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	<title>LM magazine &#187; images</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Andrei Nicolescu</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Mar 2024 00:43:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Andrei Nicolaescu]]></category>
		<category><![CDATA[artiste visuel]]></category>
		<category><![CDATA[couleurs]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?</strong> Je suis originaire de Roumanie. J&#8217;ai étudié l&#8217;architecture, puis exercé ce métier pendant environ trois ans. En parallèle, j&#8217;ai réalisé des travaux d&#8217;illustration, que ce soit de petits projets commandés ou personnels. C&#8217;était ma façon d&#8217;exprimer ma créativité. Pendant une année entière, en 2021, je n&#8217;ai pas dessiné en raison d&#8217;un emploi du temps chargé et de la sortie de la pandémie. Puis j&#8217;ai quitté mon emploi dans un cabinet d&#8217;architecture et j&#8217;ai commencé à réaliser des portraits inspirés de la mode. C&#8217;était assez libérateur de pouvoir faire ce que j&#8217;aime.</p>
<p><strong>Votre formation en architecture influence-t-elle la manière dont vous créez vos images ?</strong> La plupart du temps, je ne m&#8217;en rends pas compte, mais il est vrai que cela a eu un impact sur mon processus créatif. Non seulement, il m&#8217;est beaucoup plus facile de planifier des projets et d&#8217;y consacrer du temps, mais cela se reflète également dans la façon dont je trouve des concepts. L&#8217;architecture a rendu mon travail beaucoup plus fluide. J&#8217;ai un sens aigu de la composition grâce au travail avec les grilles et les proportions, et je consacre beaucoup d&#8217;efforts à la conception d&#8217;une esthétique visuelle uniforme dans mes œuvres.</p>
<div id="attachment_157554" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/02/girl-with-a-rose.jpg"><img class="size-full wp-image-157554" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/02/girl-with-a-rose.jpg" alt="Girl with a Rose (c) Andrei Nicolescu" width="800" height="800" /></a><p class="wp-caption-text">Girl with a Rose (c) Andrei Nicolescu</p></div>
<p><strong>Les formes géométriques jouent-elles un rôle important dans vos créations ?</strong> Si vous regardez en arrière, il y a quelques années, je dirais que c&#8217;est sans aucun doute le cas. Qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;illustration ou de typographie, il était évident que je pensais d&#8217;une manière très volumétrique et structurelle. Mais mon travail a évolué. De façon générale, j&#8217;aime le contraste entre les lignes et les formes géométriques simples et les touches organiques et expressives.</p>
<p><strong>Le point commun de vos images est l&#8217;utilisation de couleurs vives. Pouvez-vous nous en dire plus ?</strong> C&#8217;est un style que j&#8217;ai développé au fil des ans, parce que j&#8217;aime cette part d&#8217;éclat dans l&#8217;art. Et puis je n&#8217;ai travaillé que dans le spectre RVB tout au long de ma carrière. Parfois, cela se retourne contre moi, car certains clients peuvent avoir des yeux plus sensibles.</p>
<p><strong>Il y a aussi cet aspect &#8220;granuleux&#8221; offrant beaucoup de relief à vos images. Comment y parvenez-vous ?</strong> Il n&#8217;y a pas vraiment de processus particulier pour obtenir cet effet. J&#8217;ai commencé à chercher des artistes ou des illustrateurs qui adoptaient ce type de style, pour essayer d&#8217;inverser la façon dont ils obtenaient leur effet. J&#8217;ai découvert &#8220;mon&#8221; grain en jouant avec les options des calques dans Photoshop, puis j&#8217;ai créé le mien. J&#8217;aime utiliser cet aspect granuleux car il confère à l&#8217;œuvre plus de profondeur, et une touche personnelle. Je n&#8217;aime pas les effets trop lisses, je trouve cela artificiel.</p>
<div id="attachment_157552" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/02/fashionista_2.jpg"><img class="size-full wp-image-157552" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/02/fashionista_2.jpg" alt="Fashionista (c) Andrei Nicolescu" width="800" height="800" /></a><p class="wp-caption-text">Fashionista (c) Andrei Nicolescu</p></div>
<p><strong>Où puisez-vous l&#8217;inspiration ?</strong> Je suis influencé par l&#8217;animation, la BD et les films en Technicolor. Je pense en particulier à l&#8217;esthétique de Wes Anderson. Actuellement, je suis fasciné par l&#8217;utilisation des couleurs dans les médias des années 1980. Je m&#8217;inspire aussi de la mode et du graphisme. L&#8217;architecture est également une référence constante pour les combinaisons de couleurs. Pour l&#8217;instant, je me concentre sur les BD et la peinture, car j&#8217;essaie de renouveler mes compétences en matière de composition. J&#8217;ai construit une bibliothèque d&#8217;images avant de découvrir Pinterest, où je répertorie maintenant de nouvelles influences.</p>
