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Bouillon de culture(s)

© Mous Lamrabat

Photographe belge d’origine marocaine, Mous Lamrabat organise la rencontre entre deux mondes que tout semble opposer. Nimbés de couleurs chaudes, d’une pointe de surréalisme et d’une bonne dose d’humour, ses clichés fusionnent traditions nord-africaines et pop culture, symboles religieux et codes du luxe. À Bruxelles, ville par essence cosmopolite, il présente l’exposition A(r)mour, dressant un pont jubilatoire entre Orient et Occident.

Connaissiez-vous le Mousganistan ? C’est un pays imaginaire où se marient les cultures et les traditions, le monde arabe et la pop. Ici, les modèles arborent des voiles McDonald’s ou ornementés de smileys, portent des caftans Disney et des chéchias marqués du logo Nike, de préférence avec des boucles d’oreilles La Vache qui rit ou à la gloire du Wu Tang Clan ! Oui, il y a beaucoup d’humour dans l’oeuvre de Mous Lamrabat, un brin d’ironie aussi, mais jamais de provocation gratuite. Plutôt une volonté de « rassembler les gens à travers l’art, dit-il. Mon but n’est pas de choquer ou de montrer les contradictions de ces mondes, mais de les fusionner ». Il jongle avec des références issues des deux côtés de la Méditerranée et de l’Atlantique, mais également avec les mots. Pour l’artiste, « l’apparence est une armure, une protection », qu’il prend un malin plaisir à fendre, et le titre de l’exposition, A(r)mour, illustre à merveille cet objectif.

Question de regard

Né au Maroc en 1983, dans un petit village du Rif, Mustafa (de son vrai prénom) a grandi en Belgique, plus précisément à Saint-Nicolas, en région flamande. Après des études en architecture d’intérieur à Gand, il décida de se consacrer à la photographie, en autodidacte. L’homme a collaboré avec de prestigieuses marques (Louis Vuitton, Chanel) ou magazines de mode (Vogue, Vanity Fair), portraituré quelques icônes de notre temps (Pharrell Williams, Stromae, Joey Badass ou… Bernard Arnault) et a toujours su exploiter sa double culture. Pour véhiculer un message de paix donc, mais aussi initier une réflexion sur ces frontières invisibles qui nous séparent. En témoigne ce cliché d’une femme habillée d’un niqab noir. Coiffée de deux roses rouges (sans épines), elle nous fixe du regard à travers des lunettes formant le mot “Love”. Est-elle enfermée ou protégée ? Cachée derrière une armure ou une parure ? À vous de voir, et surtout de regarder.

Julien Damien // Photos © Mous Lamrabat
Informations
Bruxelles, MAD Brussels
09.06.2023>02.09.2023mar > sam : 11h-18h, Gratuit
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