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	<title>LM magazine &#187; Vhils</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Vhils</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Sep 2024 05:35:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Originaire de la banlieue de Lisbonne, Alexandre Farto a débuté comme tout street-artiste qui se respecte : en graffant des trains avant de fuir la police. Aujourd’hui, le Portugais se fait appeler <a href="https://www.vhils.com/en" target="_blank">Vhils </a>(ses lettres favorites) et s’est imposé comme l’un des créateurs les plus courus&#8230; en proposant l’exact contraire de ses contemporains. Car depuis 2007, il ne recouvre plus les murs, il les <em>« épluche »</em>, dit-il. <em>« C’est une évolution naturelle de mon travail. Je souhaitais transcender la surface et explorer ce qui se trouve en dessous,</em> explique l’intéressé. <em>Il s’agit de découvrir quelque chose de plus profond, qui parle de nos expériences et souvenirs communs. Creuser les murs c’est comme accéder à l’histoire de la ville, c’est de l’archéologie urbaine »</em>.</p>
<p><strong>Art de destruction massive</strong></p>
<p>Pour cela, le Lisboète a employé une technique aussi inédite que spectaculaire, abandonnant les bombes de peinture pour&#8230; le marteau-piqueur et les burins. Le premier lui permet de <em>« retirer rapidement de grandes sections de la surface du mur, créant ainsi le contour grossier de l’oeuvre</em> », tandis que les seconds <em>« favorisent la précision et les détails »</em>. De cette subtile dualité entre création et destruction surgissent alors différentes couches de matière (du plâtre, de la brique, du ciment&#8230;) offrant autant de contrastes et de reliefs à ses fresques&#8230; Il n’est pas non plus rare de le voir utiliser de l’acide ou des explosifs, introduisant <em>« un élément de chaos contrôlé. Le défi consiste à maîtriser ces outils puissants pour parvenir à cette finesse. C’est un équilibre entre l’énergie brute et la minutie de l’artisanat »</em>.</p>
<div id="attachment_162387" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/09/vhils1.jpg"><img class="size-full wp-image-162387" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/09/vhils1.jpg" alt="Vhils © Jose Pando Lucas" width="800" height="534" /></a><p class="wp-caption-text">Vhils © Jose Pando Lucas</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Les murs du sens</strong></p>
<p>Pari réussi, tant cette violence créative tranche avec la délicatesse de ses oeuvres, qui transpirent d’humanité. <em>« C’est l’un des aspects essentiels de sa pratique : il représente principalement des visages d’anonymes</em>, commente Raphaël Cruyt, le directeur artistique du MIMA, qui lui consacre une fascinante exposition – où l’on découvre, entre autres, ses films ralentis à l’extrême ou ses antennes paraboliques sculptées à la disqueuse. <em>Dans la ville, les hommages aux citoyens sont rares, si ce n’est à travers les monuments aux morts. Lui érige alors des ouvrages en interrogeant la relation intime entre la ville et ses habitants »</em>. Il relie, aussi, le passé au présent, à l’image de ce monumental visage de femme gravé à Bruxelles, derrière la place de la Monnaie, point de départ en 1830 de la révolution belge. Le portrait s’orne à sa gauche d’une petite fleur, évoquant aussi la révolution des OEillets, qui a libéré le Portugal de la dictature en 1974. <em>« Cette oeuvre symbolise l’esprit de changement et la lutte permanente pour la justice, rappelant le pouvoir de l’action collective</em> », décrypte Vhils, pas dupe de la résurgence des nationalismes à travers le monde – un sujet à creuser, assurément.</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=162753" target="_blank">A LIRE AUSSI / L&#8217;INTERVIEW DE VHILS</a></strong></p>
<div id="attachment_162389" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/09/vhils3.jpg"><img class="size-medium wp-image-162389" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/09/vhils3-300x200.jpg" alt=" © Nash Does Work" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">© Nash Does Work</p></div>