<p><strong>Vos sujets sont très variés, mais semblent toujours le point de départ d&#8217;une histoire, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Je n&#8217;ose pas dire que chaque pièce contient une histoire, mais la plupart du temps, il y a un élément de narration dans mon travail. La série <em>Girls, Girls, Girls</em> par exemple, couve une atmosphère mystérieuse. Il s&#8217;agit d&#8217;une évolution de mon travail depuis <em>Faboulous Fashion</em>, où je me concentrais sur le portrait et les silhouettes. Concernant le travail éditorial, j&#8217;essaie toujours de trouver un petit concept. Une image est un instantané, le noyau d&#8217;un récit que le lecteur doit découvrir&#8230;</p>
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		<title>Images de héros</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Oct 2021 07:41:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Institut du Monde Arabe]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><em>« Il est dit qu’il n’y a pas d’images en pays d’Islam</em>, débute Françoise Cohen. <em>Eh bien ce n’est pas tout à fait vrai… »</em>. En témoigne cette exposition, pour laquelle la directrice de l’IMA s’est plongée dans les collections du musée du Quai Branly-Jacques Chirac et du Mucem, y dénichant quelques raretés. À commencer par cet ensemble de chromolithographies et de peintures sous verre datant du début du XXe siècle et (sujet ô combien sensible) illustrant la chose religieuse. Ces reproductions étaient diffusées auprès d’un large public, ornant les cafés, les boutiques ou l’intérieur des maisons. On y trouve notamment des calligraphies de sourates et des représentations du prophète Mahomet. On voit le saint homme tenir ses petits-fils sur les genoux ou encore chevauchant Al-Buraq, animal merveilleux ailé et à tête de femme sur lequel il entreprit son voyage nocturne de la Mecque à Jérusalem.</p>
<div id="attachment_124633" style="width: 280px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2021/10/images-de-heros.jpg"><img class=" wp-image-124633" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2021/10/images-de-heros-210x300.jpg" alt="Collection Nationaal Museum van Wereldculturen, Pays-Bas" width="270" height="386" /></a><p class="wp-caption-text">Collection Nationaal Museum van Wereldculturen</p></div>
<p><strong>Hérauts de la liberté</strong></p>
<p>Mais pourquoi parler de &#8220;héros&#8221; ? «<em> Nous rassemblons des figures remarquables au sens large et qui trouvèrent une large audience avec leurs messages : religieux, politiques ou artistiques »</em>, éclaire Françoise Cohen. Oh, pas de jugement de valeur ici, mais beaucoup de questions. Ainsi de la série de photographies de la Palestinienne Ahlam Shibli réalisée à Naplouse lors de la deuxième intifada (2000-2005). Ces clichés révèlent une glorification des martyrs au sein des foyers, entretenant leur mémoire, mais aussi la haine&#8230; Certains personnages, eux, ont plié de rires des millions d’Algériens, comme Bouzid, le paysan acerbe du dessinateur Slim, un vétéran de la caricature arabe. Publiés, entres autres, dans <em>Algérie Actualités</em> dès 1967, ses strips dépeignent avec une liberté de ton rare la situation politique du pays, avant que l’auteur ne s’exile au Maroc durant les années de plomb, menacé par le FIS…</p>
<p><strong>Sous le voile</strong></p>
<p>Entre autres affiches célébrant les stars de la chanson (Oum Khaltoum) ou du cinéma (Dalida en vamp, dans <em>Un verre, une cigarette</em> en 1955), on découvre aussi une nouvelle génération d’autrices féminines. Citons l’Égyptienne Deena Mohamed et sa super-héroïne : Qahera. Né durant les manifestations au Caire en 2011, ce personnage lutte contre le harcèlement de rue et pour le droit des femmes, en ayant le visage dissimulé derrière un hijab. Ou comment porter le voile tout en étant féministe. Vous avez dit iconoclaste ?</p>
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		<title>Matt Mullican</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Apr 2020 13:03:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
