The Magnetic Fields
Le chant des possibles
Faussement innocente, la pop de Stephin Merritt nourrit depuis les années 1990 un catalogue de chansons observant des règles singulières, où s’invitent le surréalisme comme la confession. Avec ses fidèles Magnetic Fields, l’Américain s’apprête à en exposer toutes les facettes sur la scène bruxelloise.
Stephin Merritt signe des disques obsessionnels. Au fil de son œuvre, on compte un album entier consacré à la distorsion et ses multiples usages (le bien nommé Distortion), une collection de 69 chansons d’amour (intitulée 69 Love Songs), un disque plus discret de morceaux commençant par la lettre “i” (sous le titre de, devinez un peu, I)… Son dernier essai en date, Quickies (2020), enfilait les miniatures d’une ou deux minutes, composées avec un seul instrument. Une charmante prouesse accueillie plutôt tièdement après la parution en 2017 de l’ambitieux 50 Song Memoir (une autobiographie en cinquante titres, pour autant d’années d’existence), qui mériterait un réexamen complet. Mais là n’est pas l’objet de cette nouvelle tournée. En effet, si Merritt reprend la route avec une poignée d’acolytes issus du groupe historique, c’est pour piocher dans l’ensemble d’un corpus élaboré depuis plus d’une trentaine d’années. Les fans de la première heure succomberont face aux émois pop de Get Lost ou Holiday. Les nouveaux venus s’ébaudiront du talent protéiforme de ce rejeton du grand Scott Fagan. Chant magnétique et écriture racée : un immanquable programme.



