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	<title>LM magazine &#187; fondation Folon</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Jacques Henri Lartigue</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Nov 2023 23:05:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>On l&#8217;appelait &#8220;le photographe du bonheur&#8221;. Durant toute sa carrière, Jacques Henri Lartigue (1894 &#8211; 1986) focalisa sur les bons côtés de l&#8217;existence, immortalisant les fêtes, les amis, les moments de joie&#8230; <em>« Je suis empailleur des choses que la vie m’offre en passant »</em>, aimait à dire ce maître de l&#8217;instantané. À travers plus de 120 images principalement en noir et blanc, prises durant la Belle époque ou les Années folles (et bien après), <a href="https://fondationfolon.be/expo/jacques-henri-lartigue-moments-suspendus/" target="_blank">ce parcours</a> célèbre un grand jouisseur du XXe siècle.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/dqlz3nkrYOE?si=QzJg7cOLorE93T1_" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Sempé. Infiniment vôtre</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Oct 2022 05:25:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Infiniment vôtre]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>De ses premiers dessins à ses couvertures pour le New Yorker, toute l’oeuvre de Sempé est dévoilée dans cet événement posthume, prévu...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>De ses premiers dessins à ses couvertures pour le <em>New Yorker</em>, toute l’oeuvre de Sempé est dévoilée dans cet événement posthume, prévu depuis plus d’un an. Cent-vingt créations originales sont ainsi révélées, sorties très exceptionnellement du fonds de la galerie parisienne Martine Gossieaux. <em>« Son travail n’avait jamais fait l’objet d’une exposition de cette envergure en Belgique »</em>, se réjouit Pauline Loumaye, la commissaire. Une occasion unique de plonger dans l’univers malicieux de cet artiste prolifique. Jean-Jacques Sempé a en effet publié ses premiers dessins dès l&#8217;âge de 17 ans, dans Sud-Ouest, en 1951, puis dans l’hebdomadaire belge <em>Moustique</em> l’année suivante. Son talent ne passa pas longtemps inaperçu. <em>« Ce dessinateur est très doué et je suis persuadé qu’il arrivera un jour à la hauteur de Franquin »</em>, témoigne une note interne de 1954, signée par Charles Dupuis, alors directeur du <em>Journal de Spirou</em>. C’est justement l’année des premiers croquis du Petit Nicolas, personnage créé avec Goscinny, dont les aventures totalisent à ce jour plus de 15 millions d’ouvrages vendus dans près de 45 pays.</p>
<div id="attachment_139255" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/10/sempe-infiniment-votre.jpg"><img class="size-full wp-image-139255" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/10/sempe-infiniment-votre.jpg" alt="Dessin original pour la couverture de The New Yorker, juillet 1999 © J.J. Sempe" width="800" height="1179" /></a><p class="wp-caption-text">Dessin original pour la couverture de The New Yorker, juillet 1999 © J.J. Sempe</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Monsieur et madame Tout-le-monde</strong></p>
<p>Le Girondin a aussi croqué l’actualité pour de nombreux titres, en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Ses dessins sont toujours accompagnés de légendes subtiles, et son style est reconnaissable entre mille. Il se distingue par des jeux d’échelles, des scènes regroupant de tout petits personnages dans des décors gigantesques. Il impressionne aussi par le soin apporté au détail et son goût pour les gens, tout simplement. <em>« Mes personnages sont comme vous et moi, ils cherchent seulement à se débrouiller dans la vie »</em>, avait-il coutume de dire. Philosophe, Sempé aimait dénoncer l’absurdité du monde, pointer les petits travers de tout un chacun, avec humour et tendresse. C&#8217;est peu dire que cette rétrospective tombe à pic&#8230;</p>
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		<title>Tomi Ungerer</title>
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		<pubDate>Sun, 01 May 2022 04:05:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Black Power / White Power]]></category>
