Antony Szmierek
Chroniques du dancefloor
Envoyer le hip-hop britannique sur le dancefloor mais ne pas décoller du bar, pour mieux observer la foule. Profondément anglais, Antony Szmierek demeure encore méconnu dans nos contrées. Peut-être parce qu’il est, justement, profondément anglais.
Il y a de la tradition chez ce trentenaire londonien. Nous évoquions, l’an passé, ce mélange de rap, de UK garage et de baggy sound, entre mille influences insulaires. On y voyait un cousinage certain avec Real Lies ou The Rhythm Method – sans savoir que les trois s’étaient plus ou moins embrouillés au sujet de la paternité d’un tel son. Du calme, messieurs… Vous êtes simplement les rejetons de la culture britannique, qui vous a façonnés et que vous continuez d’entretenir – un peu comme Lord Robert Crawley, et sa vaste demeure de Downton Abbey. On retrouve ainsi, chez ce romancier de l’instant qui préfère la formule qui claque aux longs paragraphes, des réflexions sur le temps qui passe, des saillies malignes sur la solitude urbaine… Des mots sous influence (Ray Davies, Jarvis Cocker…) portés par un flow posé, comme détaché des beats, qui eux, tabassent en tous sens. En cela, sa musique est absolument anglaise, mêlant un flegme proverbial aux sons house et breakbeat qui secouent les cités de l’île. Pas tout jeune, tombé dans le hip-hop sur le tard, Antony Szmierek pourrait aussi être vu comme un cousin des Sleaford Mods. Mais en moins énervé et, finalement, beaucoup plus passionnant



