</em>. Pourquoi ? <em>« Parce que notre milieu pâtit toujours d’une grande fragilité financière. Des événements comme le NAME fonctionnent essentiellement sur leurs fonds propres et sont très peu subventionnés »</em>. En contact permanent avec le ministère, il accorde que certaines avancées ont été obtenues : aides aux artistes totalisant 250h de salariat ou prise en compte de certains festivals par les DRAC**. <em>« Contrairement aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, la France a quand même mis la main à la poche, notamment avec le chômage partiel ou le fonds de sauvegarde du Centre national de la musique. Mais tout ça ne suffit pas à relancer une activité »</em>. Une perfusion mais pas une solution en quelque sorte.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/3l2NnnLH0xU" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Voilà l’été</strong></p>
<p>Désormais, tout le monde regarde vers l’été. En ce sens, Technopol a émis un livre blanc de près de 70 propositions afin de redémarrer un secteur en toute sécurité. Parmi elles, les &#8220;Zones d’urgence temporaires de la fête&#8221;. <em>« Nous identifions actuellement sur tout le territoire français des espaces en extérieur, appartenant aux collectivités locales et qui seraient mis à disposition pour des manifestations culturelles. Par exemple, le Magazine Club pourrait organiser des concerts hors-les-murs dans ces zones, en jauge réduite et suivant un proto- cole adapté, le temps de rouvrir »</em>. La première &#8220;ZUT&#8221; est organisée du 18 juin au 26 septembre, au parc culturel de La Villette, à Paris. Il s’agit aussi de soutenir la scène locale, <em>« en l’imposant à hauteur de 90 % dans le cadre de chaque programmation »</em>. David Asko, lui, nous donne déjà rendez-vous. <em>« Oui, on fera la fête en France en 2021 »</em>. C’est dit.</p>
<p><em>* SMAC : Scène de musiques actuelles, subventionnée chaque année à hauteur de 100000 euros minimum par les collectivités territoriales.</em></p>
<p><em>**DRAC : Direction régionale des affaires culturelles.</em></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
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<div class="column">
<p style="text-align: center;"><strong>EN CHIFFRES</strong></p>
<p style="text-align: left;">Selon le SNDLL (Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs) et l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) :</p>
<p style="text-align: left;"><strong>152</strong> discothèques ont déjà mis la clef sous la porte fin mars 2021 en France. <strong>430</strong> boîtes de nuit sont menacées de disparaître définitivement. Soit un quart des établissements.</p>
<p style="text-align: left;">En 2019, l’electro représentait à elle seule <strong>40 %</strong> des exportations musicales françaises. C’est le genre dans lequel les Français brillent le plus à l’étranger, devant le rap (33 %) et la chanson (15 %), selon Technopol. Cette esthétique pèse près d’un demi-milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>100 000</strong> Soit le nombre d’emplois directs ou indirects générés par les musiques électroniques, et donc menacés aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: left;">&#8212;-</p>
<p style="text-align: left;"><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2021/06/01/ten-cities/" target="_blank">A LIRE AUSSI / TEN CITIES, CLUBBING HORS-PISTE</a></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2021/06/01/carl-de-moncharline/" target="_blank">A LIRE AUSSI / CARL DE MONCHARLINE, RETIENT LA NUIT</a></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2021/06/01/tommy-vaudecrane/" target="_blank">A LIRE AUSSI / L&#8217;INTERVIEW DE TOMMY VAUDECRANE</a></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2021/06/01/david-asko/" target="_blank">A LIRE AUSSI / L&#8217;INTERVIEW DE DAVID ASKO</a></strong></p>
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		<title>Bye Bye His–Story</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Apr 2021 09:17:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[civilisation]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Allusion au concept féministe de herstory, le titre de l’exposition décompose de façon subversive le mot anglais désignant l’Histoire, His‑Story. L’histoire, c’est bien entendu l’apparition de l’écriture, cet outil précieux, propre à l’humanité, qui permet la création et la transmission de la culture, le développement de nos civilisations dans ce qu’elles ont de plus brillant et élevé. Mais l’écriture, c’est aussi le début d’une logique de séparations et de cloisonnements, car sa naissance est liée en premier lieu avec la nécessité d’inscrire les transmissions patrimoniales d’une société patriarcale et agraire. L’écrit apparaît donc dans cette perspective intrinsèquement liée à la propriété, à une économie et à un ordre social spécifiques. Premier cadastre, outil d’objectivation et d’assujettissement de la nature, des êtres vivants, des genres, l’écrit et la propriété sont à la source de ce qui créera, au cours de l’histoire précisément, les conflits et affrontements entre groupes humains, cultures, mythologies, religions et idéologies mais aussi parfois les divisions et séparations entre leurs connaissances, leurs savoirs et leurs sciences.</p>