		<category><![CDATA[fondation Folon]]></category>
		<category><![CDATA[Jean de la Lune]]></category>
		<category><![CDATA[Le Chapeau volant]]></category>
		<category><![CDATA[The Party]]></category>
		<category><![CDATA[Tomi Ungerer]]></category>
		<category><![CDATA[Trois Brigands]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>On trouve entre l’aquarelliste belge Jean-Michel Folon (1934-2005) et l’auteur et illustrateur alsacien Tomi Ungerer (1931-2019) bien des points communs. « <em>Ils ont quitté la France pour trouver la reconnaissance aux États-Unis après la guerre, avaient pour modèle le dessinateur américain Saul Steinberg, portaient un regard critique sur notre société</em> », énumère Pauline Loumaye, responsable des expositions à la Fondation Folon. Il était donc naturel pour le musée du Brabant wallon d’accueillir cette exposition, soit 80 dessins sélectionnés dans un fonds foisonnant de 14 000 pièces.</p>
<p><strong>Un engagement sans faille</strong></p>
<p>Bien sûr, le parcours en dix thèmes s’arrête sur ses ouvrages jeunesse drôles et émouvants aux personnages atypiques, tel ce mutilé de guerre dans<em> Le Chapeau volant</em>. Mais on découvre aussi 60 ans de recueils satiriques, dont le savoureux <em>The Party</em>, moquant les soirées mondaines de New York, une vie de globe-trotteur, entre l’Amérique, la Nouvelle-Ecosse et l’Irlande, et une grande variété de techniques (gouache, collage, encre de Chine). Parce qu’on « <em>ne peut comprendre les combats d’Ungerer sans connaître son enfance sous occupation allemande</em> », un volet de l’exposition revient sur ses dessins de jeunesse, des caricatures de nazis. Ses affiches politiques, contre la guerre du Vietnam ou le ségrégationnisme, avec le poster choc <em>Black Power / White Power</em> (1967), racontent aussi un défenseur enragé (parfois incompris) des droits humains, et de la liberté d’expression.</p>
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		<title>Fondation Folon</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Sep 2017 04:35:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[fondation Folon]]></category>

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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ses innombrables oiseaux, ses bonshommes bleus volants ou assis face à la mer ont fait le tour du monde. Jean-Michel Folon fut à la fois peintre, dessinateur, sculpteur, affichiste… <em>« Il a aussi réalisé des tapisseries, des décors pour le théâtre, l&#8217;opéra… mais c&#8217;était avant tout un poète</em>, glisse Stéphanie Angelroth, directrice de la Fondation Folon. <em>Il a créé son propre vocabulaire, tel ce célèbre personnage en manteau et au chapeau, auquel chacun peut s&#8217;identifier »</em>. Epurée, certes, son oeuvre est bien plus riche qu&#8217;on le pensa longtemps. C&#8217;est ce que l&#8217;on découvre ici. Cette institution est née de la volonté de l&#8217;artiste <em>« qui craignait que son travail disparaisse »</em>. Elle fut inaugurée en octobre 2000 et se situe dans la ferme du château de La Hulpe, au sein du Domaine Solvay. Ce parc de 227 hectares offre son lot de sentiers boisés et de belles perspectives. D&#8217;ailleurs, le natif d&#8217;Uccle y jouait souvent lorsqu&#8217;il était enfant, en cachette, alors que l’armée allemande occupait les lieux… Aujourd&#8217;hui, ce sont près de 500 pièces qui y sont exposées, parmi un fonds de quelque 4 500.</p>
<p><img class="alignright size-medium wp-image-73854" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/08/pluie--fondation-folon-300x134.jpg" alt="Pluie © Fondation Folon" width="300" height="134" /></p>
<p><strong>Cabinet de curiosités </strong></p>
