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	<title>LM magazine &#187; Denis Podalydès</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Denis Podalydès</title>
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		<pubDate>Thu, 01 May 2025 04:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre & Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Gounod]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Podalydès]]></category>
		<category><![CDATA[Faust]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra de Lille]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui vous séduit dans Faust ?</strong> C&#8217;est un mythe qui donne envie à tout acteur, scénariste ou metteur en scène. Indépendamment des thèmes abordés, cette histoire de vieil homme invoquant le diable afin qu&#8217;il lui rende sa jeunesse réveille quelque chose de légendaire, de très primitif. C&#8217;est un personnage venant du fond des siècles et auquel n&#8217;importe qui peut s&#8217;identifier. Que ce soit un enfant, une jeune fille ou un homme âgé.</p>
<p><strong>Quand avez-vous découvert cet opéra ?</strong> J’avais 14 ans, c’était un <em>Faust</em> de Jorge Lavelli à l’Opéra de Paris. Je me souviens d’un spectacle très impressionnant, tout était monumental, gigantesque&#8230; une énorme machine. Mais je n’avais alors aucun sens de la musique, je suis passé à côté. <em>L&#8217;Air des bijoux</em> me rappelait Tintin&#8230; Je ne prenais pas ça au sérieux, c’était trop pour moi. Je me suis vraiment attaché à l’oeuvre lorsque j’ai découvert cette version, dans le livret de 1859.</p>
<div id="attachment_171365" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/05/denis-podalydes-21.jpg"><img class="size-large wp-image-171365" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/05/denis-podalydes-21-1024x683.jpg" alt="(c) Simon Gosselin" width="995" height="664" /></a><p class="wp-caption-text">(c) Simon Gosselin</p></div>
<p><strong>Pourquoi ?</strong> Parce que les <em>Faust</em> de Goethe et de Charles Gounod sont très différents. Chez le premier, c’est un grand intellectuel (Goethe lui-même) en pleine quête spirituelle de beauté. Il y a là une puissance philosophique et esthétique.<span class="has-pullquote" data-pullquote=" Le docteur Faust de Gounod est plus touchant"> Le docteur Faust de Gounod est plus touchant</span>, c’est un personnage plus élémentaire.</p>
<p><strong>C’est-à-dire ?</strong> C’est l’histoire d’un vieux savant mélancolique qui décide de mourir. Il veut boire du poison mais tarde trop et voilà déjà le matin. Un rayon de soleil le touche, il est repris par les parfums, les premiers chants de l’aube, entend des jeunes filles&#8230; La vie revient à lui mais la jeunesse lui manque. Le diable, incarnation du désir, se présente comme un serviteur et lui offre la possibilité de la retrouver. Il accepte le contrat en échange de son âme et va alors séduire une jeune femme pauvre, Marguerite. Il lui fait un enfant, l’abandonne puis elle meurt&#8230; Résumé de manière aussi triviale, c’est une nouvelle de Maupassant. Et j<span class="has-pullquote" data-pullquote="J’aime l’idée d'une histoire banale enchâssée dans un conte fantastique.">’aime l’idée d&#8217;une histoire banale enchâssée dans un conte fantastique.</span></p>
<p><strong>Il y a l’amour aussi, pas que le désir&#8230;</strong> Oui, une lecture contemporaine pourrait voir en Faust un vieux libidineux voulant s’en payer une dernière bonne tranche. En réalité ce personnage est d’une infinie délicatesse. Son apparence est juvénile mais à l’intérieur il a gardé la sensibilité d’un vieil homme, et cela donne un personnage étonnant de douceur. Il n’est jamais prédateur, même s’il sait bien que Marguerite court à sa perte&#8230;</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/ozAyQAV6aUM?si=9K7KkgP-aGYwSs1X" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Vous refusez donc tout manichéisme&#8230;</strong> Ici, tout est à la fois touché par la pureté et le mal. Cet antagonisme se retrouve au sein même du personnage de Faust. Quand il aspire au bien il fait le mal, et quand il veut éviter le mal il tombe en plein