Home Exposition Guy Brunet

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(c) N. Dewitte

Guy Brunet, ou la cinéphilie poussée à son paroxysme. Originaire de l’Aveyron, ce fils de projectionniste a réalisé seul, chez lui, une quinzaine de films avec des silhouettes en carton. Entre documentaires (sur Cecil B. DeMille ou Jean Renoir) et fictions (romances, films d’aventure), ses longs-métrages et son processus créatif atypique sont à découvrir au LaM de Villeneuve d’Ascq. Levons le rideau sur une exposition aussi pagnolesque qu’hollywoodienne joliment intitulée Le Cinéma de mon père.

Guy Brunet habite toujours à Viviez, village sis dans le bassin houiller de l’Aveyron, où il est né voici 79 ans. En réalité, il réside dans un monde autrement plus poétique : celui du septième art. Cette passion lui fut transmise tel un secret de famille. Pour cause, ses parents exploitaient une salle de cinéma. Il y sera bercé par les films américains ou français des années 1930 à 1960 projetés par son père, avant que son affaire ne périclite, en 1963, vaincue par la télévision. Le paternel ouvre alors un magasin d’électroménager… et vend des postes de TV. De son côté, Guy rejoint l’usine locale. Suite à un licenciement économique, il cesse de travailler pour renouer avec ses premières amours…

Ça cartonne

Autodidacte ingénieux, amateur érudit, l’homme est à la fois réalisateur, scénariste, dialoguiste et producteur de ses films. Depuis 2001, il en a fabriqué une quinzaine, seul, dans une ancienne boucherie qu’il a transformée en maison-atelier-studio et qui abrite sa firme, la bien nommée Paravision. Pour cela, il a développé une méthode unique : ses acteurs et actrices sont des silhouettes en carton récupéré. Il les filme au caméscope ou en Super 8 devant des décors qu’il a lui-même conçus. Il les fait aussi parler en modulant sa voix – laissant entendre son accent du sud. Mesurant 1 m 38, ses “interprètes” sont peints avec une indéniable habileté à l’effigie des plus grandes vedettes du siècle passé. Soit autant d’étoiles parfois éteintes qu’il ressuscite pour nourrir ses castings. Par exemple, dans Les Cathares, il réunit Gene Tierney, Elizabeth Taylor, Charlton Heston, Jean Marais mais aussi… Claire Chazal et Sophie Marceau !

(c) N. Dewitte

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À l’affiche

Est-ce de l’art brut ? Naïf ? Les qualificatifs importent peu. « C’est une performance à l’échelle de la vie, une œuvre totale », commente Christophe Boucher, commissaire de cette fascinante exposition. Celle-ci révèle les longs-métrages de l’Aveyronnais, ses fameuses silhouettes, ses scénarios soigneusement rédigés dans des cahiers d’écolier. On trouve aussi des affiches originales qui s’apprécient comme autant de peintures (Kerven et Delépine lui en commandèrent une pour I Feel Good). Quelque part entre Ed Wood et le Facteur Cheval, Marcel Pagnol et le Hollywood de Cecil B. DeMille, Guy Brunet livre ici son âge d’or du cinéma, avec ses péplums ou films d’aventure, et surtout une vibrante déclaration d’amour à l’art et la création.

Julien Damien / Photos : © (c) N. Dewitte
Informations
Villeneuve d'Ascq, LaM

Site internet : http://www.musee-lam.fr/

Collections permanentes accessibles du mardi au dimanche de 10 h à 18 h.
Exposition temporaire et collections permanentes : 10 / 7 €
Collections permanentes : 7 / 5 €

05.04.2024>29.09.2024mar > dim : 10h-18h, 11/8€ (gratuit -18 ans)
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