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	<title>LM magazine &#187; Wagner</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Tristan et Isolde</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Mar 2024 01:27:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre & Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Cinq questions à Caroline Sonrier Cornelius Meister]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Pourquoi les mises en scène des œuvres de Wagner sont-elles si rares ? Caroline Sonrier : Parce qu&#8217;elles nécessitent d’importants moyens artistiques...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pourquoi les mises en scène des œuvres de Wagner sont-elles si rares ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Caroline Sonrier :</span> Parce qu&#8217;elles nécessitent d’importants moyens artistiques et financiers, avec de grands orchestres qui les rendent difficiles à produire et programmer. Depuis sa réouverture après travaux en 2004, l’Opéra de Lille n’a ainsi proposé de Wagner que <em>Le Vaisseau fantôme</em>, en 2017. Ce <em>Tristan et Isolde</em>, co-réalisé avec l’Opéra de Nancy qui l’a créé en janvier 2023, constitue donc l’événement de notre saison ! D’autant qu’il s’agit d’une toute nouvelle distribution autour de l’Isolde déjà incarnée par Annemarie Kremer. Concernant tous les autres personnages, il s’agit d’une prise de rôle pour les chanteurs, c’est-à-dire la première fois qu’ils interprètent de grands rôles.</p>
<p><strong>En quoi cette œuvre de Wagner est-elle mythique ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Caroline Sonrier :</span> Elle réunit une partition musicale phénoménale, par sa densité et son intensité, et un texte très présent. Les mots et les notes sont à égalité dans cette œuvre, qui a pour ambition de se situer à la fois dans l’opéra et le théâtre. Elle met en scène une haine viscérale entre Tristan et Isolde à laquelle succède un amour intense qui s’achève par une double tragédie, celle de leur mort&#8230;</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/1EAxr5BfPzw?si=JNNJYqEXfND067jS" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Que représente <em>Tristan et Isolde</em> pour vous, Cornelius ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Cornelius Meister :</span> J’ai un rapport très particulier avec cette œuvre, que j’ai travaillée à l’Opéra de Stuttgart durant la Covid-19, où évidemment il était impossible de la jouer en public. Mais on a tout de même réussi à le faire par sections, pour des petits groupes restreints de quatre personnes. Pour le final de la mort d’Isolde, que j’interprétais au piano, nous avons eu la chance de le répéter douze fois d’affilée ! C’est aussi la singularité de ma relation à cette œuvre prévue pour être jouée devant des milliers de spectateurs, mais que j’ai aussi dirigée dans une proximité exceptionnelle. Mon ambition à Lille est de réussir à reproduire cette relation intimiste avec chaque membre du public.</p>
<p><strong>Qu&#8217;en est-il de mise en scène de Tiago Rodrigues ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Caroline Sonrier :</span> Elle est minimaliste, avec une économie et une simplicité dans les mouvements des chanteurs. Cela crée une forte intensité, condensée dans le même décor de salle d’archives / bibliothèque durant les trois actes. Tiago Rodrigues a choisi de se mettre à distance pour ne pas tomber dans le mélodrame, afin de souligner la transgression de cette histoire d’amour tragique où Tristan et Isolde refusent la place que le Royaume leur impose (l&#8217;union de la princesse Isolde, fille du roi d’Irlande, avec Marke, le roi de Cornouailles, pour sceller la paix entre les deux pays). C’est la dimension politique de ce mariage décidé par le pouvoir, et radicalement remis en cause par l’amour entre Tristan et Isolde, que Tiago Rodrigues veut traduire.</p>
