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	<title>LM magazine &#187; couleur</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Three Koma</title>
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		<pubDate>Thu, 01 May 2025 00:41:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Quel est votre parcours ? Quand j&#8217;avais cinq ans, je voulais être artiste peintre. J&#8217;ai toujours été passionné par le dessin mais...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quel est votre parcours ?</strong> Quand j&#8217;avais cinq ans, je voulais être artiste peintre. J&#8217;ai toujours été passionné par le dessin mais n&#8217;imaginais pas en faire mon métier. J&#8217;ai suivi un BTS, suis devenu graphiste. Je réalisais de la mise en page, des chartes graphiques&#8230; des choses assez classiques. Puis je me suis lancé en free-lance et me suis spécialisé dans l&#8217;illustration, avant de signer chez un agent à Paris.</p>
<p><strong>D&#8217;où vient ce surnom, &#8220;Three Koma&#8221; ?</strong> À côté de mon activité d&#8217;illustrateur je suis aussi batteur. J&#8217;ai été membre d&#8217;un groupe de rock durant quelques années et en avais dessiné le logo : un personnage avec sur la tête trois virgules &#8211; soit &#8220;comma&#8221; en anglais. Le groupe s&#8217;est arrêté mais j&#8217;aimais bien le logo, qui m&#8217;a donc inspiré ce nom.</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui caractérise votre style selon vous ?</strong> Il est assez moderne et coloré. Mes créations s&#8217;inspirent de la pop culture et de tout ce qui m&#8217;entoure, même les choses les plus simples de la vie quotidienne. L&#8217;idée de départ, c&#8217;était de rendre un objet banal un peu plus extraodrinaire. Au-delà du fait de transformer une lampe de bureau en station de bronzage, ce procédé peut aussi servir des sujets plus complexes, comme lorsque je travaille pour le journal <em>Les Échos </em>par exemple. C&#8217;est d&#8217;ailleurs pour cela que l&#8217;on fait appel à moi : pour le décalage et les images à double, voire à triple sens de lecture. Il faut qu&#8217;il s&#8217;y passe quelque chose, qu&#8217;elles mènent à la réflexion ou à la rêverie.</p>
<div id="attachment_170889" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/05/three-koma3.jpg"><img class="size-full wp-image-170889" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2025/05/three-koma3.jpg" alt="Cassette (c) Three Koma" width="1000" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Cassette (c) Three Koma</p></div>
<p><strong>Parmi vos créations, pourriez-vous en commenter une ?</strong> Il y a par exemple ce détournent de K7 audio. La bande magnétique m&#8217;évoque un tapis roulant perpétuellement sur lequel court un runner, soit une activité où, en général, on écoute de la musique, en l&#8217;occurrence ici avec un baladeur, à l&#8217;ancienne.</p>
<p><strong>Il y a aussi cette poétique casquette-cage, d&#8217;où s&#8217;évade un oiseau&#8230;</strong> Oui, c&#8217;est la figuration de l&#8217;esprit humain qui s&#8217;envole, du lâcher-prise&#8230; mais après chacun voit les choses à sa façon !</p>
<p><strong>Concrètement, comment travaillez-vous ?</strong> C&#8217;est assez simple. Je réalise un premier croquis sur la tablette graphique, un contour noir classique sur un fond blanc. Une fois satisfait du rendu j&#8217;effectue le passage en couleurs, recherchant la gamme adéquate, généralement des couleurs assez vives, très pop. Depuis ma première illustration, je travaille sur un fond uni, pour les réseaux sociaux, car ça fonctionne plutôt bien. Mais je réalise de plus en plus de paysages.</p>
<p><strong>Plus généralement, quelles sont vos sources d&#8217;inspiration ?</strong> Au tout départ, mes principales influences étaient Shepard Fairey et Andy Warhol. J&#8217;aime beaucoup le pop art, des artistes comme Roy Lichtenstein par exemple, surtout pour l&#8217;utilisation des couleurs franches, des formes assez simples et des objets aussi.</p>
<p><strong>Quels sont vos projets ?</strong> J&#8217;adorerais monter une exposition. Je réalise des couvertures de livres pour d&#8217;autres mais j&#8217;aimerais aussi sortir un recueil de mes illustrations.</p>
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		<title>Jérôme Masi</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2022/03/01/jerome-masi-2/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Mar 2022 13:04:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[aplat]]></category>