<p>Les tensions du monde actuel, ses crises multiples (climatiques, énergétiques, culturelles, idéologiques, migratoires ou encore épidémiologiques) résonnent comme autant d’invitations pressantes au décloisonnement, à l’ouverture, à bousculer les préjugés et à recréer des liens et rebâtir des ponts, de la fluidité, entre individus, genres, peuples et nations de cultures, langues, croyances différentes, à mutualiser nos savoirs et faire se croiser les approches mentales et culturelles et disciplines scientifiques, pour trouver, ensemble, des solutions pour ce que l’on devrait considérer, sinon comme notre bien, plutôt comme notre havre commun.</p>
<p>Au-delà de toute illustration littérale de ces concepts, l’exposition est la première articulation d’une recherche curatoriale à l’approche critique et engagée, et inclusive. Elle rassemble en son sein les œuvres de près de 60 artistes des personnalités confirmées, des artistes émergents ou fraîchement sortis de leurs études, articulant leur rapport à l’estampe et aux arts imprimés, à l’édition, de façon transversale et prospective.</p>
<p>Avec humour et la bonne distance esthétique, vous êtes conviés, et parfois de façon participative, au détour d’un parcours qui inverse la circulation du bâtiment, à des rencontres surprenantes, détonantes, entre des travaux qui parlent et nous interrogent sur des problématiques aussi diverses que notre rapport à l’économie et au dogme de la croissance, les rapports de genre et la diversité, notre rapport à la nature et aux autres espèces, celui que nous avons vis-à-vis de la technologie et du corps bionique augmenté.</p>
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		<title>Loïc Vendrame</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Jul 2017 16:04:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Future Dust]]></category>
		<category><![CDATA[Future Rust]]></category>
		<category><![CDATA[Loïc Vendrame]]></category>
		<category><![CDATA[Photographe]]></category>
		<category><![CDATA[villes fantômes]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment est née cette série </strong><strong>?</strong> De par ma formation de géographe, je suis depuis longtemps passionné par les villes, mais aussi par ces endroits que l’on peut qualifier &#8220;d’interstices urbains&#8221;, que personne ne regarde mais qui font pourtant partie de notre quotidien. Ces lieux modernes issus de la crise financière et immobilière, que je qualifie de &#8220;non-lieux&#8221; urbains, car abandonnés ou n’ayant pas de &#8220;dynamique&#8221;, me fascinent. De là est née l’idée d’un projet photo-documentaire prenant la forme d’une monographie.</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui a déclenché ce travail ?</strong> L&#8217;architecture contemporaine était devenue mon seul et unique sujet depuis 2013. J&#8217;ai pris beaucoup de plaisir à rechercher le graphisme et la couleur dans plusieurs villes du monde. Mais, depuis début 2016, j&#8217;avais la sensation d&#8217;avoir fait le tour de mon approche, de ne plus parvenir à me réinventer. J&#8217;aimais réussir à donner &#8220;vie&#8221; à l&#8217;architecture, mais j&#8217;avais besoin de raconter une histoire, d&#8217;engager un point de vue plus marqué.</p>
<p><strong>Où ces photos ont-elles été prises ?</strong> Elles sont issues des deux premiers volumes de mon projet <em>Future Rust, Future Dust</em>. Une partie a été prise lors de mon voyage initial en Espagne, autour de Madrid, et l’autre dans la région de Murcie-Alicante.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-72226" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/06/loic-vendrame_4-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Quelle fut la méthode ?</strong> Mon idée est d’arriver à photographier ces lieux abandonnés dans leur contexte environnant, afin de montrer l&#8217;absurdité de ces squelettes de béton qui dénotent dans le paysage, et leur côté &#8220;figé&#8221;, alors que la nature commence à reprendre le dessus. J’utilise ici le format carré car sa rigueur et la géométrie des cadrages me plaisent. J&#8217;use principalement du très grand angle afin de donner plus d’impact aux photos.</p>
<p><strong>Comment avez-vous sélectionné ces sites ?</strong> Avant chaque exploration, je passe beaucoup de temps à les repérer sur Google Earth et aujourd’hui j’arrive instantanément à identifier les constructions abandonnées. Une fois sur le terrain, il m’arrive d&#8217;en trouver de nouveaux ou de ne pas photographier ceux que j’avais repérés, car je fonctionne énormément au feeling.</p>