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		<title>Vhils</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Sep 2024 03:15:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Bruxelles]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quand avez-vous décidé de graver des murs ?</strong> Vers 2007. C&#8217;est une évolution naturelle de mon travail de graffeur. Je souhaitais transcender la surface et explorer ce qui se trouve en dessous. Les murs des villes, recouverts d&#8217;affiches, de peinture et de temps, semblaient incarner une forme d&#8217;archéologie urbaine. J&#8217;étais fasciné par l&#8217;idée &#8220;d&#8217;éplucher&#8221; ces couches pour découvrir quelque chose de plus profond, qui parlait de nos expériences et de nos souvenirs communs. Il s&#8217;agit de rendre visible l&#8217;invisible, de donner une voix aux témoins silencieux des changements de la cité.</p>
<p><strong>Quelles méthodes utilisez-vous pour y parvenir ?</strong> Marteaux-piqueurs, burins, perceuses et même acide et explosifs font partie de ma boîte à outils. Chacun offre une texture et une profondeur uniques, ce qui me permet de manipuler la surface de différentes manières. Le choix dépend du matériau sur lequel je travaille et de l&#8217;effet recherché.</p>
<p><strong>Comment travaillez-vous, concrètement ?</strong> Mon processus est un mélange de planification minutieuse et de spontanéité maîtrisée. Il commence par un croquis détaillé de l&#8217;image, servant de guide pour le travail de sculpture. Les marteaux-piqueurs et les perceuses me permettent de retirer rapidement de grandes sections de la surface du mur, créant ainsi le contour grossier de l&#8217;œuvre. Les burins, quant à eux, favorisent la précision et des détails plus fins. L&#8217;acide et les explosifs introduisent un élément de chaos contrôlé. Ces méthodes provoquent des textures et des effets uniques, que les techniques de sculpture traditionnelles ne permettent pas d&#8217;obtenir. Le défi consiste à maîtriser ces outils puissants pour parvenir à cette finesse. C&#8217;est un équilibre délicat entre l&#8217;énergie brute et un artisanat minutieux.</p>
<div id="attachment_162395" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/09/vhils9.jpg"><img class="size-full wp-image-162395" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/09/vhils9.jpg" alt="MIMA (c) Alexander Silva" width="800" height="428" /></a><p class="wp-caption-text">MIMA (c) Alexander Silva</p></div>
<p><strong>S&#8217;agit-il de lier les concepts de destruction et de création ?</strong> Tout à fait. Cette dualité est au cœur de ma pratique. Elle reflète la vie elle-même, où la création implique souvent une certaine forme de destruction. En taillant dans les murs, je supprime une partie de la surface mais révèle aussi quelque chose de nouveau.</p>
<p><strong>Vous semblez donc &#8220;fouiller&#8221; la mémoire des lieux, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Oui, c&#8217;est un aspect important de mon travail. Chaque mur raconte une histoire et porte les traces des personnes qui ont vécu là. En exposant cette mémoire, j&#8217;espère susciter une réflexion sur notre relation avec le passé et sur la manière dont il façonne notre présent. À bien des égards, mon travail est un dialogue avec la ville. Je m&#8217;intéresse à la manière dont nous y laissons notre empreinte et comment, à leur tour, les espaces urbains nous marquent. Mes œuvres révèlent des récits cachés, oubliés, une expérience humaine qui s&#8217;est accumulée au fil du temps.</p>
<p><strong>Comment choisissez-vous vos lieux d&#8217;intervention ?</strong> C&#8217;est une partie cruciale de mon processus. Le contexte du lieu et son histoire jouent un rôle important. Je cible les espaces qui ont quelque chose à raconter, où les couches de peinture et les affiches reflètent le passage du temps et la mémoire collective de la communauté. Le lieu doit entrer en résonance avec les thèmes que je souhaite explorer. La ville elle-même dicte souvent l&#8217;endroit où je travaille.</p>