		<category><![CDATA[couleur]]></category>
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		<category><![CDATA[Jérôme Masi]]></category>
		<category><![CDATA[minimalisme]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ? Mon père a étudié aux Beaux-Arts et a une formation d’architecte, il y a donc toujours...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?</strong> Mon père a étudié aux Beaux-Arts et a une formation d’architecte, il y a donc toujours eu une importance accordée au beau chez moi. Mon parcours scolaire n’a pas été très glorieux, je ne trouvais pas vraiment ma place mais j’ai fini par suivre une formation à l’école Emile-Cohl, à Lyon, où j’ai obtenu ma licence d’arts appliqués. Cela m’a permis de travailler dans le milieu du jeu vidéo et de monter rapidement mon studio de création graphique, en 2006, toujours à Lyon. Par la suite, j’ai fondé un collectif puis me suis dirigé vers le motion design. J’ai déménagé à Annecy où je vis actuellement. Je suis illustrateur à temps plein, représenté par l’agence Creasenso depuis dix ans.</p>
<p><strong>Vous vous présentez donc comme illustrateur&#8230;</strong> Oui, car je tire la majorité de mes revenus de cette activité, même si j’ai démarré cette carrière assez tardivement. J’ai commencé par le flat design, soit du design graphique axé sur les aplats de couleurs et le minimalisme, et petit à petit j’ai ressorti mes pinceaux et ma peinture acrylique.</p>
<p><strong>Utilisez-vous davantage le digital ou la peinture ?</strong> Généralement le travail de commandes, pour des clients français ou étrangers comme Orange, Tissot, ou British Airways, est digital. En ce qui ce concerne les œuvres plus personnelles, je préfère les supports tangibles. Mais l’un nourrit l’autre. D’ailleurs, mon espace de travail est pour partie un bureau, pour partie un atelier. Je passe constamment de la position assise, face à mon ordinateur, à celle debout devant mes toiles.</p>
<p><strong>De façon générale, comment présenteriez-vous votre travail ?</strong> J’aime les choses sobres, y compris chez les gens. Le dessin que vous avez choisi en couverture, <em>Childhood</em>, est un motif que j’ai produit sur toile et qui illustre bien mon approche minimaliste. Il synthétise également mes centres d&#8217;intérêt : les silences, l’intériorité, l’enfance. J’ai envie que chaque personne remplisse à sa façon les vides, les questions laissées sans réponse dans cette image.</p>
<div id="attachment_131202" style="width: 732px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/03/jerome-masi3.jpg"><img class="size-large wp-image-131202" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/03/jerome-masi3-722x1024.jpg" alt="Remue méninges (c) Jérôme Masi" width="722" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Remue méninges (c) Jérôme Masi</p></div>
<p><strong>Parmi notre sélection, certaines œuvres ont-elles une signification particulière ?</strong> Les trois hommes qui marchent figurent l’évolution, le changement, le fait d’avancer dans les étapes de la vie. La sérigraphie représentant un homme de dos, coiffé d&#8217;une casquette rose, frôle l&#8217;abstraction et questionne le fait d&#8217;être au pied du mur. Je l’ai baptisée <em>Behind the Wall</em> et l&#8217;ai récemment vendue aux enchères. Citons également cette création montrant deux personnages se passant une tête en forme de lune. Celle-ci illustre l’empathie, la communication, le fait de mieux comprendre l’autre. Plus généralement, il y a les casquettes, le ballon, qui ont aussi trait à l’enfance. Le rond est très présent dans mon travail, il permet d’attirer l’œil à un endroit de l’image. J’ai toujours voulu utiliser les aplats et je fonctionne par système de couleurs. J&#8217;en utilise rarement plus que trois, dont une plus foncée pour faire ressortir le reste. Tout est question d’équilibre, d’harmonie et de contraste.</p>
<p><strong>Quelles seraient vos influences et vos sources d&#8217;inspiration ?</strong> Le Bauhaus en est une, mais je dirais que mon inspiration vient surtout de l’enfance. Je me permets des choses à mon âge (45 ans) que je ne m’autorisais pas avant. Je traite de sujets plus profonds.</p>
