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© Ranafout

Rire sans tabou, pour convertir tout le monde. Voilà le credo de Sabine Vincent, qu’on trouve derrière la marque Ranafout. Cette créatrice défend le féminisme à coups de crayons estampillés “Patriarcaca” et de pin’s graphiques en forme de serviette hygiénique. Une manière de faire avancer la cause, dans un arc-en-ciel de délicieuses irrévérences.

Il y a de la rage et un côté “anar” dans les pièces de Ranafout. Mais au fond, cette artiste de Seine-Saint-Denis est une crème. La preuve ? En voici deux : elle ne peut s’empêcher d’écrire “Balclito” en rose bonbon et “Va mourir” dans un tendre coeur, sur ses pulls ou ses tasses. Pour sûr, Sabine Vincent défend une certaine esthétique du féminisme. « Je voulais lever les tabous, parler tout haut de vulve et de femme castratrice. Militer avec de l’humour et des couleurs », résume la créatrice, qui a longtemps eu les cheveux bleus – et tient notamment la basse d’un groupe punk rock. Les accessoires à messages sont à la mode ? L’habitante de Saint-Denis se plaît à les bousculer en proposant des pin’s en forme de slips ou avec le mot “Ragnagnas” en lettres sanguinolentes. Le prochain « évoquera peut-être la ménopause », puisqu’il faut rester créatif dans ce monde en pleine bourre de la phrase choc.

© Ranafout

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Sans complexe

Féministe, Sabine Vincent l’est vraiment devenue à la naissance de sa première fille. « Il y a vingt ans, c’était une insulte. Aujourd’hui, les gens me remercient d’en parler sans complexe. L’essentiel, pour moi, c’est de rire ensemble », note « madame Ranafout », comme l’appelaient les premiers à s’esclaffer sur les marchés de Saint-Denis, en 2017, devant les punchlines que cette graphiste exposait pour s’aérer l’esprit. En bon cheval de Troie, ses produits qui déconstruisent la pensée dominante ont utilisé la magie du capitalisme numérique pour exploser leurs ventes depuis un an. « Mes tasses viennent de Chine et mes pin’s d’Espagne, mais je fabrique mes autres accessoires dans un fablab local. J’essaie de tout rapprocher peu à peu, pour créer de l’emploi dans le 9-3 », assure Ranafout. Elle reverse un euro à la Maison des femmes de sa ville à chaque pin’s “Ragnagnas” vendu, offre les bénéfices de son “Fuck Friday” à des associations et participe à un atelier de collages féministes le 8 mars. Derrière les mots, un vrai (et joyeux) combat.

Arnaud Stoerkler / Photo © Ranafout

À visiter / ranafout.fr, @ranafout_

À retrouver / Memento Mori à Lille, Belge une fois à Bruxelles, Le Petit boudoir à Uccle

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