<div id="attachment_157886" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/03/tristan-et-isolde-21.jpg"><img class="size-full wp-image-157886" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/03/tristan-et-isolde-21.jpg" alt="© Jean-Louis Fernandez" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">© Jean-Louis Fernandez</p></div>
<p><strong>Il s&#8217;est aussi largement réapproprié l&#8217;œuvre, n&#8217;est-ce pas ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Caroline Sonrier :</span> Oui, il a remplacé le dispositif habituel de sur-titrage par un texte qu’il a écrit. Celui-ci est reproduit sur 1 000 pancartes blanches manipulées par le duo de danseurs-chorégraphes Sofia Dias et Vitor Roriz durant le spectacle. Ils sont comme deux observateurs de la légende se jouant sur scène, qu’ils nous transmettent par le texte et le mouvement, mais sans parole. Ces panneaux contribuent ainsi à dessiner l’espace et permettent au public de porter un autre regard sur l’opéra, de le connecter de manière plus sensible et empathique à la musique, à la tragédie se jouant sur le plateau.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Cornelius Meister :</span> Il y a évidemment de nombreuses façons d’aborder et de diriger<em> Tristan et Isolde</em>, en fonction des interprètes, des musiciens et de la mise en scène. L’une des originalités de cette version est l&#8217;ajout de ce duo de danseurs. Il en modifie l’approche et, contrairement à d’autres chefs, davantage focalisés sur la seule partition, je suis galvanisé et très curieux de tout ce qu’il va se passer autour de la musique !</p>
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		<title>Le Retour du Jedi</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Feb 2020 01:30:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[info LM]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>À dire vrai, le film est sans doute le plus faible des trois. Après le monument d&#8217;obscurité de <em>L&#8217;Empire contre-attaque</em> (ce final tragique, la découverte des origines de Luke Skywalker, sa mort supposée…), <em>Le Retour du Jedi</em> fait figure de conte pour enfants (les mignons Ewoks, pensés comme des produits dérivés). Bien sûr, le côté obscur de la Force rendra les armes (pour un temps) et Dark Vador retrouvera même un peu d&#8217;instinct paternel en se sacrifiant pour sauver son fiston. Et la musique dans tout ça ? Elle joue un sacré rôle dans l&#8217;impact de cette œuvre sur la culture populaire : du thème d&#8217;ouverture (ce fameux défilé de lettres jaunes) à celui de Vador, cette symphonie opulente paraît tour à tour martiale, romantique, tragique (la mort de Yoda…). Certes, John Williams s&#8217;est allègrement inspiré de Wagner (le leitmotiv), Holst, Stravinski, Puccini ou encore Chopin – entre nombreux autres. C&#8217;est justement tout l&#8217;intérêt de ce genre d&#8217;initiative : rapprocher un blockbuster de la culture officielle pour amener, peut-être, petits et grands à s&#8217;emparer des grands classiques. À noter qu&#8217;en avril prochain, <em>Le Réveil de la Force</em> (l&#8217;épisode VII, donc) subira le même traitement !</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/VUgIH6fyDvs" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Les Rencontres Inattendues</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Jun 2018 22:23:10 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Associer philosophie et musique ? C&#8217;est le drôle de pari tenté en 2011 par la maison de la culture de Tournai, la Ville et la Province de Hainaut. Et ça marche ! Durant trois jours, penseurs, chanteurs ou comédiens se croisent et investissent les plus beaux lieux de la cité des cinq clochers (le jardin de l&#8217;évêché, l&#8217;Hôtel des anciens prêtres…). Parmi ces rencontres inattendues, on note celle entre Wagner et Nietzsche, dans une mise en scène où le premier est incarné par Alain Badiou, et le second par l&#8217;acteur Denis Lavant. Écrite par le philosophe français à partir de correspondances savoureuses (et hargneuses) entre les deux génies allemands, ce spectacle est soutenu par un orchestre d&#8217;une centaine de musiciens ! Entre (re)découvertes de quelques maîtres (Rousseau, Platon…) ou rencontres sur &#8220;le canapé rouge&#8221;(notamment avec l&#8217;équipe de <a href="https://www.philomag.com/" target="_blank"><em>Philosophie magazine</em></a>), des créations hybrides nous invitent à plancher sur des sujets étonnants, tel… le baiser. Accompagné par le saxophoniste <a href="http://www.raphaelimbert.com/" target="_blank">Raphaël Imbert</a> et le clarinettiste Charles Michiels, <a href="http://alexandrelacroix.com/" target="_blank">Alexandre Lacroix</a> retrace avec malice l&#8217;histoire de ce geste tendre (une invention romaine, eh oui) à travers les âges. Il fallait y penser&#8230;</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/ZvoSXex0qBA" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Le Vaisseau fantôme</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Feb 2017 23:09:09 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Premier chef-d’oeuvre de Richard Wagner, <em>Le Vaisseau fantôme</em> est tiré d’une légende de marins popularisée au XIXe siècle. Le Hollandais maudit est condamné à errer éternellement sur les océans pour avoir défié Dieu. Seule l’amour d’une femme peut mettre fin à sa damnation… La compagnie catalane <a href="http://www.lafura.com/" target="_blank">La Fura dels Baus</a> propose une mise en scène novatrice de cet opéra fantastique, sans rien trahir de la puissance de sa musique et de son émotion.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/DBoaDdIbpX8" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Caroline Sonrier</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Apr 2014 13:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[CAROLINE SONRIER]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Quels étaient vos objectifs en arrivant à la direction de l’Opéra de Lille ? La mission première d’un opéra, c’est précisément de...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quels étaient vos objectifs en arrivant à la direction de l’Opéra de Lille ?</strong></p>
<p>La mission première d’un opéra, c’est précisément de produire des opéras. Cela surprend le public, qui croit souvent qu&#8217;on programme des troupes en tournée. Or, il faut constituer une équipe, trouver un metteur en scène, engager les rôles principaux… La plupart du temps, j&#8217;ai privilégié des pièces du grand répertoire lyrique, qui déclenchent un choc et donnent envie de revenir.</p>
<p><strong>Pour cela, il a fallu composer avec un budget plus limité que vos confrères à Paris ou Bruxelles ?</strong></p>
<p>Il est vrai qu&#8217;on ne peut rivaliser sur ce plan. Il faut se démarquer avec des propositions originales, des pièces et des classiques plus décalés. On a aussi joué avec nos spécificités. Notre choeur de qualité participe à la plupart de nos productions. Nous pouvons aussi compter sur deux ensembles en résidence : l’ensemble belge Ictus pour le contemporain, et le Concert d’Astrée, spécialisé dans la musique baroque &#8211; chose rare. Ceci donne une couleur très particulière à des oeuvres mythiques.</p>
<p><strong>Quels sont les opéras dont vous êtes particulièrement fière ?</strong></p>
<p>Par exemple, notre première production, Madame Butterfly, en 2004. C’était aussi le premier opéra mis en scène par Jean-François Sivadier, resté notre complice depuis lors. Citons aussi Jules César de Haendel ou encore La Métamorphose, d’après Kafka créé par Michael Levinas en 2011. Et puis Cendrillon en 2012, avec les musiciens de l’onl. Un triomphe ! Je choisis des chefs-d’oeuvre, bien sûr, mais pas toujours connus du grand public, comme La Petite Renarde Rusée de Janácek, ou La Finta Giardiniera, l’un des opéras de Mozart les moins célèbres.</p>
<p><strong>Vous accordez aussi une grande place à la danse&#8230;</strong></p>
<p>Absolument. Et ce n’est pas le cas de tous les opéras ! Les chorégraphes contemporains travaillent souvent les formes hybrides, et <span class="has-pullquote" data-pullquote="je tenais à mettre en avant des artistes développant un nouveau langage">je tenais à mettre en avant des artistes développant un nouveau langage</span>. Accueillir un chorégraphe en résidence, c’est un repère pour le public.</p>