<p><strong>J&#8217;ai lu que vous puisiez votre inspiration dans l&#8217;architecture, mais aussi la culture pop des années 1980&#8230;</strong> Je ne sais pas si c’est très visible dans mes illustrations, mais je suis un enfant des années 1980. J’aime les vieux objets de cette époque qui sont liés à l’enfance, j’en ai pas mal chez moi, tout cela m’inspire. Et j’ai toujours aimé la culture urbaine, avec un peu de poésie.</p>
<div id="attachment_131200" style="width: 732px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/03/jerome-masi1.jpg"><img class="size-large wp-image-131200" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/03/jerome-masi1-722x1024.jpg" alt="Childhood (c) Jérôme Masi" width="722" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Childhood (c) Jérôme Masi</p></div>
<p><strong>Si vous n&#8217;aviez pas été illustrateur, quel métier auriez-vous aimé exercer ?</strong> Musicien, certainement. Ou quelque chose d’artistique… En tout cas un métier qui ne paraît pas en être un. On n’est pas obligé de s’enfermer dans une case !</p>
<p><strong>C’est ce vous apprenez à vos trois enfants ?</strong> Oui, j’essaie de cultiver chez eux ce qui leur amènera la liberté. La grande chance que j’ai aujourd’hui, c’est d’être libre : de mettre de l’énergie, de l’envie, de la passion dans tout ce que je fais.</p>
<p><strong>Quels sont vos projets ?</strong> Je viens de terminer une exposition collective à Taïwan, et j&#8217;en ai une autre qui démarre en avril à Hangzhou, en Chine. Au cours de l’année, je devrais aussi travailler avec la marque Perrier.</p>
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		<title>Bernard Plossu</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Dec 2020 14:10:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[couleur]]></category>
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		<category><![CDATA[Tirages Fresson]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Surtout connu pour ses photographies en noir en blanc, Bernard Plossu a expérimenté la couleur avec autant de passion. Sa conversion date du début des années 1960, quand le Français né au Vietnam découvre l&#8217;atelier de la famille Fresson, réputée depuis la fin du XIX<sup>e</sup> siècle pour ses tirages pigmentaires non-argentiques au charbon. <em>« Immédiatement, je suis tombé fasciné par [cette] manière de tirer la couleur sur papier mat</em>, assure-t-il. <em>Les tirages ne bougent pas [&#8230; ] d&#8217;où l&#8217;extrême rareté de cette technique »</em>. Nécessitant au moins deux jours de travail, chaque production implique forcément une étroite collaboration entre le photographe et le tireur. Cet ouvrage dévoile &#8211; pour la première fois &#8211; des photos de paysages et des balades chers à l’artiste, mais aussi des natures mortes et des portraits, illustrations de l&#8217;usage étendu qu&#8217;il a pu faire de la polychromie. Certes, il est difficile de restituer sur la surface lisse du livre, le velours, la chaleur et l&#8217;épaisseur des quatre passages de couleurs caractéristiques du procédé. Toutefois l&#8217;opus revient sur son histoire et l’attraction durable qu&#8217;il a exercée chez le photographe bourlingueur. Plossu ne vise pas ici une approche pictorialiste mais la poésie, l&#8217;atmosphère et le nuancier presque irréel typiques des tirages Fresson.</p>
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		<title>Paul Garland</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Sep 2018 04:00:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Portfolio]]></category>
		<category><![CDATA[Anglais]]></category>
		<category><![CDATA[couleur]]></category>
		<category><![CDATA[illustrateur]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Garland]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><em>« La simplicité est la sophistication suprême »</em>. Ces mots de Léonard De Vinci siéent plutôt bien à l’oeuvre de <a href="https://www.paul-garland.com/" target="_blank">Paul Garland.</a> <em>« Depuis mes débuts, dans les années 1980, je reste fidèle au précepte du Bauhaus : aller à l’essentiel, </em>confie le Britannique.