Mary Maka
Au nom du rose
Foisonnantes, flamboyantes, les œuvres de Mary Maka ne passent pas inaperçues… c’est le moins qu’on puisse dire ! Actuellement installée au Sri Lanka, cette « nomade numérique » passée par la Serbie et le Portugal n’aime rien tant que créer des mondes fantaisistes. Peuplées de créatures chimériques, ses compositions laissent une belle place au rose et témoignent d’une réflexion malicieuse sur la place de l’être humain dans la nature. Où puise-t-elle son inspiration ? Quels sont ses secrets de fabrication ? Elle nous en dit plus…
Quel est votre parcours ? Depuis l’âge de cinq ans, je veux être artiste. J’ai toujours aimé créer et dessiner. Cette passion m’a amenée à étudier le graphisme dans une école d’art, où je me suis spécialisée dans les livres et l’illustration. Si le graphisme a été ma première orientation professionnelle, j’ai toujours eu envie de dessiner davantage. En 2020, j’ai décidé de me lancer à plein temps dans l’illustration en freelance. J’ai rapidement reçu mes premières commandes. J’ai toujours aimé raconter des histoires et, il y a quelques années, j’ai commencé à étudier pour devenir réalisatrice de films d’animation.
Selon vous, qu’est-ce qui caractérise votre travail ? J’aime me définir comme une créatrice de mondes fantaisistes. Mon style se caractérise par des formes arrondies et volumineuses et des surfaces bruyantes. Mes œuvres combinent des éléments du pop art, de l’animalisme et de l’art naïf.
Quels thèmes aimez-vous explorer ? Nombre de mes œuvres s’intéressent à l’intersection des mondes naturels, fictifs, mythologiques et humains – généralement en tissant ces éléments en une seule composition. Je m’inspire souvent de notre environnement, inventant de nouvelles créatures et de nouveaux écosystèmes.
Est-ce sur notre coexistence avec notre écosystème qui vous souhaitez focaliser ? Passer du temps dans la nature est essentiel pour moi : j’aime l’observer et m’y immerger. À l’école, je participais à des activités de plein air et j’effectuais souvent des randonnées en forêt avec un sac à dos. Pour moi, la forêt est un lieu de paix. Je crois en l’idée d’une harmonie entre l’Homme et la nature, où les deux peuvent coexister et trouver un équilibre.
D’où vient cette attirance pour la mythologie et les contes de fées ? J’ai des ancêtres finlandais, mais le lien avec mes racines s’est perdu il y a longtemps. J’ai voulu m’y reconnecter en étudiant la mythologie et la culture finno-ougrienne. Lors d’une résidence artistique, j’ai consacré du temps à la lecture de contes de fées, d’épopées et de textes historiques, et j’ai documenté mes découvertes par le biais de la gravure. Cette recherche m’a tellement captivée que j’ai commencé à explorer d’autres cultures et leurs mythes. Les légendes africaines, en particulier, m’ont profondément marquée.
Vos compositions regorgent de couleurs ! Comment choisissez-vous votre palette ? Je peux parler du rose, car il apparaît fréquemment dans mon travail et j’aime l’utiliser. Cette couleur véhicule de nombreux stéréotypes culturels. Lorsque j’étais étudiante, elle était rarement utilisée, souvent rejetée car considérée comme “frivole” ou réservée aux filles. Après avoir obtenu mon diplôme, les premiers tubes de peinture que j’ai achetés étaient roses. Je voulais l’explorer à fond et, d’une certaine manière, me le réapproprier en tant que couleur neutre et puissante.
Plus généralement, quel est votre processus créatif ? Il commence par la recherche et la collecte de références pour affiner mon idée. Je réalise ensuite un à trois croquis en noir et blanc, en fonction de la complexité de la composition. Après avoir discuté de ces esquisses avec le client, je passe à la couleur. Je commence par des formes vectorielles puis j’incorpore des textures à l’aide de programmes de trame. J’utilise également un ensemble de pinceaux personnalisés que j’ai mis au point. Bien que j’aie une palette préférée, j’aime expérimenter et explorer de nouvelles combinaisons. Mes œuvres sont souvent riches en détails et en transitions de teintes subtiles.
Quels sont vos sujets préférés et vos sources d’inspiration ? J’explore une grande variété d’œuvres d’art et je visite souvent des musées et des galeries dans le monde entier. Tout au long de mon parcours artistique, j’ai beaucoup étudié l’art européen et l’art russe, qui m’ont beaucoup influencée. En particulier l’avant-garde russe et le postmodernisme français. L’une des expériences les plus frappantes que j’ai vécues fut au Louvre, où j’ai découvert la salle d’art iranien ancien. Je n’en savais rien auparavant et le fait de la voir pour la première fois m’a profondément marquée.
Quels sont vos projets ? Je planche actuellement sur un court-métrage. Je veux continuer à progresser en tant que directrice d’animation et donner vie à davantage d’histoires par le biais de l’animation.
Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été artiste ? Je serais biologiste, j’étudierais les plantes ou les micro-organismes.
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À visiter / marymaka.com // @mary___maka