<p><strong>Qu&#8217;attendez-vous de ces chorégraphes ?</strong></p>
<p>Christian Rizzo, en résidence de 2007 à 2012, faisait des propositions radicales. J’aime sa façon de remettre en question la définition de la danse elle-même, son approche de la création, le travail sur un plateau. Il sera d&#8217;ailleurs à l&#8217;affiche de cette 10e saison. Il a dérouté une partie du public, mais un noyau important de fidèles s’est constitué, des spectateurs sensibles à l’architecture, aux arts plastiques et visuels. Ce n’était pas facile de lui succéder&#8230;</p>
<p><strong>Justement, pourriez-vous présenter son successeur ?</strong></p>
<p>Daniel Linehan m’impressionne par l’étendue de son talent. Il a déjà présenté ici certaines pièces. Il a aussi réuni 40 personnes sans emploi pour un stage participatif. Sa première création à Lille s’appelle Karaoké Dialogues. Comme toujours, il explore le lien entre un texte, poétique, proche du haïku, et sa transformation en mouvement par le danseur. Cela recouvre une dimension politique importante, un regard sur le monde et ses absurdités.</p>
<p><strong>Qu&#8217;en est-il de votre ouverture à de nouveaux publics ?</strong></p>
<p>Cela a fonctionné tout de suite, en particulier auprès des jeunes. Sans jamais nous couper des habitués, nous avons mené une politique de quotas volontariste, en réservant des places aux abonnés, mais aussi aux scolaires et aux centres sociaux. Surtout, nous avons multiplié le nombre de représentations pour chaque opéra. Et puis, durant les week-ends Happy Days, on présente l&#8217;art lyrique dans des circonstances inattendues en ouvrant grand nos portes. Un grand karaoké réunira bientôt tous ceux qui aiment fredonner un air de Carmen sous la douche. Sans oublier nos bus, qui s&#8217;adressent à un public familial éloigné qui considère l&#8217;opéra comme inaccessible, dans tous les sens du terme.</p>
<p><strong>Comment avez-vous préparé ce 10e anniversaire ?</strong></p>
<p>C’est un moment symboliquement fort mais je n’aime pas trop regarder vers le passé. Orfeo14, créé pour l’occasion, est tourné vers l’avenir : le compositeur allemand Helmut Oehring revisite l’oeuvre fondatrice de l’opéra, L’Orfeo de Monteverdi, en compagnie d’Ictus et le Concert d’Astrée. C’est formidable de réunir les deux ensembles qui font notre identité. Le deuxième volet de ces célébrations est une joute musicale inspirée de la querelle des Anciens et des Modernes. Sur scène, les deux orchestres vont se répondre avec humour, tandis que Jean-François Sivadier tiendra la place d’arbitre.</p>
<p><strong>Et à quoi peut-on s&#8217;attendre pour les saisons à venir ?</strong></p>
<p>Nous n’avons encore jamais abordé certains incontournables du grand répertoire italien ou Wagner. J’aimerais aussi développer l’opéra baroque. Et nous prévoyons des commandes à des compositeurs. Il ne s’agit plus seulement de monter un opéra, mais de repartir de zéro en l’écrivant. Il faut se projeter assez loin, aux alentours de 2016, pour l’aboutissement du projet.</p>
<p><strong>Vous vous voyez donc encore un moment à la direction de l&#8217;Opéra de Lille.</strong></p>
<p>Il y a eu pas mal de rumeurs dans la presse ces derniers mois, mais je n’ai postulé nulle part. Cette expérience a été extraordinaire jusqu’à présent. Même s&#8217;il est toujours excitant de développer de nouveaux projets, avec des moyens plus importants, je me sens très bien à Lille.</p>
<p><strong>Vous êtes l’une des deux seules femmes à la tête d’un opéra en France. Pourquoi le milieu est-il encore si masculin ?</strong></p>
<p>Notez quand même que le nombre a doublé l’an dernier ! (Sourire.) Je suis ravie de la nomination (en décembre 2013) de Valérie Chevalier-Delacour à Montpellier. Un opéra est un équipement culturel de tout premier plan. Et comme dans tous les domaines, plus l&#8217;enjeu est de taille, moins on fait confiance aux femmes. Ce n&#8217;est pas spécifique au monde lyrique mais traverse toute notre société. Je me félicite de la révélation de ces chiffres au niveau national, cela a déclenché une prise de conscience.</p>