<p>Pour y pénétrer, le visiteur doit d’abord ouvrir la page d’un énorme livre faisant office de porte. <em>« Comme si on plongeait dans une histoire »</em>. Constitué d’une quinzaine de salles, le parcours a été dessiné par l’artiste lui-même. Il invite à une déambulation onirique au sein de thématiques et techniques variées. Ici des encres colorées, là des sérigraphies, des timbres, sculptures, objets détournés… On admire aussi ses illustrations, qui firent le bonheur de <em>The New Yorker</em> ou du <em>Time Magazine</em>, les affiches de films de Woody Allen (<em>La Rose pourpre du Caire</em>, <em>September</em>)… Boudé dans son pays, c&#8217;est en effet aux états-Unis qu&#8217;il perça, dans les années 1960, avant de connaître une renommée internationale. En cours de route, on s’arrête dans une installation gigantesque. A l’intérieur de cette pièce couverte de miroirs, des yeux indiquent que nous sommes dans une tête : celle de l&#8217;homme bleu – dans ses rêves ? Sur un écran est diffusée une vidéo: c&#8217;est le générique signalant la fin des programmes d&#8217;Antenne 2, au mitan des années 1970, et ses fameux personnages aux longs bras flottant dans les cieux.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-73859" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/08/dudh-article-5--fondation-folon-291x300.jpg" alt="DUDH 5-©-Fondation-Folon" width="291" height="300" /></p>
<p><strong>Regard critique </strong></p>
<p>Le Bruxellois reste inclassable, même s&#8217;il est difficile de ne pas penser à Magritte devant cette statue en bronze tenant un parapluie… en eau ! <em>« Oui, il y a sans doute un terreau surréaliste chez lui, mais il n&#8217;est attaché à aucun courant, cette liberté transpirait dans son travail »</em>. Celui-ci est traversé par une mélancolie aux teintes pastel, empli d&#8217;humour, d’inventivité et de motifs schématiques. Enfantins ? <em>« Les tons sont doux, certes, mais le message est parfois très fort »</em>. Folon posait aussi un regard critique sur le monde. Le trait est simple, mais percutant. Ainsi, sa série sur la ville, représentée comme une jungle où s’égarent les hommes, traduit ses préoccupations face à la modernité galopante. Pas besoin de longs discours, non plus, pour comprendre <em>La Mort d&#8217;un arbre</em>, aquarelle figurant un tronc coupé à sa base et ses racines profondément enfouies dans la terre… <em>« Les choses sont faites pour s&#8217;envoler, vivre leur propre vie »</em>, aimait-il dire. Il se trompait. Son oeuvre reste ancrée dans notre quotidien.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/Mzy9GGbcvSI" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>________________________</p>
<p><em>Fondation Folon La Hulpe &#8211; Ferme du Château de La Hulpe, Drève de la Ramée 6A, mar &gt; ven : 9 h &gt; 17 h, sam &amp; dim : 10 h &gt; 18 h, 9 &gt; 5 € / gratuit (-6 ans),<a href="http://fondationfolon.be/" target="_blank"> fondationfolon.be</a></em></p>
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		<title>Peyo, a Retrospective</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2017/06/01/peyo-a-retrospective-2/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Jun 2017 00:50:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[a Retrospective]]></category>
		<category><![CDATA[fondation Folon]]></category>
		<category><![CDATA[Peyo]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Comment les Schtroumpfs sont-ils nés ? Hugues Dayez : C’est l’un des tout premiers spin-off : des personnages secondaires qui ont obtenu...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment les Schtroumpfs sont-ils nés ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Hugues Dayez :</span> C’est l’un des tout premiers spin-off : des personnages secondaires qui ont obtenu leur propre série. Ils sont nés pour les besoins d’une histoire, en 1958, dans la 9e aventure de Johan et Pirlouit intitulée <em>La Flûte à six trous.</em> Peyo aimait détourner les clichés. Plutôt que de dessiner un vieux sorcier fabriquant une flûte enchantée, il a confié ce rôle à des lutins bleus dirigés par un chef de 542 ans, vivant dans des champignons. Ils n’apparaissent que l’espace de 12 pages, mais ça marche tout de suite.</p>
<p><strong>Pourquoi ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">H.D :</span> Non seulement ils sont attachants mais ce néologisme et ce langage plaisent aux lecteurs, les enfants s’amusent à parler comme eux. Peyo s’en rend compte et rebaptise l’album <em>La Flûte à six schtroumpfs</em>. Dans un second temps Yvan Delporte, le rédacteur en chef du <em>Journal de Spirou</em>, imagine un récit réservé à ces petits personnages, <em>Le Schtroumpf noir</em>, qu’on détache au centre du magazine. Ils vont rapidement éclipser <em>Johan et Pirlouit</em>.</p>
