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A fleur de peau

Avant les créatures, les cicatrices ou les visages métamorphosés, il y a une obsession pour la matière et le geste. À Lille, Sarah Evennou fait de Morphorium SFX un laboratoire où sculpture, maquillage et perruquerie donnent corps aux illusions. Rencontre avec une maquilleuse qui préfère le réel au numérique.

À 14 ans, Sarah Evennou pousse la porte d’une école lilloise de maquillage et d’effets spéciaux. Elle n’a pas encore l’âge requis, mais la visite suffit à sceller une vocation. « En découvrant les ateliers, on voyait toutes ces sculptures, ces transformations réalisées à partir de visages humains pour créer des choses extraordinaires », se souvient-elle. Dix ans plus tard, en 2024, elle retrouve les mêmes ateliers, cette fois comme élève. Diplômée d’Acte Académie en juin 2025, elle lance Morphorium SFX.

Morphorium SFX

Secrets de fabrication

Son terrain de jeu ? Le corps, mais pas uniquement pour le malmener. Vieillissements, blessures, créatures, transformations fantastiques, mais aussi maquillage beauté, perruques et postiches : Sarah revendique une pratique large, avec une prédilection pour les effets spéciaux. « Ma spécialité concerne surtout le travail d’atelier : la prise d’empreinte, le moulage, la sculpture, le sur-mesure ». Car une métamorphose convaincante ne tient pas à un simple coup de pinceau. Chaque détail compte, de la texture d’une peau vieillie au raccord d’une prothèse — et jusqu’aux cheveux : « On obtient les looks les plus intéressants en combinant la transformation du corps humain avec les postiches et perruques », confirme-t-elle. Vient alors le moment de vérité, devant le miroir : « Les gens ne s’attendent jamais à ce que cela aille aussi loin ».

L’envers du décor

Tournages, clips, shootings, événements… Morphorium multiplie les terrains de jeu et propose aussi des ateliers de maquillage. L’activité se développe : « Cela va faire un an que j’ai lancé Morphorium, et je commence à avoir des contrats presque tous les mois ». Pour les projets ambitieux, elle peut réunir une équipe, tout en restant l’interlocutrice unique. Cette passion du fait main prend une résonance particulière à l’heure de l’intelligence artificielle. Sarah croit à la résistance du tangible : « Il y aura toujours un moment où l’IA ne pourra pas égaler le geste manuel ». Son rêve, lui, ne se calcule pas : participer à Thrill the World, ce rendez-vous né à Toronto en 2006, où des danseurs reproduisent la chorégraphie de Thriller simultanément à travers le monde. Quarante-trois ans après, le silicone a toujours le dernier mot.

Texte : Nicolas Pattou / Photo © Morphorium SFX

A visiter / morphorium.fr
Instagram  @morphorium_sfx

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