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	<title>LM magazine &#187; Annette Messager</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Obsession</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Feb 2026 01:24:54 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Les collections permanentes du LaM comme vous ne les avez jamais vues. Librement inspiré du Musée des obsessions d’Harald Szeemann, ce parcours chronologique renouvelle le regard sur les pièces de l’institution villeneuvoise. Une exposition à part entière qui initie un dialogue entre art brut, art moderne et art contemporain, offrant une balade dans l’histoire de la création. Ici, chaque salle s’apprécie comme « <em>un univers-monde </em>». Des célèbres &#8220;cabanes&#8221; de Daniel Buren aux portraits de Modigliani, des fusils déjantés d’André Robillard aux fresques luxuriantes d’Aloïse Corbaz, en passant par les grandes œuvres de figures de la scène internationale (Annette Messager, William Kentridge, Etal Adnan&#8230;), l’heure est au décloisonnement – et à l’émerveillement.</p>
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		<title>Fais-moi signe</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 22:00:03 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Fermé pour travaux jusqu’en 2026, le LaM vagabonde dans les Hauts-de-France et se pose par exemple à la Ferme d’en Haut, à Villeneuve d’Ascq. Rassemblant les œuvres de noms prestigieux (<a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2022/05/01/annette-messager-2/" target="_blank">Annette Messager</a>, Jean Dubuffet, Jacques Villeglé&#8230;), Fais-moi signe, conçue pour les familles dévoile le &#8220;langage secret des artistes&#8221; de façon amusante. Pour cause : ici, les visiteurs peuvent manipuler les matériaux et les outils avec lesquels de grands créateurs ont inventé leur propre vocabulaire.</p>
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		<title>Annette Messager</title>
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		<pubDate>Sun, 01 May 2022 04:31:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quel rapport entretenez-vous avec le LaM ?</strong> D&#8217;abord, j&#8217;adore son architecture, et puis je m&#8217;intéresse beaucoup à l&#8217;art brut et c&#8217;est le seul musée à en montrer en France. Je suis très sensible au travail de ces personnes privées de culture artistique qui font de leur histoire personnelle un engagement. Leurs souffrances, leurs envies et toute leur âme apparaissent dans leurs dessins, leurs écrits.</p>
<p><strong>A quand remonte votre intérêt pour l&#8217;art brut ?</strong> A mon enfance, à Berck-sur-Mer. Mon père était architecte mais peignait aussi en amateur. Il m&#8217;a beaucoup appris sur le sujet. L&#8217;art brut est très présent dans le Nord-Pas de Calais. On y trouve des gens qui ont vécu la guerre et construisaient des œuvres avec des obus, par exemple. J&#8217;ai aussi découvert Augustin Lesage, ce mineur qui entendait des voix au fond de la mine et s&#8217;est mis à peindre de merveilleux tableaux. A l&#8217;époque nous croisions aussi Jean Dubuffet, qui passait ses vacances dans la ville voisine du Touquet. Physiquement, il ressemblait beaucoup à mon père. Je me souviens avoir volé ses cahiers de l&#8217;art brut au Musée des arts décoratifs, qu&#8217;on m&#8217;a ensuite volés d&#8217;ailleurs&#8230; Donc la boucle est bouclée !</p>
<p><strong>Que verra-t-on lors de cette exposition ? Quelle est sa particularité ?</strong> Elle rassemble des dessins, des installations, des assemblages&#8230; Des oeuvres anciennes mais aussi très récentes, comme <em>La Revanche des animaux,</em> créée spécialement pour Villeneuve d&#8217;Ascq. C&#8217;est une installation figurant une cité en partie détruite : la Tour Eiffel est cassée, Notre-Dame très abîmée&#8230; Tout est recouvert de papier noir, le sol paraît calciné. Par contraste, des têtes de peluches colorées grimpent sur ces éléments, envahissent la ville, comme si les animaux prenaient leur revanche sur l&#8217;humanité.</p>
<div id="attachment_134161" style="width: 756px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-21.jpg"><img class="size-large wp-image-134161" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-21-746x1024.jpg" alt="Annette Messager, La Revanche des animaux, 2019-2021. Peluches, dessins, sculptures recouvertes de papier noir, lumière électrique ; h. 300 x l. 500 x p. 440 cm. Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris, Londres, New York. © Rebecca Fanuele" width="746" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Annette Messager, La Revanche des animaux, 2019-2021. Peluches, dessins, sculptures recouvertes de papier noir, lumière électrique ; h. 300 x l. 500 x p. 440 cm. Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris, Londres, New York. © Rebecca Fanuele</p></div>
