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Haut en couleur

Le musée des Beaux-Arts d’Arras explore l’usage du bleu dans la création, du MoyenÂge à nos jours. Il dévoile son aspect technique, historique et symbolique à travers près de 150 pièces (peintures, porcelaines, sculptures…), nous conviant à un voyage instructif et poétique autour du monde et dans le temps.

Classé parmi les trois couleurs primaires avec le jaune et le rouge, le bleu ne peut être obtenu en mélangeant d’autres teintes. Avant de le synthétiser par accident, en 1704, il fallut donc le puiser dans la nature. Dans le monde végétal (l’indigotier ou le pastel, qui est une plante européenne), minéral (cobalt, lapis-lazuli…) ou animal, en piquant ses plumes au martin-pêcheur ! En témoigne cette aigrelette à chignon qui coiffait les mariées chinoises sous l’ère Ming (l’oiseau, fidèle, étant signe de bonheur conjugal). Prisé depuis des lustres en Orient, il attendit le xiie siècle pour être à la mode en Europe. D’abord divin (car céleste), il orne la Vierge dans ses représentations (citons cet émail de Jean 1er Penicaud), devient royal sous Clovis (d’où l’expression « avoir du sang bleu ») et intègre le drapeau français en 1794. Symbolique, il demeure aussi la couleur de la mélancolie (le blues) ou du rêve, tel que cristallisé dans l’heure bleue, ce moment furtif entre le jour et la nuit (le réel et l’imaginaire) que saisit au stylo Bic Jan Fabre ou suggèrent les cyanotypes de Paul Haviland. Tirées avec du fer plutôt que de l’argent, ses photos nous plongent dans un monde monochrome, mais jamais monotone.

Julien Damien
Informations
Arras, Musée des Beaux-Arts d'Arras

Site internet : http://www.arras.fr/culture/musee-des-beaux-arts.html

15.10.2016>06.02.2017lun, mer, jeu & ven : 11 h > 18 h, sam & dim : 10 h > 18 h 30, 6 / 3 € / gratuit (-18 ans)
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