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		<title>Entretien : Jean-Claude Malgoire</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Feb 2014 11:12:17 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Étiez-vous familier de l&#8217;œuvre de Dubois ? Absolument pas. Comme Rameau ou Berlioz, il est mondialement connu pour son traité d&#8217;harmonie, mais je...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><b>Étiez-vous familier de l&#8217;œuvre de Dubois ?</b><br />
Absolument pas. Comme Rameau ou Berlioz, il est mondialement connu pour son traité d&#8217;harmonie, mais je ne connaissais que ça de lui. <b></b></p>
<p><b>Comment avez-vous découvert cette œuvre oubliée de Théodore Dubois ? </b><br />
L&#8217;un de ses descendants m’a communiqué une partition sous forme de piano et chant. C&#8217;est la réduction indispensable pour lire les œuvres. Ça paraît peu mais, depuis quatre siècles, on fonctionne comme ça.  S&#8217;il y avait les orchestres en sus, ce serait trop compliqué à déchiffrer. C&#8217;est réducteur, mais cela donne une idée du texte, du livret et de la musique, même si on doit deviner l&#8217;instrumentation.<span class="has-pullquote" data-pullquote=" J'ai longtemps conservé la partition, sans m'en occuper."> J&#8217;ai longtemps conservé la partition, sans m&#8217;en occuper.</span></p>
<p><b>Quel fut le déclic pour vous y remettre ? </b><br />
Marc Boucher, un chanteur canadien, avait enregistré quelques mélodies d’<i>Aben Hamet &#8211;</i> les seules qui soient arrivés jusqu&#8217;à nous. Et ce chanteur est également directeur d&#8217;un festival à Saint-Lambert, près de Montréal. Un sacré festival : on y joue 40 à 50 concerts en un weekend. J&#8217;avais été invité à diriger le <i>Requiem </i>de Mozart sur une place publique. Nous avons alors reparlé de cet opéra.</p>
<p><b>Comment se fait-il que les partitions d&#8217;orchestre aient été perdues ? </b><br />
Il n&#8217;a été joué qu&#8217;en 1884, et plus jamais ensuite. Victor Morel, directeur de l&#8217;endroit, avait passé  commande à Dubois à condition que ce soit en italien. L&#8217;accueil fut bon, mais la pièce eut du mal à être jouée ailleurs. Dubois fit appel à un traducteur, puis s&#8217;en est désintéressé.</p>
<p><b>Etait-ce la première fois que vous réorchestriez une telle œuvre ?</b><br />
Non, en 2011, j&#8217;avais effectué le même travail pour <i>La Boîte à Joujoux</i>, une œuvre inachevée de Debussy. Le problème était le même, mais il est très facile de faire « à la manière de » avec un compositeur qu&#8217;on connaît bien. Avec Dubois, ce fut plus « expérimental ».</p>
<p><b>Comment avez-vous procédé ?</b><br />
L&#8217;héritier m&#8217;a montré d&#8217;autres partitions de son aïeul, comme <i>Le Paradis Perdu</i> (ndlr.1878). Sa façon d&#8217;orchestrer n&#8217;est pas différente de ses contemporains comme Massenet, par exemple. C&#8217;est un orchestre très complet, avec beaucoup de couleurs, de la harpe, des percussions&#8230; C&#8217;est une musique qui scintille. C&#8217;est le fin du romantisme, une musique pré-moderne.</p>
<p><b>La période est également à l&#8217;exotisme&#8230;</b><br />
Tout à fait. Que ce soit dans l&#8217;espace, avec Carmen, comme dans le temps, avec Samson &amp; Dalila de Saint-Saëns. À l&#8217;époque, l&#8217;orientalisme touche tous les arts : de nombreux peintres, poètes, romanciers, musiciens font le voyage à Alger. <i>Aben Hamet</i> découle de cette curiosité, mais la source littéraire est de Chateaubriand. De plus, Dubois ne verse pas dans l&#8217;exotisme musical. À la différence de Saint-Saëns, par exemple, Dubois reste dans le langage occidental. Il y avait seulement un chant de muezzin, que je n&#8217;ai pas conservé.</p>
<p><b>L&#8217;avez-vous beaucoup repris ?</b><br />
L&#8217;opéra initial devait durer quatre heures, je l&#8217;ai réduit à deux heures et demie. Et j&#8217;ai éliminé certains symboles de cet exotisme qui n&#8217;avaient pas trop d&#8217;intérêt. Comme chez Wagner, on retrouve un leitmotiv pour les personnages. C&#8217;est assez rare, pour un opéra de cette époque.</p>