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		<category><![CDATA[Matt Mullican]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Pénétrer dans le monde de Matt Mullican, c&#8217;est déambuler dans une gigantesque banque d’images. Cette sensation étreint particulièrement le visiteur dans l&#8217;ultime salle du parcours où les murs sont tapissés, du sol au plafond, de dizaines de mètres de dessins en noir et blanc. Baptisée <em>Living in That World</em>, cette monumentale installation télescope en 3D toutes les représentations engendrées par la culture contemporaine, à l&#8217;instar du bon millier de visuels jalonnant cette exposition. Extraits de bande dessinée (dont Tintin), de films, photographies, architectures, formes géométriques, alphabets, logos publicitaires, scènes de guerre ou quotidiennes, pornographiques parfois&#8230; En somme, <em>« tout ce qu&#8217;on trouve aujourd&#8217;hui sur le Web</em>, remarque Denis Gielen, le directeur du MACS. <em>Matt a cette manie de collectionner de façon quasi encyclopédique »</em>. Rien d&#8217;étonnant, à l&#8217;heure où les images sont partout, et sans cesse fragmentées, remontées, échantillonnées. Sauf que ce Californien né en 1951 s&#8217;attelle à cette tâche depuis près d&#8217;un demi-siècle&#8230;</p>
<div id="attachment_113599" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/04/matt-mullican-2.jpg"><img class="size-full wp-image-113599" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/04/matt-mullican-2.jpg" alt="© Philippe De Gobert" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">© Philippe De Gobert</p></div>
<p><strong>L&#8217;âge de réseau</strong></p>
<p>Empruntant à l&#8217;art brut comme au pop art (Warhol n&#8217;est pas loin), la production de Mullican fut très tôt marquée par l&#8217;utilisation du pictogramme, <em>« ce langage situé entre l&#8217;image et le mot, comme une version moderne des hiéroglyphes égyptiens »</em>, remarque Denis Gielen, le directeur du MACS. Et cela bien avant l&#8217;avènement des smartphones. Ces sigles, qui normalisent désormais nos échanges, ponctuent ce parcours <em>« organique »</em> où les pièces semblent se répondre au sein d&#8217;un vaste réseau.</p>
<div id="attachment_113605" style="width: 210px" class="wp-caption alignright"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/04/matt-mullican-24.jpg"><img class="size-medium wp-image-113605" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/04/matt-mullican-24-200x300.jpg" alt=" © photo Oscar Monsalve" width="200" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">© photo Oscar Monsalve</p></div>
<p><em>« Matt est un visionnaire, il observe l&#8217;évolution de notre société des médias vers un idiome de plus en plus codifié »</em>. L&#8217;artiste confirme : <em>« Je pense que mon travail est lié à la vie contemporaine, aux préoccupations des gens, à Internet et la façon dont leur monde pourrait être régenté »</em>. Son œuvre est ancrée dans le réel, donc, mais aussi le virtuel. Ce représentant de la Pictures Generation fut ainsi l&#8217;un des premiers à créer avec un ordinateur, et embrasse toutes les techniques. Au MACS, vidéos et dessins (parfois sur des draps) cohabitent avec ses frottages, <em>« soit le moyen de reproduction mécanique de l&#8217;image le plus archaïque »</em>, dit-il, persuadé que son <em>« art est dirigé par son subconscient »</em>. Ce fantôme qui le hante (<em>« that person »</em>) ressort d&#8217;ailleurs lors de performances sous hypnose dont on découvre les films, joli symbole, dans une pièce du musée située au sous-sol&#8230;</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/okw4JOAI_GQ" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Langage propre</strong></p>
<p>Cherchant à traduire la complexité du monde, Mullican a également créé sa propre <em>« cosmologie »</em>, soit un vocabulaire régi par un système de couleurs : le vert pour la nature, le bleu pour la vie quotidienne, le jaune pour l’art, le noir pour le langage et le rouge pour la subjectivité. Il est ici matérialisé dans une grande salle découpée en sections, où les objets sont classés par thèmes (des bois de cerf dans la partie verte, des pellicules dans la noire&#8230;).  <em>« Face à ce travail, on a une bonne idée de ce qu&#8217;est l&#8217;Homme contemporain, découvrant cette façon de penser en rhizomes, en motifs répétitifs ou cette obsession pour l&#8217;archive</em>, observe Denis Gielen. <em>C&#8217;est comme un Snapchat permanent »</em>. À partager sans modération.</p>
<div id="attachment_113602" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/04/matt-mullican-22.jpg"><img class="size-full wp-image-113602" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/04/matt-mullican-22.jpg" alt="Matt Mullican_Representing the work Cortesía de NC arte, credit photo Oscar Monsalve" width="800" height="534" /></a><p class="wp-caption-text">Matt Mullican_Representing the work Cortesía de NC arte, credit photo Oscar Monsalve</p></div>