<div id="attachment_71501" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-71501" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/05/peyo--peyo-300x241.jpg" alt="© Peyo" width="300" height="241" /><p class="wp-caption-text">© Peyo</p></div>
<p><strong>D’où ce nom vient-il ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">José Grandmont :</span> Peyo s’entendait bien avec Franquin avec lequel il partait souvent à la mer en famille. A l’occasion d’un repas, Peyo ne trouvant plus ses mots, demanda la salière à Franquin en s’écriant <em>« passe-moi la schtroumpf »</em> ! Ce fut l’hilarité générale, ils se sont amusés avec ça toute la soirée. C’est devenu une source de gags intarissable.</p>
<p><strong>Quelle est la caractéristique de cette série ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">H.D :</span> Au départ les Schtroumpfs se ressemblent tous mais très vite Peyo affirme des personnalités comme le Schtroumpf Coquet, Musicien, Costaud… C’est une comédie humaine où il est question de jalousie, de rivalité, d’orgueil… tous les sentiments s’y trouvent.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui fait leur succès ? </strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">H.D :</span> Ces albums ont été écrits il y a 50 ans mais on a l’impression qu’ils datent d’hier. Peyo a évité toute référence à l’actualité. Du coup, on ne sait pas très bien où et quand cela se déroule. Cet humour est plus atemporel que celui d’un Goscinny par exemple. <em>Astérix chez les Bretons</em> c’est génial mais il y a des allusions aux Beatles, au &#8220;swinging London&#8221;… c’est le reflet d’une époque. Peyo n’est jamais contextuel, et donc éternel.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/IFrurr62pHw" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Pourquoi appréciez-vous tant Peyo ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">H.D :</span> J’ai appris à lire avec Johan et Pirlouit. Cet univers de Moyen Âge fantasy a un charme indicible. L’équilibre entre émotion, humour et aventure est parfait. Sur le plan scénaristique ces histoires de 60 pages rivalisent avec <em>L’Affaire Tournesol</em> ou <em>Tintin au Tibet</em>. Peyo, c’est le Hergé de l’école Spirou, sa fluidité narrative est impressionnante.</p>
<p><strong>Peut-on aussi déceler à travers les Schtroumpfs une vision de la société ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">H.D :</span> On y a vu une allusion au communisme, ce qui est faux puisque chacun affiche sa différence et la propriété privée n’est pas interdite : le Schtroumpf Paysan cultive son propre lopin de terre et tout le monde possède son champignon. Pour autant, il y a deux albums plus politiques.</p>
<p><strong>Lesquels ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">H.D :</span> <em>Le Schtroumpfissime</em> raconte l’émergence d’une dictature. Lewis Trondheim le présente comme l’un des meilleurs albums politiques jamais réalisé. Alors que le Grand Schtroumpf est en voyage, le village organise des élections pour désigner un chef et là, il y a tout : les promesses électorales, les fraudes, le culte de la personnalité…</p>
<p><strong>Mais encore ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">H.D :</span> <em>Schtroumpf vert et Vert Schtroumpf</em> se lit lui comme une allégorie de la Belgique qui se délite : les Schtroumpfs du nord et du sud se disputent autour du langage, les uns parlant de &#8220;tire-bouschtroumpf&#8221; et les autres de &#8220;schtroumpf-bouchon&#8221;… Bref, ce sont les Flamands et les Wallons qui divorcent.</p>
<div id="attachment_71489" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-large wp-image-71489" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/05/schtroumpfs--peyo-1024x652.jpg" alt="Premier dessin définitif d'un Schtroumpf (à noter : ici le petit lutin bleu a encore cinq doigts)." width="995" height="634" /><p class="wp-caption-text">Premier dessin définitif d&#8217;un Schtroumpf<br />(à noter : ici le petit lutin bleu a encore cinq doigts).</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Peyo avait-il une conscience politique ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">H.D :</span> Non, cette approche est surtout due à l&#8217;apport de Delporte qui était beaucoup plus anarchiste et caustique. Peyo était un bon bourgeois bruxellois, assez centriste. Il conservait un coté assez enfantin et voulait avant tout raconter des histoires, il n&#8217;était pas du tout militant.</p>
