Big Thief
On the road again
Il y a dix ans, ces folkeux américains paraissaient fébriles. Ironiquement nommé Masterpiece, leur premier LP respirait la modestie. Aujourd’hui, l’ex-quatuor devenu trio défend un sixième album aux allures de chef-d’œuvre. Retour sur le parcours d’un groupe à part, dont les nouvelles chansons devraient trouver sur scène leur pleine mesure.
Big Thief, c’est toute une histoire américaine. Celle de sa fondatrice, Adrienne Lenker, ballottée enfant de secte religieuse en caravanes brinquebalantes… Avant ses huit ans, elle a déjà connu 14 domiciles – l’âge auquel elle écrit ses premières chansons. À 17 ans, elle rompt avec cette drôle de vie et s’inscrit au prestigieux Berklee College of Music de Boston. Elle y croise deux futurs complices : l’ingénieux guitariste Buck Meek et le batteur James Krivchenia, à la frappe aussi précise que sensible. Adrienne épousera Buck dont elle divorcera sans remettre le groupe en cause. Il faut dire qu’une étonnante alchimie subsiste entre ces trois-là, une sorte de communauté autarcique. Les albums de Big Thief ont souvent été enregistrés dans des cabanes au fond des bois, des entrepôts abandonnés. Sauf le dernier, l’excellent Double Infinity (2025), immortalisé au cœur de la Grosse Pomme. Un disque étrange et resserré qui contient l’essence de la formation. Soit la voix fragile de l’écorchée Lenker, quelque part entre Joni Mitchell et Stevie Nicks (Fleetwood Mac), la mélancolie insondable d’un Townes Van Zandt. Des morceaux qui oscillent sans cesse entre l’intimisme acoustique et les secousses électriques.
Lire la chronique de l’album Double Infinity




