Paul Hémery
Remis en lumière
C’est une figure essentielle du fameux groupe du Roubaix. Traversée par un tourbillon de couleurs, figeant des paysages crépusculaires ou des visions plus abstraites, l’œuvre de Paul Hémery (1921-2006) reste pourtant confidentielle. La Piscine lui consacre une grande exposition, réunissant une centaine de ses toiles, et ménageant son lot de découvertes.
Il fait, littéralement, partie des murs de la ville. C’est en effet à Paul Hémery que l’on doit l’immense fresque ornant la station de métro Grand-Place, à Roubaix : La Naissance de la lumière. « C’est d’ailleurs le seul artiste du groupe de Roubaix présent dans l’espace public », souligne Bruno Gaudichon. Le conservateur de La Piscine n’imaginait pas quitter ses fonctions sans célébrer ce peintre dont le travail demeure méconnu, mais riche en surprises… Né à Tourcoing en 1921 (où il fut longtemps policier), cet autodidacte s’est affirmé comme un maître de la couleur (« dans une palette assez claire ») et, par essence, de la lumière.
Pigments de vie
En témoigne Horizon perdu, maelstrom de bleus et de noirs traversé en son centre par un rai blanc, qui éclaire la composition bien au-delà du cadre. Un détail : cette toile a été réalisée dans les années 1980, au pastel, « un médium alors considéré comme désuet mais qui apporte une sensibilité extraordinaire à ses paysages mentaux ». Virevoltant entre figuration et abstraction (ces Joyeuses Pâques aux allures de vitrail), exécutée au couteau, à l’huile, rythmée à l’occasion par des notes de jazz, l’œuvre de Paul Hémery n’a pas encore livré tous ses secrets. Encore peu montrée, sa série de portraits, tout en vibrations et proprement sublime (« une vraie leçon de peinture ») devrait ainsi accrocher plus d’un regard…








