Biennale internationale d’art mural
Retour aux sources
Initiée en 2013 par le collectif Renart, la Biennale internationale d’art mural (BIAM) renoue avec ses racines. Ce cru 2025 prend du recul en faisant la part belle aux street artistes présents dès la première édition, et oeuvrant pour la plupart dans les Hauts-de-France. Durant plus d’un mois, la rue devient une galerie à ciel ouvert, le mur se substitue à la toile… et l’imagination fait le reste !
Déjà douze ans que la BIAM célèbre le street art sous toutes ses formes. Avec plus de 120 fresques réalisées dans une trentaine de communes des Hauts-de-France par des créateurs du monde entier, la réputation de cette biennale n’est plus à faire. Cela n’empêche pas la remise en question. « À l’heure du réchauffement climatique, est-ce pertinent d’inviter un artiste résidant à des milliers de kilomètres pour peindre ici durant une semaine ? », s’interroge Julien Prouveur, le directeur du collectif Renart. D’autant plus que les talents ne manquent pas dans la région, et n’ont pas toujours l’occasion de briller… Cette septième édition s’annonce ainsi comme un retour aux sources. Il s’agit de « réinvestir » des murs qui ont marqué l’histoire de la BIAM (comme dans les quartiers Bois Blancs et Moulins à Lille) « et surtout de mettre à l’honneur les graffeurs locaux qui illuminent nos rues ». Citons Bob59 et ses saynètes déjantées évoquant l’esthétique de la BD, les portraits à la bombe hyperréalistes de Logick, le duo Dr Colors, expert en “réanimation murale” et bien sûr la traditionnelle jam. Prévue à Hellemmes le dernier week-end de mai, celle-ci réunit la crème du graffiti métropolitain.
À l’art libre
Entre autres vieilles connaissances (le Poitevin Fred Calmets) ou complices de longue date (l’association Art Osons de Cergy, ici représentée par les B-boys extravagants du Mec Blasé), n’oublions pas les voisins belges ! Avec par exemple le Bruxellois Fabien Hupin, alias Nean, attendu à Lomme et dont les paysages naturels grandioses, appelant notre espèce à une certaine modestie, collent parfaitement avec les nouvelles ambitions de la BIAM. Le mot d’ordre, lui, ne change pas : « rendre l’art accessible à tous et partout ». Et cela en dévoilant une diversité de styles et de techniques, entre pochoirs ou pinceaux, figuration et abstraction, à l’image des lettrages déformés et colorés de Momies. Au total, une dizaine de nouvelles fresques sont à découvrir entre la métropole lilloise et le Denaisis. Ou comment inscrire l’éphémère dans la durée.









