Sheila Hicks
L’étoffe du regard
Au-delàAu Palais des Beaux-Arts de Lille, Sheila Hicks déroule un fil qui mène bien au-delà du textile. De l’atrium aux galeries, ses compositions colorées dialoguent avec les collections et tissent des correspondances inattendues.
Dans l’atrium, des cordes blanches suspendues sous la verrière dessinent un rideau léger. L’installation Au-delà change selon le point de vue : depuis les galeries, elle ouvre d’autres perspectives. Sheila Hicks ne décore pas le musée, elle en déplace les repères. À l’étage, ses œuvres se glissent entre tableaux et sculptures. Avec Fugue, pièce des années 1960, le fil devient ligne et rythme ; ailleurs, des galets enveloppés de fibres colorées forment une constellation. Née en 1934 dans le Nebraska, l’artiste américaine s’est formée à Yale auprès de Josef Albers, figure du Bauhaus, avant de se passionner pour les textiles précolombiens. Ses voyages, notamment au Mexique, lui ont appris à voir dans le fil plus qu’un matériau. Elle l’envisage comme une matière à penser, toucher et assembler. Torsadée, nouée ou empilée, la fibre brouille les frontières entre sculpture, peinture et architecture. Pour cette carte blanche, l’artiste Sheila Hicks dialogue avec l’histoire du Palais et celle de Lille, marquée par l’industrie textile. « Chaque exposition est une expérience unique », souligne Juliette Singer, directrice du musée et commissaire de l’exposition. L’architecture devient un « véritable partenaire de création ». Le visiteur s’immisce dans la trame. Il circule, déplace son regard et suit le fil qui relie les œuvres entre elles.