dedans. <span class="has-pullquote" data-pullquote="À partir du moment où il signe le contrat fatidique, il est entaché">À partir du moment où il signe le contrat fatidique, il est entaché</span>. Les gestes les plus innocents sont les plus diaboliques et les gestes diaboliques parfois d&#8217;une pureté extrême&#8230; jusqu&#8217; à l&#8217;infanticide, la mort et la résurrection. Mais il y a beaucoup d&#8217;ironie dans cette œuvre, notamment une critique du puritanisme, de la répression qu&#8217;impose la religion. Charles Gounod lui-même était un homme très pieux, mais travaillé par le désir dans lequel il voyait l&#8217;image même du diable.</p>
<p><strong>Ce récit trouve sans cesse de nouvelles lectures. On ne peut s&#8217;empêcher d&#8217;y voir une réflexion sur l&#8217;obsession de notre société pour la jeunesse éternelle, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Oui, et c&#8217;est là la dimension du mythe, il résonne toujours avec l&#8217;époque qui choisit de le réveiller. C&#8217;est un miroir éternel.</p>
<div id="attachment_171366" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/05/denis-podalydes-22.jpg"><img class="size-large wp-image-171366" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/05/denis-podalydes-22-1024x683.jpg" alt="(c) Simon Gosselin" width="995" height="664" /></a><p class="wp-caption-text">(c) Simon Gosselin</p></div>
<p><strong>Que verra-t-on sur scène ?</strong> Le décor est assez minimaliste. Il y a une tournette sur laquelle reviennent des éléments et accessoires qui, reconfigurés, créent des espaces différents. Parfois c’est une simple porte qui apparaît pour symboliser un passage de seuil. Cette économie de moyen permet au spectacle d’être toujours en mouvement. Il n’y a pas de rideaux, les changements d’actes sont fondus au possible. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Cette histoire, c’est une fuite en avant, une course vers le néant">Cette histoire, c’est une fuite en avant, une course vers le néant</span>, il ne faut donc pas l’entraver, comme cette quête du désir qui ne s’arrête jamais.</p>
<p><strong>Qu’en est-il des costumes, signés Christian Lacroix ?</strong> Ils renvoient à l’époque de la création originelle, en 1859, avec des chapeaux hauts-de-forme par exemple.</p>
<p><strong>Cette production est aussi très particulière car elle reprend la version originelle de 1859, avec les dialogues parlés&#8230;</strong> Oui, les scènes sont toujours à la limite entre ce qui est parlé et chanté. L’effet est d’une théâtralité extrême. Cela crée des émotions puissantes et une histoire fantastique, dans tous les sens du terme.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La Petite vadrouille</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Jun 2024 03:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[info LM]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Podalydès]]></category>
		<category><![CDATA[Daniel Auteuil]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Podalydès]]></category>
		<category><![CDATA[Sandrine Kiberlain]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Le titre promet une aventure rocambolesque… Pari tenu, mais sous forme de promenade bucolique sur les canaux de Bourgogne (oui, c’est possible)....</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le titre promet une aventure rocambolesque… Pari tenu, mais sous forme de promenade bucolique sur les canaux de Bourgogne (oui, c’est possible). En effet, malgré le clin d&#8217;œil au film de Gérard Oury, point de poursuite effrénée ici. Il est question d&#8217;un road trip bricolé dans lequel Bruno Podalydès distille un humour tendre. L&#8217;histoire ? Justine joue les employées modèles auprès de son patron, riche investisseur, jusqu’au jour où celui-ci lui demande un &#8220;petit service&#8221; : organiser un week-end romantique pour surprendre la femme qu’il aime…</p>
<p><strong>Vogue la galère</strong></p>