<p><strong>Pourquoi le temps est-il toujours resplendissant ?</strong> <strong>Ce paradoxe entre la beauté du climat et l&#8217;état d&#8217;abandon des lieux photographiés est-il volontaire ?</strong> En général, je préfère photographier sous un beau temps, et le filtre polarisant me permet d&#8217;accentuer le bleu intense du ciel, mais on ne choisit pas toujours ! On imaginerait plus volontiers ces endroits dans le brouillard, pour donner une atmosphère plus pesante, mais j’aime au contraire ce contraste entre le climat et la dureté de ces lieux. Sachant que beaucoup d&#8217;entre eux étaient dédiés au tourisme, c’est une façon les révéler dans leur environnement tels qu’ils auraient été perçus s’il n’y avait pas eu la crise.</p>
<p><strong><img class="alignright size-medium wp-image-72230" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/06/loic-vendrame_7-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" />Que vouliez-vous montrer à travers ce travail ?</strong> Ce projet a vraiment un sens profond pour moi. J&#8217;essaye de montrer l’absurdité, le gâchis d’argent public, les rêves d’accession à la propriété brisés. Derrière ce béton il y a des personnes qui se sont endettées et des escrocs toujours en liberté. J’étais également choqué de voir un nombre important de maisons habitables mais laissées à l’abandon, alors que tant de personnes n’arrivent pas à se loger. Au-delà de l’aspect politique et social, je décris aussi à quel point les paysages ont été défigurés pour rien, même ceux qui étaient protégés par des lois. Cela coûterait trop cher de tout enlever dit-on, alors on préfère laisser des verrues de béton qui se désagrègent lentement, mangées par la nature qui reprend ses droits.</p>
<p><strong>Que ressentez-vous face à ces paysages apocalyptiques ?</strong> Ils sont perturbants. On se demande où on est, ce qu&#8217;il a bien pu se passer. Il y a juste le bruit du vent qui vous accompagne et pourtant vous êtes entourés par toutes ces traces laissées par l&#8217;Homme qui était là quelques heures avant, mais a tout quitté sur place (casque de chantier, grue, prospectus publicitaire immobilier&#8230;) comme si le pire s&#8217;était produit. Lors de mon deuxième voyage en Espagne j&#8217;ai posé ma tente au pied de ces squelettes de béton pour m&#8217;immerger plus encore dans ces décors semblant irréels. A chaque fois que je trouvais un nouveau &#8220;spot&#8221;, j&#8217;imaginais l&#8217;énergie pharaonique mise en œuvre pour acheminer tout le matériel de construction, élever les routes, les réseaux souterrains d&#8217;eau, les structures des bâtiments&#8230; et d&#8217;un coup tout abandonner.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-72224" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/06/loic-vendrame_2-300x300.jpg" alt="Spanish Riviera - Cox" width="300" height="300" /></p>
<p><strong>D&#8217;autres séries sur le sujet sont-elles prévues ?</strong> J’ai pour but de poursuivre ce projet ailleurs dans le monde, toujours avec le même regard, et de montrer les particularités que la crise a eu dans tous les pays frappés. Je pars prochainement pour le Portugal, puis compte aller dans le sud de l’Europe (Italie, Grèce) mais aussi au Maroc, en Chine et dans les pays du Golfe qui ont également été très touchés par la crise malgré leur manne financière importante. Mon objectif ultime est d’offrir une vision exhaustive des impacts de la crise sur les paysages urbains.</p>
<p><strong>Quels sont vos projets ?</strong> Je travaille actuellement pour une ONG médicale en République Démocratique du Congo. Cela me permet de découvrir de nouveaux pays et d’autres sujets, même si pratiquer la photographie partout dans le monde n’est pas toujours évident et sans risque !</p>
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		<title>Loïc Vendrame</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Jul 2017 03:10:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Portfolio]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Future Dust]]></category>
		<category><![CDATA[Future Rust]]></category>
		<category><![CDATA[Loïc Vendrame]]></category>
		<category><![CDATA[Photographe]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>On avait quitté Loïc Vendrame en janvier 2016, avec ses clichés dignes de toiles de maître, sublimant les formes et couleurs de...