<p><strong>Vous dévoilez aussi beaucoup de dessins ici, n&#8217;est-ce pas ? </strong>Oui, j&#8217;adore dessiner, c&#8217;est un vagabondage, un exercice proche de la poésie. Ces dessins se présentent tels des haïkus, simples, jetés comme une petite phrase, et tant mieux si c&#8217;est un peu maladroit. On redevient d&#8217;ailleurs un enfant en dessinant. Disons que j&#8217;ai une main de petite fille et une autre de vieille dame !</p>
<p><strong>Quels dessins révélez-vous ici ?</strong> Citons la série <em>Tête à tête,</em> qui représente 77 têtes de mort, réalisées à partir de 2019. Ce sont des vanités, un grand classique de l&#8217;histoire de l&#8217;art mais les miennes sont très ironiques, un peu dans l&#8217;esprit de Tim Burton. Il se trouve qu&#8217;à ce moment-là j&#8217;étais très malade. Mon médecin m&#8217;avait intimé de ne pas porter de choses trop lourdes, donc je me suis mise à dessiner. Et puis est arrivé le confinement, on a alors parlé de gens &#8220;vulnérables&#8221; et j&#8217;ai découvert que j&#8217;en faisais aussi partie&#8230;</p>
<p><strong>S&#8217;agissait-il alors de conjurer la mort ? </strong>Oui, pour moi l&#8217;art c&#8217;est à la fois la conspiration, la conjuration et la contradiction. Effectivement, j&#8217;ai toujours envie de faire une chose et son contraire !</p>
<p><strong>Comment avez-vous conçu la parcours de cette exposition ? </strong><span class="has-pullquote" data-pullquote="Je voulais donner l'impression d'une visite chez moi et non pas dans un musée d'art contemporain. ">Je voulais donner l&#8217;impression d&#8217;une visite chez moi et non pas dans un musée d&#8217;art contemporain. </span>L&#8217;éclairage est donc important, on joue avec l&#8217;intensité de la lumière à certains endroits. Le parcours n&#8217;est pas du tout chronologique mais tout en bifurcations. L&#8217;agencement des œuvres dépend de la place qu&#8217;elles occupent et certaines sont très imposantes&#8230;</p>
<p><strong>Par quoi ouvrez-vous cette exposition ?</strong> Il y a d&#8217;abord un panneau annonciateur, empli de mots créés avec des filets noirs comme &#8220;icône&#8221;, &#8220;comédie&#8221;, &#8220;tragédie&#8221;&#8230; Ensuite, et c&#8217;est une première pour moi, j&#8217;ai enregistré un son (&#8220;comme si&#8221;) qui accompagne la visite comme un murmure, un écho, au début et à la fin.</p>
<p><strong>Pourquoi ce titre d&#8217;ailleurs,<em> Comme si</em> ?</strong> J&#8217;avais d&#8217;abord appelé cette exposition<em> Rendez-vous,</em> jusqu&#8217;à la lecture de <em>Personne</em> de Gwenaëlle Aubry, qui parle de la maladie du &#8220;comme si&#8221;. Pour elle, beaucoup font &#8220;comme si&#8221; tout allait bien, &#8220;comme si&#8221; on n&#8217;allait jamais mourir&#8230; Je pense que l&#8217;on fait tous &#8220;comme si&#8221;.</p>
<p><strong>Que découvrons-nous dans la première salle ?</strong> <em>Daily</em>, soit une installation constituée de grands éléments suspendus en skaï noir représentant des objets du quotidien, auxquels on s’attache parfois de façon absurde comme une clé, un téléphone&#8230; De petits êtres humains en tissu y sont accrochés avec des fils, comme des pantins. Ils semblent dérisoires à coté de toutes ces choses gigantesques. Tout ça à un petit côté sado-maso.</p>
<div id="attachment_134164" style="width: 780px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-22.jpg"><img class="size-large wp-image-134164" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-22-770x1024.jpg" alt="Annette Messager, Daily, 2015-2016. 21 éléments en skaï noir et tissus, 9 rats en black wrap et peinture noire, filets; dimensions variables. Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris, Londres, New York. Photo: Atelier Annette Messager.© Adagp, Paris, 2022" width="770" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Annette Messager, Daily, 2015-2016. 21 éléments en skaï noir et tissus, 9 rats en black wrap et peinture noire, filets; dimensions variables. Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris, Londres, New York. Photo: Atelier Annette Messager.© Adagp, Paris, 2022</p></div>
<p><strong>Pourquoi accordez-vous tant d&#8217;importance aux éléments quotidiens ?</strong> <span class="has-pullquote" data-pullquote="Je pense qu'il n'y a rien de plus surréaliste, bizarre ou inquiétant que le quotidien.">Je pense qu&#8217;il n&#8217;y a rien de plus surréaliste, bizarre ou inquiétant que le quotidien.</span> Donc j&#8217;aime bien utiliser des objets de la vie de tous les jours en les déformant, les triturant&#8230;</p>