<p>L’enveloppe de cette modeste échappée ? 14 000 euros ! Une aubaine inattendue pour Justine et son mari Albin, confrontés à des problèmes d’argent, mais aussi pour leur bande d’amis, qui n’en mène pas large. Leur projet ? Bricoler une croisière de luxe dans un modeste bateau, sur le canal du Nivernais, avec ses haltes gourmandes et tout le toutim &#8211; et surtout garder au moins la moitié du pactole. Les compères s’improvisent capitaine tatillon, hôtesse aux petits soins (et hypnotiseuse à ses heures perdues), marchande en tous genres, éclusier rapiat ou mousse rêveur. Évidemment, rien ne se passe comme prévu et on jubile devant cette équipe de bras cassés. Entre portrait d’un couple à la dérive et jeu de masques bancal, voilà une charmante comédie, à savourer comme un verre en terrasse.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/6d2y4r9Xf-Q?si=4BPggShqK2tvH0pP" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Bernadette</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Oct 2023 04:26:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[info LM]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Bernadette]]></category>
		<category><![CDATA[Catherine Deneuve]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Podalydès]]></category>
		<category><![CDATA[Léa Domenach]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Vuillermoz]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>L’annonce du projet Bernadette fut accueilli avec circonspection. Rendez-vous compte, Catherine Deneuve allait incarner Bernadette Chirac ! Que des producteurs se soient...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>L’annonce du projet <em>Bernadette</em> fut accueilli avec circonspection. Rendez-vous compte, Catherine Deneuve allait incarner Bernadette Chirac ! Que des producteurs se soient lancés dans une telle aventure avait de quoi interroger sur la santé du cinéma hexagonal. Sauf que Léa Domenach connaît la politique (ses parents sont l’éditorialiste Nicolas Domenach et la journaliste Michèle Fitoussi) et offre, dans cette première réalisation, un vrai point de vue : la revanche d’une femme ! Quand le film commence, en 1995, Jacques Chirac accède à la présidence de la République. Mais Bernadette en a soupé des vexations de son époux. Jugée ringarde, elle va tout faire pour redorer son image et devenir une figure médiatique…</p>
<p><strong>La comédie du pouvoir</strong></p>
<p>Ne tournons pas autour du pot : Catherine Deneuve est exceptionnelle en Bernadette Chirac. Si elle rend la première dame plus sympathique qu’elle ne l’est vraiment, sa puissance comique nous cueille. <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2019/05/01/michel-vuillermoz/" target="_blank">Michel Vuillermoz</a> campe un Jacques Chirac drôle et crédible. Au-delà de la farce, Bernadette ne s’affranchit pas totalement de la réalité. Les affaires sont abordées. Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin ne sont pas épargnés. L’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, le 21 avril 2002, sonne aussi comme une piqûre de rappel&#8230; L’air de ne pas y toucher, Léa Domenach en dit long sur l’exercice de la politique dans une société patriarcale.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/F9E9hRp_SZY?si=vamdlSOFwIlJPaSD" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Denis Podalydès</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2023/05/01/denis-podalydes/</link>
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		<pubDate>Mon, 01 May 2023 04:45:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre & Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Antonello Allemandi]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Podalydès]]></category>
		<category><![CDATA[Falstaff]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra de Lille]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui vous séduit dans cette oeuvre ?</strong> Ici l&#8217;ambivalence règne, ce n’est jamais uniquement comique ni tragique. Le sérieux s&#8217;infiltre dans la bouffonnerie et le grotesque traverse le drame. Quand j&#8217;ai relu le livret, je me suis aussi rendu compte de sa grâce. Falstaff est un personnage massif, énorme, rabelaisien mais aussi raffiné, cultivé et même poète, maniant une langue merveilleuse. Il y a aussi, évidemment, la musique de Verdi qui accompagne l&#8217;action comme dans un dessin animé, et puis la théâtralité des scènes. L&#8217;opéra commence comme une course de bobsleigh : dès le premier accord, on est propulsé dans l&#8217;action !</p>