<em> Plus l’image est simple et mieux elle fonctionne, le message passe instantanément »</em>. Nul besoin de se gratter la tête durant des heures pour saisir l’idée véhiculée par cette seringue plantée au coeur d’une cible (servant un article sur l’efficacité d’un vaccin) ou par cette bombe emprisonnée dans un préservatif. Intitulé <em>The Power of Love over Hate,</em> ce dessin est <em>« une réponse aux attaques terroristes perpétrées en Europe. La haine est ici contenue dans l’acte d’amour »</em>. L’épure n’empêche donc pas l’audace, et les illustrations de Paul Garland se distinguent tout autant par leurs couleurs (vives, contrastées) qu’un sens aigu de la métaphore. Ainsi, ces baguettes tenant ces nouilles en forme de canidé nous rappellent avec malice que les Chinois sont entrés dans l’année du chien. Le trait est affûté, le propos futé. Derrière ces créations numériques, il y a toujours un coup de crayon, et pas mal d’heures de réflexion dans la campagne du nord de l’Angleterre où il vit avec sa femme et sa fille – <em>« ma critique la plus sévère »</em>. Récompensé par de nombreux prix, Paul Garland collabore avec des journaux du monde entier, et évoque son métier avec humilité. <em>« Si un spectateur &#8220;ressent&#8221; quelque chose face à mes oeuvres, c’est un bonus. Mais mon but est surtout de lui demander un peu de son temps. Si je peux l’inciter à lire un article ou s’intéresser à un livre, alors j’aurais rempli ma mission »</em>. Tout simplement.</p>
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		<title>Christian Lacroix</title>
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		<pubDate>Tue, 01 May 2018 03:55:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Comment avez-vous travaillé sur cette exposition ? Le propos était déjà mûr. Mon rôle fut simplement de lui offrir un écrin. J&#8217;ai d&#8217;abord...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment avez-vous travaillé sur cette exposition ? </strong>Le propos était déjà mûr. Mon rôle fut simplement de lui offrir un écrin. J&#8217;ai d&#8217;abord cherché à restituer cette ambiance persane en observant des tableaux, avec des colonnades, des pilastres. Mais cela dépassait tous les budgets ! Suivant cette phrase de Cocteau : «<em> Trop, c’est juste assez </em>», j’ai tendance à en rajouter… Mais ici, il valait mieux choisir l&#8217;épure car les œuvres sont luxuriantes, elles se suffisent à elles-mêmes.</p>
<p><strong>Quel fut donc votre parti pris ? </strong>Je suis tombé par hasard sur ce petit plan d&#8217;un château de plaisance de Souleymanieh, construit en 1840 pour Fath Ali Shah. Ce dessin de l&#8217;architecte français Pascal Coste, au graphisme abstrait, rappelant Paul Klee, me plaisait beaucoup. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Je me suis appuyé sur ce document pour créer un parcours semblable à une ville imaginaire ou un palais.">Je me suis appuyé sur ce document pour créer un parcours semblable à une ville imaginaire ou un palais.</span></p>
<p><strong>Comment avez-vous organisé les salles ? </strong>J&#8217;ai simplifié la circulation : chaque espace présente un thème spécifique, signalé par une couleur renvoyant aux œuvres accrochées comme le rouge, l’ocre… Les murs sont également ornés de soieries, comme dans les palais persans de l&#8217;époque, et les salles sont reliées par des rues recouvertes de moquette aux imprimés typiques de l&#8217;Iran médiéval.</p>
<div id="attachment_85326" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-medium wp-image-85326" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/04/empire-des-roses--laurent-lamacz-2-300x200.jpg" alt="Empire-des-roses-©-Laurent-Lamacz" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">Empire-des-roses-©-Laurent-Lamacz</p></div>
<p><strong>Qu&#8217;en est-il de l&#8217;entrée de l’exposition ? </strong>On pénètre par une grande porte formée de trois arcades. Je l&#8217;ai composée à partir d’une toile de Jules Laurens, représentant les ruines du palais d’Ashraf. J’ai choisi un &#8220;bleu paon&#8221;, emblématique de cette civilisation. Il s’agissait de marquer ce passage vers un autre monde, car cette exposition est un voyage spatio-temporel.</p>
<p><strong>Quand avez-vous découvert les Qajars ? </strong>Mon intérêt pour cette dynastie est inconscient, il remonte à l’enfance, à un livre qui m&#8217;a beaucoup impressionné : <em>Les Mille et une nuits.</em> L&#8217;illustrateur s&#8217;était nourri des peintures persanes, cela me faisait peur et en même temps j’étais fasciné par cet art de l&#8217;ornementation… Assez timide et solitaire, j&#8217;ai grandi très heureux à Arles. Mais je ressentais ce besoin d&#8217;évasion vers l&#8217;inconnu, débordant la vie quotidienne. Il fallait à tout prix échapper à l’ennui. Ce livre a comblé ce vide.</p>