<p><b>Mais comment savoir le nombre d&#8217;instruments à utiliser, par exemple ?</b><br />
Par l&#8217;usage. L&#8217;orchestre symphonique est caractérisé. À cette époque, on introduit des sons en percusssions, notamment des timbres clairs (triangle, cymbalettes, timbales, etc.) et ça va perdurer. Ca commence avec Rossini, qui fait des relations avec la musique turque, et utilise plus de cymbales que de peaux, pour avoir un son plus mécanique. C&#8217;est un acquis très français  et espagnol, qu&#8217;on retrouve peu en Allemagne et Italie. Le paroxysme c&#8217;est Debussy, dont le son est  étincelant.</p>
<p><b>Et à part les percussions ?</b><br />
La harpe est également très importante. C&#8217;était l&#8217;instrument favori de Marie-Antoinette. Il y a eu des composition pour musiques de chambres, mais elle arrivé véritablement dans l&#8217;orchestre dans le dernier quart du XIXème siècle. C&#8217;est un peu exotique, ça rappelle l&#8217;antiquité. De même, le saxophone fait son apparition : Massenet et Bizet, notamment dans <em>L&#8217;Arlésienne</em>, l&#8217;utilisaient beaucoup. Dubois aussi, car les possibilités expressives de cet instruments sont très différentes des autres cuivres.</p>
<p><b>Quant au texte, avez-vous retrouvé la traduction française de l&#8217;époque ?<br />
</b>Oh non, elle était indigente. À l&#8217;époque, on écrivait en vers et en alexandrins. Or, pour coller à cette contrainte, le traducteur s&#8217;est parfois éloigné du texte original au point de faire des contresens.<br />
Donc on a travaillé le texte pour le « moderniser », même si ce n&#8217;est pas le terme adéquat. Et on a enlevé beaucoup de termes à connotation raciste, car vu le climat actuel&#8230; Mais à l&#8217;époque, ces expressions n&#8217;étaient pas considérées comme racistes. Sauf qu&#8217;aujourd&#8217;hui, les temps ont changé, et on n&#8217;a pas voulu mettre d&#8217;huile sur le feu.  Ce n&#8217;est pas le plus important.</p>
<p><b>Quel est votre rôle dans le choix des acteurs ?</b><br />
Je travaille en binôme avec mon épouse depuis toujours. On fait le casting complet. Metteur en scène, éclairagistes, costumiers&#8230; Nous avons choisi les chanteurs deux ans avant, car nous avons besoin de beaucoup de répétitions. Il faut donc des gens talentueux ET disponibles. La distribution est jeune et internationale : les comédiens viennent d&#8217;Espagne, du Maroc, du Canada&#8230; Pour les costumes, Christine Rabot-Pinson a opté pour des tenues semi-historiques, mi-andalouses, mi-maghrébines. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Nous évitons la reconstitution.">Nous évitons la reconstitution.</span></p>
<p><b>Et le décor ?</b><br />
Je suis partisan des plateaux nus, mais Alita Baldi, la metteure en scène, préfère l&#8217;abstraction. Ici, nous avons un décor très pentu, sur deux niveaux, de façon à ce que deux intrigues puissent se nouer sur deux plans différents. Par exemple, deux Musulmanes suivent Aben Hamet en cachette : le public les voit, mais pas les comédiens. Le tapis de sol, lui, est également biculturel : andalou et maure à la fois.</p>
<p><b><em>Aben Hamet</em> sera-t-il enregistré ?<br />
</b>Oui. Au vu de l&#8217;état des maisons de disque, nous allons sans doute nous en occuper nous-mêmes. Mais je veux qu&#8217;on l&#8217;enregistre pour les médiathèques, par exemple. Je souhaite conserver une trace de cette œuvre. Et l&#8217;on donnera la partition si on nous la demande. Le cas s&#8217;était déjà présenté avec le <i>Falstaff ossia Le tre burle</i> (1799) de Salieri, le grand rival de Mozart. C&#8217;est ce que l&#8217;on aime faire dans notre petit laboratoire.</p>