<p><strong>Parmi les œuvres les plus spectaculaires, il y a aussi <em>Dessus-dessous</em>. Pouvez-vous nous en parler ?</strong> C&#8217;est la reprise d&#8217;une pièce que j&#8217;avais réalisée pour la 51e Biennale de Venise. Elle est constituée d&#8217;un tissu rouge en soie agité par un système de soufflerie qui gonfle et se dégonfle, comme une respiration. Il y a des éléments cachés dessous, des trucs cassés, d&#8217;autres qui s&#8217;allument ou s&#8217;éteignent&#8230; Cela peut évoquer la mer Méditerranée, aujourd&#8217;hui un peu rouge car elle compte beaucoup de cadavres&#8230;</p>
<div id="attachment_134167" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-23.jpg"><img class="size-large wp-image-134167" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-23-1024x768.jpg" alt="Annette Messager, Dessus-dessous, 2019. Voile de soie, lumière, ventilateurs sculptures,  objets divers (détail). Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris, Londres, New-York,  Photo: Annette Messager (c) Adagp, Paris 2022" width="995" height="746" /></a><p class="wp-caption-text">Annette Messager, Dessus-dessous, 2019. Voile de soie, lumière, ventilateurs sculptures, objets divers (détail). Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris, Londres, New-York, Photo: Annette Messager (c) Adagp, Paris 2022</p></div>
<p><strong>Vous dévoilez ici une oeuvre appelée <em>Requiem pour Jeanne</em>…</strong> Oui, à l’origine de ces dessins il y a cette image qui me fascinait lorsque j&#8217;étais petite fille, une peinture kitsch où l’on voit Jeanne d’Arc sur le bûcher, accrochée à une immense croix. Il s’agit d’une oeuvre de Lenepveu qui se trouve à Paris. J&#8217;aime beaucoup cette figure. Jeanne d&#8217;Arc est l&#8217;une des premières féministes, une guerrière au milieu de soldats masculins qui gardait son armure pour ne pas se faire violer. C&#8217;était une femme forte alors qu&#8217;elle n&#8217;avait aucune éducation, ne savait ni lire ni écrire. Son image souffre aujourd&#8217;hui d&#8217;avoir été récupérée par l&#8217;extrême droite&#8230; je voulais donc la réhabiliter.</p>
<p><strong>La figure féminine et le rapport au corps traversent aussi votre travail. Vous montrez par exemple ici un vagin ailé…</strong> Oui, on a représenté d&#8217;innombrables phallus dans l&#8217;histoire de l&#8217;art, alors pourquoi pas des vagins ? Je vais aussi montrer pour la première fois en France un papier peint de petits utérus tout à fait charmant !</p>
<div id="attachment_134170" style="width: 776px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-24.jpg"><img class="size-large wp-image-134170" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-24-766x1024.jpg" alt="Annette Messager, Vagin ailé, 2018. Acrylique liquide sur papier; 54 x 40 cm. Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris, Londres, New York. Photo: Atelier Annette Messager. © Adagp, Paris, 2022" width="766" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Annette Messager, Vagin ailé, 2018. Acrylique liquide sur papier; 54 x 40 cm. Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris, Londres, New York. Photo: Atelier Annette Messager. © Adagp, Paris, 2022</p></div>
<p><strong>On croise des &#8220;escargots-seins&#8221; aussi&#8230;</strong> Oui ! J&#8217;affectionne cet être un peu bizarre et qui porte sa maison sur le dos. D&#8217;ailleurs je vais en dévoiler un transportant une architecture très contemporaine, remplie d&#8217;escaliers. Et puis un autre sur une croix où j&#8217;ai écrit &#8220;je suis mon prophète&#8221;. Dans mon jardin, ils détruisent tout. J&#8217;observe parfois leurs traces au petit matin. C&#8217;est complètement abstrait et délirant, car leurs parcours n&#8217;a rien de très logique. J&#8217;ai aussi dessiné ces parcours.</p>
<p><strong> La dernière œuvre présentée au LaM s&#8217;appelle <em>Pulsions</em>, et semble très joyeuse&#8230;</strong> Elle n&#8217;est pas si récente, mais je ne l&#8217;avais jamais montrée. Elle rassemble des animaux en train de copuler, des humains aussi. J&#8217;ai regardé sur internet beaucoup de choses un peu porno pour les réaliser, ensuite j&#8217;ai d&#8217;ailleurs été bombardée de mails car j&#8217;avais été repérée ! Ces dessins seront légèrement cachés, avec un système de voile, pour que les enfants ne voient pas ces petit couples imbriqués dans des positions bizarres&#8230; Mais oui, c&#8217;est assez joyeux !</p>
