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Le quotidien extraordinaire

(c) Three Koma

Un oiseau s’échappant d’une casquette-cage, un van-grille-pain, une piscine Polaroid… Pierre-Henry Roy, aka Three Koma, n’aime rien tant que détourner des objets de la vie quotidienne. Depuis Rouen où il vit, cet illustrateur et graphiste autodidacte observe le monde qui nous entoure pour créer des images pop et colorées emplies d’humour et de poésie. Comme si, tout à coup, le banal devenait extraordinaire ? Creusons un peu plus la question…

Quel est votre parcours ? Quand j’avais cinq ans, je voulais être artiste peintre. J’ai toujours été passionné par le dessin mais n’imaginais pas en faire mon métier. J’ai suivi un BTS, suis devenu graphiste. Je réalisais de la mise en page, des chartes graphiques… des choses assez classiques. Puis je me suis lancé en free-lance et me suis spécialisé dans l’illustration, avant de signer chez un agent à Paris.

D’où vient ce surnom, “Three Koma” ? À côté de mon activité d’illustrateur je suis aussi batteur. J’ai été membre d’un groupe de rock durant quelques années et en avais dessiné le logo : un personnage avec sur la tête trois virgules – soit “comma” en anglais. Le groupe s’est arrêté mais j’aimais bien le logo, qui m’a donc inspiré ce nom.

Qu’est-ce qui caractérise votre style selon vous ? Il est assez moderne et coloré. Mes créations s’inspirent de la pop culture et de tout ce qui m’entoure, même les choses les plus simples de la vie quotidienne. L’idée de départ, c’était de rendre un objet banal un peu plus extraodrinaire. Au-delà du fait de transformer une lampe de bureau en station de bronzage, ce procédé peut aussi servir des sujets plus complexes, comme lorsque je travaille pour le journal Les Échos par exemple. C’est d’ailleurs pour cela que l’on fait appel à moi : pour le décalage et les images à double, voire à triple sens de lecture. Il faut qu’il s’y passe quelque chose, qu’elles mènent à la réflexion ou à la rêverie.

Cassette (c) Three Koma

Cassette (c) Three Koma

Parmi vos créations, pourriez-vous en commenter une ? Il y a par exemple ce détournent de K7 audio. La bande magnétique m’évoque un tapis roulant perpétuellement sur lequel court un runner, soit une activité où, en général, on écoute de la musique, en l’occurrence ici avec un baladeur, à l’ancienne.

Il y a aussi cette poétique casquette-cage, d’où s’évade un oiseau… Oui, c’est la figuration de l’esprit humain qui s’envole, du lâcher-prise… mais après chacun voit les choses à sa façon !

Concrètement, comment travaillez-vous ? C’est assez simple. Je réalise un premier croquis sur la tablette graphique, un contour noir classique sur un fond blanc. Une fois satisfait du rendu j’effectue le passage en couleurs, recherchant la gamme adéquate, généralement des couleurs assez vives, très pop. Depuis ma première illustration, je travaille sur un fond uni, pour les réseaux sociaux, car ça fonctionne plutôt bien. Mais je réalise de plus en plus de paysages.

Plus généralement, quelles sont vos sources d’inspiration ? Au tout départ, mes principales influences étaient Shepard Fairey et Andy Warhol. J’aime beaucoup le pop art, des artistes comme Roy Lichtenstein par exemple, surtout pour l’utilisation des couleurs franches, des formes assez simples et des objets aussi.

Quels sont vos projets ? J’adorerais monter une exposition. Je réalise des couvertures de livres pour d’autres mais j’aimerais aussi sortir un recueil de mes illustrations.

À visiter / threekoma.com@threekoma

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