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La danse à bras-le-corps

© Hervé Goluza

Cette fois, promis, on évitera de filer la métaphore aquatique pour évoquer ce festival de danse, qui n’a pas besoin de jeux de mots vaseux pour nous convaincre. Jugez plutôt : des spectacles signés d’artistes issus des quatre coins du globe, une vingtaine de lieux à travers les Hauts-de-France, des chorégraphes illustres et de jeunes pousses à découvrir… Forcément, on replonge !

Avec ses quatre semaines de programmation et sa quarantaine de représentations dans toute une région, le Grand Bain a peu d’équivalents en France. « C’est un sacré marathon », se réjouit Laurent Meheust, le directeur du Gymnase, à l’origine du festival. Mais au-delà des chiffres, ce rendez-vous est avant tout affaire de valeurs. Où l’on parle de « transmission de la culture chorégraphique », de partage et surtout « de diversité, dans la forme des spectacles mais aussi concernant les artistes ».

Nage libre

La soirée proposée par le collectif (LA)Horde en offre un parfait exemple. Soit quatre pièces comme une traversée de l’histoire de la danse, entre postmodernisme, voguing et performance pure. Plus particulièrement lorsque les 18 interprètes du Ballet national de Marseille jouent en simultané Hunt & The Ascension of Lazarus, solo culte de la Nord-Irlandaise Oona Doherty, s’inspirant des mots et gestes des jeunes exclus de Belfast. Parmi les temps forts du festival, on guette aussi En Fanfaaare !, la nouvelle création de Tatiana Julien, pièce immersive et synesthésique appelant au sursaut, dans un monde qui s’endort sur ses catastrophes. Enfin, tradition oblige, le festival se termine par une grande fête. En l’occurrence en forme de Poule Party, sans piscine ni palmier, mais dans une ambiance de basse-cour, de reggaeton, de funk… En somme, loufoque à souhait !


 

La preuve par trois

Soulèvement

(Tatiana Julien)

© Hervé Goluza

© Hervé Goluza

Attention, ça va secouer ! Sur une scène évoquant un catwalk, où le public est disposé de part et d’autre du plateau, Tatiana Julien donne corps à la révolte. Lors de ce solo, elle compile les références, des textes de Malraux aux chansons de Mylène Farmer, entremêlant gestes empruntés au krump, au voguing ou au jeu vidéo Fortnite…

>>Roubaix, 12.03, Théâtre de l’Oiseau-Mouche 21h, 12 > 6€


Suspended Chorus

(Silvia Gribaudi)

© Andrea Macchia

© Andrea Macchia

Elle acoquine danse et humour comme peu d’autres, dézinguant au passage bien des clichés sur les canons de beauté. Dans sa dernière création, la chorégraphe italienne s’amuse des limites imposées par son corps de femme de 50 ans. Au menu ? De la technique, de l’autodérision, de l’émotion et des hectolitres de joie !

>> Roubaix, 14.03, La Condition Publique, 20h 12 > 6€ // Dunkerque, 18.03, Le Bateau Feu 20h, 10€


Les Jolies choses

(Catherine Gaudet)

Cela ressemble d’abord à une boîte à musique, où cinq poupées humaines sont prisonnières d’un implacable mécanisme. Les gestes sont répétitifs et bien huilés, dictés par un tempo aliénant. Les corps sont mis à rude épreuve… Mais ces hommes et femmes vont peu à peu se libérer de cette machine infernale. Une allégorie dansée de la révolte.

>> Roubaix, 19 & 20.03, La Condition Publique, 20h, 21 > 5€

Julien Damien / Photo : Soulèvement © Hervé Goluza
Informations
Roubaix & Hauts-de-France, Le Gymnase & divers lieux
04.03.2025>28.03.20251 spectacle : 37€ > gratuit, Carnet à partager : 6€ à partir de 10 places

Sélection / 04, 05 & 08.03 : Tatiana Julien – En Fanfaaare ! // 06, 08 & 09.03 : Julien Andujar – Tatiana // 07, 11 & 12.03 : Amala Dianor – Dub // 12.03 : Tatiana Julien – Soulèvement // 12 & 13.03 : Emmanuel Eggermont – About Love and Death // 14 & 18.03 : Silvia Gribaudi – Suspended Chorus // 19 & 20.03 : Catherine Gaudet – Les Jolies choses // 20.03 : (LA) Horde – Childs Carvalho Lasseindra Doherty // 24.03 : Harald Beharie – Batty Bwoy // 28.03 : Yohann Baran & Julie Botet – Poule Party

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