<p><strong>À quoi ressemble votre Falstaff ?</strong> J’ai pensé à Orson Welles. D’abord parce que son <em>Falstaff</em> reste l’une des plus grandes adaptations de Shakespeare à l’écran. Surtout, je me suis souvenu des images du réalisateur arrivant à Paris. Il était démesuré, énorme, à la fois impressionnant et bouleversant. Cet homme vieillissant avançait tel un pachyderme épuisé. Il a mis du temps à s&#8217;asseoir, reprendre son souffle et, soudain, s&#8217;est mis à parler avec toute la beauté et la drôlerie qu’on lui connaissait, passant d&#8217;une sensation extrêmement douloureuse à la légèreté. J&#8217;ai retenu cette ambivalence, et donc imaginé un Falstaff démesurément épais et sphérique, comme l&#8217;était Orson Welles. &#8220;Bigger than life&#8221;, comme il disait.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/KugKusB-ZU4" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>C’est un opéra-bouffe, mais il demeure émouvant…</strong> Oui, car Falstaff est aussi un vieil homme. Il a été mince autrefois et, lorsqu’il tombe amoureux, s&#8217;identifie au jeune chevalier anglais qu&#8217;il était. On pourrait d’abord le voir comme un Harvey Weinstein, tentant d&#8217;abuser de jeunes femmes, mais l&#8217;œuvre ne va pas du tout dans ce sens-là, car ce personnage est éminemment sympathique. C&#8217;est un homme naïf à qui on veut rapidement du mal. On lui tend deux pièges dans cet opéra&#8230;</p>
<p><strong>C’est aussi un personnage très contemporain, n’est-ce pas ?</strong> Oui, toute société a son ogre, sa figure excessive, à la fois adulée puis sacrifiée, qu’on aime adorer puis détester. Il passe ainsi de la gloire à la déchéance. Orson Welles l’a vécu. C&#8217;était une sorte de génie de l&#8217;Amérique né avec un seul film, <em>Citizen Kane</em>, auquel on a reproché ensuite de ne pas reproduire le même chef-d&#8217;oeuvre. En France, on pourrait penser à Gérard Depardieu, lui aussi un vrai grand Falstaff, à la fois vénéré et fustigé. Il adopte des attitudes impossibles mais collant bien à sa stature. Ces gens ne sont pas audessus des lois mais il est difficile de les &#8220;cadrer&#8221;. Rien n’est à leur mesure, comme s&#8217;ils étaient plus vivants que la vie.</p>
<p><strong><em>Falstaff</em> est le dernier opéra de Verdi, et pourtant c’est une œuvre très légère…</strong> Oui, cette histoire me fait penser à Alain Renais, un artiste complet qui, dans ses derniers jours, a offert à ses œuvres une légèreté absolue, aussi gracieuse que troublante. J&#8217;ai joué dans l’un de ses derniers films. Son corps n&#8217;était plus que souffrance mais son esprit, sa voix, sa parole n’étaient qu’humour et délicatesse. Comme si en se rapprochant de la fin il s’était délesté du sérieux de la vie.</p>
<div id="attachment_147990" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/05/denis-podalydes3.jpg"><img class="size-full wp-image-147990" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/05/denis-podalydes3.jpg" alt="Clara Guillon - répétitions Falstaff - Simon Gosselin" width="800" height="534" /></a><p class="wp-caption-text">Clara Guillon &#8211; répétitions Falstaff &#8211; Simon Gosselin</p></div>
<p><strong>Qu&#8217;en est-il du décor ?</strong> Dans l’oeuvre originale, l’action se déroule au sein d’une auberge mais, assez rapidement, m&#8217;est venue l&#8217;idée de la transposer dans un hôpital, où Falstaff est un malade parmi les autres et les figures féminines des infirmières. C&#8217;est un vieil établissement, presque désaffecté, inspiré de photographies des années 1940 et 1950, quelquepart entre l&#8217;asile et le sanatorium, presqu’une prison. Ici les pensionnaires entretiennent avec le personnel une relation particulière, et ce lieu devient un monde, une société. Je voyais bien des gens allongés sur des lits et une sorte de grande baleine échouée au milieu, mais que l&#8217;amour relève.</p>
