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La Vie en rose

Série Random Drawings © ULISES 
MENDICUTTY

Depuis Barcelone, cet artiste s’est imposé en quelques années comme une signature à part. Né au Mexique, passé par la communication avant de choisir le dessin, il compose aujourd’hui des figures intenses, nourries de culture populaire et d’histoires intimes. Rencontre avec un créateur qui transforme l’émotion en langage visuel.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Comment êtes-vous devenu illustrateur ?

J’ai toujours baigné dans le monde de l’art, mais pas nécessairement dans le dessin. J’ai longtemps travaillé à la radio, pratiqué la sculpture… puis je me suis progressivement rapproché du milieu de l’illustration. Et là, ça a été le coup de foudre.

Quel rôle votre grand-père a-t-il joué dans votre carrière artistique ?

Écrire et illustrer un livre sincère sur mon grand-père a été le déclic dont j’avais besoin pour commencer à dessiner des personnages. Je n’ai aucune formation professionnelle en art ou en dessin : j’ai tout appris sur le tas. Créer des personnages pour ce livre — que je n’ai d’ailleurs jamais terminé — m’a amené à réaliser des portraits, devenus depuis ma marque de fabrique.

Vivez-vous toujours à Barcelone ? Qu’est-ce que cette ville vous apporte ?

Oui, j’y vis toujours, et je l’adore. C’est une ville créative, qui regorge d’artistes, même si le tourisme et le modèle économique qu’il engendre sont devenus insupportables pour les habitants. Barcelone reste à la pointe de la modernité : il s’y passe toujours quelque chose de nouveau, et elle demeure une source d’inspiration constante. Après tant d’années, certaines choses me sont devenues indispensables — surtout les gens, plus que la ville elle-même.

Comment définiriez-vous votre travail à quelqu’un qui ne vous connaît pas ?

Je le décrirais comme une fête rose clandestine où la musique cumbia est jouée à plein volume.

Vous faites souvent référence au Mexique. Est-ce une source d’inspiration centrale ?

Le Mexique est sans aucun doute une source d’inspiration inépuisable pour moi. J’ai à cœur d’en dessiner toutes les facettes : ses habitants, ses coutumes, sa culture, ses rues.

Pourquoi concentrez-vous le plus souvent votre attention sur les visages ?

Chaque visage raconte une histoire. Je suis attentif aux expressions, aux regards, à la peau, aux cheveux. Je tiens à ce que le spectateur s’identifie à certains d’entre eux.

Et le rose : pourquoi cette couleur ? Que vous permet-elle d’exprimer ?

Le choix du rose est plutôt technique. Je ne dessine jamais personne en train de sourire, beaucoup de mes personnages pleurent… Le rose atténue donc ce côté dramatique.

Que représentent les nombreux symboles qui apparaissent dans vos images : larmes, flammes, paillettes, fleurs, chaînes, tatouages ?

Ils traduisent ce que je suis : la passion, le drame, la culture, la rue, le quartier, les gens. C’est un langage global. Chaque symbole possède sa propre signification, mais tous dialoguent entre eux.

Plus précisément, comment décririez-vous votre processus créatif ? Comment vos images prennent-elles forme ?

Je commence toujours par l’écriture : je note des idées, des synopsis. Ensuite, je passe à l’esquisse, très librement. La finalisation arrive assez vite. J’utilise presque toujours un iPad, même si je m’en éloigne progressivement pour revenir à des techniques plus manuelles, comme la peinture ou le dessin.

Quels sont vos projets pour l’avenir ? Avez-vous un projet d’exposition ou de publication en cours ?

J’aimerais peindre de grands tableaux un peu plus abstraits. Je souhaite expérimenter des techniques manuelles, mais en racontant toujours des histoires qui parlent de moi et auxquelles les gens peuvent s’identifier.

Nicolas Pattou

A visiter / mendicutty.com ; Instagram  @ulises.mendicutty

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