Cédric Durand
Faut-il se passer du numérique pour sauver la planète ?
(Éd. Amsterdam)Une question provocatrice, des développements rigoureux et des réponses éclairantes. Que demander de plus à un essai ? Reprenant une série de trois cours livrés à l’institut La Boétie, l’économiste Cédric Durand offre une vue en coupe d’un des plus inextricables problèmes contemporains : l’accaparement par les “Big Tech” des données numériques et du pouvoir qui va avec leur exploitation. Soucieux de ne pas perdre le néophyte, l’opuscule avance pas à pas. Première étape : la définition du « techno-féodalisme », qui traduit le rapport de prédation et de dépendance qu’imposent les grandes firmes du numérique aussi bien aux citoyens qu’aux états et aux autres entreprises. Or, comme l’écrit Durand, « il n’y a pas d’intelligence artificielle, mais une intelligence collective accumulée, centralisée et restituée : les données, c’est du social. » Il propose donc de s’orienter vers un « cyber-écosocialisme », qui permettrait de réduire l’empreinte carbone de la Toile et de retrouver une véritable prise politique sur le fonctionnement de l’économie. À l’heure où Elon Musk fait la pluie et le beau temps à Washington, la voie est certainement étroite. Mais au moins est-elle ici esquissée.
164 p., 14 €.



