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Voyage au long cours

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Grandi à Santa Fe (Nouveau-Mexique), Zach Condon, alias Beirut, construit depuis une vingtaine d’années une oeuvre polymorphe, au gré de ses voyages et de ses lectures. Son dernier essai en date prend acte de la finitude de notre monde… Restez, ce n’est pas si triste !

Depuis 2006 et le “bregovicien” Gulag Orkestar, le frêle chanteur à la voix chargée de mélancolie a signé un paquet d’albums. Tous ne furent pas aussi sensationnels que ce premier LP – on garde néanmoins un souvenir vif de Gallipoli (2019). Enregistré entre New York, Berlin et Gallipoli donc (une petite cité côtière des Pouilles, en Italie), ce cinquième essai renouait avec le génie de ce songwriter à nul autre pareil, qui maniait le piano, les cuivres ou le Farfisa avec une incroyable maestria. Depuis, l’Américain a multiplié les escales, passant une partie du confinement en Norvège pour en tirer Hadsel (2023). Son dernier-né, Tuanaki Atoll, détone un peu dans son oeuvre de voyageur, car composé pour les acrobates du prestigieux cirque suédois Kompani Giraff et inspiré par l’ouvrage Verzeichnis einiger Verluste (2021) de Judith Schalansky. Cet Inventaire de choses perdues évoque entre autres Tuanaki, un atoll hawaïen prétendument englouti par un séisme au xixe siècle, ou le tigre de la Caspienne, espèce éteinte dans les années 1970. Avec ce mariage de cordes majestueuses, de ukulélé fragile ou sons synthétiques relevés de ce timbre toujours habité, Beirut élargit sa palette mais ne sombre jamais dans la formule.

Thibaut Allemand / Photo : © DR
Concert(s)
Beirut
Bruxelles, Cirque Royal

Site internet : www.cirque-royal.org

05.05.2025 à 20h0068 > 60€
Beirut06.05.2025 à 20h0068 > 60€
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