<div id="attachment_85328" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-85328" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/04/empire-des-roses--laurent-lamacz-4-300x200.jpg" alt="Empire-des-roses-©-Laurent-Lamacz" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">Empire-des-roses-©-Laurent-Lamacz</p></div>
<p><strong>En quoi l&#8217;art qajar vous intéresse-t-il ? </strong>Cette culture affiche clairement son pouvoir. Mais derrière cette attitude martiale, impérialiste, on distingue quelque chose de raffiné, presque féminin. à tous points de vue, on se situe entre deux mondes. Je suis aussi fasciné par cette ornementation phénoménale : la surenchère de bijoux, d&#8217;étoffes, de broderies… Cette opulence est aussi propre à celle du Second Empire, qui m&#8217;a tellement inspiré.</p>
<p><strong>Plus généralement, puisez-vous dans le passé pour habiller le présent ? </strong>Dans le passé mais aussi l&#8217;ailleurs, l&#8217;exotisme. Aujourd&#8217;hui encore, je procède par collages. Je me souviens d’un jeu d&#8217;enfant, constitué d’une cinquantaine de visages, de troncs, de jambes. J’en possédais une version reposant sur des tableaux célèbres : il y avait des visages de Modigliani, des corsages de Van Gogh et des jambes de Rembrandt. Ce fut une révélation…</p>
<p><strong>Que voudriez-vous que le visiteur retienne de cette exposition ? </strong>Elle est joliment didactique. Par les temps qui courent, ce n’est pas mal de regarder le monde musulman autrement, car les pièces présentées ici, iconoclastes, sont des choses que certains voudraient détruire. Cet événement marque aussi un retour à des relations normalisées entre la France et l&#8217;Iran, qui a prêté des pièces jamais sorties du pays.</p>
<p><strong>Comment cette collaboration avec le Louvre-Lens est-elle née ? </strong><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2017/12/01/louvre-lens-a-5-ans/" target="_blank">Marie Lavandier</a> (<em>ndlr : la directrice</em>) m&#8217;a contacté pour cet accrochage. J&#8217;étais très impressionné. D&#8217;une part je connaissais mal la dynastie des Qajars, et puis je n’avais jamais visité le<a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2012/12/12/louvre-lens-2/" target="_blank"> Louvre-Lens.</a> Ce fut un coup de foudre : que la culture rayonne sur ce territoire, avec ce respect pour le paysage, le passé… à chaque fois que je vois cet aluminium reflétant le ciel, je suis bouleversé. Enfin, c’est un retour aux sources pour moi, on est toujours rattrapé par son destin&#8230;.</p>
<div id="attachment_85383" style="width: 191px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-medium wp-image-85383" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/04/xpo_lempire-des-roses_lm-139-6-181x300.jpg" alt="Joueur de setar, Iran, vers 1830-1840, Huile sur toile Paris, Bibliothèque universitaire des langues et civilisations orientales © INALCO / Philippe Fuzeau" width="181" height="300" /><p class="wp-caption-text">Joueur de setar, Iran, vers 1830-1840, Huile sur toile<br />Paris, Bibliothèque universitaire des langues et civilisations<br />orientales © INALCO / Philippe Fuzeau</p></div>
<p><strong>Pourquoi ? </strong>J’ai été élève à l’Ecole du Louvre, entre 1973 et 1977, me destinant d’abord à une carrière de conservateur de musée. A ce moment-là je me posais des questions, j&#8217;étais un peu là pour faire plaisir à mes parents. En réalité, j&#8217;avais envie de dessiner, créer. J’étais intéressé par la scénographie de théâtre, les costumes. Et puis, les musées à l&#8217;époque ne ressemblaient pas au Louvre d&#8217;aujourd&#8217;hui. Il n&#8217;y avait que la poussière, pas forcément un rêve quand on a 18 ans&#8230;</p>
<p><strong>Justement, comment êtes-vous devenu couturier ? </strong>Adolescent, j&#8217;étais passionné par l&#8217;histoire du costume. J&#8217;ai donc essayé d&#8217;entrer dans une école spécifique, alors située rue Blanche à Paris, mais sans succès. Par contre des amis à qui j&#8217;avais montré mes créations m&#8217;ont très tôt encouragé. C&#8217;était les années 1980, les choses étaient plus extravagantes, avec tous ces clubs et boîtes de nuit !</p>