<p><strong>Qu&#8217;aimeriez-vous que le public ressente en quittant le LaM ?</strong> C&#8217;est difficile de se mettre à la place des gens. Une fois, à Beaubourg, je me suis promenée au sein de ma propre rétrospective. Et puis quelqu&#8217;un derrière moi m&#8217;a dit : &#8220;mais poussez-vous, vous me dérangez, je ne vois rien !&#8221;. Cette personne avait raison : d&#8217;une certaine façon mes oeuvres appartiennent à tout le monde&#8230;</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=134562" target="_blank">A LIRE ICI : L&#8217;INTERVIEW DE MARIE-AMELIE SENOT, COMMISSAIRE DE L&#8217;EXPOSITION</a></strong></p>
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		<title>Marie-Amélie Senot</title>
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		<pubDate>Sun, 01 May 2022 01:39:27 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui caractérise l&#8217;œuvre d&#8217;Annette Messager ?</strong> Elle a commencé à travailler à la fin des années 1960 et appartient à un groupe d&#8217;artistes élaborant un récit à partir de leur propre vie, ce que l&#8217;on a appelé &#8220;les mythologies individuelles&#8221;, où l&#8217;on classe Christian Boltanski ou Sophie Calle notamment. Sa particularité ? C&#8217;est une touche-à-tout. Annette Messager aime les matériaux et ne se limite pas à un domaine : écriture, broderie, dessin, installation, sculpture&#8230; Conçue en 1971-72, la série <em>Les Pensionnaires</em> constitue par exemple une œuvre majeure dans son parcours, rassemblant l’ensemble de ses pratiques artistiques. Elle y raconte une histoire où elle se donne le rôle d’une maîtresse de pension, élevant, gardant ou protégeant ses &#8220;enfants-oiseaux&#8221;. Elle aurait ramassé un moineau mort dans la rue, et décidé d&#8217;en prendre soin. Elle a alors réuni des oiseaux empaillés, pour leur tricoter des petits vêtements&#8230; Cela semble très sympathique au premier abord, mais c&#8217;est aussi un conte grinçant. Cette approche est emblématique de son travail.</p>
<p><strong>Il y a toujours une ambigüité dans son œuvre, que l&#8217;on peut appréhender de plusieurs façons, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Oui. Par exemple elle aime beaucoup le film <em>Lola Montès,</em> réalisé par Max Ophul et sorti en 1955. L&#8217;héroïne est tantôt présentée comme une sainte absolue, tantôt comme une prostituée. Les personnages d&#8217;Annette Messager se situent entre ces deux pôles, ne sont jamais univoques. Elle-même s&#8217;est construit une multitude d&#8217;identités. Cela lui permet de ne pas s&#8217;enfermer dans un seul rôle, d&#8217;adopter nombre de points de vue et de pratiques.</p>
<div id="attachment_134164" style="width: 780px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-22.jpg"><img class="size-large wp-image-134164" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-22-770x1024.jpg" alt="Annette Messager, Daily, 2015-2016. 21 éléments en skaï noir et tissus, 9 rats en black wrap et peinture noire, filets; dimensions variables. Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris, Londres, New York. Photo: Atelier Annette Messager.© Adagp, Paris, 2022" width="770" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Annette Messager, Daily, 2015-2016. 21 éléments en skaï noir et tissus, 9 rats en black wrap et peinture noire, filets; dimensions variables. Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris, Londres, New York. Photo: Atelier Annette Messager.© Adagp, Paris, 2022</p></div>
<p><strong>Une autre dimension semble importante dans son travail : c&#8217;est le rapport au quotidien&#8230;</strong> Oui, elle ne cherche pas ses sujets d&#8217;inspiration très loin. Elle lit le journal, observe les gens dans le métro&#8230;. L&#8217;une des premières salles de cette exposition est justement consacrée à ce thème. Pour Annette Messager, le fantastique se situe dans le quotidien. Elle use d&#8217;objets que l&#8217;on connaît tous, comme une paire de ciseaux ou un sac à main, pour les présenter de façon monumentale, et soudain ces choses ordinaires acquièrent un tout autre statut. L&#8217;installation <em>Daily</em> montre par exemple des gigantesques téléphones ou clés auxquels sont accrochés de petits êtres humains, comme des pantins ballotés par les événements. Les objets nous dominent, alors que c&#8217;est nous qui les avons créés. En somme, elle traite de sujets parfois déprimants, mais toujours avec humour !</p>