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		<title>C(h)oeurs</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Sep 2013 10:15:29 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Agenda]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre & Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Platel]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Avec les œuvres de Verdi, Wagner et plus de 80 chanteurs, danseurs et musiciens issus des Ballets C de la B et...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Avec les œuvres de Verdi, Wagner et plus de 80 chanteurs, danseurs et musiciens issus des Ballets C de la B et du Teatro Real de Madrid, Alain Platel s&#8217;intéresse aux tensions entre le groupe et l&#8217;individu. Platel fait danser ses choristes et les place au&#8230; cœur du dispositif scénique. Physique, abstraite et déroutante, cette chorégraphie tend les corps à l&#8217;extrême. Lorsque l&#8217;assemblée devient foule, quelle est la place de l&#8217;individu ?</p>
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		<title>Pendentif</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Sep 2013 17:07:18 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Single liminaire de Pendentif et fausse profession de foi, God Save La France contenait ce vers évocateur : « J’ai quitté mon...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Single liminaire de Pendentif et fausse profession de foi, <em>God Save La France</em> contenait ce vers évocateur : «<em> J’ai quitté mon pays pour gagner l’élégance</em> ». L&#8217;exil est-il nécessaire ? À l&#8217;écoute de Mustang, Aline, Lescop, Yan Wagner, La Femme (et beaucoup d&#8217;autres, voir ci-contre) rien n&#8217;est moins sûr. À moins d&#8217;aller farfouiller par-delà les mers pour nourrir sa pop d&#8217;éclats électroniques, hédonistes et nacrés. Le genre de choses dont seuls les Anglais et Américains sont capables, pensent les béotiens. Or donc, ce quintette bordelais né il y a trois ans signe un premier LP qui fera date – et des émules, forcément. Sans jamais verser dans l&#8217;étalage d&#8217;érudition, ces douze titres permettent de déceler des influences, conscientes ou non (de Sarah Records à New Order, d&#8217;Elli à Memory Tapes, qui a d&#8217;ailleurs remixé l&#8217;engageant Embrasse-Moi). Ces balises posées, ces jeunes gens (vraiment) modernes slaloment entre les langues et les ambiances, languides ou frénétiques, et signent des chansons nerveuses et sensuelles, chipies et mélancoliques, contant des souvenirs de fêtes, des lendemains qui chantent, des histoires d&#8217;amour d&#8217;un soir ou d&#8217;un été&#8230; Une adolescence qui n&#8217;en finirait pas, en somme.</p>
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		<title>C(h)œurs</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Jun 2012 15:21:10 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Théâtre & Danse]]></category>
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		<category><![CDATA[Hannah Harendt]]></category>
		<category><![CDATA[Jonathan Littell]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Alain Platel s&#8217;attaque aux œuvres de Verdi (qu&#8217;il n&#8217;appréciait guère jusqu&#8217;alors) et Wagner. Pour les prendre à bras-le-corps ou plutôt, à bras-le-chœur....</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Alain Platel s&#8217;attaque aux œuvres de Verdi (qu&#8217;il n&#8217;appréciait guère jusqu&#8217;alors) et Wagner. Pour les prendre à bras-le-corps ou plutôt, à bras-le-chœur. Avec plus de 160 chanteurs, danseurs et musiciens issus des Ballets C de la B et du Teatro Real de Madrid, le Gantois s&#8217;intéresse aux tensions entre le groupe et l&#8217;individu. Rompant avec le choeur antique, statique et en fond de scène, Platel fait danser ses choristes et les place au&#8230; coeur du dispositif scénique. Physique et audacieuse, abstraite et déroutante, cette chorégraphie tend les corps à l&#8217;extrême. Créée à Madrid en mars dernier, cette pièce de « théâtre-danse » fait planer l&#8217;ombre des <em>Bienveillantes</em> de J. Littel, mais aussi de la fameuse « banalisation du mal » telle qu&#8217;énoncée par Hannah Harendt. Lorsque l&#8217;assemblée devient foule, quelle est la place de l&#8217;individu ?</p>
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