Obongjayar
Soul fiction
Steven Umoh, alias Obongjayar, a grandi au Nigeria avant de tenter sa chance à Londres. Pari gagnant ! L’Angleterre a rapidement succombé à ces sons qui ne relèvent ni totalement de l’afropop, ni de l’afrobeat, tout en en étant les rejetons. L’Africain à la voix haut-perchée (souvenez-vous du tube de Fred Again, Adore U) concocte un truc qui n’appartient qu’à lui, entre neo-soul aux accents princiers et pop expérimentale. Oui, il aime ça, bidouiller, essayer. Le tout avec méticulosité. Dès le début de la décennie, le tapis était déroulé : après une poignée d’EP remarqués dès 2017, on attendait l’album. Mais Umoh a pris son temps – on le devine control freak. Parus en 2022 et 2025, ses deux longs formats déploient une soul aux accents afrofuturistes, titillant volontiers le double sens, spirituel ou sexuel. D’aucuns y verront une réponse britannique aux visions science-fictionnelles de Janelle Monáe. Mais s’il fallait lui trouver un pendant féminin, c’est plutôt vers Little Simz qu’il faudrait se tourner : elle et lui ont souvent collaboré. Sur les planches, Obongjayar, solide gaillard, donne corps à ses chansons sans être prisonnier de la technique. Beaucoup de machines, certes, mais de l’âme, aussi.



