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Rêve parti

(Wagram)

Ses débuts post-punk furent flamboyants, et on est encore parcouru du même frisson à l’écoute de La Nuit américaine. A contrario, sa mue funk avec le quintette Serpent nous avait laissés de marbre… Pour son troisième album solo (le plus réussi), Lescop renoue avec une certaine idée de la pop française, raffinée et faussement minimaliste, dans les pas de Taxi Girl, dont il demeure le plus digne héritier. En témoigne Les Garçons, sublime ode “darcienne” à la masculinité ambiguë qui ouvre le disque. Faisant table rase du passé (autre label, nouveaux musiciens), Mathieu Peudupin s’est entouré de Thibault Frisoni (complice de Bertrand Belin) et d’Ash Workman (Metronomy, Baxter Dury) pour signer treize chansons ciselées avec une maîtrise d’orfèvre pop : sensibilité à fleur de peau, compositions épurées, refrains über-entêtants (Exotica, Radio). Sa voix de crooner lunaire se fond à merveille dans d’élégantes notes de synthé, agrémentées de cordes soyeuses. On pense à LCD Soundsystem, Alex Cameron ou même à O Superman de Laurie Anderson (le souffle haletant de Elle). On se dit aussi que la douce mélancolie de Grenadine n’aurait pas juré sur un album d’Étienne Daho. Oui, rien que ça !

Julien Damien
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