Le Problème lapin
Bête de scène
Le lapin poserait-il un problème ? C’est l’hypothèse aussi saugrenue que sérieuse de Frédéric Ferrer pour sa septième cartographie théâtrale. Depuis 2010, ce géographe devenu auteur et metteur en scène construit, avec sa compagnie Vertical Détour, un Atlas de l’anthropocène : des conférences savantes et désopilantes sur les dérèglements du monde. Après les canards perdus, les Vikings ou la morue, il s’attaque à l’oryctolagus cuniculus, avec la comédienne Hélène Schwartz. Deux pupitres, un PowerPoint suranné, 30 questions en une heure chrono : le duo mène l’enquête tambour battant. Pourquoi son goût pour la carotte est-il un fantasme hollywoodien ? Pourquoi diffère-t-il tant du lièvre, qui ne creuse jamais de terrier ? On croise un spécimen propulsé dans l’espace en 1959, un autre ayant mordu un président américain. « Le lapin n’est jamais là où on l’attend », résume l’artiste, qui en fait le miroir espiègle de nos contradictions. Il est chassé, protégé, exterminé, tour à tour nuisible et victime. Une pluie de peluches clôt le spectacle. Sous ses airs de conférence loufoque, Frédéric Ferrer interroge ainsi notre rapport au vivant et à l’écologie. Sans leçon magistrale : ici, on réfléchit en riant, et vice versa.



