On Falling
Sur commande
De Laura CarreiraMagie de la vente en ligne, qui promet un accès quasi-instantané à toutes les marchandises imaginables. Outre le travail de production, c’est celui de la distribution qui disparaît de l’horizon du consommateur comblé. Dans une fiction très documentée, On Falling a la bonne idée de redonner chair et voix à ce petit peuple des hangars.
Des Portugais, des Hongrois, des Polonais et des Ukrainiens réunis dans une colocation en Écosse ? Voilà qui pourrait être le point de départ d’une de ces “comédies européennes” que Cédric Klapisch décline régulièrement depuis L’Auberge espagnole. Mais les circonstances ne sont pas si joyeuses. Coincés dans un pays où il pleut tout le temps, ces exilés temporaires tentent de gagner leur croûte avec des boulots peu gratifiants. Aurora est ainsi préparatrice de commandes dans un entrepôt. On Falling décrit son morne emploi du temps avec minutie, du labeur chronométré à la pause déjeuner le nez dans le smartphone. Cette veine du cinéma social est bien connue : pas de grands drames, mais une inexorable déchéance. Il suffit qu’Aurora laisse tomber son téléphone pour que le coût de la réparation l’empêche de payer l’électricité, puis sa nourriture. De cette extrême précarité, Laura Carreira tire un film sobre, d’une profonde délicatesse. à l’inverse, il suffirait de presque rien, un petit grain de sable dans la machinerie capitaliste, pour que le monde soit à nouveau respirable. On Falling se révèle alors bouleversant.
De Laura Carreira, avec Joana Santos, Neil Leiper, Ola Forman. En salle



