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Les couleurs de l’effondrement

D’Ugo Bienvenu

En narrant la rencontre d’un garçon aux pouvoirs extraordinaires et d’une fille évoluant dans un monde à l’agonie, le dessinateur Ugo Bienvenu insuffle à l’animation française une énergie nouvelle, une radicalité artistique. Arco s’impose déjà comme œuvre iconique, où le réel percute l’utopie.

Le verdict est sans appel à la fin d’Arco : ses images en 2D, fruit de quatre années de travail, sont d’une beauté absolue. Un comble, tant elles dépeignent un monde à la dérive. Des tempêtes colossales balayent des villes sous cloche, un superbe incendie ronge l’horizon… Le premier long-métrage animé de l’auteur de BD Ugo Bienvenu ressemble à son œuvre sur papier : une dystopie dont les trouvailles futuristes surlignent nos dérèglements contemporains. Derrière la virtuosité visuelle, il glisse une réflexion lucide sur l’enfance, l’écologie et la mémoire, lorgnant à la fois vers l’inventivité de Miyazaki et la mélancolie du Roi et l’Oiseau. Arco est un garçon vivant dans une cité utopique. Un matin, il dérobe à ses parents une combinaison arc-en-ciel lui permettant de traverser le temps. Trop jeune pour en maîtriser le pouvoir, il s’échoue en 2075, dans un monde au climat déréglé, où vit Iris, une fille qui ne voit plus ses parents que par hologramme, et partage son quotidien avec un robot-nourrice. Rien n’est simple ni manichéen dans leur quête pour ramener Arco d’où il vient. Entre faux méchants et pluie d’arcs-en-ciel, le grand gagnant du festival d’Annecy fait triompher l’amour et l’entraide sur une Terre vacillante. Radical, mais brûlant d’optimisme dans son refus de toute fatalité.

Arnaud Stoerkler - Photo © Remembers / MountainA / Diaphana Distribution

D’Ugo Bienvenu, avec les voix de Swann Arlaud, Alma Jodorowsky, Margot Ringard Oldra,
Oscar Tresanini, Vincent Macaigne, Louis Garrel, William Lebghil et Oxmo Puccino… En salle


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