<p><strong>C&#8217;est-à-dire ? </strong>On s&#8217;habillait pour jouer un rôle, on était en &#8220;monstration&#8221; jusque dans les années 1990 où est apparu le minimalisme – je n&#8217;aurais d&#8217;ailleurs pas percé à ce moment-là. Bref, en 1978, j&#8217;ai présenté mon dossier chez Hermès qui m&#8217;a accueilli comme stagiaire avant de devenir directeur artistique deux ans après ! A l&#8217;époque, tout allait très vite, même sans notion de couture. J&#8217;ai rejoint la maison de Jean Patou, où rien n&#8217;avait changé depuis les années 1930… On concevait des vêtements pour des clientes prestigieuses, des pièces créées exclusivement pour elles et tout cela sans tambours ni trompettes. Aujourd&#8217;hui, la haute-couture déroule des tapis rouges, exhibe des célébrités, paye des gens pour porter les vêtements… à l&#8217;époque c&#8217;est nous qui faisions payer les clientes !</p>
<p><strong>Regardez-vous cette période avec nostalgie ? </strong>La haute-couture ne ressemble plus à ce qu&#8217;elle était, donc je ne la regrette pas. Elle m&#8217;a permis de travailler pour le théâtre et des institutions comme l&#8217;Opéra Comique, l&#8217;Opéra Bastille, l&#8217;Opéra Garnier, La Comédie-Française, où je collabore la plupart du temps avec Denis Podalydès. En mai, je crée <em>Le Triomphe d&#8217;amour</em> avec lui, à la Maison de la Culture d&#8217;Amiens. Depuis <em>Cyrano,</em> on ne fait rien sans l&#8217;autre. Mes premières scénographies datent de 2008. Cela fait un an que je construis des décors, par exemple pour <em>Songe d&#8217;une nuit</em> <em>d&#8217;été</em> à l&#8217;Opéra Bastille. Et puis, on le sait peu, mais ces établissements sont de véritables maisons de couture, elles possèdent des ateliers plus conséquents encore :  on y crée des chaussures, de la lingerie, des costumes d&#8217;époque&#8230;  c&#8217;est un rêve d&#8217;enfant !</p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2018/05/01/lempire-des-roses-2/" target="_blank">À LIRE ÉGALEMENT L&#8217;ARTICLE SUR<em> L&#8217;EMPIRE DES ROSES</em></a></p>
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		<title>Joel Meyerowitz</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Nov 2017 23:10:12 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.polkagalerie.com/fr/joel-meyerowitz-travaux.htm" target="_blank">Meyerowitz</a> est l&#8217;un des pionniers de la photographie couleur. Armé de son Leica, ce New-Yorkais arpenta dès les années 1960 les rues des grandes villes des États-Unis et d’Europe pour capturer &#8220;l’instant décisif&#8221;. Ses clichés révèlent des situations cocasses et une maîtrise toute cinématographique de la lumière et des couleurs. Il fut aussi le seul à accéder aux ruines du World Trade Center. Cette rétrospective dévoile des clichés devenus intemporels.</p>
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		<title>Tristan Eaton</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Sep 2017 04:55:42 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Né en 1978 à Hollywood, <a href="http://tristaneaton.com/" target="_blank">Tristan Eaton</a> demeure l’un des plus grands street-artistes américains. Comme beaucoup, il a commencé dans la rue, s’attaquant à tout ce qui lui tombait sous la bombe, des panneaux d’affichage aux poubelles. D’abord à Londres à la fin des années 1980, où il se considérait comme « <em>un punk à skateboard</em> », puis à Détroit. Ses toiles ont depuis rejoint la collection permanente du MoMA à New York et il est exposé dans le monde entier, tout en continuant à gratifier les murs des grandes villes de ses fresques, jugeant l’art comme «<em> un droit pour les classes défavorisées</em> ». Graffitis, peintures, illustrations… Tristan multiplie les pratiques et ses oeuvres ressemblent à des collages déchirés. Celles-ci mêlent esthétique vintage et pop art, trait net et composition complexe, noir et blanc et couleurs vives. On y devine aussi son amour pour la bande dessinée. Ce lecteur de la revue anglaise <em>2000 AD</em> reste marqué par Simon Bisley et ses dessins de<em> Judge Dredd</em>, ou le manga <em>Akira</em>. Aujourd’hui installé à Los Angeles, où il a fondé le studio Thunderdog, Tristan s’illustre également dans le design des jouets. Il en a créé un premier pour Fisher Price à l’âge de 18 ans et façonné pour Kidrobot les célèbres figurines Munny et Dunny. Il a ainsi tapé dans l’oeil de clients prestigieux dont Barack Obama, pour qui il a conçu une série d’affiches en 2008, ou encore… Thierry Henry ! Il a en effet imaginé pour le footballeur une fresque ponctuée de cibles sur lesquelles il devait shooter pour la révéler. Une autre manière de faire le mur, comme dirait l’autre…</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/XkDpC9of3eY" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Joana Vasconcelos</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Mar 2017 00:25:19 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Joana Vasconcelos - De fil(s) en aiguille(s)]]></category>