<p><strong>Pourquoi ce titre, <em>Comme si</em> ?</strong> Il vient du livre <em>Personne</em> de Gwenaëlle Aubry, dans lequel une jeune femme raconte l&#8217;histoire de son père qui, justement, adopte tout un tas d&#8217;identités. La narratrice explique aussi que cet homme fait &#8220;comme si&#8221; tout allait bien. Il souffre de &#8220;la maladie du comme si&#8221;. Ce titre, qu&#8217;Annette Messager a choisi elle-même, sied bien au propos de l&#8217;exposition, car l&#8217;artiste évoque ici des choses assez tragiques. Pour continuer de vivre, on est bien obligé de faire &#8220;comme si&#8221;, de faire &#8220;semblant&#8221;, car si on pense constamment au fait que l&#8217;on finira finir six pieds sous terre, autant arrêter tout de suite ! D&#8217;ailleurs ces mots, &#8220;comme si&#8221;, résonnent en écho dès le début du parcours, et c&#8217;est la première fois qu&#8217;Annette Messager utilise sa voix lors d&#8217;une exposition. C&#8217;est le début d&#8217;une histoire, et à chacun de nous d&#8217;en raconter la suite, car elle n&#8217;impose jamais un sens précis.</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui fait la particularité de cette exposition ?</strong> Annette Messager dévoile ici beaucoup d&#8217;œuvres récentes, datant de 2019 à 2021, et encore jamais vues. Celles-ci côtoient des créations plus anciennes comme <em>Mes Enluminures</em>. Ce sont de petits dessins réalisés en 1988 et figurant des lettres qui décrivent la gent masculine en des termes peu élogieux : B pour &#8220;brute&#8221;, P pour &#8220;plouc&#8221;&#8230; Ils sont exposés parmi des représentations de vagins ailés, dans un espace plus intime, recouvert de papier peint d&#8217;utérus.</p>
<div id="attachment_134170" style="width: 776px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-24.jpg"><img class="size-large wp-image-134170" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-24-766x1024.jpg" alt="Annette Messager, Vagin ailé, 2018. Acrylique liquide sur papier; 54 x 40 cm. Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris, Londres, New York. Photo: Atelier Annette Messager. © Adagp, Paris, 2022" width="766" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Annette Messager, Vagin ailé, 2018. Acrylique liquide sur papier; 54 x 40 cm. Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris, Londres, New York. Photo: Atelier Annette Messager.<br />© Adagp, Paris, 2022</p></div>
<p><strong>On découvrira d&#8217;ailleurs beaucoup de dessins ici, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Oui, cette pratique a pris beaucoup d&#8217;importance chez elle, notamment parce qu&#8217;elle était très malade et ne pouvait plus manipuler de choses lourdes. On trouve donc ici de petits dessins et d&#8217;autres plus grands. Ceux de la série <em>Tête-à-tête</em>, qui proposent des variations tragi-comiques autour du crâne, comme autant de vanités, forment ensemble un pubis, et sont à considérer dans une seule installation.</p>
<p><strong>Y-a-t-il une œuvre sur laquelle vous voudriez attirer l&#8217;attention ?</strong> J&#8217;aime beaucoup <em>Requiem pour Jeanne</em>. Elle se réapproprie ici Jeanne d&#8217;Arc, devenue une icône de l&#8217;extrême droite française, mais sur laquelle Annette Messager projette une tout autre lumière, la considérant comme une figure du féminisme.</p>
<p><strong>Qu&#8217;en est-il de la scénographie ? S&#8217;agit-il de faire &#8220;comme si&#8221; on était chez Annette Messager ?</strong> Oui, et sa maison est très intéressante car traversée d&#8217;escaliers, de niveaux et d&#8217;espaces reliés entre eux par des passerelles. Tout est très partitionné : ici c&#8217;est la couture, là le dessin&#8230; C&#8217;est un peu comme si on était dans son cerveau. Pour l&#8217;occasion, elle a totalement transformé l&#8217;espace du LaM, jouant par exemple avec les lumières. Pour l&#8217;anecdote, elle conçu un plan du musée pour constituer le parcours de l&#8217;exposition et l&#8217;a nommé &#8220;mon LaM&#8221;&#8230;</p>
<p>__________________________________________</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2022/05/01/annette-messager-2/" target="_blank">A LIRE ICI : L&#8217;INTERVIEW D&#8217;ANNETTE MESSAGER</a></strong></p>
<div id="attachment_134159" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-134159" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/05/annette-messager-2-300x141.jpg" alt="© Atelier A. Messager" width="300" height="141" /></a><p class="wp-caption-text">© Atelier A. Messager</p></div>
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		<title>Gautier Deblonde</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2020/02/01/gautier-deblonde/</link>
