Home Best of Interview Andrei Nicolescu

Géométrie variable

Funky Lifestyle (c) Andrei Nicolescu

Des couleurs éclatantes, des compositions harmonieuses, des images à l’aspect granuleux évoquant autant d’histoires mystérieuses… Pas de doute, Andrei Nicolescu a bien fait de plaquer son boulot d’architecte pour celui d’artiste visuel ! Installé à Bucarest, en Roumanie où il est né, ce grand fan du cinéma de Wes Anderson n’aime rien tant qu’expérimenter, entre formes géométriques, mode et portraits envoûtants. Entretien.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Je suis originaire de Roumanie. J’ai étudié l’architecture, puis exercé ce métier pendant environ trois ans. En parallèle, j’ai réalisé des travaux d’illustration, que ce soit de petits projets commandés ou personnels. C’était ma façon d’exprimer ma créativité. Pendant une année entière, en 2021, je n’ai pas dessiné en raison d’un emploi du temps chargé et de la sortie de la pandémie. Puis j’ai quitté mon emploi dans un cabinet d’architecture et j’ai commencé à réaliser des portraits inspirés de la mode. C’était assez libérateur de pouvoir faire ce que j’aime.

Votre formation en architecture influence-t-elle la manière dont vous créez vos images ? La plupart du temps, je ne m’en rends pas compte, mais il est vrai que cela a eu un impact sur mon processus créatif. Non seulement, il m’est beaucoup plus facile de planifier des projets et d’y consacrer du temps, mais cela se reflète également dans la façon dont je trouve des concepts. L’architecture a rendu mon travail beaucoup plus fluide. J’ai un sens aigu de la composition grâce au travail avec les grilles et les proportions, et je consacre beaucoup d’efforts à la conception d’une esthétique visuelle uniforme dans mes œuvres.

Girl with a Rose (c) Andrei Nicolescu

Girl with a Rose (c) Andrei Nicolescu

Les formes géométriques jouent-elles un rôle important dans vos créations ? Si vous regardez en arrière, il y a quelques années, je dirais que c’est sans aucun doute le cas. Qu’il s’agisse d’illustration ou de typographie, il était évident que je pensais d’une manière très volumétrique et structurelle. Mais mon travail a évolué. De façon générale, j’aime le contraste entre les lignes et les formes géométriques simples et les touches organiques et expressives.

Le point commun de vos images est l’utilisation de couleurs vives. Pouvez-vous nous en dire plus ? C’est un style que j’ai développé au fil des ans, parce que j’aime cette part d’éclat dans l’art. Et puis je n’ai travaillé que dans le spectre RVB tout au long de ma carrière. Parfois, cela se retourne contre moi, car certains clients peuvent avoir des yeux plus sensibles.

Il y a aussi cet aspect “granuleux” offrant beaucoup de relief à vos images. Comment y parvenez-vous ? Il n’y a pas vraiment de processus particulier pour obtenir cet effet. J’ai commencé à chercher des artistes ou des illustrateurs qui adoptaient ce type de style, pour essayer d’inverser la façon dont ils obtenaient leur effet. J’ai découvert “mon” grain en jouant avec les options des calques dans Photoshop, puis j’ai créé le mien. J’aime utiliser cet aspect granuleux car il confère à l’œuvre plus de profondeur, et une touche personnelle. Je n’aime pas les effets trop lisses, je trouve cela artificiel.

Fashionista (c) Andrei Nicolescu

Fashionista (c) Andrei Nicolescu

Où puisez-vous l’inspiration ? Je suis influencé par l’animation, la BD et les films en Technicolor. Je pense en particulier à l’esthétique de Wes Anderson. Actuellement, je suis fasciné par l’utilisation des couleurs dans les médias des années 1980. Je m’inspire aussi de la mode et du graphisme. L’architecture est également une référence constante pour les combinaisons de couleurs. Pour l’instant, je me concentre sur les BD et la peinture, car j’essaie de renouveler mes compétences en matière de composition. J’ai construit une bibliothèque d’images avant de découvrir Pinterest, où je répertorie maintenant de nouvelles influences.

Vos sujets sont très variés, mais semblent toujours le point de départ d’une histoire, n’est-ce pas ? Je n’ose pas dire que chaque pièce contient une histoire, mais la plupart du temps, il y a un élément de narration dans mon travail. La série Girls, Girls, Girls par exemple, couve une atmosphère mystérieuse. Il s’agit d’une évolution de mon travail depuis Faboulous Fashion, où je me concentrais sur le portrait et les silhouettes. Concernant le travail éditorial, j’essaie toujours de trouver un petit concept. Une image est un instantané, le noyau d’un récit que le lecteur doit découvrir…

Articles similaires