<div id="attachment_162766" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/09/vhils-2.jpg"><img class="size-full wp-image-162766" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/09/vhils-2.jpg" alt="(c) DR" width="800" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">(c) DR</p></div>
<p><strong>Vous représentez souvent des visages. Pourquoi ?</strong> Ils sont un symbole universel d&#8217;identité et d&#8217;humanité. Ils transmettent l&#8217;émotion et l&#8217;histoire d&#8217;une manière directe et puissante. Chaque ligne, ride ou expression est porteuse d&#8217;un récit personnel. En me concentrant sur les figures, je cherche à établir un lien personnel avec les spectateurs et à mettre en évidence l&#8217;individualité au sein de l&#8217;expérience collective. Mes portraits capturent l&#8217;essence des habitants. Il s&#8217;agit d&#8217;humaniser l&#8217;environnement urbain, de le rendre plus compréhensible et attrayant.</p>
<p><strong>Quel propos développez-vous au MIMA ?</strong> Je me penche sur la relation complexe que nous entretenons avec les villes et sur la manière dont elles façonnent nos identités et nos mémoires collectives. L&#8217;accent est mis sur la façon dont ces lieux, en constante évolution, incarnent une multitude de récits et d&#8217;histoires. À l&#8217;ère du numérique, où l&#8217;information est rapidement diffusée et souvent éphémère, il est crucial d&#8217;explorer la manière dont ces interactions influencent notre perception de l&#8217;espace et de l&#8217;histoire.</p>
<p><strong>Pourquoi ce titre, &#8220;Multitude&#8221;?</strong> Il reflète la diversité de la vie urbaine. Les villes sont des entités vivantes composées d&#8217;innombrables récits et d&#8217;expériences. Chaque individu contribue à cette image plus large, rendant les villes vibrantes et dynamiques. À travers cette exposition, je cherche à en saisir la complexité, montrant comment divers éléments s&#8217;assemblent pour former une identité collective.</p>
<div id="attachment_162767" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/09/vhils-21.jpg"><img class="size-full wp-image-162767" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/09/vhils-21.jpg" alt="Des paraboles gravées, au MIMA (c) Alexander Silva" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Des paraboles gravées, au MIMA (c) Alexander Silva</p></div>
<p><strong>Comment illustrez-vous ce propos ?</strong> À travers une variété d&#8217;œuvres. En utilisant des techniques soustractives telles que la sculpture dans les murs, je révèle des couches sous-jacentes de matériaux, qui symbolisent les histoires accumulées de la ville. Chaque pièce sculptée sert de métaphore aux récits cachés qui se trouvent sous la surface de la vie urbaine. En outre, j&#8217;incorpore des éléments tels que des objets trouvés, des affiches et des débris provenant des rues, en les intégrant à mes créations pour les relier avec la réalité physique de la ville.</p>
<p><strong>Au premier étage du MIMA, nous découvrons également une autre facette de votre travail : vos vidéos. Pouvez-vous nous en parler ?</strong> Elles offrent une dimension différente à mon exploration de la vie urbaine et de la mémoire. Ces films documentent les processus qui sous-tendent mon travail, capturant les interactions avec différentes villes et leurs habitants. Ils complètent les œuvres d&#8217;art physiques. Cette série explore des thèmes tels que la dégradation urbaine, la transformation et la nature éphémère de l&#8217;art public. À travers ces récits visuels, je cherche à mettre en lumière des moments éphémères et quotidiens, offrant aux spectateurs une meilleur compréhension de ma pratique.</p>
<div id="attachment_162768" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/09/vhils-22.jpg"><img class="size-full wp-image-162768" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/09/vhils-22.jpg" alt="Les vidéos de Vhils au MIMA (c) Alexander Silva" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Les vidéos de Vhils au MIMA (c) Alexander Silva</p></div>