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		<title>Marie Chominot</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Mar 2019 01:37:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[1954-1962]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Stora]]></category>
		<category><![CDATA[Fethi Sahraoui]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Kouaci]]></category>
		<category><![CDATA[Marie Chominot]]></category>
		<category><![CDATA[Photographier l'Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Regards sur l'Algérie]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Quand la photographie apparaît-elle en Algérie ? A la fin du XIXe siècle, durant la colonisation, à l’occasion de voyages. Des touristes...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quand la photographie apparaît-elle en Algérie ?</strong> A la fin du XIXe siècle, durant la colonisation, à l’occasion de voyages. Des touristes fortunés documentent ce territoire en saisissant les paysages, des scènes typiques ou folkloriques. Ensuite, des studios naissent dans les grandes villes. La clientèle se constitue principalement de la société européenne. On trouve des images d&#8217;eux s&#8217;habillant &#8220;à l&#8217;orientale&#8221; et des modèles indigènes. Tout cela débouche sur la production de cartes postales véhiculant un imaginaire orientaliste.</p>
<div id="attachment_96983" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-96983" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/marie-chominot-300x214.jpeg" alt="MARIE CHOMINOT" width="300" height="214" /><p class="wp-caption-text">MARIE CHOMINOT</p></div>
<p><strong>N’y a-t-il pas un déséquilibre entre images de colons et celles de colonisés ?</strong> Oui, c&#8217;est évident. Ceux qui avaient des appareils photos, mais aussi l’habitude culturelle de prendre des clichés, étaient des colons. Une petit élite algérienne a certes pu se photographier, mais la majorité du peuple n’avait pas accès à cette pratique. Les premiers regards portés sur l&#8217;Algérie sont donc extérieurs. Il s&#8217;agit d&#8217;une vision exotique et coloniale plus que documentaire.</p>
<p><strong>Comment évolue ce déséquilibre durant la guerre d&#8217;Algérie ?</strong> La production d’images entre les deux &#8220;camps&#8221; est extrêmement disproportionnée, comme les moyens l&#8217;étaient. Toutefois, les choses changent durant cette période. Les nationalistes algériens s’emparent de la photographie comme d’une arme. Il leur était en effet indispensable d&#8217;engendrer eux-mêmes un discours iconographique de leur combat.</p>
<p><strong>Comment cela ?</strong> Plusieurs stratégies furent adoptées. La première consistait à donner des appareils photos amateurs à leurs soldats mais aussi leurs représentants politiques. Utilisés par les services mis en place par le FLN, ces clichés seront diffusés dans la presse algérienne et internationale. L’autre stratégie consiste à inviter des journalistes étrangers dans les maquis, &#8220;embedded&#8221; dirait-on aujourd&#8217;hui, afin qu’ils documentent la guerre, mais vue de leur côté. On peut par exemple citer les Américains Peter Throckmorton et Herb Gree.</p>
<div id="attachment_96984" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-large wp-image-96984" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/kima-ouaci-8-ima-retour-des-refugies-vers-lalgerie-frontiere-algero-tunisienne-1962-1024x722.jpg" alt="Retour des réfugiés vers l'Algérie, à la frontière tunisienne, en 1962 (c) M. Kouaci" width="995" height="702" /><p class="wp-caption-text">Retour des réfugiés vers l&#8217;Algérie, à la frontière tunisienne, en 1962 (c) M. Kouaci</p></div>
<p><strong>Dans quel but ?</strong> La dimension diplomatique de cette guerre fut très importante. Elle n&#8217;était pas seulement menée sur le terrain des armes, mais également sur la scène internationale. Les diplomates algériens tentaient de plaider leur cause aux États-Unis, en particulier à l’ONU. Ces images auront un impact, et personne ne pouvait parler de propagande puisqu&#8217;elles venaient de médias occidentaux &#8220;libres&#8221;.</p>
<p><strong>Peut-on donc parler d&#8217;une guerre d&#8217;images ?</strong> Oui, car les photographes accrédités par l’armée française, qui n’avaient pas accès à l’autre camp, diffusaient un discours bien encadré. En gros, la France ne faisait pas la guerre mais la &#8220;paix&#8221;. Elle véhicule ainsi très peu de scènes de combats. Côté algérien, ils recevaient des consignes très strictes, retrouvées dans des notes de service de l’armée de libération nationale : ils devaient dévoiler des villages détruits, des victimes, dont des enfants&#8230;</p>
