BUTOR
La clef des champs
Entre champs, chapelle et terrain de football, la biennale BUTOR invite l’art contemporain au cœur du paysage rural de Molenbaix. Une promenade à ciel ouvert où installations, vidéos et sculptures brouillent subtilement les frontières entre quotidien et imaginaire.
Il faut parfois quitter les musées pour retrouver le goût de la surprise. À Molenbaix, BUTOR prend justement le pari de déplacer l’art contemporain là où on ne l’attend pas. Ici, la visite ressemble davantage à une balade qu’à un parcours d’exposition classique. Trois à quatre kilomètres à travers huit hectares de nature et de patrimoine, entre la Ferme Écavée du XVIIe siècle et les rues du hameau. Née de l’initiative du collectionneur Bernard Adins et imaginée avec les historiens de l’art Robin Legge et Julien Foucart, cette première biennale s’inspire d’événements comme Watou ou Sint-Denijs City, tout en revendiquant un ancrage en Wallonie picarde.

Le créateur est dans le pré
Le principe ? Inviter une vingtaine d’artistes belges et internationaux à dialoguer avec les lieux plutôt qu’à s’y imposer. Jacques Charlier, figure majeure de l’art belge depuis les années 1960, y côtoie ainsi David Claerbout, dont les œuvres explorent les perceptions du temps et de l’image. Le résultat intrigue autant qu’il déroute. Une sculpture surgit au milieu d’un pré, une vidéo habite une chapelle, une installation semble avoir toujours fait partie du décor. Plusieurs œuvres ont d’ailleurs été conçues spécialement pour le site. Sous l’apparente tranquillité des environs, les artistes révèlent des récits plus contemporains. En somme, pour BUTOR, le territoire devient lui-même matière à création.







