HOLY MOLY
Toutes couleurs dehors
Carl Cozier n’a pas choisi son nom d’artiste par hasard. Holy Moly est une exclamation britannique à mi-chemin entre l’étonnement et le juron poli. Elle colle parfaitement à cet illustrateur et designer résidant à Bristol, dont l’œuvre explose littéralement de couleurs et d’intentions. Originaire de l’Oxfordshire, il passe par une formation aux beaux-arts puis en communication graphique au Pays de Galles, avant de se frotter à la scène dance music — pochettes d’albums, visuels de soirées… De quoi faire ses premières armes dans l’effervescence des nuits britanniques. C’est le Boomtown Festival qui lui ouvre vraiment les portes, en lui confiant toute l’identité graphique. Un crochet fondateur dont il tire une conviction : « J’ai énormément appris en faisant quelques détours, et mon travail n’en est que plus riche et plus varié ». Bristol achève de façonner son regard. Ville d’activisme, de musique underground et d’art urbain effronté, elle irrigue chacune de ses compositions. DJ lui-même, Carl puise dans la culture rave une matière visuelle brute qu’il traduit en couleurs saturées, en typographies militantes, en mondes surréalistes où l’on se perd avec joie. Adobe, Red Bull, The Guardian : les commandes affluent, mais c’est dans l’engagement que son œuvre trouve sa profondeur. Fresques murales en hommage à l’hôpital public, affiches en soutien au mouvement Black Lives Matter, enchères caritatives… Il considère cela comme indissociable de sa pratique. « Créer peut parfois sembler égoïste, alors j’essaie de mettre mon art au service du bien autant que possible ». Une philosophie qui tient en une couleur : toutes à la fois. Et la certitude que la forme n’est jamais dissociée du fond.
A suivre / holymolyuk.co.uk ; Instagram @holymolyuk
A lire / l’interview d’Holy Moly ici
À voir / Exposition digitale collective Make Earth Day Everyday, organisé par Le Good Society, Mai 2026 aux Pays-Bas et à Times Square (New York, États-Unis)











