The Haunted Youth
Les rayons et les ombres
En 2023, à la faveur d’un premier album remarqué (Dawn of the Freak) et de concerts habités, The Haunted Youth s’est fait un nom dans la galaxie des groupes sensibles aux guitares ténébreuses des nineties. On songeait au post-grunge de DIIV et, plus encore, au shoegaze de My Bloody Valentine, qui marqua la dernière décennie du XXe siècle (Loveless, 1991) avant de disparaître – à jamais, pensait-on. Ironie du sort : nous sommes en 2026, et The Haunted Youth évolue désormais dans un paysage où My Bloody Valentine, reformé à la fin des années 2000 autour de Kevin Shields, continue d’exister, entre silences prolongés et apparitions scéniques. Les mauvaises langues se demanderont : à quoi bon écouter ces Belges, puisque leurs aînés donnent encore, parfois, des concerts ? La réponse tient sans doute à la fraîcheur de la jeunesse — et au talent certain de Joachim Liebens pour trousser des pop songs tourmentées qui restent en tête (citons Teen Rebel, inusable). Enfin, The Haunted Youth a brillamment franchi le cap du deuxième album, avec Boys Cry Too (évident clin d’œil au Boys Don’t Cry de The Cure), qui ne renie pas la noirceur du propos, mais rehausse le tout d’habiles touches de lumière.