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		<pubDate>Sat, 01 Feb 2020 13:14:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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		<category><![CDATA[Pierre Soulages]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Comment êtes-vous devenu photographe ? Mon père a beaucoup voyagé pour son métier d&#8217;ingénieur et emportait toujours un appareil photo avec lui....</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment êtes-vous devenu photographe ?</strong> Mon père a beaucoup voyagé pour son métier d&#8217;ingénieur et emportait toujours un appareil photo avec lui. C&#8217;était un amateur éclairé, il avait même monté son petit labo à la maison, à Neuville-en Ferrain. Ma passion vient sans doute de là. J&#8217;ai donc quitté le système scolaire classique pour étudier à Saint-Luc, à Tournai (<em>ndlr : Ecole Supérieure des Arts</em>). Ensuite, j&#8217;ai vécu quinze ans à Londres (1991-2006), devenant correspondant pour <em>Libé</em>, <em>Le Monde</em> ou <em>The Guardian</em>. Je me suis spécialisé dans le portrait et le reportage, en particulier dans le domaine culturel.</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/02/gautier-deblonde4.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-110719" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/02/gautier-deblonde4-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Comment cette série sur les ateliers est-elle née ?</strong> Durant mes études, j&#8217;étais fasciné par les images de Matisse par Cartier-Bresson, de Picasso par Brassaï… Je les trouvais très &#8220;romantiques&#8221;. J&#8217;ai toujours envisagé la photographie comme un passeport pour percer un milieu. Spécialisé dans le domaine culturel, j&#8217;ai ainsi rencontré beaucoup d&#8217;artistes. Mais en 2004 j&#8217;avais l&#8217;impression de tourner en rond en tant que portraitiste. Photographier leurs ateliers m&#8217;a permis de brosser des portraits originaux. Certes, les créateurs n&#8217;apparaissent pas à l&#8217;image, mais leur présence est manifeste.</p>
<p><strong>Vous souvenez-vous du premier cliché de cette série ?</strong> J&#8217;ai d&#8217;abord reçu une commande pour photographier le nouvel atelier du sculpteur Antony Gormley, au nord de Londres. A l&#8217;époque, je travaillais en moyen format et n&#8217;étais pas convaincu du résultat, car le lieu était énorme. Mon agent m&#8217;a alors suggéré d&#8217;employer un objectif panoramique, normalement réservé aux paysages extérieurs &#8211; celui-là même dont se servait Josef Koudelka. J&#8217;ai donc rappelé Antony pour renouveler l&#8217;opération. Il m&#8217;a demandé de passer en fin de matinée, n&#8217;ayant plus le temps de me recevoir. L&#8217;atelier était donc vide. Cette première photo trahit vraiment une présence. J&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;y voir Antony, alors qu&#8217;il n&#8217;est pas là…</p>
<div id="attachment_110710" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/01/antony-gormley.jpg"><img class="size-large wp-image-110710" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/01/antony-gormley-1024x331.jpg" alt="Antony Gormley, 2004 © Gautier Deblonde" width="995" height="322" /></a><p class="wp-caption-text">Antony Gormley, 2004 © Gautier Deblonde</p></div>
<p><strong>Votre protocole si particulier est donc le fruit du hasard ?</strong> Oui. Après cet épisode, j&#8217;ai décidé de réaliser toute la série de cette manière. Dans un atelier inoccupé et à l&#8217;heure du déjeuner, soit un moment de pause où tout est encore en place. C&#8217;est une parenthèse dans la journée, un temps suspendu.</p>
<p><strong>Comment vous accueille-t-on sur place ?</strong> Mes interlocuteurs comprennent vite ce que j&#8217;attends. Le plus compliqué est d&#8217;instaurer une relation de confiance. Ensuite, ils me laissent seul et je m&#8217;accapare leur espace… Au final, j&#8217;ai contacté plus de 200 artistes, visité 130 ateliers et il y a 69 photos dans le livre, une par lieu.</p>
<p><strong>Concrètement, comment procédez-vous ?</strong> Je place toujours mon appareil à une hauteur d&#8217;un mètre cinquante et use d&#8217;un temps de pose assez long, jusqu&#8217;à trois minutes. Ce format panoramique révèle des paysages intérieurs, intimes. J&#8217;impose également un point de vue, une certaine distance. Je ne souhaite pas trop m&#8217;approcher, pour ménager un certain mystère. Je suis curieux, mais n&#8217;ouvre pas non plus les tiroirs…</p>
<div id="attachment_110717" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/02/gautier-deblonde2.jpg"><img class="size-large wp-image-110717" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/02/gautier-deblonde2-1024x331.jpg" alt="Georg Baselitz, 2008" width="995" height="322" /></a><p class="wp-caption-text">Georg Baselitz, 2008</p></div>
