Tuerie
Les Amants terribles
(Foufoune Palace / Ada France)Gospel, rap, chant, R&B… Tuerie signe un premier album aux sonorités hybrides et profondément personnel. Après l’EP Bleu Gospel, le lauréat 2023 du Prix Joséphine (pour Papillon Monarque) livre en 14 titres un autoportrait sincère, sans artifices mais pas sans talent.
Marqué par une enfance difficile évoquée dans son premier projet, puis la recherche de guérison dans le deuxième, Paul Nnazé, dit Tuerie, a toujours utilisé la musique comme un exutoire. À travers ses textes, il évoque sans détour ses blessures, ses séparations, ses premiers pas dans “le game”. Dès les premières notes des ces Amants terribles, les chœurs gospel donnent le ton, introduisant un disque introspectif. Père célibataire en quête d’un équilibre amoureux, le Franco-Camerounais se livre sans fard, comme en témoigne The Boring Song, où il lance avec cette science de la punchline dont il a le secret : « J’aimerais que ça change, mais mes anges et mes démons sont toujours en coloc ». Un aveu parmi d’autres dans un album traversé par des histoires d’amour chaotiques, vouées à l’échec, utopiques… Dans Troll, il jongle entre chant mélancolique et rap pour évoquer le thème du mensonge. Dans Carton et Dirty Magnolia, il s’adresse à son fils pour confesser être « plus un super rappeur qu’un super papa ». Musicalement, Tuerie brouille les pistes, entre soul, gospel, R&B… Là où ses débuts laissaient davantage de place au rap, ce premier album ose le contre-pied. Tuerie ne rentre dans aucune case, et c’est peut-être là sa plus grande force.



