Jungle & LA Priest
Double détente
Virage à 180 degrés et réinvention totale. Jungle et LA Priest ont connu une deuxième carrière, dans des genres très éloignés – et avec plus ou moins de succès. Habile opportunisme, calcul machiavélique ? Est-on vraiment gagnant au change ? Réponse à Anvers, où se retrouve tout ce beau monde.
Personne ne se souvient de Born Blonde qui, voici plus d’une décennie, signait un unique album, What the Desert Taught You, dans le sillage de Coldplay. Passé le bref intérêt, vint la traversée du… désert. Les Londoniens apprirent à farfouiller ailleurs. Deux ans plus tard, on vit débouler deux rescapés, Tom McFarland et Josh Lloyd-Watson, sous l’alias Jungle. Oubliés, les oripeaux indie-rock, le tandem embrasse désormais un son soul-funk paradoxal, car poisseux et sophistiqué. Si le tandem travaille seul et entre quatre murs, ses morceaux prennent toute leur dimension sur scène, où le binôme est entouré de plusieurs musiciens et choristes. De son côté, LA Priest s’est longtemps ébroué au sein de Late of the Pier – brève sensation de l’an 2007, défendue par Erol Alkan mais oubliée depuis. Son leader, Sam Eastgate, a depuis fait table rase, collaboré avec Connan Mockasin et aligne désormais rythmes élastiques et groove détendu, funk pourpre (on pense souvent à Prince) et tradition londonienne. Oui, LA Priest s’inscrit dans les pas de Hot Chip. Alors, les intégristes de la pureté crieront à la trahison, à l’opportunisme. On peut aussi accepter l’idée que la musique produite à 20 ans n’est pas toujours celle que l’on écoute à 30, non ?