		<category><![CDATA[Patinoire Royale de Bruxelles]]></category>
		<category><![CDATA[walkyries]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>L’énorme pieuvre suspendue qui accueille le visiteur résume bien le travail de Joana Vasconcelos. Baptisée <em>Material Girl</em>, cette sculpture rose de 25 mètres de long appelle tous les superlatifs : monumentale, ultra-colorée, délirante… Dans son atelier lisboète, où s’échinent plus de 50 personnes, l’artiste donne vie à de grosses structures gonflables qu’elle habille de textiles et parures hétéroclites : broderies, crochets en laine, soieries et velours enrichis de paillettes, fleurs ou perles. 19 des 35 pièces présentées à La Patinoire Royale ont été créées pour l’exposition. Dans cette galerie de 3 000 m2, en sus de ces monstres tentaculaires, on admire des oeuvres de taille plus modeste, telles ces céramiques représentant d’inquiétants animaux (crapauds, guêpes ou serpents) mais vêtus d’un délicat manteau de dentelle.</p>
<p><strong>Féminité</strong></p>
<p>Au-delà de leur caractère spectaculaire, les créations de la Portugaise sont surtout empreintes de féminisme. Comme Annette Messager ou Louise Bourgeois, Joana Vasconcelos sublime des matériaux traditionnellement dévolus au sexe dit faible.<em> « Elle est issue d’un pays méditerranéen assez machiste, où la femme et ses aiguilles sont souvent reléguées dans les cuisines</em>, explique Constantin Chariot, le directeur de la galerie. <em>Elle se saisit ainsi de ces travaux jugés mineurs pour les élever au rang de grand art ».</em> Propulsant la féminité sur un piédestal exubérant.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/G-JZKX5QlJg" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Giacomo Bagnara</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jan 2017 04:13:30 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[simplicité]]></category>
		<category><![CDATA[Vérone]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Giacomo Bagnara vit à Vérone, au nord-est de l’Italie. « Je suis diplômé en architecture mais j’ai toujours aimé dessiner autre chose...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.giacomobagnara.com/" target="_blank">Giacomo Bagnara</a> vit à Vérone, au nord-est de l’Italie. <em>« Je suis diplômé en architecture mais j’ai toujours aimé dessiner autre chose que des maisons »</em>, confie-t-il. Son violon d’Ingres est ainsi devenu son métier. Tant mieux ! Ce jeune homme pas encore trentenaire travaille désormais en tant qu’illustrateur, notamment pour la presse internationale : <em>The New Yorker, The New York Times, The Wall Street Journal</em>… Bref, de prestigieux clients qui, comme nous, ont été séduits par son style <em>« simple, géométrique, coloré »</em> et, sans nul doute, par la délicatesse de son humour. « <em>Toujours à la recherche de nouvelles combinaisons de couleurs »</em>, Giacomo réalise essentiellement ses oeuvres via une palette graphique. Il n’aime rien tant que jouer avec les formes et les courbes (c’est flagrant dans cette image représentant un pilote d’autruche), essayant <em>« de raconter des histoires avec le moins d’éléments possible »</em>. Il adore ainsi détourner les petites scènes du quotidien. Cet homme se jetant sur son skateboard ou cette maman pressée de conduire son fils à vélo illustrent avec finesse la course contre la montre qu’est la vie de tous les jours. <em>« Si les gens rient devant mes images, alors je me dis que j’ai fait du bon boulot »</em>. Pas sûr toutefois que Poutine se bidonne devant cette composition où on le voit courir devant une DeLorean soviétique en feu, comme si cette machine à voyager dans le temps avait été sabotée… Vladimir, ce grand nostalgique de l’URSS, serait-il coincé dans le passé ? La forme, donc, mais aussi le fond !</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2017/01/01/giacomo-bagnara/">Giacomo Bagnara</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
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