Gothiques
Au-delà des ténèbres
S’il est venu avec le temps des cathédrales, pour citer un grand auteur, l’art gothique n’a cessé de se réinventer pour nous inspirer aujourd’hui encore. Née au Moyen-Âge, cette esthétique fut d’abord synonyme de lumière et de couleur avant de se tourner vers les ténèbres. Entre architecture et peinture, sculpture, cinéma ou littérature, le Louvre-Lens nous convie à un voyage à travers les siècles qui ne manque pas de piquant.
Des voûtes, des pointes, mais aussi des créatures fantastiques, de la noirceur, du mystère… Depuis les cathédrales élevées durant le Moyen Âge jusqu’aux films de Tim Burton, en passant par les récits glaçants d’Edgar Allan Poe, l’art gothique s’est toujours renouvelé pour marquer nos paysages comme notre imaginaire. Toutefois, il n’a pas toujours eu bonne presse. Apparu au début du XIIe siècle dans le Bassin parisien et en Picardie, ce style sera méprisé à la Renaissance, notamment par un certain Raphaël, qui le jugea « digne des Goths barbares » – d’où le terme “gothique”. Cette architecture est pourtant le fruit d’un remarquable savoir-faire, avec en premier lieu ce fameux arc brisé. « On assiste en effet à cette époque à des progrès techniques considérables, permettant de bâtir des édifices élancés mais aussi très lumineux, grâce au développement du vitrail », resitue Annabelle Ténèze, la directrice du Louvre-Lens.

Noir c’est noir
Eh oui, avant de renvoyer à l’obscurité, le gothique fut d’abord synonyme d’éclats et de couleurs (en témoigne la cathédrale d’Amiens). C’est à la fin du XVIIe siècle qu’il développe une version plus sombre, annonçant l’avènement du néogothique. L’art médiéval est redécouvert à travers des ruines et des tombeaux, inspirant par exemple le romantisme noir de Mary Shelley, “mère” de Frankenstein. « C’est ce qui rend ce mouvement fascinant : il nous rassemble au sein de monuments majestueux, évoque l’ordre établi, mais permet aussi d’affirmer sa différence telle une contre-culture ».
Monstres et compagnie
C’est cette histoire que raconte l’exposition chronologique du Louvre-Lens. Pensée « comme une grande fresque », elle réunit plus de 250 pièces du XIIe siècle à nos jours. Entre le maître Jan Van Eyck, le Nosferatu de Murnau ou l’intrigante photographie de gargouille surplombant Notre-Dame de Paris prise par Brassaï, on découvre aussi… une tractopelle. Signée par le trublion gantois Wim Delvoye, découpée dans de l’acier inoxydable sur le modèle d’une église gothique, l’œuvre nous montre à quel point ce style n’a décidément pas fini de nous hanter.
Site internet : http://www.louvrelens.fr/
Galerie du temps et Pavillon de verre :
Entrée libre et gratuite
Galerie d’expositions temporaires :
Tarif plein : 10€ / 18 – 25 ans : 5€ / – 18 ans : gratuit
Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h (dernier accès et fermeture des caisses à 17h15).
Fermé les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.