<p><strong>S&#8217;agit-il de découvrir les secrets de ces artistes ?</strong> Un peu, mais ils aiment garder le contrôle. Ce sont aussi de grands menteurs (rires). Admirer leurs œuvres dans des musées reste fascinant, mais elles sont toujours encadrées sur des murs blancs, des décors cliniques. J&#8217;avais envie de remonter à la source : là où elles naissent. De découvrir, non pas une recette, mais des indices, les coulisses. L&#8217;atelier demeure un lieu de spectacle, avec une lumière, une ambiance, des traces… Tout cela raconte une histoire.</p>
<p><strong>Que disent ces ateliers de leurs occupants ?</strong> A nous de l&#8217;interpréter. Ces clichés traduisent leurs obsessions. Leur personnalité règne dans ces espaces uniques. Mes images oscillent entre le documentaire, renseignant sur un lieu de création, le portrait ou une œuvre à part entière.</p>
<p><strong>Par exemple ?</strong> J&#8217;aime beaucoup cette photo de l&#8217;atelier de Damien Hirst. On y retrouve ses fameux crânes humains, ses peintures de boîtes de médicaments ou cette photographie prise durant la seconde guerre en Irak. Celle-ci montre un homme sortant des décombres, couvert d&#8217;une poussière grisâtre. On dirait une sculpture, la momification d&#8217;un moment dramatique de l&#8217;Histoire. Ma photographie illustre la boulimie d&#8217;un artiste récupérant toutes sortes de codes et d&#8217;images, son côté warholien.</p>
<div id="attachment_110716" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/02/gautier-deblonde1.jpg"><img class="size-large wp-image-110716" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/02/gautier-deblonde1-1024x331.jpg" alt="Damien Hirst, 2005  © Gautier Deblonde" width="995" height="322" /></a><p class="wp-caption-text">Damien Hirst, 2005 © Gautier Deblonde</p></div>
<p><strong>Comment avez-vous choisi les modèles ?</strong> J&#8217;ai dressé deux listes : celle des gens qui me fascinaient comme Ellsworth Kelly, Jasper Johns ou <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2015/04/01/christian-boltanski/" target="_blank">Christian Boltanski</a>… Puis une seconde répertoriant des créateurs très en vue comme Jeff Koons ou Takashi Murakami. Bref, ces enfants terribles de l&#8217;art contemporain.</p>
<p><strong>Comment les avez-vous approchés ?</strong> Installé depuis une dizaine d&#8217;années à Londres, j&#8217;ai commencé avec les Anglais que je connaissais, avant d&#8217;écrire à tout le monde à l&#8217;étranger. Puis, au cours d&#8217;un premier voyage à New York, j&#8217;ai eu la chance de rencontrer Nan Goldin, Jeff Koons, Ellsworth Kelly et Jasper Johns durant la même semaine ! Une fois que vous avez ces noms-là dans la boîte, les portes s&#8217;ouvrent…</p>
<div id="attachment_110731" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/02/gautier-deblonde9.jpg"><img class="size-large wp-image-110731" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/02/gautier-deblonde9-1024x331.jpg" alt="Nan Goldin © Gautier Deblonde " width="995" height="322" /></a><p class="wp-caption-text">Nan Goldin © Gautier Deblonde</p></div>
<p><strong>Quels sont vos souvenirs les plus marquants ?</strong> Je n&#8217;oublierai jamais cet instant passé avec <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2018/07/01/nan-goldin/" target="_blank">Nan Goldin</a>. Je suis arrivé chez elle à New York en début d&#8217;après-midi, soit un horaire en dehors de mon protocole. C&#8217;était un choix de sa part, que je ne pouvais refuser&#8230; Nous étions en hiver, la lumière est vite tombée, nous avons donc allumé les lampes. En m&#8217;accueillant, elle m&#8217;a dit &#8220;faites attention, beaucoup de gens sont morts ici&#8221;, puis elle est partie !</p>
<p><strong>A quoi ressemble son atelier ?</strong> C&#8217;était plutôt un loft. Beaucoup de ses photos et fêtes connues de par le monde ont été réalisées ici, depuis les années 1970, dans ce quartier à l&#8217;époque malfamé. Il y a juste cette chambre, ce lit, la guirlande au-dessus&#8230; Je ne m&#8217;attendais donc pas à grand-chose. Puis lorsque j&#8217;ai vu mes clichés, nimbés de cette lumière jaune, j&#8217;ai eu l&#8217;impression d&#8217;avoir participé à une fin de soirée de Nan Goldin. Elle m&#8217;avait amené dans son monde sans que je m&#8217;en rende compte.</p>
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		<title>Annette Messager</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Nov 2015 10:29:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Annette Messager]]></category>
		<category><![CDATA[Calais]]></category>
