SÉBASTIEN TELLIER
Rococollection
De retour avec une collection pop et baroque où l’extase et l’intime jouent au chat et à la souris – voire au Mouton et au Loup –, l’esthète branque semble décidé à reconquérir tous les cœurs. À vérifier sur scène pour une tournée qui promet déjà monts et merveilles, un quart de siècle après des débuts surréalistes.
Il y a vingt-cinq ans, on découvrait Sébastien Tellier sur scène, attirés par un premier album atypique (L’Incroyable vérité et ses instrumentaux hantés) – et aussi grâce à Air dont il assurait la première partie. C’était la tournée 10 000 Hz Legend (2001), et le duo versaillais venait de signer ce dandy hirsute et psychédélique sur son label Record Makers. Face à un public qu’il craignait autant qu’il désirait, il promenait une silhouette titubante, envisageant ses morceaux comme des vêtements trop grands. Le personnage n’aura cessé, depuis, d’interroger sa garde-robe rêvée : d’abord pour le meilleur — le faux manifeste Politics, incluant l’immense La Ritournelle, puis la synth-pop licencieuse du fabuleux Sexuality —, ensuite avec moins de superbe, malgré quelques éclats persistants.
Couronnement
Devenu, peut-être malgré lui, plus amuseur que maestro, rangé des voitures dans le privé, Tellier semble aujourd’hui décidé à renouer avec le fil de ses trois premiers exploits, comme au lendemain de Sexuality. Paru fin janvier sur un nouveau label, Kiss The Beast célèbre la fragilité (Mouton, Naïf de cœur) et les bonheurs simples (Un dimanche en famille), tout en promettant un show à la hauteur de son extravagance. Capable de passer de la bluette Parfum diamant aux néons disco de Thrill of the Night sans se départir de sa christophienne élégance, “Don Sébastien” semble déterminé à récupérer sa scintillante couronne.