<p><strong>Pourquoi ce choix ?</strong> Parce que cette vision d&#8217;Orson Welles énorme et malade m&#8217;avait beaucoup touchée. Pour <em>Falstaff</em>, l’idée d&#8217;un vieil homme qui, malgré sa souffrance, s&#8217;adonne aux jeux amoureux, représentait pour moi une image à la fois drôle et touchante. Malgré la mort qui rôde, il y a beaucoup de vie et d’humour dans un hôpital. Dans le livret par exemple, Falstaff passe son temps à boire et à s’empiffrer dans cette fameuse auberge de la Jarretière. Dans ma mise en scène, il demande que la boisson lui soit injectée directement dans sa perfusion ! Il se soigne à sa façon… Enfin, ce décor-là m’offrait une belle possibilité esthétique, nous éloignant d&#8217;une vision peut-être trop clownesque. Et pour tout dire je ne parvenais pas du tout à me projeter dans une représentation d&#8217;époque, ce paysage élisabéthain du XIXe siècle.</p>
<div id="attachment_147991" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/05/denis-podalydes4.jpg"><img class="size-full wp-image-147991" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/05/denis-podalydes4.jpg" alt="répétitions Falstaff, Tassis Christoyannis et Gabrielle Philiponet © Simon Gosselin" width="800" height="534" /></a><p class="wp-caption-text">répétitions Falstaff, Tassis Christoyannis et Gabrielle Philiponet © Simon Gosselin</p></div>
<p><strong>C’est un opéra-bouffe, le jeu des interprètes semble d&#8217;autant plus important, n’est-ce pas ?</strong> Oh, vous savez, ils sont rompus à cet exercice. Les solistes d&#8217;opéra sont généralement de très bons acteurs. Avec Tassis Christoyannis, qui incarne Falstaff, nous avons par exemple beaucoup échangé sur la théâtralité de l’œuvre, qu’il connaît bien. Il a énormément inventé et je n’ai fait que l’accompagner dans ses formidables improvisations. On pense souvent qu’à l’opéra le jeu reste secondaire pour les chanteurs, mais pas du tout !</p>
<p><strong>Quelle différence y a-t-il entre la mise en scène pour le théâtre et celle pour l’opéra ?</strong> C’est une grammaire totalement différente. Il faut composer avec la musique, il y a des contraintes précises : la scène doit durer un temps donné, le soliste chanter à tel endroit… Mais ces exigences ont engendré un véritable amusement au fil du temps. Pour tout dire, lors de de ma première mise en scène d&#8217;opéra, je distinguais radicalement le jeu d’acteur et le chant. J&#8217;avais l&#8217;impression que ça n&#8217;avait rien à voir. J’étais intimidé par la musique et j&#8217;avais tendance à mythifier les chanteurs. Alors, j’intervenais très peu. Désormais, je leur parle comme à des acteurs. Avec le temps je me suis rendu compte qu&#8217;ils avaient les mêmes attentes.</p>
<p><strong>On vous voit au cinéma, au théâtre, maintenant à l’opéra… Ne cultivez-vous pas un certain don d&#8217;ubiquité ?</strong> C’est vrai, on a parfois l’impression que je suis partout mais c&#8217;est simplement une question d&#8217;organisation, d’emploi du temps. Pour le film de Jeanne Herry, <em>Je verrai toujours vos visages,</em> ce ne fut par exemple que deux jours de tournage, il y a deux ans. Et puis généralement je n’assure pas la promotion des films, ça me dégage du temps. Et croyez-moi, en ce moment je suis bien là, à Lille, et je ne m’occupe que de <em>Falstaff</em> !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Tromperie</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Jan 2022 03:00:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[info LM]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Desplechin]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Podalydès]]></category>
		<category><![CDATA[Léa Seydoux]]></category>