		<category><![CDATA[Dessus Dessous]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Pouvez-vous nous présenter cette double exposition ? Les œuvres exposées à la Cité de la dentelle et de la mode ont été créées...</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2015/11/02/annette-messager/">Annette Messager</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pouvez-vous nous présenter cette double exposition ? </strong>Les œuvres exposées à la Cité de la dentelle et de la mode ont été créées en 2015 et l’année dernière. Elles sont un hommage à toutes les couturières. Les grandes maisons sont souvent tenues par des hommes mais la couture est faite par les femmes. Généralement on les appelle les « petites mains », ce qui n’est pas un terme très sympathique&#8230; J’ai donc voulu les magnifier en m’inspirant d’instruments de couture qu’on a tous chez soi.</p>
<p><strong>Qu’en est-il des œuvres présentées au Musée des beaux-arts ?</strong> Là, c’est plus compliqué. <span class="has-pullquote" data-pullquote="A Calais, tout prend un sens particulier avec la question des migrants. Ne pas y faire allusion, c’est impossible. Le faire, c’est aussi dangereux">A Calais, tout prend un sens particulier avec la question des migrants. Ne pas y faire allusion, c’est impossible. Le faire, c’est aussi dangereux</span>.</p>
<p><strong>Pourquoi ?</strong> Je ne me compare pas à Picasso, mais qui se souviendrait du bombardement de Guernica s’il n’avait pas peint ce tableau ? Je fais donc allusion aux migrants à travers, par exemple, ces personnages que j’appelle des pantins, qui sont mous ou qui sont accrochés ici et là, comme sur <em>Notre planète</em> – <em>(ndrl :l’installation présente des globes qui se gonflent et se dégonflent)</em>.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir intitulé cette exposition <em>Dessus Dessous</em> ?</strong> Je m’intéresse à ce qu’on trouve au-dessous de nous, caché, comme dans la couture, où les dessous sont très importants. Je joue sur différents niveaux, j’aime rapprocher une chose et son contraire, j’ai souvent nommé des pièces de cette façon comme <em>Articulés- Désarticulés.</em></p>
<p><strong>Que voulez-vous exprimer ici ?</strong> Je m’appelle Messager, certes, mais je ne délivre pas de messages (rires). C’est au spectateur de faire le chemin avec sa propre histoire, son imagination. Comme disait Marcel Duchamp : « c’est le regardeur qui fait l’oeuvre ».</p>
<p><strong>Comment interpréter cette installation faite de 400 traversins dans le hall ?</strong> Elle a beaucoup de significations. Les rayures peuvent nous renvoyer aux prisonniers, à Auschwitz. Et puis il y a aussi les batailles de polochons. Ils devraient évoquer le sommeil, le calme et en même temps, ils suggèrent des réminiscences de cauchemars… Vous voyez, un stupide traversin peut exprimer plein de choses !</p>
<p><strong>Quelle relation entretenez-vous avec notre région ?</strong> Je suis originaire de Berck-Plage. Je me rendais souvent à Calais en famille dans ma jeunesse et mon père qui était architecte me montrait toujours les églises, les bâtiments&#8230; Un voyage durait très longtemps avec lui (rires). Et donc j’ai vu ces « Bourgeois » <em>(ndlr : sculpture de Rodin, dans le centre de Calais)</em> qui me faisaient très peur étant petite. Il y a ces chaînes, cette clé énorme… Par la suite j’ai d’ailleurs conçu beaucoup de clés. J’ai dû être frappée par cette sculpture. Enfin, il y a cette lumière du Nord qui est très belle, très forte.</p>
<p><strong>Avec le recul, comment définiriez-vous votre art ?</strong> Je travaille avec des matériaux simples. <span class="has-pullquote" data-pullquote="J’exécute des sculptures avec des éléments du quotidien, en les détournant pour les montrer autrement">J’exécute des sculptures avec des éléments du quotidien, en les détournant pour les montrer autrement</span>.</p>
<p><strong>Une ambivalence qu’on retrouve ici dans <em>Les spectres des couturières</em> où vous mettez en scène d’énormes objets coupants sous une forme molle…</strong> Oui, j’aime ce qu’on peut manipuler, palper. Un bout de tissu peut être inquiétant, servir autant à étouffer quelqu’un qu’à le protéger. Je travaille aussi avec des poupées, des peluches, facilement malléables, qui peuvent soudainement changer de forme et devenir dangereuses. C’est le quotidien qui est fantastique selon moi. C’est nous qui sommes inquiétants, notre monde…</p>
<p><strong>C’est très ludique tout cela…</strong> Oui, il faut bien jouer, même des drames. Attention, il ne s’agit pas de jouir du malheur mais, malgré tout, on reste des humains. La vie continue…</p>
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