<p><strong>Pouvez-vous également nous parler de la fresque que vous avez réalisée derrière La Monnaie, à Bruxelles ?</strong> Elle vise à capturer l&#8217;essence de l&#8217;identité culturelle et historique de la ville. Elle représente un visage de femme sculpté dans le mur, symbolisant la résilience de la communauté. Elle incorpore différentes textures et couches, reflétant les récits complexes qui ont façonné Bruxelles au fil du temps. En révélant ces couches, je cherche à mettre en évidence les transformations en cours dans la ville et l&#8217;esprit inébranlable de ses habitants. Cette fresque sert de dialogue visuel, mettant en lumière les histoires et les souvenirs cachés dans le tissu de la ville.</p>
<p><strong>Vous faites également référence à la révolution des œillets dans le visage de cette femme, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Oui, cet événement, qui a marqué la transition pacifique vers la démocratie, au Portugal, revêt pour moi une grande importance. En incorporant cette référence, je cherche à relier le contexte historique spécifique de mon pays aux thèmes plus larges de la résistance, de la résilience et de la transformation (<em>ndlr : En 1830, la place de la Monnaie fut le point de départ de la révolution belge</em>). Ce visage de la femme symbolise l&#8217;esprit de changement et la lutte permanente pour l&#8217;identité et la justice. Il rappelle le pouvoir de l&#8217;action collective. À travers ce travail, j&#8217;espère souligner l&#8217;importance de se souvenir du passé lorsque nous naviguons dans les complexités du présent.</p>
<p><strong>Quels sont vos projets ?</strong> Je souhaite toujours repousser les limites de mon travail et explorer de nouveaux supports. Bien que je sois profondément attaché à mes méthodes actuelles, je suis aussi intrigué par les possibilités qu&#8217;offrent les nouvelles technologies et nouveaux matériaux. Il peut s&#8217;agir de médias numériques ou d&#8217;autres techniques innovantes me permettant d&#8217;évoluer et me remettre en question. L&#8217;expérimentation est la clé du développement artistique. L&#8217;avenir, pour moi, c&#8217;est trouver de nouvelles façons de raconter les histoires qui comptent.</p>
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		<title>Street Generation(s)</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Apr 2017 01:00:29 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Poussant les portes des 1 500 m2 de la Halle B de l’ancienne usine textile, le visiteur entre dans une ville-musée. Le parcours de <em>Street Generation(s)</em> a été conçu comme une mégalopole à échelle réduite, avec des hauteurs de mur différentes. 150 oeuvres y sont disposées chronologiquement. On trouve-là des pièces légendaires (signées JR, Obey, Banksy, <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2016/01/04/jonone-2/" target="_blank">JonOne</a>…) mais aussi des photos, vidéos et des créations in situ (Jef Aerosol, Sten Lex, Vhils&#8230;). A la faveur de ce labyrinthe, on appréhende ce nouveau pan de l’histoire de l’art, découvrant un large éventail de styles et de techniques – bombe, pochoir, collage… <em>« Il s’agit de montrer comment les générations se sont succédé, reprenant les codes des précédentes pour les réinventer »</em>, détaille Jean-Christophe Levassor, directeur de la Condition Publique. Très complète, l’exposition déborde jusque dans le quartier du Pile, dont les briques rouges se parent de graffs d’artistes internationaux, telle cette grande fresque géométrique du Londonien Remi Rough. <em>« Après l’exposition, je souhaite poursuivre ce travail</em>, annonce Jean-Christophe. <em>Il s’agit d’investir le quartier avec l’art, de le transformer en musée à ciel ouvert »</em>. On re(fait) le mur ?</p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=69422&amp;preview=true" target="_blank">A LIRE AUSSI : L&#8217;INTERVIEW DE MAGDA DANYSZ</a></p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-69448" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/03/portrait_magda-danysz_vhils_cceline-barrere1-200x300.jpg" alt="portrait_Magda-Danysz_vhils_(c)Celine-Barrère" width="200" height="300" /></p>
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