The Raveonettes
Ex fan des sixties
En musique comme ailleurs, évoquer une formule sous-entend un certain systématisme, des automatismes, voire de la frilosité. Dans le cas des Raveonettes, cette formule, c’est tout simplement une contrainte, paradoxalement libératrice, grâce à laquelle le tandem danois a bâti une œuvre.
Cette histoire se déroule au début du XXIe siècle – heure de gloire des Strokes, Libertines… Une vague qui mettra The Raveonettes en lumière. Mais le groupe aurait existé sans cela – juste un peu plus dans l’ombre, c’est tout. The Raveonettes, c’est l’histoire de Sune Rose Wagner, Danois parti tenter sa chance aux USA (échec) et qui, rentré au pays avec la déprime plein le sac, rencontre Sharin Foo, sorte de Nico locale qui, ça tombe bien, s’avère frappadingue du Velvet Underground. Ensemble, le duo, nommé en hommage à Rave On de Buddy Holly, avec en tête quelques règles précises : mêler les mélodies pop des girls-groups sixties au son du Velvet Underground, le tout sous l’égide de Suicide, Phil Spector ou Jesus And Mary Chain. Un premier EP janséniste, Whip It On (2002), aligne huit chansons en si mineur, trois accords et trois minutes maximum. Depuis cette profession de foi, la paire n’a jamais dévié de sa ligne de conduite, et aligné une palanquée d’albums qui jamais ne déroutent, mais toujours enchantent. Le dernier essai en date (Pe’ahi II, 2025) ne déroge pas à la règle et, sur scène, nos désormais quinquas n’ont rien perdu de leur fougue pour propager la sainte parole noisy pop.



