Home Agenda Kodachrome : CroppingAmerica

Des diapositives réinterprétées
Que reste-t-il du Kodachrome ? Une chanson de Paul Simon, des diapositives et des milliers de souvenirs pour celle qui fut la pellicule la plus vendue au monde. Le passé est désormais imposé mais aussi composé depuis que Kodak a définitivement décidé d’arrêter la production de la mythique pellicule en 2009. Aujourd’hui, il ne reste plus que les réminiscences de ses couleurs saturées. Sa mort laisse des traces en obligeant les nostalgiques à singer son vieillissement si caractéristique avec Instagram®. Néanmoins, il nous reste le charme désuet de la projection où l’on s’invente une multitude d’histoires merveilleuses dans un monde qui ne semble pas le nôtre. Les couleurs délavées rincent notre esprit et renvoient aux yeux brillant de la découverte ces films d’antan. La diapositive conjugue l’époque fixée dans leur chimie à un autre temps, celui de leur représentation. Projection ou tirage, la dia est positive au propre comme au figuré. Elle ne se fige pas et se présente vierge à son support. Sur l’écran blanc, souvenirs et amnésies se perdent dans l’écho de leur temps. Sur le papier, elle s’abandonne à son support et s’égare, jaunit ou perdure avec lui. Dans tous les cas, la diapositive et le Kodachrome offrent au spectateur le loisir de son interprétation. Le service Collection est tombé sous le charme de ce fonds anonyme constitué de Kodachromes pris par un couple de Belges ayant vécu sur la côte est des États-Unis. Ces images prises entre 1949 et 1952 nous renvoient directement à l’époque où Jack Kerouac traversait le continent et rédigeait son célèbre «On the Road». Nous sommes loin de la folie de Cassady et de Kerouac ainsi que de leur fulgurance éructant à chaque seconde mais d’avantage dans cette langueur et cette beauté mythique qu’ils chantent et admirent sans borne. Pourtant, cette Amérique légendaire était loin de sauter aux yeux. Les sujets semblaient se perdre dans ce format carré comme si ce dernier tenait de l’impossible aux Etats-Unis. Compte tenu de la nature interprétative de la diapositive, nous avons pris le parti de recadrer ces images pour resserrer le propos et révéler son essence proprement cinématographique. CroppingAmerica offre un parcours en cinémascope de la côte est où chacun projettera ses envies et ses fantasmes à une époque où Duke Ellington se déchaînait dans des improvisions Be-bop, où le Maccarthysme battait son plein, et où Marilyn Monroe effectuait ses premiers pas au cinéma…

Informations
Charleroi, Musée de la Photographie

Site internet : http://www.museephoto.be

28.09.2013>19.01.2014du mardi au dimanche, 10h>18h, 6/4/3€
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