		<category><![CDATA[Tromperie]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Après <em>Roubaix</em>, une lumière, Arnaud Desplechin s&#8217;essaye à l&#8217;adaptation littéraire avec cette <em>Tromperie</em>. Comme le titre l&#8217;indique, sa fidélité est toutefois à double tranchant. Le cinéaste colle au texte de Philip Roth tout en modifiant la structure de ce puzzle se jouant de la frontière entre fiction et autobiographie. Nous retrouvons le romancier américain (génial Denis Podalydès) à plusieurs étapes d&#8217;une relation épisodique avec une jeune anglaise (Léa Seydoux, de plus en plus impressionnante). Mais là où le livre de Roth témoigne parfois d&#8217;une misogynie d&#8217;un autre âge, le film qu&#8217;orchestre Desplechin rend aux personnages féminins, leur voix et leur pouvoir. Les figures &#8220;secondaires&#8221; (comme l&#8217;épouse, bouleversante Anouk Grinberg) nous montrent que l’amante débarque dans une histoire à tiroirs. Grâce à la parole, les rapports de force s&#8217;inversent dans un jeu intellectuel et érotique. Si le cinéaste a tourné son long-métrage durant le confinement, son geste ne manque pas de mouvements ni d&#8217;invention. Chaque chapitre apporte de nouvelles idées de cinéma, la partition est exécutée avec une joie communicative. C&#8217;est en affirmant la toute-puissance du personnage de fiction que le Roubaisien confirme sa place parmi les plus grands</p>
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		<title>Les Fourberies de Scapin</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Sep 2018 14:38:55 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Théâtre & Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Podalydès]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Octave et Léandre ont fait de grosses bêtises. Le premier s&#8217;est marié à une jeune fille pauvre alors qu&#8217;il est promis à une autre. Le second s&#8217;est épris d&#8217;une Egyptienne… kidnappée par des bohémiens qui lui réclament une rançon. Craignant les foudres de leurs pères, ces fils de bonne famille s&#8217;en remettent à Scapin, manipulateur hors-pair… Denis Podalydès s&#8217;empare de cette pièce de Molière, inspirée de la commedia dell&#8217;arte, en sublimant son aspect loufoque. Le décor (une cale, dans le port de Naples) est signé Eric Ruf, les costumes sont de Christian Lacroix, et notre fourbe est incarné par un Benjamin Lavernhe irrésistible. Un beau Scapin !</p>
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		<title>Le Bourgeois Gentilhomme</title>
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		<pubDate>Sun, 23 Sep 2012 14:30:19 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Théâtre & Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Bourgeois Gentilhomme]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Podalydès]]></category>
		<category><![CDATA[Molière]]></category>
		<category><![CDATA[Pascal Rénéric]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le personnage de Monsieur Jourdain a offert au théâtre comique certains de ses passages les plus célèbres. La tirade « <em>Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour</em> » résonne dans toutes les salles de classe. Il fallait donc de l’audace pour s’attaquer à un mythe comme <em>Le Bourgeois Gentilhomme</em>. Et encore plus pour représenter la pièce dans sa forme d’origine : la comédie-ballet, telle qu’elle fut présentée en 1640 à la Cour de Louis XIV. Denis Podalydès, aux commandes de cette nouvelle version euphorique, s’est entouré d&#8217;illustres artistes pour mener à bien son projet de spectacle total, mêlant chorégraphie, musique, chants lyriques et théâtre. Les costumes, qui associent avec brio brocarts clinquants et imprimés léopards, sont signés Christian Lacroix (déjà partenaire du metteur en scène pour Cyrano de Bergerac en 2006) tandis qu&#8217; Eric Ruf prend en main la scénographie.</p>
<p><strong>La communion des arts</strong><br />
Sur scène, la magie opère. Les corps virevoltants répondent aux mélodies de Lully jouées par l’Ensemble Baroque de Limoges. Un ballet de notes ponctue les dialogues savoureux de Molière. Et surtout, on rit franchement devant ce <em>Bourgeois</em> burlesque et les pitreries de Pascal Rénéric, incroyable Monsieur Jourdain : il bondit, s’esclaffe, gesticule en apprenti gentilhomme. Il émeut, aussi, en bourgeois balourd et incompris, essayant vainement de s’élever -toujours- au rang des « personnes de qualité ». Le spectacle offert par Podalydès, qui gagnerait à être un peu plus concis  (la pièce dure 2h50) est une réussite. Quatre rappels ne sauraient mentir.</p>
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