<p><strong>Pourquoi n&#8217;y a t-il qu&#8217;une Schtroumpfette ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.G :</span> D&#8217;abord, il faut comprendre qu&#8217;à l&#8217;époque ces journaux étaient clairement destinés aux garçons, donc il n&#8217;était pas question de filles dans les séries. D’ailleurs, quand on y pense c’est un peu subversif car nous étions alors dans un journal très catholique, la chose est passée car les Schroumpfs ne sont pas des êtres humains. Et puis il s&#8217;agissait d&#8217;un gag en premier lieu : si on envoie une fille dans une communauté de mecs, ça va foutre le bazar ! Rappelons que la Schtroumpfette est la créature de Gargamel&#8230;</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/oYYNScKcL74" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Comment définir le style de Peyo ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">H.D :</span> <span class="has-pullquote" data-pullquote="C’est la synthèse entre Hergé et Walt Disney, ses deux influences majeures. Il a la fluidité narrative de Hergé et l’aspect rondouillard et en relief de son trait le rapproche de l’école Disney.">C’est la synthèse entre Hergé et Walt Disney, ses deux influences majeures. Il a la fluidité narrative de Hergé et l’aspect rondouillard et en relief de son trait le rapproche de l’école Disney.</span> Le dessin de Peyo est en 3D, tout en volume : on y voit des gros pieds, des gros nez, des gros bonnets et c’est grâce à cela que la déclinaison en petites figurines et en images de synthèse, au cinéma, fonctionne.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.G :</span> Son plaisir était avant tout de raconter des histoires et la planche, ce fut le moyen. Le dessin, c’était son cinéma à lui. Franquin disait toujours : &#8220;vous punaisez une planche de Peyo, vous vous mettez à trois mètres et même sans lire les bulles vous comprenez ce qu&#8217;il s&#8217;y passe&#8221;. Une autre caractéristique de son travail est cette tendance à élaborer une perspective au ras du sol. Le bord inférieur c&#8217;est le plancher, comme si chacune des cases était un théâtre.</p>
<p><strong>Qu&#8217;en est-il de la couleur ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.G:</span> Peyo n&#8217;y entendait rien. C&#8217;est sa femme qui lui donnait des indications. Le choix du bleu pour les Schtroumpfs, par exemple, a été défini par élimination. Le vert les rendait invisibles dans la forêt, le jaune leur donnait un aspect &#8220;maladif&#8221; et le rouge trop colérique. Bleu, c&#8217;était parfait.</p>
<div id="attachment_71490" style="width: 160px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-71490" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/05/benoit-brisefer--peyo-150x300.jpg" alt="Benoît Brisefer" width="150" height="300" /><p class="wp-caption-text">Benoît Brisefer</p></div>
<p><strong>Quelle est l&#8217;origine de son surnom, &#8220;Peyo&#8221; ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.G :</span> Un de ses neveux avait du mal à prononcer &#8220;Pierrot&#8221;, il l&#8217;appelait donc Peyo. Tout de suite, dès ses premiers essais, ce surnom apparaît.</p>
<p><strong>Comment était Peyo au quotidien, vous qui avez travaillé avec lui ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.G :</span> Il était très exigeant. Il a dû s&#8217;entourer d&#8217;assistants suite au temps que lui prenait la série télé mais n&#8217;était pas très pédagogue, c&#8217;était un peu à nous de se débrouiller. Toutefois, il ne laissait rien passer, vérifiait chaque dessin en y posant un calque. Il fallait presque laisser une erreur car s&#8217;il n&#8217;en trouvait pas, il démontait tout ! Il a toujours voulu garder un contrôle sur tout ce qu&#8217;il faisait, même au niveau des adaptations télé.</p>
