ça fait des lustres
La lumière en partage
Ils dormaient depuis trois ans dans un hangar, sous la menace de la déchetterie. Ces lustres neufs ont croisé la route de Tiwan, peintre du Nord, qui ne s’est pas contenté de les revendre. À Mouvaux, cent artistes leur offrent une seconde vie, et au public l’occasion d’acheter de la lumière pour une bonne cause.
Rien ne destinait ces suspensions industrielles à devenir des œuvres. Lors d’une brocante, un ami aperçoit Antoine Charlet, alias Tiwan, avec un lustre sous le bras. Il lui révèle qu’un stock de luminaires encore emballés rejoindra la déchetterie dans la semaine. L’artiste reprend la balle au bond. D’abord tenté d’en repeindre quelques-uns, il imagine bientôt une autre aventure… Autodidacte né à Béthune, Tiwan peint à l’acrylique une abstraction instinctive, qu’il signe au dos car ses toiles se lisent dans tous les sens. Il transpose cette liberté de regard avec l’exposition « Ça fait des lustres » à Mouvaux. Pour l’occasion, chaque artiste reçoit deux suspensions brutes, l’une à transformer librement, l’autre à quatre mains avec Tiwan, soit 200 pièces uniques réalisées par une centaine de créateurs, chacun fixant ses prix.

Elan collectif
Le casting vaut le détour. LaDame Quicolle, dont quelque 250 collages ont investi les rues pour y faire de la place aux femmes, mesure son art à un objet de salon. Le Kiwano, peintre arrageois, croise avec brio des univers éloignés et avec CoolJC, Tiwan explore la peinture phosphorescente, pour que certains modèles continuent de briller une fois la lumière éteinte. Une part des ventes est réservée aux Petits Princes, qui réalisent depuis 1987 les rêves d’enfants malades. Le lustre que plus personne ne regardait sert ainsi une idée simple, celle d’une création qui se partage et d’une lumière qui profite aux autres.













