DIIV
Ex-fans des nineties
Une histoire de poule et d’œuf : DIIV aurait-il connu le même retentissement sans les frasques de son leader ? Peut-être. Mais sans cette vie dissolue, ces chansons auraient-elles vu le jour ? On n’en sait rien. Il est certain, en revanche, que le premier album des New-Yorkais (Oshin, 2012) avait joui du prestige de son label, Captured Tracks. Mené par un ex-membre de Beach Fossils (Zachary Cole Smith) et baptisé en hommage à Dive de Nirvana, DIIV s’adonnait à une noisy pop noyée dans la réverb’ comme il en sortait un paquet à l’époque. C’est après que ça se complique. Smith, écorché vif aux faux-airs de Julie Gayet et mannequin à ses heures perdues, plonge dans l’héroïne. Tiens, comme un certain Cobain avant lui. Depuis, deux disques ont suivi, inlassablement présentés comme ceux de la rédemption. Sans doute. On y a surtout entendu un groupe, parfois renouvelé, jouant l’épure et qui, sans renier son amour pour l’indie rock bruyant, sait souffler le chaud et le froid, avec des morceaux moins monolithiques. On demeure dans l’axe Sonic Youth – My Bloody Valentine – Smashing Pumpkins, avec suffisamment de talent pour ne pas sombrer dans le plagiat. Et le revival 90’s peut se poursuivre.