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>On avait quitté Loïc Vendrame en janvier 2016, <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2016/01/05/loic-vendrame/" target="_blank">avec ses clichés dignes</a> <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2016/01/05/loic-vendrame/" target="_blank">de toiles de maître</a>, sublimant les formes et couleurs de l’architecture moderne. On le retrouve avec un projet non moins excitant, où l’abstrait laisse cette fois place au documentaire. <em>« J’avais fait le tour de mon approche, et ressentais le besoin de raconter une histoire, d’engager un point de vue plus marqué »</em>. Ainsi ce Lyonnais de 27 ans, géographe de formation, s’intéresse désormais aux bâtiments abandonnés et autres villes fantômes. à ces <em>« non-lieux urbains »</em> nés des crises financières et immobilières de 2008. Ces images proviennent des deux premiers volumes de sa série <em>Future Rust, Future Dust</em>. Elles ont été prises autour de Madrid et dans la région de Murcie-Alicante. <em>« Ces endroits sont perturbants, on se demande ce qu’il a bien pu s’y passer. Seul le bruit du vent vous accompagne et, pourtant, vous êtes entourés par toutes ces traces laissées par l’Homme, qui a soudainement tout plaqué comme si le pire était arrivé »</em>.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-72217" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/06/loic-vendrame_6-300x300.jpg" alt="Spanish Riviera - Sueca" width="300" height="300" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Rêves brisés</strong></p>
<p>Ces complexes hôteliers mort-nés, ces routes ne menant nulle part, ces cités inachevées, sans âme qui vive, nous plongent dans une ambiance post-apocalyptique. Vestiges d’une époque insouciante, ils nous racontent en silence la faillite d’une économie, et les catastrophes humaines qu’ils renferment. <em>« J’essaie de montrer l’absurdité, le gâchis d’argent public, les rêves d’accession à la propriété brisés derrière ce béton. Les personnes endettées et les escrocs toujours en liberté. Il est aussi choquant d’observer autant de maisons habitables mais délaissées, alors que tant de personnes ne parviennent pas à se loger »</em>. Une immense gabegie, doublée d’une atteinte à Dame Nature. <em>« Au-delà de l’aspect politique et social, on voit aussi à quel point les paysages ont été défigurés pour rien »</em>. On est également saisi par ce paradoxe entre la disgrâce des embryons immobiliers et la beauté du décor, la douceur de sa lumière. <em>« J’aime ce contraste entre le climat et la dureté des lieux. Beaucoup étaient dédiés au tourisme, c’est une façon de les montrer tels qu’ils auraient existé s’il n’y avait pas eu la crise</em> ».</p>
<p>Oui, les vacances sont finies… avant même d’avoir commencé. Le travail de Loïc Vendrame, lui, ne fait que débuter. <em>« Je pars bientôt au Portugal et compte aussi me rendre dans le sud de l’Europe, au Maroc, dans les pays du Golfe ou en Chine. Mon objectif ultime est d’offrir une vision exhaustive des impacts de la crise sur les paysages urbains »</em>. Comme un voyage autour d’un monde parallèle, englouti, mais hélas bien réel.</p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2017/07/07/loic-vendrame-3/" target="_blank">RETROUVEZ ICI L&#8217;INTERVIEW DE LOIC VENDRAME</a></p>
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		<title>Bernard Maris</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2014/10/01/bernard-maris/</link>
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		<pubDate>Tue, 30 Sep 2014 23:00:17 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Agenda]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[Les Particules Elémentaires]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Houellebecq]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Comment est venue l’idée de cet essai ? En chroniquant La Carte et le Territoire. J’avais été frappé par les enseignements économiques qu’il...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment est venue l’idée de cet essai ?</strong><br />
En chroniquant <em>La Carte et le Territoire</em>. J’avais été frappé par les enseignements économiques qu’il contenait.</p>
<p><strong>Lesquels ?  </strong><br />
La notion de « destruction créatrice ». Autrement dit, l’industrie qui disparaît, la consommation à outrance, la tyrannie de l’obsolescence. Il pose des questions essentielles et abandonnées par les économistes. Il interroge la notion de travail, son rôle et sa valeur. Houellebecq livre aussi dans tous ses romans une métaphore de l’évolution du capitalisme, il nous rappelle son principe et son influence sur nos comportements.</p>
<p><strong>Peut-on le considérer comme un économiste ?</strong><br />
Non, mais il utilise (entre autres) le terreau de l’économie pour la littérature, tout comme Balzac s’appuyait sur la psychologie et la sociologie.</p>
<p><strong>De quels économistes pourrait-on le rapprocher ?</strong><br />
Houellebecq a compris ce qui fait la valeur. Il appartient à la philosophie pré-libérale. à cette catégorie de penseurs qui ont gravité autour de l’économie mais qui ne sont pas libéraux. Comme Keynes et Schumpeter.</p>
<p><strong>On a souvent dépeint Houellebecq comme un auteur nihiliste, n’est-il pas plutôt utopiste, humaniste…</strong><br />
J’irai plus loin, il est très fleur bleue ! Son premier roman, Extension du domaine de la lutte, est très noir, dépressif. Et donnait une image qui n’est pas la sienne (cynique, partouzard, méchant). Ses autres romans sont plus positifs. Et très féministes.</p>
