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La poésie de l’instant

Robert Doisneau. Instants donnés
Le baiser de l'Hôtel de Ville, Paris, 1950 © Atelier Robert Doisneau

Faut-il encore présenter Robert Doisneau ? On aurait tort de se priver, tant l’homme a marqué l’histoire du XXe siècle, et surtout son art. À l’heure où l’image est partout (voire générée par l’IA) mais la photographie nulle part, l’œuvre de celui qu’on surnomma “le braconnier de l’éphémère” demeure intemporelle. Ça tombe bien, à Liège, la Boverie présente la plus vaste rétrospective jamais consacrée au maître de l’instantané.

Il y a le célèbre Baiser de l’hôtel de ville, mais aussi Picasso et ses petits pains en guise de mains, le Violoncelle sous la pluie ou encore le Cadran scolaire avec ce petit écolier au fond de la classe, les yeux rivés sur la pendule au-dessus de sa tête… Qui n’a pas en mémoire l’une de ces images ? Le style “Doisneau” est reconnaissable au premier coup d’œil : des instants de vie saisis avec tendresse, humour et surtout une infinie poésie. « Le monde que j’essayais de montrer était un monde où je me serais senti bien », confiait-il à la fin de sa carrière. C’est tout cela qu’on retrouve à Liège, et bien plus encore…

Un autre Doisneau

Au fil de près de 400 photographies réparties en une dizaine de salles thématiques se dessine également le portrait d’un artiste engagé. Infatigable arpenteur, jamais sans son Rolleiflex, Doisneau savait révéler le merveilleux niché dans le quotidien. Mais son regard humaniste s’est aussi posé sur des réalités plus sociales – la pauvreté, les prostituées ou encore la rudesse du monde du travail. En 1934, à l’âge de 22 ans, ce graveur-lithographe de formation fut en effet embauché au service photo de l’usine Renault de Billancourt. De cette expérience, il tire de sublimes portraits d’ouvriers s’échinant à la tâche… avant de se faire licencier par la marque au losange cinq ans plus tard pour retards répétés – tant mieux !

Bons baisers de Liège

Tout aussi méconnus, on trouve dans cette exposition ses photoreportages réalisés en Belgique, entre 1956 et 1970. C’est ici les fameux Gilles de Binche, là les canaux de Bruges, des portraits de George Simenon ou encore de Nicolas Schöffer, père de l’art cinétique, immortalisé devant la Tour cybernétique… du parc de la Boverie ! Joli symbole de l’éclectisme et de l’insatiable curiosité d’un artiste qu’on n’a décidément pas fini de redécouvrir.

Julien Damien / Photo : Le baiser de l'Hôtel de Ville, Paris, 1950 © Atelier Robert Doisneau
Informations
Liège, La Boverie
Robert Doisneau. Instants donnés>19.04.2026mar > dim : 10h-18h, 16,50 > 11€ (gratuit -6 ans)
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