<div id="attachment_96985" style="width: 228px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-medium wp-image-96985" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/ima-kouaci-81tif-enfants-refugies-218x300.jpg" alt="Enfants réfugiés (c) M. Kouaci" width="218" height="300" /><p class="wp-caption-text">Enfants réfugiés (c) M. Kouaci</p></div>
<p><strong>Parmi ces photographes algériens, on peut citer Mohamed Kouaci, responsable de l’organe de presse du FLN, <em>El Moudjahid</em>&#8230;</strong> Tout à fait. Lui se trouve en France au début de la guerre, puis se rapproche du syndicat étudiant. Il participe en 1957 au festival mondial de la jeunesse à Moscou pour représenter l’Algérie, qui n’existe pas encore officiellement sur la scène internationale. Au retour de ce voyage il est contacté par le FLN, qui souhaite utiliser ses talents de photographe. Il n&#8217;est pas envoyé dans le maquis, car à l&#8217;époque le pays est fermé et le barrage infranchissable, mais est intégré dans l’équipe de presse, en Tunisie.</p>
<p><strong>Quelle est alors sa mission ?</strong> Il photographie les camps de réfugiés situés à la frontière mais aussi toute l’activité politique et diplomatique du FLN, avec la constitution du gouvernement provisoire de la république algérienne en 1958, à Tunis. Celui-ci essaye de rayonner à travers le monde et de se faire reconnaître officiellement. Mohamed Kouaci est le &#8220;monsieur image&#8221; du FLN. Il prend des photos, bien sûr, mais en collecte aussi. Car pendant la guerre, les Algériens ne se contentent pas des images qu’ils produisent, mais récupèrent toutes celles qu&#8217;ils trouvent, y compris celles provenant de l’armée française. Ils les publient avec une autre légende, donc un autre discours&#8230;</p>
<div id="attachment_96986" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-96986" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/ima-kouaci-111-19-ima-jours-dindependance-5-juillet-1962-300x204.jpg" alt="Jours d'indépendance, 5 juillet 1962 (c) M. Kouaci" width="300" height="204" /><p class="wp-caption-text">Jours d&#8217;indépendance, 5 juillet 1962 (c) M. Kouaci</p></div>
<p><strong>Qu&#8217;en est-il de la liberté d’expression aujourd&#8217;hui en Algérie ?</strong> Durant longtemps, sortir un appareil photo n’était pas simple. Cette complexité demeure encore aujourd&#8217;hui. Parce qu’il y a une présence policière importante dans les rues. Comme les militaires ou les bâtiments officiels, ils ne doivent pas apparaître dans le cadre, même si vous vous intéressiez à autre chose. Beaucoup d&#8217;ami(e)s photographes se retrouvent souvent au poste à cause de cela. Et puis, une certaine méfiance persiste toujours au sein de la population. Les gens craignent que leur image puisse servir aux autorités. Notons enfin que, durant les années de plomb, marquées par le terrorisme, les tueurs ne connaissaient pas forcément leurs victimes, mais assassinaient à partir d’une photo. Heureusement, cette peur-là est en train de s’estomper&#8230;</p>
<p><strong>Qui seraient les grands photographes algériens contemporains ?</strong> Les premiers professionnels se sont formés immédiatement après la guerre, autour de Mohamed Kouaci. Une nouvelle génération est en train d’émerger aujourd&#8217;hui. Entre les deux, il y a eu une sorte de &#8220;trou&#8221; et pas forcément de transmission de savoirs, notamment à cause de la &#8220;décennie noire&#8221;, durant les années 1990. Dorénavant, on compte en Algérie des artistes âgés de 20 à 30 ans qui, je trouve, portent sur leur pays un totalement libéré de cette histoire, de ces contraintes. Ils ont commencé à photographier leur quartier, saisissant la vie là où ils sont installés. Un rapport de confiance s&#8217;est donc créé entre eux et la population.</p>
<div id="attachment_96991" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-large wp-image-96991" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/03/marie-chominot1-1024x683.jpg" alt="Alger, 2 juillet 1962 © « Marc Riboud" width="995" height="664" /><p class="wp-caption-text">Alger,<br />2 juillet 1962<br />© « Marc Riboud</p></div>