<p><strong>Houellebecq, un féministe ?</strong><br />
Ses romans utopistes<em> (La Possibilité d’une île, Les Particules élémentaires</em>) se terminent par la conquête du pouvoir par les femmes. Il manifeste un vrai respect pour elles. Selon lui, la violence est profondément masculine. Les hommes sont en concurrence pour le vagin des jeunes femmes comme ils le sont pour les objets. Ils provoquent une espèce de guerre permanente alors que les femmes sont dans la compassion. Houellebecq est du côté de la bonté, comme les grands romanciers russes (Tolstoï, Dostoïevski).</p>
<p><strong>Et vous, comment vous définiriez-vous ?  </strong><br />
Je suis antilibéral. Attention, je suis pour la liberté ! Mais je pense que le libéralisme économique nous offre une fausse liberté. Celle de vendre et d’acheter, d’offrir sa force de travail. Pour moi c’est une liberté purement matérialiste qui nous oppresse et nous conduit à la servitude volontaire. C’est précisément ce que décrit Houellebecq dans ses romans : nous entretenons une compétition économique généralisée et notre seule liberté consiste finalement à marcher sur les autres pour essayer de vivre.</p>
<p><strong>Etes-vous aussi altermondialiste, décroissant ?</strong><br />
Oui. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Je ne nie pas le progrès mais je pense qu’on le confond très souvent avec l’agitation, la destruction créatrice. Je revendique aussi la lenteur car elle est mère de la culture, de l’art. ">Je ne nie pas le progrès mais je pense qu’on le confond très souvent avec l’agitation, la destruction créatrice. Je revendique aussi la lenteur car elle est mère de la culture, de l’art. </span>Or, nous vivons dans un monde de rapidité, de bruit, de sauvagerie permanente. Je n’aime pas ce monde-là.</p>
<p><strong>« <em>Notre monde s’enferme dans l’horreur</em> », écrivez-vous. Le capitalisme libéral est comme une dictature, et vous le comparez avec les camps de concentration. N’est-ce pas exagéré ?</strong><br />
Ce que je veux dire c’est : « <em>comment, aujourd’hui, on tient les hommes dans ce monde soi-disant libre ?</em> » Eh bien par l’incertitude et la peur. Et la peur est très mauvaise conseillère : elle donne envie d’avoir un chef, un maître, un guide, comme les enfants qui ont besoin qu’on leur tienne la main.</p>
<p><strong>En sommes-nous arrivés à ce point ?</strong><br />
Oui, les sondages le disent : les Français sont terrorisés par le chômage, l’idée de se retrouver à la rue. C’est un monde où les gens vivent dans une incertitude perpétuelle.</p>
<p><strong>Selon vous comment tout cela peut-il finir ?</strong><br />
Je pense qu’il risque d’y avoir une nouvelle crise financière majeure sur les marchés dérivés. Et si les produits dérivés « pètent », c’est une bombe qui nous tombe dessus. Il y aura une régression énorme comme en 1930, c’est-à-dire une baisse du pouvoir d’achat de 40%. La violence qui est endiguée par le commerce, comme l’eau qui bouillonne dans une marmite fermée, va exploser. Alors, il est probable que des forces délétères se raniment&#8230;</p>
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		<title>Le grand retournement</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Feb 2013 14:09:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[Economistes atterés]]></category>
		<category><![CDATA[François Morel]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Lordon]]></category>
		<category><![CDATA[Gérard Mordillat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Peu médiatisé, Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS, fait partie des Économistes Atterrés (un collectif réunissant chercheurs, universitaires et économistes antilibéraux)....</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2013/02/13/le-grand-retournement/">Le grand retournement</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Peu médiatisé, Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS, fait partie des Économistes Atterrés (un collectif réunissant chercheurs, universitaires et économistes antilibéraux). En 2011, cet essayiste incisif s&#8217;est fendu d&#8217;une « <em>comédie sérieuse sur la crise financière</em> »&#8230; en alexandrins ! Gérard Mordillat réussit le pari de transposer cette pièce au cinéma. Idée de génie : installer les banquiers, ministres et un étonnant Président dans le décor d&#8217;une vaste usine désaffectée, témoin et allégorie de la crise. Ces murs délabrés laissent de l&#8217;espace aux comédiens (tous parfaits) pour donner vie à un texte aussi drôle qu&#8217;instructif. Loin du théâtre filmé, Mordillat propose une mise en scène vive, renforcée par le rythme des alexandrins, dont la petite musique tient le spectateur en haleine&#8230; et change de l&#8217;écoeurant refrain libéral.</p>
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