Hinds
Movida rock
2011, Madrid. Carlotta Cosials et Ana García Perrote, toutes deux guitaristes et chanteuses, forment Hinds. Une section rythmique débarque et paraît un premier album, Leave Me Alone. Titre prémonitoire ? Deux disques garage pop plus tard, les dernières arrivées mettaient les bouts. Que faire ? Se séparer ? Après tout, on en connaît d’autres qui ont poursuivi après avoir perdu un compositeur en chef (Depeche Mode), un leader charismatique (Pink Floyd) ou juste… un bras (Def Leppard). Ce serait dommage de s’arrêter en si bon chemin. Le projet se renforce en s’épurant, la preuve avec un quatrième LP ouvert à des sons nouveaux (le new-orderien The Bed, The Room, The Rain and You, ou Stranger et ses accents Sarah Records) sans rien perdre de ce qui fait son charme : des pop songs véloces et rondement menées. Beck et Grian Chatten (Fontaines DC), par les mélodies alléchés, sont même passés dire bonjour. Sur scène, Hinds aligne les tubes potentiels avec une joie mâtinée de candeur. Voici vingt ans, à l’époque où Franz Ferdinand faisait ses premiers pas, Hinds aurait caracolé au firmament et été “condamné” aux Zénith. Aujourd’hui, les Espagnoles vivotent et signent des morceaux (trop) confidentiels. Pour la beauté du geste.