<p><strong>Justement, qu&#8217;en est-il de cette adaptation ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.G :</span> Dès que les Schtroumpfs apparaissent, il y a des tentatives d&#8217;adaptation. <em>La Flute à six schtroumpfs</em> a tapé dans l&#8217;œil de tout le monde. Belvision, à l&#8217;époque un grand studio européen, est le premier à s&#8217;en saisir. Peyo va alors s&#8217;initier au cinéma en autodidacte, apprendre tout seul le découpage plan par plan&#8230; ça lui prendra deux ans. Nous sommes en 1975 et, cinq ans après, les Américains de Hanna-Barbera vont s&#8217;y pencher à leur tour. Une des closes du contrat était la suivante : tant que les Schtroumpfs restent premiers à l&#8217;audimat, on continue la série. Et ça a duré neuf ans. Les scénaristes lui soumettaient des histoires mais Peyo empêchait que les Schtroumpfs ne &#8220;s&#8217;américanisent&#8221; trop, mâchent du chewing-gum par exemple&#8230; Bref, ça les a révélés au reste du monde et il y a eu 270 épisodes, mais ça l’a épuisé.</p>
<p><strong>Une autre de ses séries à succès fut Benoît Brisefer. Comment le décrire ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.G:</span> Peyo prend toujours les clichés à l&#8217;envers. Brisefer c&#8217;est un peu le Superman européen, sauf que ce n&#8217;est pas un gros balèze et sa kryptonite à lui, c&#8217;est le rhume. De plus personne n&#8217;est conscient de sa force, à chaque fois qu&#8217;il réalise un exploit personne ne l’a vu et ne le croit !</p>
<p><strong>De qui Peyo s&#8217;est-il inspiré pour créer ce personnage ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.G :</span> Je pense que c&#8217;est Peyo lui-même. Il était petit, avait un côté chétif et espiègle. Pirlouit est sans doute sa première représentation, il était aussi un peu les Schtroumpfs&#8230; C&#8217;était un rêveur, il est resté dans le monde de l&#8217;enfance, ce paradis perdu.</p>
<div id="attachment_71491" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-large wp-image-71491" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/05/johan-et-pirlouit--peyo-1024x583.jpg" alt="Johan et Pirlouit" width="995" height="566" /><p class="wp-caption-text">Johan et Pirlouit</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Quel est le but de cette rétrospective ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.G :</span> Il n’y a pratiquement jamais eu d’expositions sur Peyo. On souhaitait mettre en avant le créateur, le conteur d’histoires autant que le dessinateur.</p>
<p><strong>Pourquoi y a t-il eu si peu d’expositions sur Peyo ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">H.D :</span> Parce qu’il a lui-même brouillé son image. Les Schtroumpfs deviennent populaires dans le monde entier grâce à leur adaptation à la télé dans les années 1980. Mais Peyo est oublié en tant qu’auteur de BD, ne dessinant plus lui-même. Toute une génération ne le connaît que par les dessins-animés, qui ne sont pas d’une qualité artistique exceptionnelle.</p>
<p><strong>Comment a été conçu le parcours ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">H.D :</span> De façon chronologique. C’est une exposition sur Peyo et non pas sur les Schtroumpfs. Un quart des pièces exposées leur est consacré et le reste montre l’étendue de son œuvre : <em>Johan et Pirlouit, Benoît Brisefer</em>…</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.G :</span> On découvre cette période où il se cherche, de 1945 à 1952. A l’époque, Peyo n’était pas un dessinateur hyperdoué. En 1952, il croise Franquin qui l’introduit au Journal de Spirou et lui donne des conseils. En l’espace d’un an ou deux, il va atteindre un niveau extraordinaire, au niveau de la narration comme du dessin.</p>
<p><strong>D&#8217;où viennent les pièces exposées ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">H.D :</span> Peyo n&#8217;a quasi rien vendu de son vivant et les pièces proviennent de coffres où ses planches sont précieusement conservées par sa famille. Ici, on disposait donc d&#8217;un très gros corpus d&#8217;originaux. C&#8217;est un petit miracle car il y a beaucoup d&#8217;auteurs de BD dont les œuvres ont été dispersées, perdues, vendues&#8230; Il fallait en profiter !</p>
<p><strong>A LIRE AUSSI : </strong></p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=71457" target="_blank">ASTERIX CHEZ LES BELGES</a></p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=71462&amp;preview=true" target="_blank">LES RENDEZ-VOUS DE LA BD D&#8217;AMIENS</a></p>
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