<p><strong>Pourriez-vous nous citer un nom ?</strong> J’aime beaucoup le travail de <a href="https://www.instagram.com/fethi.sahraoui/?hl=fr" target="_blank">Fethi Sahraoui,</a> un jeune homme né en 1993. Il saisit l’Algérie contemporaine, dans la tradition de la &#8220;street photography&#8221;. Ses images sont majoritairement en noir et blanc et extrêmement proches des gens. Il a par exemple réalisé l&#8217;année dernière une série sur les stades de foot, mais auprès des supporters. Il saisit sa société de l’intérieur&#8230;</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=96734" target="_blank">A LIRE AUSSI : PHOTOGRAPHIER L’ALGERIE</a></strong></p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=96762" target="_blank"><strong>A LIRE AUSSI : BRUNO BOUDJELAL</strong></a></p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2019/03/01/benjamin-stora/" target="_blank"><strong>A LIRE AUSSI : L&#8217;INTERVIEW DE BENJAMIN STORA</strong></a></p>
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		<title>Marc Trivier</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jan 2018 02:00:11 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Argentique]]></category>
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		<category><![CDATA[Mélancolie]]></category>
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		<category><![CDATA[noir et blanc]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Eh non, Marc Trivier n&#8217;est pas venu à la visite de presse de la superbe exposition que lui consacre le musée carolo. « Il rechigne à parler de ses oeuvres, estimant qu&#8217;elles se suffisent à elles-mêmes », justifie Xavier Canonne, le directeur. De fait, sa présence médiatique est inversement proportionnelle à l&#8217;aura de cet illustre photographe belge. Que sait-on de Marc Trivier ? Peu de choses. Il est né en 1960, habite à Haut-le-Wastia, village au sud de Namur, et travaille sur des chantiers de rénovation pour gagner sa vie. Pourquoi a-t-il parcouru le monde au début des années 1980 pour portraiturer les artistes de son Panthéon (Bacon, Burroughs, Dubuffet, Borges…) de la même manière qu&#8217;il a saisi des aliénés, des arbres ou des bêtes dans des abattoirs ? Finalement, peu importe. Concentrons-nous sur ses noirs et blancs argentiques.</p>
<p><strong>Spleen et urgence</strong></p>
<p>Marc Trivier évoque volontiers l&#8217;immanence de la photographie. Ses images dépouillées de tout artifice servent d&#8217;abord une quête formelle. La manière dont la lumière accroche ses motifs prime sur la profondeur psychologique, l&#8217;épaisseur de la chair ou de la matière. Il se dégage de ce travail une mélancolie, correspondant à ce moment furtif où le sujet s&#8217;abandonne devant l&#8217;artiste. L&#8217;inclinaison corporelle de Francis Bacon, qui ne souhaitait pas être photographié, en est un bel exemple. Émergent ainsi de ces portraits ou paysages l&#8217;urgence de la prise de vue, et la nostalgie de ce qui est définitivement passé.</p>
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		<title>Festival Découvertes, Images et Marionnettes</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Sep 2017 01:00:29 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Théâtre & Danse]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Tous les deux ans, le Centre de la marionnette sert un florilège de spectacles parmi les plus innovants de la scène européenne....</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Tous les deux ans, le Centre de la marionnette sert un florilège de spectacles parmi les plus innovants de la scène européenne. Pantins facétieux, ombres animées ou géants articulés déferlent à Tournai pour cinq jours de fête. « <em>C’est une discipline très ouverte. Aujourd’hui, on ne compte plus les passerelles avec le théâtre, la danse, les arts plastiques ou numériques</em> », détaille le chargé de projet Jean Bankofski. Si les marionnettes à fils ou à gaine (façon Guignol et Gnafron) sont de la partie, la magie surgit aussi là où on ne l’attend pas : d’une boule d’argile délicatement modelée, d’une silhouette inerte et de son double bien vivant, et même de la glace, avec la performance stupéfiante de la jeune Elise Vigneron (<em>Anywhere</em>). <a href="http://festivalmarionnette.be" target="_blank">Nouveauté de cette 11e édition</a>, la vingtaine de compagnies invitées et leurs créatures s’emparent des rues de la ville, pour une après-midi de spectacles gratuits et familiaux. En soirée, place aux propositions plus adultes. La compagnie Point Zéro se penche sur le commerce mondial des armes (<em>Gunfactory</em>), et Plexus Polaire raconte avec tendresse la folie d’un pyromane (<em>Cendres</em>)… « <em>Avec les marionnettes, on peut aborder certains sujets mieux qu’avec de seuls acteurs</em> ». Et parler de tout, sans tabous.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/1yifRxLNyDU" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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