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Féminin pluriel

Dicklove © Fabien Buring

Créé en 2021, ce festival a valeur de remède, à l’heure où les droits des femmes sont sans cesse remis en cause à travers la planète. Militant, mais pas excluant, ce rendez-vous donne surtout à voir des spectacles bouleversants ou drôles, à entendre des histoires d’émancipation, de légitimité, de sororité et de luttes qui nous concernent toutes et tous, par-delà les genres.

Féministe : un adjectif brandi avec plus ou moins de sincérité, parfois galvaudé. Ce festival s’est imposé comme tel par « nécessité », revendique sa programmatrice, Bérengère Deroux. « Et il le restera tant qu’il le faudra ». Quand elle a initié ce rendez-vous, en 2021, il s’agissait de « défendre des projets portés par des femmes et qui ne trouvaient pas preneurs, car la plupart des décideurs étaient des hommes ». Depuis, la société a évolué, et cette parole s’est largement répandue sur les plateaux. Ces derniers mois n’en furent pas moins « éprouvants » pour les droits de la moitié de l’humanité, entre la culture du viol mise en lumière par le procès de Mazan, le retour des politiques anti-IVG aux États-Unis… S’il défend « la construction d’une société plus égalitaire, plus juste et inclusive », cet événement militant n’a pourtant rien de querelleur, ni de misandre – un écueil pas toujours facile à éviter. En témoigne la présentation de Fils de bâtard d’Emmanuel De Candido. Dans ce spectacle poignant, ce “zinneke” raconte comment il a décidé de rechercher un père qu’il ne connaît pas… avant de se rendre compte que la véritable héroïne de sa vie, c’est bien sa mère, qui l’a élevé seule. « Une histoire vraie, comme quasiment toutes les pièces que l’on présente », précise Bérengère Deroux.

Les préjugés à la barre

Toucher à l’intime pour mieux atteindre l’universel, c’est aussi ce que réalise avec maestria Sandrine Juglair. Depuis toute petite, cette acrobate souffre d’un regard critique sur son corps, jugé trop “masculin”. À travers Dicklove, elle a décidé de s’amuser de cette assignation, jouant de l’ambiguïté entre force et féminité autour d’une barre de pole dance et d’un mât chinois. En somme, de s’extraire des cases… comme Sarina. Aveugle depuis l’enfance, cette chanteuse belge a toujours refusé d’être réduite à son handicap, jusqu’à le cacher. Au fil « d’une playlist de la mort qui tue », derrière son piano, elle raconte son parcours tout en célébrant les artistes qui l’ont inspirée, de Billie Eilish à Joséphine Baker. Soit autant de guerrières qui ont changé la face du monde, avec puissance et douceur…

Julien Damien / Photo : Dicklove © Fabien Buring
Informations
Mons, Théâtre le Manège, Arsonic, Théâtre Royal, P’tite Maison Folie
26.03.2025>04.04.20251 spectacle : 12 > 3€ (- 12 ans) • soirée combinée deux spectacles : 20€

Sélection / 26.03 : Sarina – Lève-toi // 26 & 27.03 : Juglair – Dicklove // 27, 28 & 29.03 : Virginie Thirion – …comme un poisson sans bicyclette // 28 & 29.03 : Macha Siokos – Bêtes d’orage // 30.03 : Laurène Marx & Bwanga Pilipili – Portrait de Rita // 01.04 : Cie Maps – Fils de bâtard // 03.04 : Les Guerrières de demain // 04.04 : Marinette Dozeville – C’est comme ça que Don Quichotte décida de sauver le monde, After Party

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